Comment concevoir un plan de ravitaillement pour le jour de la course : un cadre pratique de la semaine précédente à chaque heure après le départ
Le crash le plus courant le jour de la course n’est pas un manque de condition physique, mais une absence de plan de ravitaillement. Beaucoup de gens ont des journaux d’entraînement impeccables, une puissance stable en montée, et terminent leurs longues sorties, mais ils souffrent de crampes, de nausées, de vertiges et de jambes qui lâchent en fin de course, pour finalement attribuer cela à « une mauvaise journée ». En réalité, une mauvaise journée est souvent le résultat de ce qui s’est passé avant : une alimentation désordonnée la semaine précédant la course, un essai d’aliments inconnus la veille, une réticence à manger pendant les deux premières heures, une prise au hasard d’un gobelet à un ravitaillement, ou encore une hydratation sans sodium par temps chaud.
La valeur d’un plan de ravitaillement réside dans le fait qu’il déplace ces décisions « prises sur le moment » vers des jours où vous avez l’esprit clair, le ventre tranquille, et où vous pouvez consulter des données et faire des tests. Le but de cet article est de vous fournir un cadre pratique allant de la semaine précédant la course jusqu’à la ligne d’arrivée, en vous indiquant clairement ce qui relève des principes généraux et ce qui doit être déterminé par vos propres tests à l’entraînement.
I. Pourquoi le ravitaillement doit être « planifié » plutôt que laissé à la sensation du moment
1. À haute intensité, le flux sanguin vers l’intestin est réduit
Lorsque l’intensité de l’effort augmente, le corps priorise le flux sanguin limité vers les muscles actifs et la peau (pour la thermorégulation), comprimant la circulation splanchnique. C’est un principe physiologique général : plus l’intensité est élevée, plus la durée est longue, plus la chaleur est forte, plus la capacité de digestion et d’absorption est limitée. Cela implique deux choses :
- Ce que vous trouvez « bon et facile à digérer » sur votre canapé ne le sera pas forcément à la troisième heure de course, avec un rythme cardiaque élevé et une température de plus de trente degrés.
- Une fois que l’inconfort intestinal s’installe, les options de rattrapage sont bien plus limitées qu’avec une planification préalable.
Le premier objectif d’un plan de ravitaillement est donc de décomposer les besoins totaux en petites portions que l’intestin peut gérer, réparties sur toute la course, plutôt que de les concentrer aux moments où vous « pensez à manger ».
2. La fatigue érode votre jugement
En fin de course, vos ressources cognitives diminuent également. Vous devez maintenir votre allure, surveiller le terrain, estimer les kilomètres restants, et en plus décider à la volée « manger ou pas, quoi, combien ». C’est une charge cognitive très coûteuse. Pire, la fatigue pousse à des choix à courte vue : boire goulûment quand on a soif, ne plus rien manger quand on a la nausée, ou attraper une bouchée de viande braisée au ravitaillement.
Une fois le plan écrit, il ne reste qu’une action pendant la course : suivre le plan. Réglez votre montre pour vibrer toutes les 20 minutes ; à chaque vibration, vous mangez, vous buvez, sans réévaluer. C’est déplacer le coût de la décision en amont pour gagner en stabilité dans la seconde partie.
3. Les ravitaillements sur le parcours ne sont pas faits sur mesure pour vous
Le contenu des ravitaillements est conçu pour le « coureur moyen », pas pour vous. Les écarts courants incluent :
- La concentration, le goût et la teneur en sodium de la boisson de l’organisateur diffèrent de ceux que vous utilisez à l’entraînement.
- L’espacement des postes ne correspond pas à votre rythme de ravitaillement : pas de poste quand il faut manger, trois postes d’affilée quand vous n’en voulez pas.
- Sur les courses populaires, les ravitaillements de fin de parcours peuvent être épuisés, ou l’approvisionnement en gobelets et en eau peut être tendu.
- Les aliments solides (pain, bananes, salé) peuvent être des choses que vous n’avez jamais testées à l’entraînement.
Le troisième objectif du plan est de déterminer ce que vous emportez et ce sur quoi vous pouvez compter sur le parcours. Le principe est simple : gérez vous-même les calories et les électrolytes essentiels, et comptez sur le parcours pour l’eau (car c’est ce qui est le plus lourd et le plus facile à obtenir).
4. À quoi devrait ressembler un plan de ravitaillement
Un plan de ravitaillement utilisable doit au minimum répondre à quatre questions :
- Quand : à quelle fréquence ? Rappel par montre ou par kilométrage / point de repère ?
- Quoi : à chaque fois, combien de glucides, combien de liquide, combien de sodium ?
- D’où : qu’est-ce que vous emportez, dans quelle poche / quel bidon, à quel poste vous réapprovisionnez ?
- Plan B : comment dégrader si l’intestin est perturbé ? Que faire si le ravitaillement n’a pas ce qu’il vous faut ?
Écrivez ces quatre points sur une feuille, collez-la sur le cadre ou écrivez-la sur votre bras (ou enregistrez-la dans les champs personnalisés de votre compteur / montre). Cela vous place déjà au-dessus de 80 % des improvisateurs.
II. La semaine précédant la course : préparer le corps, pas se gaver l’estomac
Les deux extrêmes les plus courants la semaine précédant la course sont : « de toute façon je réduis le volume, je mange moins pour ne pas prendre de poids » et « j’ai entendu parler de la surcharge en glycogène, je mange deux bols de nouilles par jour dès lundi ». Les deux sont mauvais.
1. La charge d’entraînement diminue, l’apport énergétique doit être « ajusté » plutôt que « réduit de moitié »
Pendant la semaine d’affûtage, le volume d’entraînement diminue généralement nettement, donc la dépense totale baisse en théorie, mais vous devez aussi permettre aux muscles de reconstituer leur glycogène et aux tissus de se réparer. Le principe pratique est :
- Ne créez pas délibérément un déficit calorique. La semaine d’affûtage est faite pour reconstituer, pas pour perdre du poids.
- Pas besoin non plus d’augmenter fortement les quantités immédiatement. Si le volume baisse mais que l’appétit double, vous risquez une surcharge intestinale et une sensation de lourdeur.
- Une approche plus raisonnable est de maintenir un apport proche de l’habituel, en déplaçant l’accent de la « quantité totale » vers la « proportion de glucides », en augmentant progressivement la part de glucides, en maintenant les protéines stables et en réduisant légèrement les lipides pour laisser de la place à l’estomac.
Si vous avez l’habitude de vous peser, une légère hausse de poids pendant la semaine d’affûtage est normale : le stockage du glycogène retient de l’eau. Ce n’est pas de la prise de gras, et il ne faut pas se priver pour autant.
2. Réduire les fibres et la charge intestinale à l’avance
Une alimentation riche en fibres est une bonne habitude au quotidien, mais elle doit être ajustée quelques jours avant la course. Les fibres grossières, les grandes quantités de crudités, les légumineuses et les céréales complètes augmentent les résidus intestinaux et la production de gaz, ce qui est une charge supplémentaire pour l’intestin le jour J. Conseils pratiques :
- 2 à 3 jours avant la course, remplacez progressivement les sources riches en fibres par des versions pauvres en résidus et faciles à digérer : riz blanc à la place du riz complet, fruits pelés à la place de grandes salades, viandes maigres et poisson à la place de grandes quantités de soja.
- Si vous avez une intolérance au lactose, une sensibilité au gluten ou des aliments à risque connus, ne les touchez pas du tout cette semaine.
- Pas besoin d’aller jusqu’à zéro fibre, sauf si vous avez des antécédents clairs de problèmes intestinaux en course.
3. N’essayez absolument aucun nouvel aliment la semaine précédant la course
Cette règle n’a pas d’exception. Nouvelle marque de gel, nouveaux comprimés d’électrolytes, complément recommandé par un ami, restaurant inconnu près de l’hôtel : tout est reporté après la course. L’alimentation de la semaine de course doit être une combinaison que vous avez déjà répétée et dont vous êtes sûr.
Si vous devez vraiment changer de marque (par exemple, votre produit habituel est arrêté), planifiez le test lors d’une longue sortie au moins trois à quatre semaines avant la course, pas pendant la semaine de course.
4. Hydratation et électrolytes : les rendre « quotidiens »
Boire énormément la veille de la course ne sert à rien : l’excès d’eau est directement éliminé et peut même diluer le sodium sanguin. Le plus efficace est de faire de l’hydratation suffisante une habitude de toute la semaine :
- Buvez à chaque repas, continuez à vous ravitailler à l’entraînement, et compensez les pertes après l’effort.
- Utilisez la couleur de l’urine comme indicateur approximatif : une couleur jaune pâle est généralement suffisante, une couleur foncée prolongée ou un faible volume doivent attirer l’attention (les vitamines du groupe B rendent l’urine jaune vif, à prendre en compte dans l’interprétation).
- Par temps chaud ou si votre sueur est salée (traces blanches de sel sur les vêtements séchés), il n’est pas nécessaire de réduire délibérément le sodium dans l’alimentation quotidienne.
5. Sommeil et jour de voyage
- La deuxième nuit avant la course est plus importante que la veille. Il est courant de mal dormir la veille à cause du stress ; ne vous inquiétez pas. Accumulez le bon sommeil l’avant-veille.
- Pour les courses nécessitant un déplacement, le jour du voyage, l’alimentation est souvent désordonnée et l’hydratation insuffisante. Préparez vos aliments familiers et vos bidons sur la route, c’est plus sûr que de chercher à manger sur place.
- À l’arrivée, vérifiez d’abord : y a-t-il un petit-déjeuner possible près de l’hébergement ? Le jour de la course, les commerces seront-ils ouverts à l’heure du petit-déjeuner ? Sinon, qu’emportez-vous ?
III. Les 24 heures avant la course : augmenter les glucides, réduire les risques
1. Principes pour augmenter les glucides
L’objectif de la veille est de saturer les réserves de glycogène musculaire et hépatique. En pratique, ce qui compte, c’est la méthode, pas le gavage :
- Augmentez la « proportion » et la « fréquence » des glucides, pas la quantité d’un seul repas. Répartir la journée en 4 à 6 petits repas est plus efficace et plus confortable que deux repas copieux.
- Choisissez des glucides faciles à digérer, pauvres en lipides et en fibres : riz blanc, pâtes blanches, petits pains vapeur, pain de mie, pommes de terre, boissons pour sportifs, jus de fruits (sans pulpe).
- Réduisez les lipides et les grandes portions de protéines, car ils ralentissent la vidange gastrique et peuvent laisser une sensation de satiété le lendemain matin.
- Ce n’est pas un jour pour découvrir : pas de crudités, pas de restaurant inconnu, pas d’épices fortes ou de plats lourds.
Un détail souvent négligé : quand on augmente les glucides, il faut aussi augmenter l’eau. Le stockage du glycogène nécessite de l’eau. Si vous mangez sans boire, vous risquez d’avoir la bouche sèche et une sensation de lourdeur le lendemain.
2. Heure et contenu du dîner
- Essayez de dîner plus tôt, pour laisser suffisamment de temps de vidange avant le coucher.
- Le contenu doit être basé sur des glucides familiers, accompagnés d’une quantité modérée de protéines faciles à digérer.
- Ne sautez pas le dîner sous prétexte que vous n’avez pas faim à cause du stress ; si vous n’arrivez pas à manger, passez à une forme liquide (boisson pour sportifs, bouillie de riz, boisson glucidique).
3. Alcool et caféine
- Pas d’alcool la veille de la course. L’alcool perturbe la qualité du sommeil et l’équilibre hydrique, et interfère également avec la reconstitution du glycogène. Il n’y a aucune raison valable d’en consommer.
- Pas besoin d’éliminer complètement la caféine, surtout si vous en consommez tous les jours. Un arrêt soudain peut provoquer des maux de tête et une baisse d’énergie. Si vous prévoyez d’utiliser la caféine comme stratégie le jour de la course, certaines personnes réduisent légèrement leur consommation 2 à 3 jours avant afin d’augmenter leur sensibilité le jour J, mais cela peut entraîner un inconfort lié au sevrage chez ceux qui en consomment beaucoup quotidiennement. C’est une option personnalisée qui doit d’abord être testée à l’entraînement.
4. Considérations environnementales pour les courses estivales à Taïwan
Les courses estivales à Taïwan (ainsi que les journées chaudes au printemps et à l’automne) cumulent souvent chaleur élevée et humidité élevée. Le problème majeur de l’humidité élevée est que la sueur s’évapore difficilement, ce qui réduit l’efficacité de la dissipation thermique et fait monter la température corporelle plus facilement, sans pour autant diminuer la quantité de transpiration. Voici les mesures pratiques pour les 24 heures précédant la course :
- Éviter les expositions prolongées au soleil et les dépenses d’énergie supplémentaires pendant la journée (par exemple, aller chercher son dossard en plein soleil, flâner sur le site de l’événement, prendre des photos pendant deux heures).
- Ne pas réduire délibérément le sodium dans l’alimentation, surtout si vous prévoyez de transpirer abondamment.
- Préparer dès la veille les boissons fraîches, les électrolytes, la crème solaire et les manchons de refroidissement, afin d’éviter la précipitation le matin de la course.
- Vérifier à l’avance l’heure du départ et l’heure du lever du soleil pour estimer combien de temps vous courrez pendant une période relativement fraîche, ce qui influencera directement votre rythme d’hydratation.
四、Les quatre dernières heures avant le départ : organisation en trois phases
Les dernières heures précédant la course peuvent être divisées en trois phases : le repas principal, la petite collation, et l’avant-départ.
1. 3 à 4 heures avant le départ : le repas principal
- L’objectif est de faire le plein de glycogène et de vider l’estomac. Il faut donc manger suffisamment, mais en laissant le temps nécessaire à la digestion.
- Privilégier les glucides, avec des protéines en quantité modérée, et le moins possible de lipides et de fibres.
- Combinaisons courantes : riz blanc ou nouilles avec des protéines peu grasses, pain grillé avec de la confiture, petit pain vapeur avec une boisson pour sportifs, congee nature.
- Les quantités doivent avoir été testées à l’entraînement. Certaines personnes peuvent manger un bol de riz complet trois heures avant, d’autres seulement un demi-bol. Il n’y a pas de réponse standard.
- Accompagner d’une quantité d’eau raisonnable, sans boire d’un coup.
Si le départ est très matinal (par exemple à 5 ou 6 heures du matin), prendre un repas principal 3 à 4 heures avant signifie se lever au milieu de la nuit. Dans ce cas, l’approche la plus pragmatique est la suivante : avancer le repas principal au repas tardif ou à la collation avant le coucher de la veille, et opter le matin pour un contenu plus léger et plus digeste, en complétant avec des glucides liquides juste avant le départ. Cette variante doit également être répétée à l’entraînement.
2. 60 à 90 minutes avant le départ : la petite collation
- La quantité est nettement inférieure à celle d’un repas principal ; l’objectif est de recharger le glycogène hépatique, pas de prendre un autre repas.
- Options faciles à digérer : banane, moitié de barre énergétique, boisson pour sportifs contenant des glucides, pain de mie.
- C’est le dernier moment raisonnable pour du « solide » ; ensuite, privilégiez le liquide.
Une préoccupation souvent débattue est : « Est-ce que manger du sucre avant la course ne va pas provoquer une chute de glycémie ? » Pour la plupart des gens, tant que vous commencez à pédaler rapidement après le départ et que vous continuez à vous ravitailler, cet effet est généralement limité ; mais il existe effectivement une minorité de personnes particulièrement sensibles. Si vous avez déjà ressenti des vertiges ou une faiblesse une dizaine de minutes après le départ après avoir mangé une sucrerie avant la course, avancez alors la prise de sucre à plus de 90 minutes avant, ou bien consommez-la 10 minutes avant le départ — le critère de décision est votre propre test, pas l’expérience des autres.
3. Pendant l’échauffement
- Pendant l’échauffement, buvez par petites gorgées, sans absorber de grandes quantités d’un coup.
- Par temps chaud, contrôlez l’intensité et la durée de l’échauffement pour éviter que la température corporelle ne soit déjà trop élevée avant le départ.
- Si l’attente en zone de départ est longue (de nombreuses grandes épreuves exigent d’entrer dans sa zone plus de 30 minutes à l’avance), pensez à emporter une petite bouteille d’eau ou un gel sur vous : cette période est souvent la fenêtre la plus négligée.
4. 10 minutes avant le départ
- Vous pouvez prendre un gel énergétique ou quelques gorgées de boisson pour sportifs pour ne pas être à vide pendant les 20 premières minutes après le départ.
- Allez aux toilettes. L’importance de cette action est gravement sous-estimée, en particulier sur les courses où il peut être difficile de trouver des toilettes sur le parcours.
- Vérifiez l’emplacement de vos ravitaillements : combien de gels dans les poches, l’ordre dans les poches arrière du maillot, si la gourde contient de l’eau ou une boisson pour sportifs — vous devez pouvoir trouver le bon élément sans regarder.
五、Récapitulatif chronologique de la semaine précédant la course jusqu’au départ
| Moment | Objectif principal | Priorité nutritionnelle | Erreurs courantes |
|---|---|---|---|
| J-7 à J-5 | Récupération et constitution des réserves | Maintenir un apport proche de l’habitude, augmenter progressivement la part de glucides ; hydratation au quotidien | Suivre un régime parce qu’on réduit le volume ; ou commencer à trop manger prématurément |
| J-4 à J-3 | Réduire les variables digestives | Commencer à diminuer les aliments riches en fibres et producteurs de gaz ; confirmer le menu du jour de course | Tester un nouveau gel énergétique pour la première fois à ce moment-là |
| J-2 | Réserves et sommeil | Augmenter encore la part de glucides ; profiter de cette nuit pour bien dormir | Veiller tard pour préparer son matériel ; boire de l’alcool pour se détendre |
| J-1 (journée) | Faible résidu, peu de gras, en plusieurs fois | 4 à 6 petits repas ; privilégier riz blanc, nouilles, pain de mie ; s’hydrater en continu | Flâner deux heures sur le site de l’événement en plein soleil |
| J-1 (dîner) | Vidange et sommeil | Manger tôt, peu gras, aliments familiers ; pas d’alcool | Repas de célébration, barbecue à volonté, aliments crus |
| 3 à 4 heures avant | Faire le plein de glycogène, vider l’estomac | Repas principal à base de glucides, quantité validée à l’entraînement | Se lever trop tard et partir le ventre vide ; ou manger trop gras |
| 60 à 90 minutes avant | Recharger le glycogène hépatique | Petite quantité de glucides faciles à digérer ; dernier apport solide | Quantité équivalente à un repas principal, estomac encore plein au départ |
| Pendant l’échauffement | Maintenir l’hydratation, éviter la surchauffe | Boire par petites gorgées ; contrôler l’intensité de l’échauffement | Échauffement long et intense par temps chaud |
| 10 minutes avant le départ | Assurer la transition vers le départ | Un gel ou quelques gorgées de boisson pour sportifs ; aller aux toilettes | Oublier d’aller aux toilettes ; ne pas avoir vérifié l’emplacement des ravitaillements |
六、Après le départ : cadre horaire pour les glucides, l’eau, le sodium et la caféine
1. Glucides par heure : trois niveaux
Il faut d’abord adopter le bon état d’esprit : l’apport horaire en glucides est une capacité qui se travaille à l’entraînement, pas un niveau maximal que l’on peut appliquer directement en lisant un article. L’absorption et la tolérance intestinale aux glucides s’améliorent avec la pratique répétée ; une personne non entraînée qui suit directement les chiffres du niveau avancé aura presque inévitablement des problèmes.
Voici les fourchettes approximatives couramment citées dans le domaine du sport d’endurance. Il est essentiel de comprendre qu’il s’agit de références générales, que les variations individuelles sont très importantes et que vous devez les valider par vos propres tests à l’entraînement :
- Niveau prudent (environ 30 à 40 g de glucides par heure) : adapté à ceux qui planifient leur ravitaillement pour la première fois, aux estomacs sensibles, aux épreuves plus courtes, ou en cas d’utilisation d’un seul type de sucre (par exemple des produits à base de glucose uniquement). L’absorption d’un sucre unique a ses limites ; en augmenter la dose ne fait que l’accumuler dans l’intestin.
- Niveau intermédiaire (environ 50 à 60 g de glucides par heure) : la fourchette courante pour la plupart des athlètes d’endurance expérimentés lors d’épreuves de moyenne et longue distance, nécessitant généralement un mélange de sucres (glucose et fructose combinés) et une pratique préalable.
- Niveau avancé (70 g par heure et plus) : réservé aux épreuves de très longue durée et aux athlètes ayant suivi un long entraînement intestinal. Ce niveau impose des exigences sur le choix des produits, la quantité d’eau et les proportions. Il est déconseillé aux personnes non entraînées de l’essayer directement.
En pratique, il faut noter :
- Le total compte, mais la répartition compte encore plus. 60 g par heure, répartis en 20 g toutes les 20 minutes, est bien plus doux que d’avaler trois gels d’un coup.
- Commencez le plus tôt possible. Les 30 à 60 premières minutes sont celles où l’absorption est la meilleure et l’estomac le plus confortable ; ne pas manger pendant cette période, c’est gaspiller la fenêtre la plus facile pour se ravitailler.
- La proportion entre liquide, semi-solide et solide doit s’adapter à l’intensité. Plus l’intensité est élevée et plus on avance dans l’épreuve, plus il faut se tourner vers le liquide.
2. Hydratation : ne visez pas la « valeur standard », visez « votre valeur »
La quantité à boire par heure est l’élément de cet article où les différences individuelles sont les plus marquées. Par temps identique et à allure égale, la transpiration de deux personnes peut varier du simple au double. Toute recommandation générale type « 500 ml par heure » est trop pour certains, pas assez pour d’autres.
Principes pratiques :
- Utilisez la soif comme signal de base, mais ne vous y fiez pas entièrement. En haute intensité ou par forte chaleur, la sensation de soif est souvent en retard sur la perte réelle.
- Ne buvez pas au point d’avoir l’estomac qui ballotte. Un bruit d’eau audible dans l’abdomen, des ballonnements ou des nausées sont des signes que l’ingestion dépasse la capacité de vidange gastrique.
- Ne visez pas une « perte de poids nulle ». Une légère baisse de poids pendant une épreuve longue est normale ; chercher à ne pas perdre de poids peut conduire à une surhydratation.
- Ne buvez jamais excessivement volontairement, surtout dans les combinaisons suivantes : temps de course long, allure lente, temps frais et eau seule. C’est la combinaison à plus haut risque d’hyponatrémie.
3. Réalisez un test de taux de transpiration (fortement recommandé)
Plutôt que de deviner, mesurez. Le test de taux de transpiration n’est pas compliqué :
- Choisissez un entraînement proche de l’intensité et des conditions de course (par exemple, 60 minutes de tempo run ou de sortie à intensité stable à vélo).
- Avant l’entraînement, allez aux toilettes, portez des vêtements légers, pesez-vous (idéalement nu ou en déduisant le poids des vêtements) et notez.
- Pendant l’entraînement, notez précisément combien de millilitres vous buvez (utilisez une gourde au volume connu et notez le nombre de remplissages).
- Après l’entraînement, séchez votre transpiration et pesez-vous immédiatement, sans passer aux toilettes entre-temps (si vous urinez, notez la quantité estimée).
- Calculez : transpiration ≈ (poids avant − poids après) + quantité de liquide ingérée. Une variation de 1 kg de poids corporel correspond approximativement à 1 litre de liquide.
- Divisez par la durée de l’entraînement pour obtenir le taux de transpiration horaire.
Notez également la température, l’humidité, l’intensité et les vêtements du jour. Vous devrez refaire le test dans différentes conditions : jour frais, jour étouffant, jour de haute intensité. Après trois ou quatre relevés, vos besoins en hydratation seront basés sur des données concrètes, et non copiés sur ceux des autres.
Voici un exemple de tableau de suivi du test :
| Date | Discipline | Durée | Température / Humidité | Poids avant | Poids après | Quantité bue | Taux de transpiration estimé | Remarques ressenties |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Exemple | Tempo run | 60 min | Étouffant | Valeur notée | Valeur notée | Valeur notée | Calcul personnel | Trace de sel visible sur les vêtements |
4. Sodium : suivez votre transpiration, pas celle des autres
La perte de sodium varie également énormément d’un individu à l’autre, et ne dépend pas seulement du volume de transpiration, mais aussi de la salinité de la sueur. Indicateurs simples pour savoir si vous êtes du type « sueur salée » :
- Après l’entraînement, des traces de sel blanc apparaissent-elles sur vos vêtements ou votre casquette une fois secs ?
- La transpiration qui coule dans les yeux pique-t-elle particulièrement, et le goût sur vos lèvres est-il particulièrement salé ?
- Êtes-vous sujet aux crampes, vertiges ou à une fatigue marquée après un effort prolongé ?
Si la réponse est oui à la plupart de ces questions, vos besoins en sodium lors d’épreuves longues et chaudes sont probablement supérieurs à la moyenne. Principes pratiques :
- Plus la durée est longue, plus il fait chaud, plus la sueur est salée, plus vous devez compenser activement le sodium. Pour une épreuve de moins de 90 minutes par temps frais, l’alimentation normale et les boissons de l’effort suffisent généralement.
- Le sodium et l’eau doivent être pris ensemble. Ne boire que de l’eau sans sodium peut diluer le sodium sanguin ; ne prendre que du sodium sans eau peut aggraver la déshydratation et les troubles digestifs.
- Les boissons de l’effort, les comprimés d’électrolytes, les pastilles de sel et les aliments solides salés sont des sources possibles, mais vous devez absolument tester la concentration et votre tolérance à l’entraînement au préalable.
- Pour les milligrammes précis, référez-vous à l’étiquetage du produit que vous utilisez et ajustez en fonction de votre taux de transpiration. Je ne vous donne pas ici de chiffre « en milligrammes par heure », car aucun chiffre unique ne peut couvrir les différences individuelles.
5. Caféine : l’important est le moment, pas la quantité
La caféine est une stratégie largement utilisée en endurance. Principes clés :
- Avant la course : l’absorption et l’effet prennent du temps ; la plupart des gens la consomment environ 45 à 60 minutes avant le départ.
- Pendant la course : une pratique courante sur les épreuves longues est de réserver la caféine pour la seconde moitié, afin qu’elle agisse au moment de la plus grande fatigue, quand le maintien de la concentration et de la qualité gestuelle est crucial.
- La dose totale doit être maîtrisée. Un excès provoque palpitations, nervosité, troubles digestifs et tremblements, ce qui nuit à la performance ; l’effet est encore plus marqué chez les personnes sensibles à la caféine.
- Testez-la impérativement à l’entraînement. Les gels énergétiques contenant de la caféine peuvent accélérer les réactions gastro-intestinales chez certaines personnes ; le découvrir le jour de la course a un coût élevé.
- Pour les épreuves en soirée ou les courses de plusieurs jours, tenez compte de l’impact sur le sommeil.
6. Tableau cadre d’apport horaire selon la durée de l’épreuve
| Durée de l’épreuve | Glucides par heure (fourchette indicative, à tester soi-même) | Stratégie hydrique | Stratégie sodium | Caféine | Format conseillé |
|---|---|---|---|---|---|
| 60–90 minutes | 0–30 g dans la plupart des cas ; pour les efforts courts et intenses, rinçage buccal ou petites quantités de glucides liquides | Hydratation principalement à la soif, sans gros volumes | L’alimentation normale suffit généralement ; exception par très forte chaleur | Une prise avant la course suffit | Principalement liquide, quasi aucun solide |
| 2–4 heures | Environ 40–60 g ; le mélange de sucres aide à augmenter la limite supérieure | Configurer selon les résultats du test de transpiration, surveiller la limite de vidange gastrique | Apport actif nécessaire par temps chaud ou si sueur salée | Avant la course + une prise en milieu/fin de course est un schéma courant | Gels et boissons de l’effort principalement, un peu de solide possible |
| Plus de 5 heures | Environ 60–90 g (uniquement pour ceux ayant terminé l’entraînement gastro-intestinal), en acceptant une réduction en fin de course | Petites quantités fractionnées, sans interruption ; ajuster selon l’environnement | Un plan d’apport en sodium clair est indispensable | Répartie en milieu et fin de course, éviter une dose unique excessive | Solide possible en début, transition vers liquide et semi-solide en fin |
| Très longue durée (nuit, ultra-trail, longue distance triathlon) | Principe suprême : « pouvoir continuer à manger » ; le total est souvent inférieur à la valeur théorique | Tenir compte de la température corporelle, du froid nocturne et de la baisse de l’envie de boire | Les pertes cumulées sur la durée sont importantes, un apport systématique est nécessaire | Utilisation fractionnée, attention au sommeil et aux palpitations | La variété des goûts est indispensable, alterner salé et sucré pour éviter la lassitude gustative |
Tous les chiffres du tableau sont des fourchettes indicatives couramment citées dans ce domaine, pas des prescriptions. Vos valeurs réelles doivent être déterminées par des tests à l’entraînement et par votre expérience en course.
VII. Logique d’apport selon la durée de l’épreuve
1. 60–90 minutes : l’accent est mis sur l’avant-course, pas pendant
Pour une épreuve de cette durée, le glycogène musculaire est généralement suffisant ; le bénéfice marginal d’un apport pendant l’effort est relativement faible, et le risque de manger à haute intensité est en réalité plus élevé. La stratégie doit se concentrer sur faire le plein de glycogène avant la course, prendre un apport 10 minutes avant le départ, et maintenir avec un peu de liquide pendant l’effort. Pour les épreuves courtes à très haute intensité, même la technique consistant à faire passer une boisson glucidique dans la bouche puis à la recracher (rinçage buccal) est considérée comme une méthode viable, car la stimulation vient de la bouche et non de l’absorption.
2. 2–4 heures : l’apport commence à déterminer la performance
C’est la fourchette où se situent la plupart des marathons, des courses cyclistes de distance moyenne et des triathlons distance standard. Le glycogène devient un facteur limitant clair, et la qualité d’exécution du plan d’apport se reflète directement dans l’allure de la seconde moitié de course. Points clés :
- Commencez à manger dès les 30 premières minutes, n’attendez pas d’avoir faim.
- Établissez un rythme fixe (par exemple toutes les 20 minutes) et utilisez votre montre pour vous le rappeler.
- Coordonnez liquides et glucides : les produits à haute concentration en glucides nécessitent plus d’eau pour être avalés, sinon l’osmolarité provoque des troubles gastro-intestinaux.
3. Plus de 5 heures : de « combien apporter » à « est-ce que je peux encore avaler »
Le goulot d’étranglement clé des épreuves longues n’est généralement pas le besoin théorique, mais la lassitude gustative et la tolérance gastro-intestinale. Après la cinquième heure, le goût sucré provoque souvent des nausées. Dans ce cas :
- Prévoyez des options salées (biscuits salés, soupes salées, aliments énergétiques salés) et alternez.
- Acceptez une réduction du total. Ne pas atteindre la quantité cible en fin de course est la norme ; l’important est de continuer à manger un peu, pas de s’arrêter complètement.
- Mangez tôt et régulièrement, en considérant la période où vous arrivez encore à manger comme une phase d’épargne.
- Pour les défis de longue distance avec dénivelé, soyez particulièrement attentif : en montée, l’intensité est élevée, la respiration est lourde et il est difficile de manger ; les sections plates et les faux plats sont les meilleurs moments pour s’alimenter.
VIII. Contexte taïwanais : quatre réalités des courses locales
1. Chaleur et humidité estivales : pertes de sueur et de sodium sous-estimées
L’humidité de l’été taïwanais rend l’évaporation de la sueur difficile ; vous voyez la sueur couler sans ressentir d’effet de refroidissement correspondant. Concrètement, cela signifie que les pertes de liquides et d’électrolytes à allure égale peuvent être supérieures à ce que vous avez connu lors d’une journée fraîche. Comment y faire face :
- Lors d’une journée étouffante, refaites un test de taux de transpiration ; ne reprenez pas les données hivernales pour l’été.
- Réduisez volontairement votre allure de départ et considérez la chaleur comme un coût réel.
- Utilisez des manchons réfrigérants, versez de l’eau sur la tête, mouillez-vous aux ravitaillements pour vous rafraîchir ; mais l’eau versée sur le corps ne compte pas comme de l’eau bue — c’est un point que beaucoup confondent.
2. Longues montées type Wuling : vitesse lente, intensité élevée, fenêtres de ravitaillement étroites
Les défis de longues montées à Taïwan (comme les itinéraires sur la route provinciale 14甲 vers Wuling) présentent une combinaison très particulière : vitesse lente, faible refroidissement par le vent, intensité pourtant constamment élevée, avec en plus de fortes variations de température et une fréquence respiratoire élevée pendant l’ascension. Cela crée plusieurs difficultés de ravitaillement :
- À haute intensité, le système digestif tolère plus difficilement les aliments solides, mais la durée de la montée est longue, il faut donc manger.
- La vitesse lente signifie que le temps par kilomètre est bien supérieur à celui du plat ; se fier à la « distance » pour caler son rythme de ravitaillement mène à de graves erreurs — il faut utiliser le temps.
- En haute altitude, la température peut chuter nettement, la sensation de soif diminue, mais vous continuez à transpirer abondamment.
- Le meilleur moment pour s’alimenter est sur les sections où la pente s’adoucit et où la respiration est plus régulière ; dès que vous les voyez, mangez, n’attendez pas.
3. L’espacement des points d’eau ne correspond pas forcément à votre rythme
La configuration des ravitaillements d’une course est une décision de l’organisateur, pas la vôtre. Solutions pratiques :
- Avant la course, consultez absolument la carte des ravitaillements et convertissez la position de chaque poste en « environ à ma Nième minute ».
- Si l’écart entre deux postes est trop grand pour vous (surtout par temps chaud ou sur sections lentes), emportez de l’eau supplémentaire ou des flasques souples.
- Ne comptez pas sur les derniers postes pour avoir ce qu’il vous faut, surtout si vous visez un temps d’arrivée dans la seconde moitié du classement.
- En attrapant un gobelet au ravitaillement, vérifiez d’abord si c’est de l’eau ou une boisson sportive — c’est particulièrement facile à confondre dans la cohue, et cela peut perturber votre plan sodium.
4. Mousson du nord-est et journées froides : pas soif, mais déshydratation quand même
Les courses d’hiver dans le nord et le nord-est s’accompagnent souvent de températures basses, de vents forts et de pluie fine. Le plus grand piège de ravitaillement est alors :
- Par temps froid, la sensation de soif diminue nettement ; beaucoup ne boivent presque rien de toute la course et ne découvrent la déshydratation qu’à l’arrivée.
- Quand le vent est fort, la sueur s’évapore vite : vous ne sentez pas que vous transpirez, mais les pertes continuent.
- Par temps froid, les doigts s’engourdissent, ouvrir un gel énergétique devient difficile, et vous ne mangez pas au moment où il le faudrait. Prédécoupez un coin de l’emballage ou choisissez des produits faciles à manipuler d’une main.
- Boire de l’eau glacée par temps froid est rebutant ; envisagez des boissons à température ambiante ou tièdes pour augmenter la consommation réelle.
- Dans un environnement froid et humide, les symptômes d’hypoglycémie et d’hypothermie se confondent facilement (frissons, confusion mentale, incoordination motrice). L’un comme l’autre doit être traité immédiatement : apport de sucre, réchauffement, et si nécessaire abandon et demande d’aide.
IX. Cas d’échec courants : ce sont des choses qui arrivent vraiment
1. Utiliser un nouveau produit pour la première fois le jour J. Le plus classique et le plus fatal. Cela peut être un gel offert par un ami, un échantillon pris à l’expo d’avant-course, ou une marque inconnue distribuée aux ravitaillements. Vous ignorez si cela vous causera des troubles digestifs, vous ignorez la concentration, vous ignorez la teneur en caféine. Règle : le jour J, n’utilisez que ce que vous avez testé au moins trois fois à l’entraînement.
2. Ne boire que de l’eau sans sodium. Boire uniquement de l’eau plate sur une longue durée avec une transpiration abondante peut diluer la concentration de sodium dans le sang. Les finishers lents, ceux qui courent par temps frais mais sur une longue distance, et ceux qui boivent à chaque poste par habitude sont les profils les plus à risque.
3. Ne prendre que du sodium sans eau. Avaler des comprimés de sel sans assez d’eau peut aggraver la sensation de déshydratation et les troubles digestifs, et peut vous faire croire à tort : « j’ai pris du sel, pourquoi j’ai encore des crampes ».
4. Trop prudent au début, explosion à la fin. « Je n’ai pas encore faim », « je mangerai plus tard » sont les deux phrases les plus chères. Attendre d’avoir faim, d’être pris de vertiges ou d’avoir les jambes vides pour commencer à s’alimenter : dans cet état, l’efficacité d’absorption du système digestif est déjà réduite, et le sauvetage est bien plus lent que vous ne l’imaginez.
5. Combiner solides et gels concentrés : le système digestif fait grève. Manger en même temps une banane, une barre énergétique et deux gels très concentrés, sans assez de liquide, déséquilibre la pression osmotique dans l’intestin ; ensuite viennent ballonnements, nausées, diarrhée. Les produits très concentrés doivent être accompagnés d’eau — ne les cumulez pas avec une boisson sportive en plus.
6. Boire les gels comme de l’eau. Certains se disent « le gel est plus efficace » et enchaînent les gels sans boire en proportion. C’est l’un des raccourcis les plus rapides vers les problèmes digestifs.
7. Se caler sur la distance plutôt que sur le temps. En montée, face au vent, ou quand on ralentit en fin de course, le même nombre de kilomètres prend beaucoup plus de temps, et vos intervalles de ravitaillement s’allongent sans que vous vous en rendiez compte.
8. Ravitaillement placé hors de portée. Tout au fond du sac, dans la poche intérieure du maillot, ou oublié dans le sac de dépôt. Aussi bon soit le plan, si vous ne pouvez pas y accéder, c’est comme si vous n’aviez rien.
9. Ne pas prendre de petit-déjeuner par nervosité. Le prix du départ à jeun se paie généralement à la deuxième heure. Si vous ne pouvez pas manger, passez aux liquides.
10. Grand repas de célébration la veille. Barbecue, fondue, buffet à volonté, aliments crus, alcool — leur point commun : riches en graisses, en fibres et en risques. Le lendemain, vous réglerez la note avec votre performance.
X. Diagnostic et gestion sur le terrain en cas de troubles digestifs
Les troubles digestifs sont très fréquents lors des courses de longue distance. Une personne préparée n’a pas seulement un « plan de ravitaillement », elle a aussi un « plan de repli en cas de pépin ».
Les quatre étapes de la gestion sur le terrain
- D’abord, ralentissez. L’intensité est l’une des principales causes du manque d’irrigation sanguine du système digestif. Réduisez l’allure, abaissez la fréquence cardiaque ; souvent, la nausée s’atténue en quelques minutes. C’est plus efficace que n’importe quelle action de rattrapage.
- Passez du solide au liquide. Arrêtez les barres, les aliments solides et les gels très concentrés ; passez à une boisson sportive diluée ou à une boisson contenant des glucides, par petites gorgées, à plusieurs reprises.
- Faites une brève pause de ravitaillement, puis redémarrez. Si la nausée est franche, arrêtez 10 à 20 minutes en ne prenant qu’un peu d’eau claire pour laisser le système digestif récupérer, puis il faut absolument reprendre — beaucoup s’arrêtent et ne reprennent plus jusqu’à l’arrivée, suivie d’une hypoglycémie.
- Abaissez votre objectif, préservez la fin de course. Acceptez que le résultat de cette course ne sera pas le meilleur, mais vous pouvez la terminer. Abandonner le chrono est généralement plus sage qu’abandonner le ravitaillement.
Autres ajustements possibles
- Vérifiez la concentration : si vous avez préparé votre poudre trop concentrée, diluez-la.
- Vérifiez la température : par temps chaud, une boisson sucrée proche de la température corporelle double la sensation de nausée ; si possible, passez au froid.
- Vérifiez si vous buvez trop : si vous entendez clairement l’eau dans votre ventre, l’évacuation ne suit pas ; réduisez d’abord les quantités.
- Changez de goût : passer du sucré au salé rouvre souvent l’appétit.
Signaux d’alarme imposant l’arrêt de la course ou une aide immédiate
Les situations suivantes ne se règlent pas à la force du mental : arrêtez immédiatement la course, demandez l’assistance médicale du parcours ou consultez un médecin :
- Douleur abdominale sévère et persistante, surtout si elle ne cède pas au ralentissement.
- Sang dans les selles, vomissements de sang, selles noires.
- Confusion mentale, réponses incohérentes, désorientation dans le temps et l’espace, comportement anormal.
- Arrêt de la transpiration avec peau brûlante et élévation nette de la température corporelle (signe d’épuisement thermique / coup de chaleur).
- Vomissements continus empêchant toute alimentation ou hydratation.
- Céphalées sévères, nausées et vomissements associés à une altération de la conscience, œdème des extrémités, poids qui ne diminue pas voire augmente (signe d’hyponatrémie — dans ce cas, continuer à boire aggrave la situation, une évaluation médicale est nécessaire).
- Douleur thoracique, oppression thoracique, palpitations associées à une difficulté respiratoire, syncope ou pré-syncope.
- Faiblesse des membres, troubles de la démarche, convulsions.
L’épuisement thermique et l’hyponatrémie se chevauchent dans leurs symptômes précoces (vertiges, nausées, fatigue), mais les traitements sont opposés : l’un nécessite de refroidir et de réhydrater, l’autre interdit absolument de continuer à boire de l’eau. Sur le parcours, vous n’avez pas la capacité de faire le diagnostic vous-même — c’est précisément la raison pour laquelle il faut confier cela au personnel médical.
11. Récupération et ravitaillement après la course
La ligne d’arrivée n’est pas la fin de votre plan de ravitaillement.
- Commencez le plus tôt possible. Dans les heures qui suivent l’effort, le corps réagit favorablement aux apports, surtout en cas de course sur plusieurs jours ou d’activité prévue le lendemain.
- Privilégiez les glucides pour reconstituer le glycogène, accompagnés d’une quantité modérée de protéines pour favoriser la réparation.
- Réhydratez-vous avec des liquides et des électrolytes en même temps. Boire uniquement de l’eau après la course est souvent insuffisant ; une boisson contenant du sodium ou un en-cas salé est plus adapté.
- Si vous n’arrivez pas à manger, buvez. La perte d’appétit après l’effort est courante ; les formes liquides (boissons glucidiques et protéinées, soupes, bouillies de riz) sont mieux tolérées.
- Ne célébrez pas jusqu’à la déshydratation avec de l’alcool. Vous pouvez faire la fête, mais réhydratez-vous et mangez d’abord.
- Les 24 à 48 heures suivantes restent une période de récupération : manger normalement et bien dormir est plus important que n’importe quel complément.
12. Personnalisation et tests : faire du ravitaillement un entraînement à part entière
Votre plan de ravitaillement, comme votre plan d’allure, doit être travaillé. Voici une procédure à suivre directement.
Procédure de répétition
- Choisissez une sortie longue comme « répétition générale », avec une durée et une intensité aussi proches que possible de la course. Idéalement, planifiez-la 4 à 6 semaines avant l’épreuve.
- Reproduisez exactement le déroulé du jour de course : même heure de lever, même petit-déjeuner, mêmes produits, même façon de les transporter.
- Réglez des rappels : faites vibrer votre montre toutes les 15 ou 20 minutes.
- Notez tout : ce que vous avez mangé, à quelle heure, combien vous avez bu, ce que vous ressentiez.
- Notez les points de défaillance : emballage difficile à ouvrir ? goût qui lasse ? ballonnements ? produit inaccessible ? Tout cela peut être corrigé.
- Pesez-vous et vérifiez la couleur de vos urines à la maison pour compléter vos données de taux de transpiration.
- Corrigez le plan, puis répétez. Une fois ne suffit pas ; faites-le au moins deux à trois fois.
Tableau de suivi de la répétition de ravitaillement
| Moment | Contenu prévu | Réel consommé/bu | Glucides estimés | Liquides estimés | Sensation digestive (1–5) | Remarques |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 0:00 | Départ | |||||
| 0:20 | ||||||
| 0:40 | ||||||
| 1:00 | ||||||
| 1:20 | ||||||
| 1:40 | ||||||
| 2:00 |
Imprimez ce tableau ou enregistrez-le dans les notes de votre téléphone. Remplissez-le dans les cinq minutes suivant la fin de l’entraînement pour que les données soient fiables. Après trois ou quatre séances, votre plan de ravitaillement ne sera plus copié, il sera le vôtre.
Populations spécifiques : consultez d’abord un professionnel de santé
Pour les groupes suivants, la planification du ravitaillement implique la gestion d’une maladie et ne peut pas suivre uniquement les principes généraux de l’endurance ; elle doit être discutée au préalable avec un médecin ou un diététicien diplômé :
- Diabète (en particulier sous insuline) : l’interaction entre l’apport en glucides, la surveillance de la glycémie et l’exercice nécessite une gestion individualisée.
- Maladies rénales : l’apport en liquides et en électrolytes (notamment le sodium et le potassium) peut être soumis à des restrictions médicales.
- Maladies cardiovasculaires et hypertension : l’apport en sodium, la consommation de caféine et l’intensité de l’effort nécessitent une évaluation professionnelle.
- Grossesse ou période post-partum : les besoins énergétiques, la régulation thermique et l’intensité de l’effort nécessitent l’avis de l’équipe médicale obstétrique.
- Maladies gastro-intestinales (comme les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, le syndrome de l’intestin irritable), antécédents de troubles alimentaires, prise de médicaments pouvant affecter l’équilibre hydrique et électrolytique (par exemple certains diurétiques, antidépresseurs).
Cet article fournit un cadre général de nutrition sportive et ne remplace pas une évaluation, un diagnostic ou un traitement médical professionnel. Si vous souffrez d’une maladie chronique, si vous prenez des médicaments, ou si vous avez déjà ressenti des douleurs thoraciques, des malaises ou de graves symptômes digestifs pendant l’effort, consultez un professionnel de santé avant de planifier votre ravitaillement de course.
13. Liste d’actions et check-list avant course
Cinq choses à faire dès maintenant
- Réalisez un test de taux de transpiration, une fois par temps frais et une fois par temps chaud et humide, et notez les chiffres.
- Déterminez vos trois produits de base (source de glucides, source d’électrolytes, forme liquide) et utilisez-les de manière répétée lors de vos prochaines sorties longues.
- Écrivez vos objectifs horaires : combien de grammes de glucides, combien de millilitres de liquides, quelle source de sodium, et votre méthode de rappel.
- Étudiez la carte des ravitaillements du parcours, convertissez chaque poste en « à quelle minute j’y serai à peu près », et décidez à quels postes vous arrêter et quoi y prendre.
- Planifiez une sortie longue de répétition générale complète, en reproduisant tout le processus, du lever à la fin.
Check-list des 48 heures avant la course
- [ ] Tous les aliments du jour de course sont prêts et ont déjà été utilisés à l’entraînement
- [ ] Le contenu des quatre à six repas de la veille est planifié (pauvre en graisses, pauvre en fibres, à base de glucides)
- [ ] Le contenu et les quantités du repas principal 3 à 4 heures avant le départ et de la petite collation 60 à 90 minutes avant sont définis
- [ ] Pas d’alcool, pas d’aliments crus, pas de nouveau restaurant
- [ ] Les produits de ravitaillement sont portionnés, numérotés, et leur emplacement (poche, bidon, sac de ravitaillement) est décidé
- [ ] Les gels énergétiques sont pré-entaillés à un coin (particulièrement important par temps froid ou avec les mains mouillées)
- [ ] Les rappels de ravitaillement sont réglés sur la montre / le compteur
- [ ] La carte des ravitaillements du parcours a été étudiée et les temps de passage aux postes ont été calculés
- [ ] En fonction des prévisions de température et d’humidité, la stratégie d’hydratation et de sodium (prudente ou standard) est décidée
- [ ] Le plan de repli est écrit : en cas de troubles digestifs, ralentir, changer de liquide, faire une pause puis reprendre
- [ ] La liste des signes d’alerte a été relue, et vous savez quand vous arrêter et demander de l’aide
- [ ] Le moment pour aller aux toilettes avant le départ est intégré au déroulé
Trois derniers rappels
- La valeur d’un plan de ravitaillement ne réside pas dans sa perfection, mais dans sa faisabilité. Un plan simple que vous pouvez encore suivre à la quatrième heure vaut mieux qu’un tableau complexe, joli sur le papier, mais impossible à mémoriser.
- La variabilité individuelle est le fait central de ce sujet. Tous les chiffres de cet article sont des fourchettes approximatives ; vos valeurs réelles ne peuvent être déterminées que par vos propres mesures à l’entraînement.
- Terminer la course prime toujours sur le chrono. Si votre corps présente l’un des signes d’alerte listés dans cet article, s’arrêter, demander de l’aide et consulter un médecin est la seule bonne décision.
Lectures complémentaires
- Plan de ravitaillement pour le jour de course en triathlon : modèles complets pour les distances 51.5, 70.3 et 226
- S’entraîner au ravitaillement : pourquoi répéter son ravitaillement de course lors des sorties longues
- Stratégie nutritionnelle pour l’épreuve : plan de ravitaillement scientifique avant et pendant la course
- Le ravitaillement ne se résume pas à le glisser dans sa poche : le guide complet du portionnement, du transport et du packaging le jour de course
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