Récit de la 14e étape du Tour de France 2026 : Mulhouse → Le Markstein — la chevauchée solitaire de 7,2 km de Pogacar au col du Hahnenkamm
Le 18 juillet 2026, la 14e étape du Tour de France s’élançait de Mulhouse, pôle industriel d’Alsace, pour une boucle de 155,6 km dans le massif des Vosges, avant une arrivée au sommet du plateau du Markstein-Fellering.
Ce jour-là, quatre ascensions classées et près de 3 900 mètres de dénivelé positif étaient compressés en moins de 156 kilomètres, faisant de cette étape l’une des plus denses en termes de dénivelé par kilomètre de ce Tour. C’est également ce jour-là que le Maillot Jaune Tadej Pogačar a lancé une attaque à 7,2 km de l’arrivée sur le Col du Haag, qu’il découvrait sur le Tour, pour s’offrir sa quatrième victoire d’étape de l’édition et porter son avance au général de 3 minutes 36 secondes à 4 minutes 30 secondes.
Une précision s’impose concernant les sources de cet article : les colonnes des temps officiels étape par étape de la base de données CTYeh sont vides pour cette étape — nous ne disposons pas des données du top 30 de cette journée. Par conséquent, tous les résultats, écarts, points de la montagne et détails de la course de cet article proviennent de vérifications externes : le compte-rendu d’après-étape de Cyclingnews rédigé par Owen Rogers (18 juillet 2026), la feuille de résultats complète et les informations de l’étape sur ProCyclingStats, ainsi que le tableau des résultats compilé et sourcé (Cyclingnews, Tissot Timing) dans l’article Wikipédia consacré au Tour 2026. Les trois sources concordent parfaitement sur le vainqueur de l’étape, les écarts du top 10, les évolutions du classement général et les points de chaque ascension, ce qui permet de les citer en toute confiance. Tout détail qui ne peut être recoupé entre ces sources n’est pas mentionné dans cet article.
Fiche de l’étape : le dénivelé compressé en 156 km
| Élément | Données |
|---|---|
| Étape | 14e étape du Tour de France 2026 |
| Date | 18 juillet 2026 (samedi) |
| Parcours | Mulhouse → Le Markstein Fellering |
| Distance | Environ 155,3 à 155,6 km |
| Type d’étape | Étape de montagne |
| Dénivelé total | Environ 3 834 à 3 941 m |
| Départ officiel | 13 h 30 (heure locale) |
| Ascensions classées | Grand Ballon (1re catégorie), Col du Page (2e catégorie), Ballon d’Alsace (1re catégorie), Col du Haag (1re catégorie) |
| Sprint intermédiaire | Wattwiller (km 12,6) |
| Pente du dernier kilomètre | 2,1 % |
| Température moyenne | Environ 25 °C |
| Vitesse moyenne du vainqueur | 38,806 km/h |
| Vainqueur de l’étape | Tadej POGACAR (UAE TEAM EMIRATES XRG), en 4 h 0 min 7 s |
| Manière de gagner | Échappée en solitaire de 7,4 km |
C’est en rapprochant ces deux chiffres que l’on prend la mesure : 155,6 km et 3 900 m de dénivelé. Cela représente une moyenne de 25 mètres de montée par kilomètre, soit, pour donner une idée de la pente moyenne sur l’ensemble du parcours, plus d’un quart du temps passé en montée. En comparaison, la 13e étape de la veille offrait 205,8 km pour 2 300 à 2 450 m de dénivelé, soit environ 11 à 12 mètres par kilomètre.
Même massif des Vosges, deux journées aux caractères bien différents : la 13e étape était une course d’endurance, la 14e une course d’intensité.
Mulhouse : le bastion industriel de l’histoire du Tour
Mulhouse est située dans la vallée du Rhin, à l’est de la France, à la frontière allemande et suisse. Deuxième ville d’Alsace derrière Strasbourg, elle fut le cœur de l’industrie textile française et est aujourd’hui réputée pour la Cité de l’Automobile, le plus grand musée automobile du monde (avec une vaste collection de Bugatti), ainsi que pour la Cité du Train, le musée national du chemin de fer.
Son histoire avec le Tour est profonde. En 1926, la première étape de ce Tour fut remportée par le coureur local Jules Buysse, tandis que son frère aîné Lucien Buysse remportait le classement général de cette même édition. En 2014, le spécialiste allemand du contre-la-montre Tony Martin y décrochait une victoire rare hors du chrono, renforçant encore la place de Mulhouse dans la mémoire du cyclisme sur route.
En partant de Mulhouse vers l’ouest, le parcours doit presque immédiatement affronter la montagne. C’est une particularité de la topographie vosgienne : entre la plaine du Rhin et le massif des Vosges, il n’y a pratiquement pas de zone de transition. Le fond de vallée se situe à environ 240 mètres d’altitude et, dès que l’on s’engage dans une vallée, la route commence à grimper. Le sprint intermédiaire de la 14e étape, placé à Wattwiller au kilomètre 12,6, a précisément pour but de distribuer les points du sprint avant le début des vraies ascensions — les organisateurs savent bien que les sprinteurs n’auront pas une seconde chance ce jour-là.
La situation avant l’étape : Pidcock à 9 secondes du podium
Sur la ligne de départ de la 14e étape, le classement général se présentait ainsi :
| Rang | Coureur | Équipe | Retard |
|---|---|---|---|
| 1 | Tadej POGACAR | UAE TEAM EMIRATES XRG | 47:18:31 |
| 2 | Jonas VINGEGAARD | TEAM VISMA | LEASE A BIKE | +3:36 |
| 3 | Remco EVENEPOEL | RED BULL - BORA - HANSGROHE | +4:06 |
| 4 | Tom PIDCOCK | PINARELLO-Q36.5 | +4:15 |
| 5 | Juan AYUSO | LIDL-TREK | +4:22 |
| 6 | Paul SEIXAS | DECATHLON CMA CGM TEAM | +4:35 |
| 7 | Florian LIPOWITZ | RED BULL - BORA - HANSGROHE | +4:44 |
| 8 | Isaac DEL TORO | UAE TEAM EMIRATES XRG | +5:08 |
| 9 | Mattias SKJELMOSE | LIDL-TREK | +5:45 |
| 10 | Lenny MARTINEZ | BAHRAIN VICTORIOUS | +6:34 |
Le point clé de ce tableau, c’est la 4e place : la veille, Pidcock était passé de la 10e à la 4e place grâce à une échappée, et il ne lui manquait plus que 9 secondes pour monter sur le podium.
Ces 9 secondes ont radicalement changé la façon dont la 14e étape allait se courir. La veille, l’UAE pouvait laisser filer l’échappée sans inquiétude, car Pidcock accusait 11 minutes 49 secondes de retard. Mais ce jour-là, si Pidcock prenait de nouveau l’échappée et creusait quelques minutes d’avance, il bondirait directement à la 2e place. Cela signifiait que l’UAE et la Visma devaient toutes deux contrôler le rythme avec des équipiers toute la journée, sans pouvoir laisser faire.
Les trois autres maillots : le Maillot Vert Pedersen (377 points) devance Philipsen de 41 points ; au classement de la montagne, Pogačar est premier (42 points), mais c’est Vingegaard, deuxième, qui porte le Maillot à Pois ; le Maillot Blanc est sur les épaules d’Ayuso, avec Seixas à 13 secondes et Del Toro à 46 secondes.
Analyse technique du parcours : quatre cols, chacun plus redoutable que le précédent
Premier col : le Grand Ballon (1ʳᵉ catégorie)
- Position : 36,6ᵉ kilomètre
- Altitude au sommet : 1 336 mètres
- Longueur : environ 21,5 à 21,6 kilomètres
- Pente moyenne : 4,7 à 4,8 %
- Particularité : le point culminant routier du massif des Vosges, très long mais à la pente douce
C’est un col « long mais pas raide ». 21,6 kilomètres à moins de 5 % de pente moyenne, environ 1 000 mètres de dénivelé, il faut plus de 40 minutes aux professionnels. Ce type de col a cette caractéristique : il ne décroche personne, mais il vide lentement la glycémie et le glycogène des jambes. Et comme la pente est douce, la vitesse est élevée, la résistance de l’air représente encore une part importante de la puissance, et l’écart entre suivre une roue ou pas est énorme — c’est précisément ce qui permet à une échappée de se former sur ce genre de col.
Deuxième col : le col du Page (2ᵉ catégorie)
- Position : 71,3ᵉ kilomètre
- Altitude au sommet : 959 mètres
- Longueur : environ 9,8 kilomètres
- Pente moyenne : 4,7 %
Un col de transition. Son rôle principal est de continuer à user le peloton dans la partie centrale et d’offrir des points pour le classement de la montagne de 2ᵉ catégorie (5/3/2/1 points).
Troisième col : le Ballon d’Alsace (1ʳᵉ catégorie)
- Position : 94,4ᵉ kilomètre
- Altitude au sommet : 1 173 mètres
- Longueur : environ 8,9 kilomètres
- Pente moyenne : 6,9 %
Oui, c’est bien la même montagne que la veille, mais cette fois escaladée par l’autre versant. Voir le même col de 1ʳᵉ catégorie au programme deux jours consécutifs est extrêmement rare dans le Tour de France moderne, et cela fait de ce vieux col, inscrit dans l’histoire du Tour depuis 1905, l’un des protagonistes de cette édition.
Quatrième col : le col du Haag (1ʳᵉ catégorie)
- Position : 149,4ᵉ kilomètre
- Altitude au sommet : 1 233 mètres
- Longueur : 11,2 kilomètres
- Pente moyenne : 7,2 à 7,3 %
- Particularité : première apparition de l’histoire du Tour de France ; le dernier kilomètre dépasse les 10 % ; le sommet se situe à seulement 5 à 6 kilomètres de l’arrivée, suivis d’un plateau presque plat
Ce col est le véritable cœur de l’étape. 11,2 kilomètres à 7,2 % de moyenne, ce n’est déjà pas une mince affaire, mais le vrai coup de grâce réside dans la répartition des pentes : la première partie est relativement gérable, mais le dernier kilomètre grimpe à deux chiffres. Cette structure « de plus en plus raide » force tout le monde, au moment le plus douloureux, à faire un choix — tenir prudemment ou tenter le tout pour le tout.
Et après le sommet, il reste environ 5 à 6 kilomètres de plateau presque entièrement plat jusqu’à Le Markstein. La pente moyenne du dernier kilomètre n’est que de 2,1 %. Cela signifie : celui qui s’échappe seul dans le col doit affronter 6 kilomètres de plat en solitaire, tandis que les poursuivants derrière peuvent former des relais en groupe.
C’est précisément ce design qui rend la chevauchée solitaire de 7,2 kilomètres de Pogačar si spectaculaire — il ne devait pas seulement creuser l’écart dans la montée, il devait aussi tenir sur le plat.
Le Grand Ballon et le Haag : deux tempéraments des Vosges
Le massif des Vosges a toujours été une entité à part dans la géographie du Tour de France. Son altitude est modeste (le point culminant, le Grand Ballon, atteint 1 424 mètres, et le passage du parcours se situe à 1 336 mètres), sans les problèmes d’hypoxie des hautes altitudes alpines, ni les murs de 17 kilomètres des Pyrénées. Mais il possède deux choses : la densité et la variété.
La densité signifie qu’il n’y a pratiquement aucun vrai plat entre les cols. Les sections de « repos » entre les quatre cols classés de la 14ᵉ étape sont en réalité des routes de vallée constamment vallonnées. Le ProfileScore de l’étape (l’indicateur utilisé par ProCyclingStats pour quantifier la difficulté d’un parcours) atteint 332, un chiffre très élevé pour une étape hors Alpes.
La variété renvoie à l’irrégularité des pentes. Les routes vosgiennes suivent pour la plupart d’anciennes pistes forestières et des voies militaires : virages nombreux, chaussées étroites, changements de pente rapides. Il est très difficile de grimper à un braquet et une puissance fixes ; il faut constamment ajuster — et chaque ajustement grignote un peu d’énergie.
La première apparition du col du Haag mérite particulièrement d’être notée. Cette montée, qui grimpe vers le plateau du Markenstein depuis le versant de Fellering, était jusqu’ici principalement un itinéraire pour les cyclosportives locales et la randonnée pédestre. Elle n’a été adoptée par le Tour de France qu’en 2026. Cyclingnews l’a décrite comme un « brutal test » (test cruel).
Récit de course (1) : départ sous une pluie battante, dernière chance de sprint à Wattwiller
La course s’élance sous une pluie torrentielle, puis le ciel se dégage soudainement.
Dans les premiers kilomètres, le peloton reste groupé. ALPECIN-PREMIER TECH contrôle le rythme avec un objectif clair : le sprint intermédiaire de Wattwiller au 12,6ᵉ kilomètre. Sous la protection de toute son équipe, Jasper Philipsen s’impose et empoche les 25 points du maximum, le maillot vert Pedersen prend la deuxième place (20 points), Max Kanter (XDS ASTANA TEAM) est troisième (16 points).
Philipsen a dominé Pedersen sur les sprints intermédiaires deux jours de suite, grignotant petit à petit l’écart au maillot vert. C’est une guerre d’usure très classique du Tour de France : les jours de montagne où aucun point de sprint final n’est à prendre, le sprint intermédiaire est le seul champ de bataille, et l’équipe prête à mener le peloton à fond dans les 15 premiers kilomètres d’une étape de montagne est celle qui empoche la différence de 5 points.
Récit de course (2) : Carapaz allume la mèche, échappée de 38 coureurs
Dès que le sprint intermédiaire est terminé et que la montée du Grand Ballon se profile, les attaques commencent.
Le premier à passer à l’action est Richard Carapaz (EF EDUCATION - EASYPOST), rapidement rejoint par son coéquipier Ben Healy. Comme la veille, une échappée de très grande taille se forme — cette fois 38 coureurs, et parmi eux, encore Tom Pidcock.
Pidcock était parti avec la 4ᵉ place du classement général, à seulement 9 secondes du podium. Sa présence dans l’échappée équivaut à un couteau sous la gorge du peloton. C’est aussi pourquoi cette échappée a été maintenue toute la journée autour de 1 minute 30 — UAE TEAM EMIRATES XRG a immédiatement pris les commandes du rythme, avec Nils Politt en tête.
Avant une descente à mi-pente du Grand Ballon, Healy et Pablo Castrillo (MOVISTAR TEAM) repartent de l’échappée, prennent un petit avantage, puis sont repris.
La configuration d’EF EDUCATION - EASYPOST ce jour-là était limpide : Carapaz, Healy, Alex Baudin et Georg Steinhauser, tous les quatre dans l’échappée, toute l’équipe visait la victoire d’étape et a donc tout fait pour creuser l’avantage de l’échappée.
Les points de la montagne du Grand Ballon (1ʳᵉ catégorie, 10/8/6/4/2/1) sont remportés par Valentin Paret-Peintre (SOUDAL QUICK-STEP) avec 10 points, Carapaz 8 points, Healy 6 points, Tobias Halland Johannessen (UNO-X MOBILITY) 4 points, Anders Halland Johannessen 2 points et Kévin Vauquelin 1 point.
Compte-rendu de course (3) : la guerre sourde du maillot à pois
Après le sommet du Grand Ballon, Carapaz attaqua de nouveau, cette fois accompagné de Paré-Pinte. Les deux hommes creusèrent l’écart sur le reste de l’échappée dans la descente, avant d’être rejoints par Healy et les frères Johannessen d’UNO-X, formant un groupe de tête à 6 coureurs.
Ils établirent rapidement une avance d’environ 30 secondes sur le groupe de poursuivants derrière (Castrillo, son coéquipier de la MOVISTAR Einer Rubio, et Thymen Arensman de la NETCOMPANY INEOS).
À ce moment, le classement général virtuel de Pidcock était remonté à la 2e place, reléguant Vingegaard derrière lui. Malgré cela, les trois coéquipiers de la TEAM VISMA | LEASE A BIKE restèrent dans le groupe de Pidcock et continuèrent de fournir un effort soutenu, maintenant l’avantage de ce groupe sur le peloton — même s’ils accusaient déjà plus d’une minute de retard sur les six hommes de tête. C’était un jugement tactique très subtil : Visma avait besoin que le groupe de Pidcock maintienne une certaine vitesse pour que le rythme du peloton ne soit pas totalement contrôlé par l’UAE.
Le col du Platzerwasel fut atteint à 93 kilomètres de l’arrivée. Arensman, victime d’une crevaison, lâcha prise, tandis que Rubio rejoignit le groupe de tête. Au sommet, le groupe de Pidcock accusait 1 minute 50 de retard, et le peloton 3 minutes 20.
Points au classement de la montagne : Paré-Pinte 5 pts, Carapaz 3 pts, Tobias Halland Johannessen 2 pts, Rubio 1 pt.
Au Ballon d’Alsace (km 94,4), le scénario se répéta : Paré-Pinte 10 pts, Carapaz 8 pts, Tobias Halland Johannessen 6 pts, Rubio 4 pts, Healy 2 pts, Anders Halland Johannessen 1 pt.
Sur trois cols consécutifs, Paré-Pinte a pris la première place à chaque fois, et Carapaz la deuxième. Devant, ils livraient une bataille qui ne concernait qu’eux — le maillot à pois. À la fin de cette journée, Paré-Pinte était passé de la 5e à la 2e place du classement de la montagne (43 pts), et Carapaz 3e (38 pts). L’issue finale de cette guerre sourde : Carapaz prit le maillot à pois après la 19e étape et le porta jusqu’à Paris.
Côté groupe de poursuivants, c’est Bruno Armirail (TEAM VISMA | LEASE A BIKE) qui menait le train en tête, avec Pidcock dans sa roue.
Compte-rendu de course (4) : au col de la Loze, la grande bataille du général commence
Les débuts du col de la Loze sur le Tour de France furent impitoyables, comme prévu.
11,2 kilomètres à 7,2 % de moyenne, les deux derniers kilomètres dépassant les 10 %, suivis d’un faux-plat de 6 kilomètres.
Devant : le frère aîné Anders avait déjà lâché prise, Tobias Halland Johannessen suivit tant bien que mal une accélération de Carapaz, mais rapidement, l’Équatorien se retrouva seul en tête. L’avance fondait à vue d’œil.
Groupe des favoris : la DECATHLON CMA CGM TEAM s’était portée en tête du peloton dès le pied du col, pour contrôler l’allure au profit de son leader Paul Seixas. Leur rythme était incessant, et ils réduisirent rapidement l’escorte de Pogačar à un seul homme : Isaac del Toro.
Puis Pidcock fut lâché du groupe des favoris — le héros de la veille se fit corriger par la réalité des hautes montagnes.
Vingegaard, lui, envoya Sepp Kuss prendre le relais en tête.
Malgré tout, l’avance de Carapaz résista obstinément au-dessus de 50 secondes, jusqu’à ce qu’à 11 kilomètres de l’arrivée, Florian Lipowitz (RED BULL - BORA - HANSGROHE) attaque.
Cette attaque força Vingegaard à sortir. L’accélération du Danois provoqua une réaction en chaîne : le coéquipier de Lipowitz, Jorgenson, se retrouva en difficulté, tandis que Johannessen et Carapaz furent tous deux repris.
Puis, quelques secondes plus tard, Pogačar attaqua.
Compte-rendu de course (5) : 7,2 kilomètres, à travers le mur humain
À 7,2 kilomètres de l’arrivée, Pogačar attaqua au milieu d’une foule immense.
En termes de position, il restait à peine plus d’un kilomètre jusqu’au sommet du col de la Loze — c’est-à-dire la section la plus raide de toute l’ascension. Il creusa instantanément l’écart, brisant le groupe de poursuivants.
En atteignant le plateau et en entamant les 6 derniers kilomètres en faux-plat, son avance était de 24 secondes.
La réaction derrière fut intéressante. Vingegaard et Seixas — le 2e et le 6e du classement général, ce dernier étant la nouvelle star française — se relayèrent immédiatement pour tenter de réduire l’écart au minimum. Mais del Toro, le coéquipier de Pogačar, se contenta de rester dans leurs roues, sans fournir le moindre effort.
Un peu plus loin derrière, Jorgenson, Lipowitz et Ayuso formaient un deuxième groupe de poursuite, roulant ensemble vers l’arrivée.
Sur les 6 derniers kilomètres, Pogačar ne se fit reprendre qu’une petite partie de son avance.
Tadej Pogačar, 4 heures 0 minutes 7 secondes, quatrième victoire d’étape de cette édition.
38 secondes plus tard, del Toro surgit des roues de Vingegaard et Seixas pour prendre la 2e place ; Seixas 3e, même temps ; Vingegaard 4e, à 44 secondes ; Jorgenson 5e, à 48 secondes.
Points au classement de la montagne au col de la Loze (1re catégorie) : Pogačar 10 pts, Vingegaard 8 pts, Seixas 6 pts, del Toro 4 pts, Jorgenson 2 pts, Ayuso 1 pt.
Ce que Pogačar a dit après la course
Dans ses deux interventions d’après-course, Pogačar a très clairement expliqué les tenants et aboutissants de cette victoire.
À propos du public, il a déclaré devoir remercier tous les fans venus au bord de la route, car c’était un spectacle qu’il pensait inoubliable — voir les collines et les sommets noirs de monde, il a dit n’avoir jamais vu une telle scène, et a estimé qu’il existait un immense respect mutuel entre tous les coureurs, qui avaient ensemble offert une magnifique course.
Sur le moment de son attaque, ses propos furent encore plus riches d’enseignements tactiques. Beaucoup s’attendaient à ce que le maillot jaune attaque tôt dans la dernière ascension, mais il a attendu très tard. L’explication de Pogačar : il savait que son coéquipier del Toro n’était pas à 100 % (del Toro avait été lâché dans la partie inférieure du col), il a donc attendu, pour voir si quelque chose se passerait dans les deux derniers kilomètres ; mais la DECATHLON et Vingegaard ont imposé un rythme très élevé dans la montée, les coureurs lâchaient prise les uns après les autres, et lui se sentait bien, alors il a décidé de tenter sa chance dans les deux derniers kilomètres. Il a également ajouté qu’il connaissait très bien cette route, et que la foule présente lui avait donné une motivation supplémentaire, alors il a saisi l’opportunité.
Ces propos révèlent un point clé : Pogačar avait initialement prévu de préparer le terrain pour del Toro. Lorsque del Toro a été lâché dans la partie inférieure du col, le plan a changé : il y est allé lui-même. Et le résultat final fut un doublé pour l’UAE — del Toro est revenu dans le final et a pris la 2e place.
Analyse du Top 10
1. Tadej POGACAR (UAE TEAM EMIRATES XRG) 4:00:07
Quatrième victoire d’étape de cette édition. Une échappée en solitaire de 7,4 kilomètres, dont environ 6 kilomètres sur un plateau presque plat à défendre seul avec 24 secondes d’avance — c’est là que réside le plus difficile. Il s’adjuge également le maillot jaune et le premier rang du classement de la montagne.
2. Isaac DEL TORO ROMERO (UAE TEAM EMIRATES XRG) +38"
Le champion du Mexique, distancé dans la partie inférieure du col de la Hage ce jour-là, est revenu par l’arrière et a même devancé Seixas et Vingegaard au sprint final. Cette capacité à « revenir au premier plan après avoir été lâché » est la qualité clé qui lui permettra plus tard de s’emparer du maillot blanc.
3. Paul SEIXAS (DECATHLON CMA CGM TEAM) +38"
La jeune pépite française de 19 ans vit ce jour-là une page importante de sa carrière. Son équipe a mené un gros travail de poursuite dans la partie inférieure du col de la Hage, tandis que lui-même a fait la jonction avec Vingegaard. Au final, il remonte à la 4e place du général et reprend le maillot blanc des mains d’Ayuso.
4. Jonas VINGEGAARD (TEAM VISMA | LEASE A BIKE) +44"
Double vainqueur du Tour de France. Il a attaqué dans la montée, forcé Evenepoel à montrer une faille, mais n’a pas pu résister à l’attaque de Pogacar. Après avoir concédé 44 secondes, son retard au général passe à 4 minutes 30 secondes — c’est sa dernière confrontation complète sur le Tour de France 2026, car le lendemain il chutera et abandonnera sur la route du plateau de Solaison.
5. Remco EVENEPOEL (RED BULL - BORA - HANSGROHE) +48"
Indirectement victime de l’attaque de son propre coéquipier Lipowitz, il s’est retrouvé un temps en difficulté, mais a finalement limité les dégâts avec Lipowitz et Ayuso, ne concédant que 48 secondes et conservant sa 3e place au général.
6. Juan AYUSO PESQUERA (LIDL-TREK) +50"
Le maillot blanc change de mains ce jour-là au profit de Seixas. Il a tenu l’écart avec les hommes de devant, mais son général passe légèrement de la 5e à la 5e place (+5:22), et il commence à être rejoint par les jeunes Seixas et Del Toro.
7. Florian LIPOWITZ (RED BULL - BORA - HANSGROHE) +50"
Son attaque à 11 kilomètres de l’arrivée est le déclencheur du grand scénario du général. Elle a poussé Vingegaard à réagir et a indirectement mis son leader Evenepoel en difficulté — un cas d’école classique de coordination tactique au sein d’une équipe.
8. Richard CARAPAZ (EF EDUCATION - EASYPOST) +1:18"
L’homme le plus courageux de la journée. Il a lancé l’échappée, disputé les points de la montagne avec Paré-Pintre sur trois cols, mené seul en tête au col de la Hage avec plus de 50 secondes d’avance, avant d’être repris à 11 kilomètres de l’arrivée, tout en conservant sa 8e place. Le prix de la combativité du jour est amplement mérité.
9. Tobias Halland JOHANNESSEN (UNO-X MOBILITY) +1:40"
L’aîné des jumeaux norvégiens, actif toute la journée dans l’échappée et la lutte pour les points de la montagne, signe l’une des performances les plus sous-estimées de cette journée.
10. Mattias SKJELMOSE (LIDL-TREK) +1:40"
Le polyvalent danois consolide sa 8e place au classement général.
Tableau complet des 30 premiers
Le tableau suivant est établi après recoupement des données de Cyclingnews et ProCyclingStats.
| Rang | Coureur | Équipe | Temps / Écart |
|---|---|---|---|
| 1 | Tadej POGACAR | UAE TEAM EMIRATES XRG | 4:00:07 |
| 2 | Isaac DEL TORO ROMERO | UAE TEAM EMIRATES XRG | +38" |
| 3 | Paul SEIXAS | DECATHLON CMA CGM TEAM | +38" |
| 4 | Jonas VINGEGAARD | TEAM VISMA | LEASE A BIKE | +44" |
| 5 | Remco EVENEPOEL | RED BULL - BORA - HANSGROHE | +48" |
| 6 | Juan AYUSO PESQUERA | LIDL-TREK | +50" |
| 7 | Florian LIPOWITZ | RED BULL - BORA - HANSGROHE | +50" |
| 8 | Richard CARAPAZ | EF EDUCATION - EASYPOST | +1:18 |
| 9 | Tobias Halland JOHANNESSEN | UNO-X MOBILITY | +1:40 |
| 10 | Mattias SKJELMOSE | LIDL-TREK | +1:40 |
| 11 | Lenny MARTINEZ | BAHRAIN VICTORIOUS | +1:41 |
| 12 | Ilan VAN WILDER | SOUDAL QUICK-STEP | +3:30 |
| 13 | Yannis VOISARD | TUDOR PRO CYCLING TEAM | +3:30 |
| 14 | Egan BERNAL | NETCOMPANY INEOS | +3:30 |
| 15 | Derek GEE-WEST | LIDL-TREK | +3:30 |
| 16 | Adam YATES | UAE TEAM EMIRATES XRG | +3:30 |
| 17 | Sepp KUSS | TEAM VISMA | LEASE A BIKE | +3:30 |
| 18 | Tom PIDCOCK | PINARELLO-Q36.5 | +3:34 |
| 19 | Jordan JEGAT | TOTALENERGIES | +5:27 |
| 20 | Davide PIGANZOLI | TEAM VISMA | LEASE A BIKE | +5:27 |
| 21 | Einer RUBIO REYES | MOVISTAR TEAM | +5:27 |
| 22 | Nicolas PRODHOMME | DECATHLON CMA CGM TEAM | +9:51 |
| 23 | Jai HINDLEY | RED BULL - BORA - HANSGROHE | +10:15 |
| 24 | Quinn SIMMONS | LIDL-TREK | +11:47 |
| 25 | Valentin PARET-PEINTRE | SOUDAL QUICK-STEP | +12:01 |
| 26 | Ben O’CONNOR | TEAM JAYCO ALULA | +13:05 |
| 27 | Matthew RICCITELLO | DECATHLON CMA CGM TEAM | +13:05 |
| 28 | Mauro SCHMID | TEAM JAYCO ALULA | +13:05 |
| 29 | Tiesj BENOOT | DECATHLON CMA CGM TEAM | +13:05 |
| 30 | Maxim VAN GILS | RED BULL - BORA - HANSGROHE | +17:05 |
Deux détails de ce tableau méritent particulièrement l’attention :
Premièrement, il existe un fossé énorme de 1 minute 49 secondes entre la 11e et la 12e place. Les 11 premiers forment le véritable groupe du classement général / de la montagne ; à partir de la 12e place, c’est « le jour où l’on a déjà abandonné ». Le col de Hage a tranché la course de manière nette.
Deuxièmement, Pidcock est 18e, à 3 minutes 34 secondes. La veille, il était passé de la 10e à la 4e place ; ce jour-là, il est retombé à la 9e. C’est toute la cruauté de la tactique d’échappée : le temps volé doit souvent être en partie restitué lors des vraies journées de montagne.
Évolution des quatre maillots distinctifs
Maillot jaune : Pogačar en 51 h 18 min 28 s au total. Il a également pris 10 secondes de bonification (6 s pour Del Toro, 2e, et 4 s pour Seixas, 3e).
| Rang | Coureur | Équipe | Écart |
|---|---|---|---|
| 1 | Tadej POGACAR | UAE TEAM EMIRATES XRG | 51:18:28 |
| 2 | Jonas VINGEGAARD | TEAM VISMA | LEASE A BIKE | +4:30 |
| 3 | Remco EVENEPOEL | RED BULL - BORA - HANSGROHE | +5:04 |
| 4 | Paul SEIXAS | DECATHLON CMA CGM TEAM | +5:19 |
| 5 | Juan AYUSO | LIDL-TREK | +5:22 |
| 6 | Florian LIPOWITZ | RED BULL - BORA - HANSGROHE | +5:44 |
| 7 | Isaac DEL TORO | UAE TEAM EMIRATES XRG | +5:50 |
| 8 | Mattias SKJELMOSE | LIDL-TREK | +7:35 |
| 9 | Tom PIDCOCK | PINARELLO-Q36.5 | +7:59 |
| 10 | Lenny MARTINEZ | BAHRAIN VICTORIOUS | +8:25 |
Cyclingnews souligne un phénomène particulier : les écarts au classement général entre Seixas, Ayuso, Lipowitz et Del Toro sont tous inférieurs à 30 secondes (+5:19 à +5:50). Cette « bataille pour la quatrième place » est précisément le filon le plus intéressant de la deuxième semaine de ce Tour de France.
Maillot vert : Pedersen 397 points, Philipsen 361 points, Gilmé 347 points. L’écart est passé de 41 à 36 points.
Maillot à pois : Pogačar 52 points (porteur du maillot jaune), Paré-Peintre 43 points, Carapaz 38 points, Vingegaard 35 points, Seixas 24 points. Puisque Pogačar porte le maillot jaune, le maillot à pois est porté par Paré-Peintre depuis la 15e étape (il était porté par Vingegaard de la 7e à la 14e étape).
Maillot blanc : Changement de propriétaire. Seixas (+5:19) dépasse Ayuso (+5:22) et devient le nouveau meilleur jeune.
Classement par équipes : LIDL-TREK conserve la tête.
Prix de la combativité : Richard CARAPAZ.
Analyse tactique des équipes
UAE TEAM EMIRATES XRG — Une journée parfaite. Politt a contrôlé l’allure toute la journée pour neutraliser l’échappée de Pidcock ; Del Toro, bien que distancé dans la partie inférieure de la montée, est revenu par l’arrière et a pris la 2e place ; Pogačar a attaqué au moment le plus opportun, remportant l’étape et 10 secondes de bonification. Doublé aux deux premières places, avance au maillot jaune portée à 4 min 30 s — aucune étape n’a été manquée.
DECATHLON CMA CGM TEAM — Le grand gagnant stratégique. Leur rythme élevé et constant dans la partie inférieure du col de la Hague a, d’une part, éliminé les équipiers des adversaires autour de Seixas (Pogačar ne se retrouvait plus qu’avec Del Toro à ses côtés), et d’autre part, créé le rythme le plus favorable pour leur leader. Au final, Seixas a pris la 3e place de l’étape, la 4e du classement général et endossé le maillot blanc. Pour une équipe française, c’est le résultat le plus idéal possible pendant le Tour.
RED BULL - BORA - HANSGROHE — Un exemple de contradiction tactique. L’attaque de Lipowitz à 11 km de l’arrivée a été le détonateur le plus important de la journée, mais elle a simultanément plongé son leader Evenepoel dans une situation délicate. Cyclingnews le dit clairement : l’accélération de Vingegaard, déclenchée par Lipowitz, a mis Evenepoel en difficulté. Heureusement, la collaboration finale entre les deux hommes et Ayuso a limité la perte à 48-50 secondes. Ce dilemme « opportunité de l’équipier vs. sécurité du leader » est la quadrature du cercle de toutes les équipes à double leader.
EF EDUCATION - EASYPOST — Une défaite honorable. Quatre coureurs dans l’échappée, Carapaz à l’attaque toute la journée, et le prix de la combativité. Ils n’ont pas gagné l’étape, mais les points de montagne accumulés ce jour-là (38 points pour Carapaz) constituent une base essentielle pour sa conquête ultérieure du maillot à pois. La stratégie de cette équipe sur le Tour 2026 est très claire : ne pas se frotter au classement général, se concentrer sur les échappées et le classement de la montagne.
TEAM VISMA | LEASE A BIKE — Ils ont tout donné. Le tempo de Kuss dans le col de la Hague, le contrôle de l’allure d’Amiraï dans le groupe de poursuite, l’accélération volontaire de Vingegaard lui-même — tout ce qui pouvait être fait a été fait, mais l’écart s’est quand même creusé de 54 secondes (44 s + 10 s de bonification). Après cette journée, l’écart entre Vingegaard et Pogačar est passé à 4 min 30 s, et l’espoir de renversement est devenu extrêmement mince.
PINARELLO-Q36.5 — Retour à la réalité. Pidcock est reparti à l’échappée, est brièvement monté à la 2e place virtuelle, mais a été lâché par le groupe des favoris dans les vraies pentes de haute montagne, pour finalement retomber à la 9e place du classement général. C’est exactement ce qu’il avait dit lui-même la veille : « Je vais forcément perdre beaucoup de temps dans le contre-la-montre. » Dans les étapes de montagne, il en perd tout autant.
Histoires de coureurs : la quatrième victoire de Pogačar, l’entrée dans la cour des grands de Seixas
Tadej Pogačar — cette étape est son 4e succès d’étape sur le Tour 2026. Il a pris le maillot jaune lors de la 3e étape (Les Angles) avec le dernier col ; lors de la 6e étape, il s’est envolé en solitaire depuis le col du Tourmalet à 43 km de l’arrivée, s’imposant avec 2 min 38 s d’avance ; lors de la 10e étape, le jour de la Bastille, il a attaqué au col de Pertuis et roulé seul jusqu’à Le Lioran. Et ce jour-là, il a utilisé une variante de la même grammaire — plus courte, plus tardive, plus précise.
Ce qui est remarquable, c’est sa philosophie d’attaque : il ne déclenche pas dans les pentes les plus raides, mais au moment précis où l’adversaire vient d’épuiser sa première cartouche. Lipowitz attaque, Vingegaard répond, Carapaz est repris — c’est dans la rémanence de cette séquence qu’il a bougé. Ce choix de timing est plus redoutable que la puissance pure.
Paul Seixas — 19 ans, ce nom que le cyclisme français attend depuis dix ans. Sa performance ce jour-là a une double signification : premièrement, il a pris la 3e place de l’étape lors de la journée de montagne la plus difficile, prouvant qu’il n’est pas seulement « plein de potentiel » ; deuxièmement, l’image de sa collaboration avec Vingegaard pour la poursuite symbolise qu’il est désormais traité par un double vainqueur du Tour comme un partenaire à part entière, et non comme un jeune à protéger. Le maillot blanc est revenu ce jour-là à un Français — même s’il ne l’a porté qu’un jour, avant qu’il ne soit repris par Del Toro le lendemain.
Isaac del Toro — le nouveau porte-étendard du cyclisme mexicain. Ce qui est le plus parlant ce jour-là, ce n’est pas sa 2e place, mais le fait qu’il ait d’abord été distancé. Pogačar a même déclaré publiquement qu’il était « peut-être pas à 100 % ». Pourtant, il est revenu, et a même gagné le sprint à l’arrivée. Cette résilience est précisément la raison pour laquelle il a pu consolider le maillot blanc sur toute la troisième semaine.
Richard Carapaz — vainqueur du Giro 2019, champion olympique sur route à Tokyo. À 34 ans, il a choisi une voie radicalement différente sur le Tour 2026 : pas de classement général, uniquement les étapes et le maillot à pois. La 14e étape est une démonstration parfaite de cette stratégie — il a allumé l’échappée, disputé les points des trois cols, mené en solitaire, avant d’être repris à 11 km de l’arrivée. Et cette voie lui a finalement offert une récompense généreuse : deux victoires d’étape (18e et 20e), le maillot à pois, et le super-combatif de tout le Tour.
Impact sur les étapes suivantes
Premièrement, le classement général est globalement figé. Un écart de 4 minutes 30 secondes est déjà très lourd pour Vingegaard. Et le lendemain, sa chute sur la route du plateau de Soulor, avec fracture de la clavicule et abandon, laisse ce suspense sans réponse. Ce qui est certain, c’est que la 14e étape fut le dernier face-à-face direct entre Pogacar et Vingegaard sur cette édition — et Pogacar a gagné.
Deuxièmement, la bagarre derrière la quatrième place est relancée. Seixas (+5:19), Ayuso (+5:22), Lipowitz (+5:44) et Del Toro (+5:50) se tiennent en 31 secondes. Cette bagarre a été rebattue le lendemain sur le plateau de Soulor : Del Toro prend la 3e place d’étape et monte sur la 3e place du général ; Seixas 4e ; Lipowitz 5e ; Ayuso retombe à la 6e.
Troisièmement, le maillot blanc entre dans une lutte à trois. Ayuso → Seixas → Del Toro, le maillot blanc change de mains deux fois en trois jours. Del Toro l’endosse à partir de la 15e étape et le conserve jusqu’à Paris.
Quatrièmement, le suspense du maillot à pois. Paré-Peintre empoche le maximum de points sur les trois cols ce jour-là, Carapaz terminant deuxième à chaque fois. Au classement, Pogacar est toujours premier, mais son attention est tournée vers le maillot jaune. Cette brèche a finalement été exploitée par Carapaz — il attaque en force lors des 18e, 19e et 20e étapes, et reprend le maillot à pois à partir de la 19e étape pour le porter jusqu’au bout.
Cinquièmement, la guerre du maillot vert s’intensifie. Philipsen engrange le maximum de points aux sprints intermédiaires lors des 14e et 15e étapes, réduisant l’écart de 41 à 31 points. Cette lutte s’est poursuivie jusqu’à la 17e étape (victoire d’étape de Philipsen) avant de se départager légèrement, et finalement Pedersen conserve le maillot vert jusqu’à Paris.
Analyse approfondie des données : que représente une étape de montagne à 38,8 km/h
La vitesse moyenne du vainqueur de la 14e étape est de 38,806 km/h. En la comparant à celle de la 13e étape de la veille (environ 50 km/h), l’écart dépasse les 11 km/h — ces 11 km/h, c’est le prix à payer pour 3 900 mètres de dénivelé positif.
Une analyse sous l’angle de la puissance sera plus claire.
Sur une pente douce de 4,7 % (le Grand Ballon), les professionnels avancent à 20-22 km/h, dont environ 65-70 % de la puissance sert à vaincre la gravité et 30-35 % à surmonter la résistance de l’air. C’est une zone de pente où « le drafting reste utile », donc un groupe d’échappés peut y maintenir la vitesse grâce à sa supériorité numérique.
Sur une pente de 7,2 % (le col du Hahnenbrunnen), la vitesse chute à 15-17 km/h, la part de la gravité dépasse 85 %, et la résistance de l’air devient presque négligeable. La valeur du drafting diminue alors fortement, et la course devient une pure confrontation de « rapport poids-puissance ». C’est aussi pourquoi tous les vrais écarts au classement général se créent sur des pentes supérieures à 7 %.
Et sur ces 6 derniers kilomètres, avec une pente de seulement 2,1 % sur le plateau, la situation s’inverse : la résistance de l’air redevient dominante, et un coureur seul à l’avant doit dépenser 25-30 % de puissance en plus que trois coureurs qui relaient. Pogacar n’a vu qu’une partie de son avance reprise sur ces 6 kilomètres, ce qui revient à avoir « tenu sur le terrain le plus défavorable à une échappée solitaire ».
Données estimées : en estimant le poids de Pogacar à environ 66 kg, l’ascension des 11,2 km du col du Hahnenbrunnen nécessite environ 25 à 28 minutes, avec un rapport poids-puissance situé dans la fourchette de 6,2 à 6,6 W/kg ; et pour les 6 derniers kilomètres en solitaire sur le plat, il faut maintenir une puissance absolue de 380 à 420 watts. Deux capacités complètement différentes, sollicitées successivement dans les mêmes 35 minutes — c’est ce que le Tour de France moderne exige d’un « grimpeur complet ».
Pour les cyclistes taïwanais, voici comment convertir : si votre FTP est de 250 watts pour 65 kg (3,85 W/kg), alors sur une pente de 7 %, votre vitesse sera d’environ 10 à 11 km/h. Pour atteindre les 15-17 km/h des professionnels, il ne vous faut pas « fournir un peu plus d’effort », mais améliorer votre rapport poids-puissance de plus de 60 %. Ce n’est pas pour vous démoraliser, mais pour vous aider à établir un cadre de référence correct — savoir ce que l’on regarde quand on suit une course a bien plus de sens qu’une admiration aveugle.
Histoire du Tour de France dans les Vosges : de 1905 à 2026
Le lien entre les Vosges et le Tour de France est plus ancien que celui des Alpes.
En 1905, le Tour intègre pour la première fois le Ballon d’Alsace dans son parcours, le premier vrai col classé de l’histoire du Tour. Avant cela, le parcours du Tour se limitait essentiellement à des boucles entre plaines et collines. La décision du directeur de course Henri Desgrange fut alors jugée folle — car à cette époque, les coureurs roulaient sur des vélos en acier à vitesse unique, pesant plus de 15 kilos, et beaucoup poussaient leur vélo dans la montée.
Depuis, pendant cent vingt ans, les Vosges ont joué un rôle particulier dans la géographie du Tour : c’est le seuil vers les Alpes, et le premier filtre des capacités en montagne. Comparés aux murs de haute altitude des Alpes et des Pyrénées, les cols vosgiens sont courts, rapprochés et variés, plus adaptés pour tester la « gestion du rythme » d’un coureur que sa pure capacité de grimpeur.
Pour l’édition 2026, le Tour a programmé deux journées consécutives dans les Vosges : la 13e étape (Dole → Belfort) grimpe le Ballon d’Alsace par le versant sud, et la 14e étape (Mulhouse → Le Markstein-Fellering) le gravit à nouveau par l’autre versant, avec en plus le Grand Ballon et le col du Page, avant de conclure par le col du Hahnenbrunnen, une nouveauté. Cette conception de « la même montagne deux jours de suite » est très rare dans le Tour moderne, et fait du Ballon d’Alsace l’un des noms les plus cités de cette édition.
Le Markstein n’est pas non plus un inconnu. Cette station de ski d’altitude située sur la crête vosgienne a déjà servi à plusieurs reprises d’arrivée pour le Tour de France et le Tour de France Femmes. Sa particularité : la zone d’arrivée se trouve sur un vaste plateau herbeux et ouvert, avec une vue imprenable, et toutes les routes qui y mènent depuis la vallée sont de fortes pentes — un cadre idéal pour conclure une étape de montagne.
Pourquoi notre base de données ne contient-elle pas cette étape ?
Il vaut la peine d’expliquer ici notre processus de travail aux lecteurs.
La base de données des étapes du Tour de France de CTYeh est synchronisée automatiquement à partir des données publiques de l’organisation et du système de chronométrage. La grande majorité des étapes permet d’obtenir intégralement les 30 premiers classés, les écarts de temps et les différents points. Mais les colonnes de résultats de la 14e étape sont vides dans notre base de données — soit la source de données n’avait pas encore été mise à jour au moment de la synchronisation, soit il y a eu un problème de correspondance des champs.
Face à cette situation, notre principe de traitement repose sur trois règles :
Premièrement, ne jamais combler avec des suppositions. On ne peut pas écrire que Pogacar a gagné parce qu’« il était en grande forme ces jours-là », ni déduire les places intermédiaires à partir des écarts au classement général des étapes précédentes et suivantes. Tout chiffre sans source est systématiquement exclu.
Deuxièmement, toute vérification externe doit croiser au moins deux sources indépendantes. Toutes les données de cet article figurent à la fois dans le compte-rendu d’après-course de Cyclingnews (par le journaliste Owen Rogers), dans le tableau complet des résultats de ProCyclingStats, et dans les résultats officiels du chronométrage Tissot Timing cités par Wikipédia. Les trois concordent parfaitement sur le vainqueur d’étape, les écarts du top 10, les changements au classement général et les points de chaque col.
Troisièmement, en cas de divergence entre les sources, la mentionner explicitement. Par exemple, pour le dénivelé total de cette étape, la base de données CTYeh enregistre 3 834 mètres, ProCyclingStats 3 941 mètres, et Cyclingnews rapporte environ 3 900 mètres ; pour la distance, deux versions existent : 155,3 et 155,6 kilomètres. Ces différences proviennent de référentiels de mesure distincts (trace GPX vs. road book officiel), et nous choisissons d’indiquer la fourchette plutôt que de retenir le chiffre le plus flatteur.
Si cet article a pu être rédigé avec autant de détails que les autres étapes, ce n’est pas parce que nous « avons bien deviné », mais parce que la course de ce jour-là a été documentée avec suffisamment de précision par les médias internationaux. Si nous ne trouvons pas l’information, nous vous disons honnêtement que nous ne l’avons pas trouvée.
Point de vue des cyclistes taïwanais : les Vosges et les moyennes montagnes de Taïwan
155,6 km, 3 900 m de dénivelé, y a-t-il un équivalent à Taïwan ? Oui, et c’est plus proche que vous ne le pensez.
La comparaison la plus directe est le Wuling. Depuis Puli, en suivant la route provinciale 14A jusqu’au Wuling, la distance est d’environ 55 km pour un dénivelé d’environ 3 275 m. Si vous considérez le Wuling comme une seule ascension, l’étape 14 compte 600 m de dénivelé de plus, mais la distance est trois fois plus longue — autrement dit, la densité d’effort de l’étape 14 est en réalité inférieure à celle du Wuling, mais le volume total est plus important, et il est découpé en quatre ascensions.
Une analogie plus juste serait « enchaîner en une journée quatre montées de niveau Fengguizui ou plus » :
| Ascensions de l’étape 14 du Tour | Longueur × pente moyenne | Équivalent taïwanais |
|---|---|---|
| Grand Ballon | 21,6 km × 4,7 % | Le long faux-plat de la 7A (Qilan → Siyuan), ou de la 14A (Renzhiguan → Cuifeng) |
| Col du Page | 9,8 km × 4,7 % | Beiyi Highway (Pinglin → Shihpai) |
| Ballon d’Alsace | 8,9 km × 6,9 % | Fengguizui (côté Wanli), route de Balaka |
| Col du Haag | 11,2 km × 7,2 % | Le tronçon central de la route de Tataka, ou les rampes soutenues avant Dayuling |
(Les chiffres des routes taïwanaises sont des approximations ; ils varient selon les points de départ et d’arrivée.)
Trois enseignements concrets pour l’entraînement et le suivi de la course :
1. Le rythme sur un parcours « court mais très accidenté » est plus difficile que sur un long parcours. 155 km avec 3 900 m de dénivelé signifie que vous n’avez quasiment aucun temps de récupération. L’erreur la plus courante sur ce type d’étape est de « partir trop vite dans les premières montées » — comme les pentes ne sont pas longues, on a l’impression de tenir, mais on explose littéralement à la troisième ou quatrième ascension. La stratégie de Pogačar toute la journée a été exactement l’inverse : il n’a fait aucun geste superflu dans les trois premières montées, pour ne frapper que dans les deux derniers kilomètres de la dernière. Sur un parcours à forte densité de dénivelé, la discipline vaut plus que la puissance.
2. Le sommet ne signifie pas la fin. Au sommet du Col du Haag, il reste encore 5 à 6 km de plateau plat jusqu’à l’arrivée, et Pogačar a dû y défendre seul ses 24 secondes d’avance. Beaucoup d’épreuves de grimpe à Taïwan ont un profil similaire — par exemple, certaines courses placent l’arrivée sur une section plate après le sommet. Si vous avez l’habitude de « vous relâcher une fois au sommet », ce type de parcours vous fera reprendre dans les derniers kilomètres. L’entraînement est simple : à chaque sortie de grimpe, forcez-vous à maintenir un effort maximal sur 5 minutes de plat après le sommet.
3. Observez la prise de décision quand votre coéquipier est lâché. Pogačar voulait d’abord préparer le terrain pour Del Toro, mais quand Del Toro a décroché dans le bas de la montée, le plan a immédiatement changé : il y est allé lui-même. Cette capacité à « basculer du plan A au plan B en quelques secondes » est cruciale dans les sorties de groupe et en course. Le scénario courant chez les cyclistes taïwanais : quand le partenaire de rythme prévu décroche, on ne sait plus quoi faire et tout le tempo part en vrille. Réfléchir à l’avance à « qu’est-ce que je fais s’il décroche ? » est dix fois plus rapide que d’y penser après coup.
4. Le rythme du ravitaillement. 4 heures de course, 25 °C, 3 900 m de dénivelé — dans ces conditions, l’apport en glucides des professionnels monte à 90-120 g par heure. L’erreur fréquente des cyclistes taïwanais qui attaquent le Wuling est de « ne pas pouvoir manger dans les montées », alors que c’est justement là qu’on a le plus besoin de manger. Conseil pratique : ravitaillez 10 minutes avant le pied de chaque montée, plutôt que pendant la montée. C’est la procédure standard des équipes professionnelles, car le rythme respiratoire en montée rend l’ingestion difficile.
Annexe : les chiffres clés de la journée
- Distance de l’étape : environ 155,3 à 155,6 km
- Dénivelé total : environ 3 834 à 3 941 m (léger écart selon les sources)
- Temps du vainqueur : 4 h 00 min 07 s
- Vitesse moyenne du vainqueur : 38,806 km/h
- Manière de gagner : échappée en solitaire de 7,4 km (attaque à 7,2 km de l’arrivée)
- Avance maximale en solitaire : 24 s à l’entrée du plateau
- Taille de l’échappée : 38 coureurs (réduite à 6 en tête)
- Avance maximale de l’échappée : environ 3 min 20 s (au sommet du Col du Page, sur le peloton)
- Température moyenne : environ 25 °C
- Temps limite : 4 h 40 min 56 s (temps du vainqueur +17 %)
- Bonifications aux trois premiers de l’étape : 10 s / 6 s / 4 s
- Sprint intermédiaire (Wattwiller) : Philipsen 25 pts, Pedersen 20 pts, Kante 16 pts
- Points du Grand Prix de la Montagne (Grand Ballon, 1re cat.) : Paré-Peintre 10, Carapaz 8, Healy 6, T. Johannessen 4, A. Johannessen 2, Vauquelin 1
- Points du Grand Prix de la Montagne (Col du Page, 2e cat.) : Paré-Peintre 5, Carapaz 3, T. Johannessen 2, Rubio 1
- Points du Grand Prix de la Montagne (Ballon d’Alsace, 1re cat.) : Paré-Peintre 10, Carapaz 8, T. Johannessen 6, Rubio 4, Healy 2, A. Johannessen 1
- Points du Grand Prix de la Montagne (Col du Haag, 1re cat.) : Pogačar 10, Vingegaard 8, Seixas 6, Del Toro 4, Jorgenson 2, Ayuso 1
- Changement de Maillot Blanc : Juan Ayuso → Paul Seixas
- Prix de la combativité : Richard Carapaz
Trois tournants : et si on recommençait
Tournant n°1 : l’attaque de Carapaz avant le Grand Ballon. Sans ce coup, l’échappée de 38 coureurs n’aurait peut-être jamais pris forme ; sans cette échappée, Pidcock n’aurait pas de nouveau menacé le classement général, et l’UAE n’aurait pas eu à faire rouler Politt devant toute la journée. Le tempo de toute la course a été dicté à partir de cette attaque.
Tournant n°2 : la prise de relais de DECATHLON CMA CGM dans le bas du Col du Haag. C’est l’action tactique la plus importante de la journée. Ils ont haussé le rythme au point de ne laisser que Del Toro aux côtés de Pogačar — théoriquement défavorable à l’UAE, car le Maillot Jaune se retrouvait sans garde du corps. Mais en réalité, cela a aussi fait décrocher Del Toro dans le bas de la montée, ce qui a libéré Pogačar : il n’avait plus à préparer le terrain pour son coéquipier, il pouvait y aller lui-même. Une tactique initialement dirigée contre le Maillot Jaune a finalement servi le Maillot Jaune dans sa conquête de l’étape.
Tournant n°3 : l’attaque de Lipowitz à 11 km de l’arrivée. C’est l’étincelle. Elle a forcé Vingegaard à réagir, indirectement piégé Jorgenson, repris Carapaz — puis, à la seconde où tout le monde venait de dépenser sa dernière cartouche, Pogačar a bougé. Si Lipowitz avait attaqué 3 minutes plus tard, Pogačar serait probablement parti plus tôt, sur une portion plus raide — le résultat n’aurait pas été forcément meilleur, ni forcément pire. Mais une chose est sûre : cette fenêtre où « tout le monde venait de donner le maximum », c’est Lipowitz qui l’a ouverte de ses propres mains.
Ces trois actions, aucune n’a été réalisée par Pogačar. Il n’a fait que la dernière chose — mais cette chose reposait sur trois fondations posées par d’autres. C’est ça, la vérité d’un Grand Tour : le vainqueur est souvent celui qui sait le mieux exploiter l’effort des autres.
Conclusion : une attaque lancée après 149 kilomètres d’attente
L’histoire de la 14e étape peut se résumer à un chiffre : 7,2.
Quatre cols, 3 900 mètres de dénivelé, 149 kilomètres de mise en place, tout cela pour les 7,2 derniers kilomètres. Pogacar n’a pas bougé au Grand Ballon, ni au Ballon d’Alsace, ni même dans la partie inférieure du col de la Schlucht. Il a attendu que ses coéquipiers lâchent prise, que DECATHLON durcisse le rythme, que Lipowitz porte une attaque, que Vingegaard soit contraint de répondre — puis, à l’instant précis où son rival venait de dépenser ses forces, il s’est faufilé à travers le mur humain pour s’envoler.
C’est pourquoi, même si la base de données CTYeh affiche une case vide pour cette étape, cette journée mérite d’être consignée dans son intégralité. Ce n’est pas une étape qui se gagne par les chiffres, mais par le timing.
Et le lendemain, la course allait déchirer l’ensemble du classement général d’une manière que personne n’avait anticipée.
Rappel de lecture complémentaire : pour la trilogie vosgienne de ce Tour de France, il est conseillé de lire les trois étapes à la suite — la 13e étape (Dole → Belfort) pour la tactique de l’échappée, la 14e étape (Mulhouse → Le Markstein-Fellering) pour la gestion du timing par le maillot jaune, et la 15e étape (Champagnole → Pontarlier) pour voir comment un imprévu peut réécrire tout le classement général en quelques secondes. Après ces trois jours, vous aurez une toute nouvelle compréhension de ce que signifie « une course de trois semaines ».
Par ailleurs, un rappel pour les cyclistes taïwanais : la répartition des pentes et des longueurs dans les Vosges est en réalité assez proche de celle de nos sections est de la route transnord, est de la route transcentrale et ouest de la route transsud. Si vous planifiez un parcours longue distance sur plusieurs jours, le profil de la 14e étape — « courte distance, haute densité, quatre cols enchaînés » — vaut vraiment la peine d’être utilisé comme modèle de référence pour une sortie d’une journée. L’essentiel n’est pas la distance totale, mais votre capacité à maintenir sur le quatrième col la même qualité de geste technique que sur le premier.
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