La plus grande ascension de Grande-Bretagne : Bealach na Bà, un festin de lacets sur une route à voie unique des Highlands écossaises
Les automobilistes regardent deux fois derrière eux, les cyclistes n’ont plus le souffle pour parler
Les Highlands du nord-ouest de l’Écosse possèdent une beauté sauvage particulière — pas d’arbres, pas de clôtures, seulement du granit à nu et des cerfs qui pointent le museau de temps à autre. Au milieu de ce paysage, une route serpente comme un ruban jeté négligemment par un géant, s’élevant depuis le niveau de la mer en une série d’épingle à cheveux qui semblent se replier sur elles-mêmes, jusqu’à un col culminant à plus de six cents mètres. Cette route s’appelle Bealach na Bà, ce qui signifie en gaélique « le chemin des vaches » (Pass of the Cattle), et l’on pense qu’elle servait autrefois de passage aux bergers pour mener leurs troupeaux vers les pâturages d’été.
Pour les cyclistes de la Grande-Bretagne continentale, le Bealach na Bà est sans contestation possible considéré comme « la plus grande ascension de Grande-Bretagne » — non pas la plus raide (ce titre revient généralement au Hardknott, dans le Lake District), mais celle qui, en combinant longueur, dénivelé, impact visuel et niveau de difficulté, obtient la meilleure note globale. C’est l’un des segments de montée continue les plus pentus du territoire britannique, et l’une des rares routes du Royaume-Uni dont l’échelle évoque les cols alpins.
Ce qui la rend encore plus particulière, c’est que presque toute la route est à voie unique (single track road) — oui, les deux sens de circulation partagent la même largeur de chaussée, et l’on se croise grâce aux « passing places » (aires de croisement) aménagées le long du parcours. Imaginez : vous pédalez à bout de souffle sur une pente à 15 %, quand soudain un camping-car apparaît devant vous, et vous devez trouver la prochaine aire de croisement pour le laisser passer — une expérience que l’on ne retrouve guère dans les autres ascensions célèbres du monde.
Ces dernières années, la notoriété de cette route a explosé pour une autre raison — le succès fulgurant de la route touristique North Coast 500 (NC500). Cet itinéraire de road trip longeant la côte nord de l’Écosse est devenu en une décennie une destination touristique internationale, souvent comparée à la Route 66 américaine ou à la Great Ocean Road australienne, et le Bealach na Bà en est l’étape la plus emblématique, la plus présente sur les photos promotionnelles et dans les reportages touristiques. Cela a un double tranchant : la beauté et le défi de la route sont davantage connus, mais le trafic en haute saison estivale (surtout les camping-cars et les touristes en voiture de location) a nettement augmenté, un paramètre que les cyclistes ne peuvent ignorer lorsqu’ils planifient leurs horaires de sortie.
Dans le système d’évaluation du monde cycliste, le Bealach na Bà est souvent comparé aux cols classiques des Alpes et des Pyrénées, non pas parce que son altitude absolue ou sa longueur rivalisent avec ces géants continentaux, mais parce qu’il condense en un format relativement compact un « scénario géographique » complet : des paysages de village de pêcheurs au niveau de la mer, aux vallées sauvages, puis les lacets en épingle à cheveux qui s’élèvent en spirale le long de parois quasi verticales, pour enfin affronter les rafales de l’Atlantique sur un col des Highlands sans aucune protection — cette intensité dramatique, c’est une compacité que beaucoup de longues ascensions de vingt ou trente kilomètres n’ont justement pas.
Informations de base sur l’itinéraire
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Pays / massif | Highlands du nord-ouest de l’Écosse (Scottish Highlands), région de Wester Ross, à proximité de la péninsule d’Applecross |
| Départ → arrivée | Départ près du niveau de la mer au village d’Applecross → col de Bealach na Bà, possibilité de continuer en descente vers le versant de Kishorn |
| Longueur | Environ 8,5 à 9 km (segment principal d’ascension côté Applecross) |
| Dénivelé total | Environ 620 mètres |
| Pente moyenne | Environ 7 % |
| Pente maximale | Dans la section supérieure des lacets en épingle à cheveux, localement jusqu’à environ 20 % ; le kilomètre continu avant les lacets est à environ 13 % |
| Altitude départ / arrivée | Départ proche du niveau de la mer, point culminant du col à environ 626 mètres d’altitude, l’un des cols routiers les plus élevés d’Écosse |
| Origine de la notoriété | Reconnue comme l’une des ascensions routières au plus fort dénivelé et des plus représentatives de la Grande-Bretagne continentale ; étape phare de la route touristique North Coast 500 (NC500) |
Ces chiffres appellent également une réserve : le Bealach na Bà n’a pas de point de départ officiel unique, et les différentes plateformes de traces GPS (Strava, komoot, etc.) donnent des mesures de longueur et de dénivelé légèrement différentes, avec des écarts généralement compris entre 5 % et 10 %. C’est une erreur de mesure courante sur les routes de montagne à voie unique ; pour la planification, il est conseillé aux lecteurs de se fier aux données en temps réel de leur propre appareil de navigation, en complément des panneaux sur place, plutôt que de mémoriser les chiffres d’un site web.
Décomposition par sections : du niveau de la mer au toit de l’Écosse
Première section : un échauffement trompeur
Au départ près du village d’Applecross, les premiers kilomètres d’ascension sont relativement doux, autour de 4 % à 6 %, avec une route en bon état et une vue dégagée, ce qui donne facilement l’impression que la journée sera facile. Cette section longe la vallée en montant doucement, bordée du paysage de landes typique des Highlands — herbes rases, bruyères, et de temps à autre un mouton en pâture.
Deuxième section : le coup de massue d’un kilomètre continu
En entrant dans la partie médiane, la pente s’accentue nettement, avec un segment d’environ un kilomètre continu à une pente moyenne d’environ 13 %. Cette section n’a pas les lacets en épingle à cheveux pour distraire visuellement : c’est une longue côte droite et raide, qui met à l’épreuve les limites pures de l’endurance aérobie et de la force musculaire. Beaucoup de cyclistes ressentent ici, pour la première fois, que « cette route est sérieuse ».
Troisième section : la zone signature des lacets
Après la pente raide du milieu, l’itinéraire entre dans la section la plus célèbre du Bealach na Bà, celle que l’on retrouve le plus souvent en photographie et sur les cartes postales — une série de lacets en épingle à cheveux en zigzag qui s’élèvent en épousant la paroi rocheuse. La pente moyenne y est légèrement réduite grâce à l’effet tampon des virages, mais à l’intérieur des courbes, la pente peut localement approcher, voire dépasser 15 %, certains documents mentionnant même des passages instantanés autour de 20 %. Visuellement, c’est le segment le plus spectaculaire de tout l’itinéraire : en regardant en bas, on voit les couches successives de virages en zigzag et la baie au loin ; en levant les yeux, ce sont d’autres virages qui vous attendent. La pression psychologique et le choc visuel frappent en même temps.
Ce qui rend cette zone de lacets particulièrement éprouvante, au-delà de la pente elle-même, c’est un facteur psychologique : parce que les virages sont étroitement enchaînés et que la vue est sans cesse obstruée par la paroi rocheuse et les courbes, il est difficile, comme sur une longue ligne droite, de « puiser sa motivation en voyant le sommet ». À la place, on ressent une impression d’infini : « encore un virage, et puis un autre ». De nombreux cyclistes ayant gravi ce col partagent sur leurs blogs et forums que ce qui compte le plus sur cette section, ce n’est pas la condition physique absolue, mais la maîtrise de son allure — si l’on attaque les lacets à fond dès le départ, on épuise rapidement ses réserves de glycogène avant même d’atteindre le col, et l’on paie ensuite le prix fort sur les sections plus douces pour récupérer. La stratégie mentale recommandée est de découper toute la zone de lacets en pensant « virage après virage », plutôt que de penser sans cesse à la distance restante ; cela permet de maintenir plus facilement un rythme de pédalage stable et une résilience mentale.
Quatrième section : l’accalmie finale et le col
Après les derniers lacets, la pente s’adoucit nettement, et le dernier segment d’environ 500 mètres redescend à environ 3 %, laissant aux jambes l’occasion de reprendre leur souffle avant d’atteindre le col. En arrivant au parking du sommet du Bealach na Bà (également un point de vue et de repos très prisé), la vue s’ouvre soudainement — par temps clair, on aperçoit en face l’île de Skye (Isle of Skye) et la silhouette des îles environnantes. Cette sensation d’immensité, « au bout du monde sauvage », est unanimement décrite par ceux qui l’ont vécue comme une image inoubliable.
Techniques pratiques pour le croisement sur route à voie unique
C’est là que Bealach na Bà se distingue le plus de la plupart des montées célèbres, et cela mérite d’être abordé séparément. Sur presque toute la route, il n’y a pas de chaussée à double sens au sens habituel ; la circulation bidirectionnelle est maintenue grâce à des aires de croisement (passing places, généralement signalées) disposées à intervalles réguliers. Pour les cyclistes, cela implique plusieurs choses :
- En montée, la priorité est théoriquement accordée, mais en pratique, il faut s’adapter avec souplesse à la situation, surtout face à des camping-cars ou des bus imposants : s’écarter et attendre est souvent plus sûr que d’insister sur son droit de passage.
- La visibilité dans les virages en épingle à cheveux est quasi nulle : les véhicules venant en sens inverse apparaissent souvent à l’autre extrémité du virage sans le moindre avertissement. Il est recommandé de rester à l’intérieur de sa voie, de contrôler sa vitesse, et d’être particulièrement prudent en descente.
- Le trafic augmente nettement pendant la haute saison touristique estivale, surtout depuis que la route touristique NC500 est devenue très populaire : cette route attire de nombreux automobilistes, camping-caristes et motards, et les croisements sont plus fréquents qu’on ne l’imagine. Il est conseillé d’éviter les week-ends et les heures de pointe en fin de journée.
- Les accotements sont pratiquement inexistants : sur la plupart des sections, les côtés sont des pentes herbeuses ou des dénivelés, laissant très peu d’espace pour une manœuvre d’urgence. C’est pourquoi il est essentiel de garder une vitesse permettant de s’arrêter à tout moment.
- Les cyclistes en descente doivent faire preuve d’une courtoisie particulière : comme les véhicules en montée (qu’ils soient motorisés ou à vélo) ont généralement plus de difficultés à redémarrer et à accélérer, le consensus local veut que la priorité soit donnée à la montée. Si vous profitez de la vitesse en descente, veillez à respecter cette règle non écrite du droit de passage dans les Highlands.
- Les aires de croisement ne sont pas des places de stationnement : ces espaces en retrait sont conçus pour qu’un véhicule s’arrête temporairement et laisse passer l’autre, et non pour s’y attarder afin de prendre des photos. Si vous souhaitez vous arrêter pour admirer le paysage, cherchez un véritable espace de stationnement afin d’éviter de bloquer la circulation derrière vous.
Cette culture de la route à voie unique est en réalité une caractéristique commune à de nombreuses routes isolées des Highlands écossais, mais sur Bealach na Bà, la pente raide et l’enchaînement des virages portent la difficulté du croisement à son paroxysme. Pour les cyclistes taïwanais qui découvrent la conduite sur route à voie unique, il est conseillé d’accepter mentalement que « le rythme de cette route n’est pas décidé unilatéralement par vous », et de garder en permanence une marge de manœuvre pour concilier défi sportif et sécurité.
Estimation de la puissance et de l’allure (modèle physique)
Le modèle physique suivant estime le temps nécessaire à des cyclistes de différents niveaux pour gravir Bealach na Bà (versant d’Applecross, environ 9 km, dénivelé d’environ 620 m). Formule du modèle :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr résistance au roulement
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v² résistance de l'air
Hypothèses des paramètres : cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg (masse totale 79 kg), g = 9,81 m/s², Crr ≈ 0,005, CdA ≈ 0,32 m², masse volumique de l’air ρ ≈ 1,19 kg/m³ (correspondant à l’altitude du col), efficacité de transmission 0,975, avec une pente moyenne d’environ 6,9 % :
| Rapport poids/puissance | Profil type | Temps estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant terminant l’ascension | Environ 1 h 04 | Environ 8,4 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 52 min | Environ 10,5 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 44 min | Environ 12,4 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 33 min | Environ 16,1 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 28 min | Environ 19,6 km/h |
Il convient de noter que le tableau utilise une pente moyenne, mais que le profil réel de l’itinéraire comporte un début plus doux, une section médiane à 13 % en continu et des épingles à cheveux atteignant localement près de 20 %. Cela signifie que la puissance réellement requise sur la section médiane et dans les épingles sera nettement supérieure à la moyenne du tableau. En particulier, ce kilomètre de montée raide et continue au milieu est probablement le segment le plus éprouvant pour le cœur et le plus douloureux de tout le parcours ; il faut réserver de l’énergie à l’avance. Il s’agit d’une estimation issue d’un modèle physique, sans prise en compte du vent, de l’état de la route ou des différences morphologiques ; les résultats réels varient d’une personne à l’autre. Cet article n’invente également aucun temps de référence ni donnée de puissance de cyclistes professionnels sur ce tronçon ; les lecteurs sont invités à vérifier eux-mêmes les informations publiées.
Météo : le vent et la pluie des Highlands, le vrai adversaire
Si les épingles à cheveux mettent à l’épreuve la technique, la météo du nord-ouest des Highlands écossais met à l’épreuve la volonté et le jugement. La région est bordée par l’Atlantique, les systèmes météorologiques y évoluent très rapidement, et le passage du soleil à la pluie torrentielle peut se faire en une demi-heure. Les informations locales indiquent clairement que Bealach na Bà est souvent fermée en hiver et au début du printemps en raison de la neige et du verglas ; des portes anti-neige (snow gates) sont installées aux deux extrémités, et la fermeture peut parfois durer plusieurs semaines.
Même en été, la température et le vent au sommet sont souvent très différents de ceux du pied de la montée — le col est une zone dégagée, sans abri, et les vents forts y sont presque monnaie courante. Les rafales latérales représentent une menace particulière pour les cyclistes en pleine ascension, dont l’équilibre est précaire. Le brouillard épais est également un habitué des lieux : la visibilité peut chuter soudainement à quelques dizaines de mètres, et combiné à la visibilité déjà limitée de la route à voie unique, le risque lors des croisements dans le brouillard est démultiplié. Côté pluie, le relief des Highlands génère fréquemment des précipitations orographiques ; entre le bitume et le mauvais drainage des zones montagneuses, la chaussée glissante et les flaques localisées sont la norme, et il faut redoubler de vigilance en descente.
Compte tenu de tous ces facteurs, la plupart des informations locales et des conseils touristiques convergent vers la même conclusion : planifier la sortie entre la fin du printemps et le début de l’automne (environ de mai à septembre), et consulter impérativement les prévisions météorologiques en temps réel et les avis officiels de fermeture avant le départ. Les prévisions météo en montagne étant d’une précision limitée, il faut garder une certaine flexibilité et être prêt à reporter ou annuler le programme.
Il convient également de mentionner que la durée d’ensoleillement dans les Highlands écossais varie considérablement entre l’été et l’hiver — au cœur de l’été, la lumière du jour se prolonge tard, offrant une grande souplesse dans l’organisation de la sortie ; en revanche, au printemps et à l’automne, la durée du jour diminue très rapidement. Si vous choisissez ces saisons, estimez votre temps de parcours avec encore plus de prudence afin d’éviter de vous retrouver coincé près du col à la tombée de la nuit et à la chute brutale des températures. Côté températures, même lors des journées « douces » d’été, il fait rarement vraiment chaud dans les Highlands ; le sommet reste frais toute l’année, et avec l’effet du refroidissement éolien, la température ressentie est souvent bien inférieure aux chiffres des prévisions météo. Pour les cyclistes taïwanais habitués à la chaleur et à l’humidité de l’été, c’est un point à réévaluer dans la préparation de l’équipement — la couche coupe-vent est bien plus importante que la protection solaire.
Du point de vue d’un cycliste taïwanais : placer Bealach na Bà dans votre système de coordonnées
En utilisant les montées que les cyclistes taïwanais connaissent bien comme référence, la sensation générale de Bealach na Bà se rapproche le plus de la section médiane à tardive de l’ascension ouest de Wuling — la pente moyenne est similaire, la longueur est du même ordre de grandeur, et le dénivelé total est légèrement inférieur à celui de Wuling dans son ensemble, mais il s’agit tout de même d’une montée lourde et sérieuse. La différence réside dans le fait que le long de Wuling, on trouve clairement des routes industrielles et quelques points de repos occasionnels, tandis que Bealach na Bà est une route sauvage pratiquement dépourvue de toute installation. Une fois parti, il faut être mentalement préparé à gérer son ravitaillement et les pannes mécaniques.
Si vous êtes capable de terminer l’ascension ouest de Wuling à votre rythme sans avoir besoin de vous arrêter fréquemment, vous disposez théoriquement déjà de la base physique nécessaire pour relever le défi de Bealach na Bà. Ce qui nécessite réellement une préparation supplémentaire, c’est le « jugement pour le croisement sur route à voie unique », un défi technique rare à Taïwan, ainsi qu’une préparation mentale face aux changements rapides du climat d’altitude. Quant à l’organisation pratique pour s’y rendre : la péninsule d’Applecross est située dans une région reculée, et les villes de ravitaillement les plus proches nécessitent des trajets en voiture assez longs. Il est recommandé de planifier à l’avance la quantité d’eau et de nourriture à emporter, sans s’attendre à trouver des points de ravitaillement de type supérette en cours de route. Les informations spécifiques sur la location de voiture, l’hébergement et les transferts varient selon les saisons ; veuillez vous référer aux informations touristiques officielles locales et aux annonces les plus récentes des commerçants.
Un autre point de comparaison qui mérite réflexion pour les cyclistes taïwanais est la différence de culture du ravitaillement. Sur l’ascension ouest de Wuling à Taïwan, on peut compter sur des points de ravitaillement comme Cingjing ou Cuifeng ; même avec une planification imparfaite, on a encore la possibilité d’acheter de l’eau ou de la nourriture chaude en cours de route. Mais les conditions géographiques de la péninsule d’Applecross sont complètement différentes — la péninsule elle-même est peu peuplée, les routes d’accès sont sinueuses et les trajets longs, et le long de Bealach na Bà, il n’y a pratiquement aucune installation commerciale. Une fois parti, on entre dans un voyage « autonome ». Cette différence se reflète également dans l’état d’esprit concernant la préparation de l’équipement : l’habitude des cyclistes taïwanais de « partir léger et se ravitailler en route » doit ici être ajustée en une mentalité de « emporter le maximum, sans compter sur un soutien en cours de route », en particulier pour l’hydratation. Bien que la température ne soit pas torride lors d’une sortie en altitude, la combinaison d’un effort aérobie prolongé et de la perte d’eau due au refroidissement éolien fait que le risque de déshydratation reste bien réel.
De plus, les routes d’accès à la péninsule d’Applecross font elles-mêmes partie de la planification de ce voyage — en dehors de Bealach na Bà, il existe une route alternative qui contourne la péninsule le long du littoral pour y entrer et en sortir. Le trajet est plus long mais les pentes sont beaucoup plus douces, ce qui en fait une option idéale pour une combinaison : relever le défi de Bealach na Bà d’un côté, et longer la côte de l’autre. Cela permet à la fois de vivre la puissance de l’ascension et d’admirer les paysages typiques de fjords de la côte ouest écossaise. C’est un itinéraire flexible que de nombreux cyclistes recommandent dans leurs récits de voyage.
Rappels de sécurité
- Le jugement pour les croisements est le risque principal : dans les lacets, la visibilité est presque nulle. Garder une vitesse maîtrisée et être prêt à se ranger sur le côté et à s’arrêter sont des principes de base.
- L’effet du vent sur la stabilité du vélo ne doit pas être sous-estimé : le terrain du col est ouvert et peu abrité, et de fortes rafales peuvent instantanément pousser le vélo hors de la trajectoire prévue, surtout dangereux lors d’une montée lente avec un centre de gravité élevé.
- Brouillard épais et chute soudaine de visibilité : le temps en altitude change sans prévenir. Il est recommandé d’emporter un gilet réfléchissant ou une lumière arrière pour améliorer la visibilité, même en plein jour.
- Signal et secours difficiles en zone reculée : la couverture du réseau mobile est instable dans cette région, et il n’y a pratiquement âme qui vive en chemin. Il est recommandé de rouler accompagné, d’informer quelqu’un de son itinéraire, et d’emporter des vêtements chauds d’urgence et du matériel de réparation de base.
- Risque d’hypothermie : même en été, la température au sommet et l’effet de refroidissement éolien peuvent provoquer une chute rapide de la température corporelle après une forte transpiration. Il est recommandé d’emporter une veste légère coupe-vent et imperméable.
- Code de la route : au Royaume-Uni, on conduit à gauche, et les règles de priorité sur les routes à voie unique diffèrent de celles de Taïwan. En cas de doute, il vaut mieux s’arrêter et observer plutôt que de forcer le passage.
- Il est déconseillé de tenter de battre des records personnels sur une route à visibilité réduite et aux conditions changeantes ; la sécurité prime toujours sur la performance.
- Préparation en cas de panne mécanique : comme il n’y a pratiquement aucune installation commerciale ni magasin de vélos en chemin, assurez-vous avant le départ d’avoir des rustines, des chambres à air de rechange et les outils de base. En cas de chaîne cassée ou de crevaison, il faudra très probablement compter sur soi-même ou sur ses compagnons de route, plutôt que d’espérer des secours de passage.
- Le mal d’altitude n’est pas aussi prononcé que le mal aigu des montagnes : l’altitude de 626 mètres au col ne provoque pas en soi de graves réactions d’altitude, mais un effort intense et prolongé combiné à la température et au refroidissement éolien peut tout de même provoquer de légers vertiges ou un épuisement chez certains cyclistes sensibles. Il est recommandé d’y aller progressivement, sans donner son maximum dès le départ.
Conclusion : une route qui vous fera redéfinir le mot « grandiose »
Si Bealach na Bà a pu être sacrée « la plus grande montée de Grande-Bretagne », ce n’est pas seulement grâce à ses chiffres de pente, mais parce qu’elle condense en moins de dix kilomètres la désolation géographique, le caractère dramatique du terrain et l’interaction unique qu’offre la route à voie unique. Lorsque vous franchissez les lacets successifs et que vous vous tenez au col à plus de six cents mètres d’altitude en regardant la route parcourue, ce choc de « c’est donc comme ça que la route que je viens de gravir » est une expérience que bien des montées longues et régulières ne peuvent pas offrir.
Récapitulatif des points essentiels avant le départ :
- Vérifier la saison et les annonces de fermeture de route : la période principale s’étend de la fin du printemps au début de l’automne ; consultez impérativement les informations officielles en temps réel avant le départ.
- S’entraîner au jugement pour les croisements sur route à voie unique : c’est le défi technique le plus spécifique et le plus exigeant en termes d’adaptation sur cette route.
- Emporter suffisamment de ravitaillement : il n’y a pratiquement aucun commerce en chemin ; l’eau et la nourriture doivent être préparées en quantité suffisante.
- Surveiller la direction du vent et les conditions de brouillard : le terrain du col est ouvert, et le temps change plus vite qu’on ne l’imagine.
- Adopter un rythme prudent face aux pentes raides consécutives du milieu : ce kilomètre à 13 % est l’épreuve clé du parcours ; gardez des forces à l’avance.
- Rouler accompagné et informer quelqu’un de son itinéraire : le signal est instable en zone reculée ; c’est à vous de construire votre propre filet de sécurité.
Si vous avez déjà mis dans votre poche les montées classiques taïwanaises comme Wuling ou Fengguizui, Bealach na Bà est le genre de défi mondial qui vaut la peine qu’on prenne l’avion spécialement pour aller y faire un pèlerinage — la nature sauvage, les lacets et le vent marin vous offriront un souvenir de montée inoubliable.
Pour finir, je tiens à rappeler qu’une grande partie du charme de cette route vient de son caractère « non domestiqué » — peu d’installations touristiques commercialisées, pas de points de ravitaillement denses, pas de monuments grandioses. Il n’y a que la géologie à nu, le vent qui hurle, et une vieille route que les hommes et les troupeaux ont empruntée pendant des siècles et des siècles. Cette sensation de nature brute est d’autant plus précieuse à une époque où de nombreuses montées célèbres se touristifient progressivement, et c’est aussi pourquoi, même aujourd’hui où l’information est abondante et où les itinéraires populaires sont sans cesse copiés et partagés, Bealach na Bà parvient à conserver son atmosphère sauvage unique, permettant à chaque cycliste qui gravit le col d’éprouver ce choc qui lui appartient, et qu’aucune carte postale ne peut entièrement transmettre.
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