
Le vent sur le pavillon Buyan : solitude et immensité sur les routes vallonnées de Shuangxi
Résumé : Le pavillon Buyan de Shuangxi s’étend sur 9,7 kilomètres, avec un terrain vallonné et répétitif, pour un dénivelé réel de 939 mètres. C’est un voyage à travers les vallées et collines de la côte nord-est, une quête de rythme et de sérénité sur des chemins de campagne sinueux. Le nom du pavillon d’arrivée, « Buyan », résume à lui seul le charme inépuisable de ce paysage.
Le district de Shuangxi, à Nouvelle-Taipei, est une petite ville de montagne relativement discrète mais au caractère unique sur la côte nord-est de Taïwan. Elle n’a pas la notoriété du mont Yangming, ni l’afflux touristique constant de Jiufen ou de Jinguashi, mais c’est précisément pour cela que Shuangxi conserve une quiétude plus proche de l’état brut du territoire. L’itinéraire du pavillon Buyan de Shuangxi s’étend sur 9,7 kilomètres ; les données indiquent un dénivelé total de 939 mètres, bien supérieur à la valeur théorique suggérée par une pente moyenne de 4,7 %, ce qui en fait une route de campagne sinueuse qui monte et descend sans cesse entre collines et vallées. Au sommet se dresse un pavillon d’observation nommé « Buyan ». Rien que ce nom suffit à éveiller l’envie de ce voyage — « Buyan » signifie qu’on ne s’en lasse jamais, qu’on peut le contempler sans fin et qu’il mérite d’être visité encore et encore. C’est l’une des expressions les plus affectueuses utilisées par les amateurs de randonnée et de cyclisme à Taïwan pour nommer les lieux qu’ils chérissent.
Shuangxi : une petite ville paisible enveloppée de ruisseaux et de collines
Le nom de Shuangxi provient de la confluence de deux ruisseaux, le Mudan et le Pinglin, sur son territoire. Cette vallée enveloppée de ruisseaux et de collines est, depuis la dynastie Qing, l’un des points d’implantation majeurs des Han dans le nord-est de Taïwan. Autrefois prospère grâce aux industries du charbon et du camphre, elle fut un temps une bourgade de montagne florissante. Avec la transition industrielle et l’exode de la population, Shuangxi est progressivement redevenue une petite ville de montagne au rythme lent, préservant une forte atmosphère de village traditionnel. Dans les vieilles rues, on peut encore voir des traces d’architecture du style du Fujian ; au coin des rues flottent parfois des odeurs de riz cuit au feu de bois ou de grains séchés au soleil. Ce rythme de vie si différent de celui des villes est précisément l’essence la plus touchante de Shuangxi.
En partant du centre-ville de Shuangxi pour relever le défi de l’itinéraire du pavillon Buyan, on traverse d’abord ce quartier qui conserve l’aspect des anciens villages. Les vieilles maisons aux murs de briques patinés et l’eau qui coule paisiblement composent une scène d’ouverture calme et poétique. À mesure que l’on s’éloigne du centre-ville et que l’on s’enfonce dans les collines, le paysage passe des habitations humaines aux forêts et champs qui se superposent en couches. Cette transition progressive du paysage donne l’impression au cycliste de s’éloigner peu à peu de l’agitation du monde, au rythme de l’ascension du terrain, pour entrer dans un état d’esprit plus proche de la nature.
La philosophie du cyclisme : trouver son rythme dans les montées et descentes
La caractéristique la plus marquante de l’itinéraire du pavillon Buyan de Shuangxi est son terrain vallonné et répétitif — montée, descente, puis remontée, dans un cycle sans fin. Ce rythme, pour de nombreux cyclistes habitués aux routes à montée continue et unidirectionnelle, peut au début sembler déroutant, voire frustrant, car chaque brève accalmie offerte par une descente est aussitôt interrompue par la montée suivante, comme si l’on ne pouvait jamais vraiment se détendre. Mais c’est précisément cette caractéristique qui confère à l’itinéraire du pavillon Buyan une signification philosophique unique — il apprend au cycliste que le vrai sens du rythme ne réside pas dans la recherche d’une stabilité constante, mais dans l’apprentissage, au milieu du changement, de trouver sa propre respiration et sa propre cadence de pédalage.
Lorsque l’on s’adapte progressivement à ces variations de terrain incessantes, on découvre que l’on commence à pouvoir anticiper plus finement les conditions de la route — les subtils changements d’inclinaison, l’orientation des reliefs au loin, et même les variations du vent et de la lumière deviennent des indices pour lire le terrain. Ce processus d’établissement d’une complicité avec le terrain ressemble, d’une certaine manière, à un dialogue avec la nature : on ne cherche plus à conquérir unilatéralement la pente, mais on apprend à s’adapter, à comprendre, et à trouver en cela son propre équilibre.
La vie sauvage et l’écologie au creux des vallées
Les vallées et collines de la région de Shuangxi, étant relativement peu développées, préservent une richesse écologique considérable. Tout au long de la montée, les forêts des deux côtés résonnent souvent de chants d’oiseaux et de cris d’insectes. Avec un peu de chance, on peut même apercevoir un Urocissa caerulea (pie bleue de Taïwan) traverser les bois en traînant sa longue queue, ou entendre le cri clair des bambousicoles dans les fourrés. Le long des ruisseaux, on peut parfois voir des aigrettes immobiles en quête de nourriture, leur posture décontractée contrastant de manière amusante avec le rythme respiratoire un peu précipité du cycliste.
Au printemps et en été, les forêts des deux versants de la vallée de Shuangxi se teintent progressivement d’un vert éclatant, et le parfum délicat des hédychiums couronnés ou des alpinias se mêle parfois au vent ; en automne et en hiver, le paysage vallonné où se balancent les herbes de la pampa offre un tout autre visage, à la fois mélancolique et poétique. Cette évolution du paysage naturel au fil des saisons fait que l’itinéraire du pavillon Buyan de Shuangxi, même parcouru à de multiples reprises, réserve toujours des détails et des vues que l’on n’avait pas remarqués la fois précédente. C’est aussi l’une des raisons importantes pour lesquelles de nombreux cyclistes chevronnés acceptent volontiers d’y revenir sans cesse.
Le pavillon Buyan : la tendresse et la sagesse d’un nom
Le nom « Buyan » proviendrait, selon les suppositions, de la vue imprenable et inépuisable que l’on découvre depuis ce point culminant — une logique de dénomination assez courante dans la tradition taïwanaise des pavillons d’observation situés sur les points hauts, qui exprime souvent l’admiration sincère et l’attachement de celui qui nomme pour ce paysage. Au moment d’atteindre le pavillon Buyan, la vue qui s’ouvre soudainement devant soi fait effectivement comprendre la profondeur de ce nom. Depuis le pavillon, les lignes de crêtes des collines s’étagent à perte de vue ; par temps clair, on peut même distinguer les contours des montagnes plus lointaines. Cette immensité paisible suffit à apaiser la fatigue accumulée dans les efforts répétés sur ce terrain vallonné.
Debout au pavillon Buyan, la brise de montagne caresse le visage, emportant la sueur et la chaleur du corps, ne laissant qu’un sentiment indicible de plénitude et de satisfaction. De nombreux cyclistes décrivent la vue du pavillon Buyan comme dépourvue de la majesté vertigineuse et des nuages tourbillonnants du mont Wuling ou du mont Hehuan, mais dotée d’une beauté plus proche de la terre, plus douce et plus intériorisée — elle ne cherche pas à vous impressionner, mais vous invite à vous asseoir tranquillement et à savourer ce paysage natal, tendrement enveloppé de ruisseaux et de collines.
Le sens de la solitude à vélo : un temps pour dialoguer avec soi-même
Comparé aux itinéraires très fréquentés comme la route Yangjin ou la route Beiyi, où la circulation est dense et les cyclistes nombreux, le pavillon Buyan de Shuangxi, en raison de son éloignement et de sa notoriété moindre, offre une expérience de cyclisme particulièrement paisible, teintée d’une certaine solitude. Cette solitude, pour de nombreux cyclistes habitués à l’agitation urbaine, est au contraire un cadeau rare et précieux. Peu de conversations avec d’autres cyclistes, aucune perturbation de la circulation dense — seulement sa propre respiration, son propre rythme cardiaque, et le chant occasionnel des oiseaux et le murmure des ruisseaux, composant la bande-son la plus pure de tout le voyage.
Ce processus consistant à affronter seul un terrain vallonné, à digérer seul la fatigue et la frustration, pour finalement atteindre seul le pavillon Buyan et accueillir la vue immense, est, d’une certaine manière, un voyage de dialogue intérieur avec soi-même. De nombreux cyclistes partagent que, dans ce contexte de cyclisme relativement solitaire, il est plus facile de démêler les pensées confuses de la vie quotidienne et de trouver la direction que l’on désire vraiment au fond de soi. Pour beaucoup de cyclistes, le pavillon Buyan de Shuangxi n’est donc pas seulement un itinéraire d’entraînement, mais aussi un recoin secret où l’on peut déposer son esprit et se réconcilier avec soi-même.
Les villages en chemin et la chaleur humaine locale
Bien que la majeure partie de l’itinéraire du pavillon Buyan de Shuangxi serpente à travers forêts et collines, on traverse néanmoins quelques hameaux agricoles épars en chemin. Ces villages sont de taille modeste, leurs habitants vivant principalement de l’agriculture — thé, fruits et légumes, ou riziculture traditionnelle. Ce mode de vie étroitement lié à la terre est particulièrement précieux dans une société taïwanaise où l’urbanisation s’accélère. En passant à vélo, on peut parfois apercevoir des aînés travaillant aux champs qui lèvent les yeux vers les cyclistes de passage et leur adressent un sourire simple et chaleureux. Cette chaleur humaine sans artifice est l’une des couleurs les plus touchantes de cette terre de Shuangxi.
Si le temps le permet, il vaut la peine, avant ou après la sortie, de flâner dans le marché traditionnel ou les échoppes du centre-ville de Shuangxi, de goûter aux plats maison et aux produits locaux, et de ressentir l’atmosphère de vie particulière de cette petite ville de montagne. Les produits de Shuangxi, bien que moins variés que ceux des grandes villes touristiques, possèdent une saveur locale authentique, non dénaturée par une commercialisation excessive, qui laisse un souvenir d’autant plus mémorable.
Un poème de collines au fil des saisons
Le paysage vallonné le long de l’itinéraire du pavillon Buyan de Shuangxi offre des visages différents à chaque saison. Au printemps, les jeunes pousses verdoyantes des forêts, accompagnées de la bruine occasionnelle, enveloppent toute la vallée d’une fine brume, telle une peinture à l’encre ; l’été est la saison où la verdure est la plus dense et la plus généreuse, les cigales chantant en chœur, ajoutant une animation vibrante à la route de montagne habituellement silencieuse. En automne, sur certains versants, les inflorescences des herbes de la pampa commencent à se balancer au vent, leurs teintes dorées et l’air qui se rafraîchit rendant la sensation de pédaler particulièrement agréable ; en hiver, la mousson du nord-est apporte des pluies abondantes, les montagnes s’enveloppent facilement de brouillard, la visibilité diminue, mais c’est aussi l’occasion de capturer des paysages brumeux et vaporeux, où les vallées apparaissent et disparaissent, avec une poésie singulière.
Suggestions d’itinéraire : intégrer Buyanting dans une escapade approfondie à Shuangxi
Si vous souhaitez apprécier plus pleinement le charme de cette terre de Shuangxi, il est recommandé de relier le défi cycliste aux attractions environnantes pour former une escapade approfondie. Autour de la gare de Shuangxi, de nombreux vestiges architecturaux de l’époque japonaise subsistent et méritent qu’on prenne le temps de s’y promener ; la zone de la gare de Mudan est également une petite gare paisible bien connue des passionnés de chemin de fer. Si le temps le permet, n’hésitez pas à organiser une demi-journée de vélo et une demi-journée de flânerie, alternant l’effort intense de la montée et la détente de la marche, pour ressentir l’équilibre parfait entre rapidité et lenteur de cette petite ville de montagne qu’est Shuangxi.
En guise de conclusion : les raisons d’un attrait inépuisable
Après avoir gravi Buyanting à Shuangxi, debout sous le pavillon, le regard porté vers les crêtes vallonnées qui s’étagent au loin, vous comprendrez peut-être pourquoi ce pavillon a été nommé « Buyan » (littéralement « jamais las ») — non pas parce que le paysage y est spectaculaire ou saisissant, mais parce que cette terre possède une force douce qui traverse le temps et mérite d’être visitée sans cesse. À chaque sortie, le relief accidenté continue d’apporter son lot de défis et de découragements, mais la vue dégagée et la paix intérieure ressenties au moment d’atteindre le sommet parviennent toujours à nous donner envie d’y revenir, encore et encore, de plein gré. C’est peut-être là, dans ces deux caractères « Buyan », le message le plus profond et le plus précieux laissé à chaque visiteur.
Le récit d’une sortie solitaire à l’aube par un cycliste
Un cycliste qui roule depuis de nombreuses années dans la région de Shuangxi a un jour partagé cette expérience. Un matin en semaine, accablé par la pression du travail au point d’avoir du mal à respirer, il décida sur un coup de tête de poser un congé et de se rendre seul à Buyanting à vélo pour s’aérer l’esprit. Au départ, le ciel n’était pas encore tout à fait éclairci ; les lampadaires du centre-ville de Shuangxi se reflétaient dans la brume légère, et toute la petite ville semblait encore endormie. Il s’éleva le long de son itinéraire familier, affrontant montées et descentes successives, et faillit même rebrousser chemin à mi-parcours, à bout de forces. Mais au moment précis où il s’apprêtait à s’arrêter, une courte portion de faux plat apparut devant lui, lui permettant de retrouver son rythme de pédalage et rallumant en lui l’élan pour continuer.
À son arrivée à Buyanting, la lumière du matin traversait justement les nuages pour se répandre sur la vallée, et les crêtes vallonnées qui s’offraient à lui paraissaient d’une douceur particulière sous cette lumière tamisée. Il raconta qu’à cet instant, tous les soucis et les pressions liés au travail semblaient s’être totalement dilués dans ce paysage vaste et paisible, remplacés par un sentiment de calme et de plénitude qu’il n’avait pas connu depuis longtemps. Depuis ce jour, chaque fois qu’il traverse une période difficile à surmonter dans sa vie, il pense à cette lumière matinale de Buyanting et reprend cette route vallonnée mais apaisante, faisant du pédalage un rituel de réconciliation avec lui-même.
Les métaphores de la vie enseignées par le relief accidenté
Le relief de Buyanting à Shuangxi, fait de montées et de descentes répétées, ressemble à bien des égards à une miniature de la vie — nous croyons toujours qu’après avoir fourni des efforts pour nous élever, nous pourrons enfin profiter d’un long moment de plat et de répit, mais la réalité est souvent que, à peine habitués à une période favorable, une nouvelle vague de défis s’annonce. De nombreux cyclistes qui pratiquent régulièrement cet itinéraire admettent que c’est précisément ce rythme, très proche de l’essence de la vie, qui a créé chez eux un lien émotionnel avec la route de Buyanting, dépassant le simple cadre sportif.
Apprendre, sur ce terrain qui monte et descend sans cesse, à ne pas se relâcher excessivement lors des brèves descentes, ni à nourrir de ressentiment face aux montées qui s’enchaînent, mais plutôt à se concentrer sur la qualité et le rythme de chaque coup de pédale dans l’instant présent — cette discipline mentale est peut-être, au-delà de l’entraînement physique, le bien immatériel le plus précieux que procure cet itinéraire de Buyanting à Shuangxi. Lorsque vous parvenez à accepter sereinement les variations du terrain et à trouver votre propre rythme d’adaptation, cela signifie aussi, dans une certaine mesure, que vous êtes davantage capable d’affronter les défis et les épreuves imprévisibles et récurrents de la vie.
Sortie nocturne et ciel étoilé : une autre facette de Buyanting
Outre les expériences de cyclisme à l’aube et en journée, certains cyclistes expérimentés et bien équipés choisissent également de tenter une visite de Buyanting en fin de journée ou de nuit à certaines saisons. La région de Shuangxi, relativement épargnée par la pollution lumineuse, offre par nuit claire et sans nuages, depuis ce point culminant, une vue sur un ciel étoilé nettement plus net que dans les zones urbaines. Bien entendu, le cyclisme nocturne comporte des risques plus élevés — difficulté à appréhender la route, probabilité accrue de croiser des animaux sauvages, chute brutale des températures — autant de facteurs qui exigent un équipement plus complet et une évaluation des risques plus rigoureuse. Ce n’est en aucun cas une sortie à tenter à la légère par des débutants ou par des personnes insuffisamment équipées.
Si vous tenez vraiment à vivre l’expérience de la beauté paisible du ciel étoilé de Buyanting, il est vivement recommandé de vous y rendre à plusieurs, avec un système d’éclairage avant et arrière performant, des vêtements chauds et des moyens de communication d’urgence, tout en vous informant à l’avance des conditions météorologiques et de l’état de la route, afin de réduire les risques au minimum et de profiter sereinement de la quiétude et de l’immensité uniques de cette ville de montagne la nuit.
À ceux qui souhaitent relever le défi de Buyanting
Si vous en avez assez de la jungle de béton uniforme des villes et que vous aspirez, entre deux coups de pédale, à renouer le dialogue avec la nature et à retrouver des moments de solitude avec vous-même, Buyanting à Shuangxi est une option qui mérite sérieusement votre considération. Elle n’a pas la notoriété de la route Yangjin ni son atmosphère animée de cyclistes, mais elle possède un charme plus proche de l’essence de la terre, plus propice à la réflexion et à l’apaisement de l’esprit. Si vous êtes prêt à affronter les défis d’un relief accidenté et à dialoguer avec vous-même dans la solitude, alors le paysage vaste et doux de Buyanting vous attend, là-bas, de l’autre côté de la montagne.
Écho de la vallée : la résonance entre les roues et l’eau qui coule
Tout au long de la montée vers Buyanting à Shuangxi, on ne s’éloigne presque jamais de la compagnie des ruisseaux. La rivière Mudan et la rivière Pinglin serpentent à travers les vallées vallonnées, tantôt longeant la route, tantôt se dissimulant au fond des bois, ne laissant qu’un murmure d’eau pour rappeler leur présence au cycliste. Cette sensation de compagnie à la fois proche et distante avec les cours d’eau est une expérience tout à fait particulière de l’itinéraire de Buyanting à Shuangxi — lorsque l’on gravit une pente à bout de souffle, entendre le clapotis clair de l’eau à proximité apporte, d’une certaine manière, une fraîcheur et un réconfort psychologiques, comme si le ruisseau, à sa manière, encourageait les efforts du cycliste.
Après les pluies d’été, le débit des ruisseaux augmente nettement et le bruit de l’eau devient plus puissant, se mêlant à la respiration haletante du cycliste et au ronronnement de la transmission pour former une symphonie primitive et pleine de vitalité. En saison sèche, le débit diminue, laissant apparaître rochers et bancs de gravier, composant un autre tableau, paisible et serein. Cette apparence changeante des cours d’eau au fil des saisons et des précipitations fait de chaque sortie à Buyanting à Shuangxi une écoute d’une partition naturelle légèrement différente, qui ne lasse jamais.
Les souvenirs artisanaux des vieux quartiers
Autour du centre-ville de Shuangxi subsistent encore quelques anciennes échoppes qui perpétuent un artisanat traditionnel, comme la fabrication de nouilles à la main, les pâtisseries de riz traditionnelles, ou encore des épiceries qui perdurent depuis des décennies. Ces boutiques, peut-être modestes par leur taille et leur décor sans fioritures, portent en elles la sagesse de vie et la chaleur humaine qui n’ont pas changé depuis des dizaines d’années dans cette petite ville de montagne. Une fois le défi cycliste terminé, si le temps le permet, n’hésitez pas à pousser la porte de ces vieilles boutiques, à commander une spécialité simple mais faite avec soin, tout en repensant aux défis et aux enseignements du relief accidenté que vous venez de gravir, et en goûtant le rythme de vie lent et authentique propre à cette petite ville.
Cette combinaison de « défi sportif et d’expérience culturelle locale » est précisément ce qui fait de l’itinéraire de Buyanting à Shuangxi bien plus qu’une simple donnée de pourcentage de pente. Elle rappelle à chaque visiteur que la valeur du cyclisme ne se limite jamais à la poursuite de chiffres physiques, mais englobe la somme totale de ce que l’on voit, entend, ressent et pense en chemin. Et Shuangxi, cette petite ville de montagne discrète mais au patrimoine riche, est précisément le cadre idéal pour porter pleinement ces valeurs multiples.
Laissez une lettre au vous du futur
De nombreux cyclistes chevronnés ont l’habitude, après une sortie particulièrement significative, de consigner par écrit leurs émotions et ressentis du moment, comme une lettre adressée à leur futur moi. Si vous aussi vous projetez de relever le défi de Buyanting à Shuangxi, pourquoi ne pas, à l’instant où vous atteignez le pavillon, face au vent de montagne et au regard porté sur les vastes crêtes vallonnées, prendre un moment de calme pour consigner votre état d’esprit — que ce soit la fierté d’avoir relevé le défi, les enseignements tirés du relief accidenté, ou simplement l’émotion pure suscitée par le paysage qui s’offre à vous.
Des années plus tard, lorsque vous rouvrirez ces notes et savourerez à nouveau l’évolution de vos états d’âme d’alors, vous serez peut-être surpris de constater à quel point votre trajectoire a changé, tant sur le plan physique que psychologique, voire dans votre parcours de vie. Et Buyanting, ce pavillon d’observation témoin de vos visites répétées et de vos métamorphoses successives, se dresse toujours, silencieux, au cœur des collines de Shuangxi, attendant de vous retrouver à chaque étape de votre vie. Ce lien émotionnel qui traverse le temps et se renouvelle à chaque visite est peut-être l’interprétation la plus profonde et la plus douce des deux caractères « Buyan » — quels que soient les aléas du temps, quelle que soit l’étape de votre vie où vous vous trouvez, ces collines, ce ruisseau, ce pavillon demeurent toujours là, prêts à écouter une fois de plus votre histoire, prêts à vous accompagner, une fois de plus, à travers leur relief d’une honnêteté absolue, sur chaque portion de route où vous devez retrouver votre rythme, jusqu’à ce que vous appreniez, comme eux, à conserver en toutes circonstances cette sérénité et cette douceur sur les routes qui montent et descendent, à accueillir chaque montée et chaque descente comme un rythme naturel de la vie, à les accepter et à les savourer pleinement. C’est là le cadeau le plus précieux et le plus durable que cette terre et cette eau de Buyanting à Shuangxi laissent à chaque visiteur, un trésor à recevoir lentement et à chérir minutieusement tout au long d’une vie entière.
Lectures complémentaires
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