Le col routier le plus élevé d'Irlande : le Conor Pass, une épreuve de brume et de manœuvres en marche arrière sur la péninsule de Dingle
Une route d’une largeur de voiture, deux mers à l’horizon
La péninsule de Dingle (Dingle Peninsula), à l’extrémité sud-ouest de l’Irlande, est l’un des plus beaux itinéraires côtiers du monde selon de nombreux médias touristiques comme le National Geographic. Et la route qui traverse cette péninsule, reliant la ville de Dingle (Dingle) sur la côte sud à la baie de Brandon (Brandon Bay) et à la ville de Castlegregory (Castlegregory) sur la côte nord, est précisément le col routier le plus élevé de l’île d’Irlande — le Conor Pass.
La première impression que l’on a de cette route est souvent : « c’est vraiment trop étroit ». Les informations officielles le précisent clairement : il s’agit d’une petite route goudronnée à sens unique pour un seul véhicule. Si deux voitures se croisent, l’une des deux doit trouver un espace sur l’accotement ou faire marche arrière pour laisser passer l’autre. Les véhicules de plus de deux tonnes y sont d’ailleurs formellement interdits. Pour les cyclistes habitués aux routes taïwanaises, où même les chemins agricoles de montagne sont généralement conçus avec deux voies de circulation, la largeur du Conor Pass constitue un choc culturel direct — c’est une montée qui a la « négociation sur route étroite » inscrite dans ses gènes.
Cette étroitesse vaut d’ailleurs au Conor Pass des avis très partagés sur les sites d’avis touristiques et dans la presse automobile : ceux qui l’aiment le décrivent comme « le paysage routier le plus enchanteur d’Irlande », tandis que ceux qui ne l’aiment pas (surtout les touristes égarés au volant de grands camping-cars) le décrivent comme un « film d’horreur ». Cette dualité d’opinions illustre parfaitement le caractère unique de cette route — elle ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais pour ceux qui l’abordent avec humilité et sérieux, elle offre une récompense à la hauteur de l’effort fourni.
La communauté cycliste irlandaise et internationale s’accorde généralement à dire que gravir le Conor Pass à vélo est l’un des défis les plus célèbres et les plus difficiles d’Irlande. Ce n’est pas un col alpin qui impressionne par son altitude absolue ou sa longueur, mais plutôt par la rudesse originelle du terrain, l’imprévisibilité de la météo, et cette tension permanente de « pouvoir croiser un bus à tout moment », qui crée une dynamique de cyclisme tout à fait unique.
Si la péninsule de Dingle est mondialement connue, c’est non seulement grâce au Conor Pass lui-même, mais aussi parce qu’elle abrite l’une des régions culturelles gaéliques (irlandaises) les mieux préservées — le Gaeltacht. De nombreux villages de l’extrémité ouest de la péninsule utilisent encore l’irlandais comme langue quotidienne ; les panneaux routiers et les enseignes de magasins portent les traces de cette langue ancienne. Ajoutez à cela des vestiges préhistoriques disséminés, des ruines de monastères chrétiens primitifs et des constructions traditionnelles en pierre, et toute la péninsule dégage une temporalité radicalement différente de celle des villes modernes. Gravir le Conor Pass n’est pas seulement un défi physique ; c’est aussi, d’une certaine manière, un voyage à travers les plus anciennes strates culturelles de l’Irlande. C’est pourquoi de nombreux médias touristiques internationaux classent toute la péninsule de Dingle — et pas seulement le Conor Pass — parmi les routes panoramiques à voir absolument dans une vie.
La fréquentation touristique de cette route a également grimpé ces dernières années avec la reprise globale du tourisme irlandais. En haute saison estivale surtout, les automobilistes, motards et cyclistes du monde entier affluent sur cette route, rendant la « négociation sur route étroite » plus réelle et plus fréquente que jamais. C’est un facteur concret à prendre en compte lors de la planification de votre créneau de sortie.
Informations de base sur l’itinéraire
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Pays / massif | Irlande, comté de Kerry (County Kerry), péninsule de Dingle (Dingle Peninsula), route R560 |
| Départ → arrivée | Départ habituel côté sud depuis la ville de Dingle (Dingle) → col du Conor Pass, descente possible jusqu’à la baie de Brandon (Brandon Bay) / Castlegregory |
| Longueur | Environ 7 kilomètres (départ côté Dingle, léger écart selon les méthodes de mesure) |
| Dénivelé total | Environ 400 à 450 mètres |
| Pente moyenne | Environ 6 % |
| Pente maximale | Certaines sections en virage peuvent atteindre un pourcentage à deux chiffres ; les chiffres exacts varient selon les sources, se fier aux panneaux sur place |
| Altitude départ / arrivée | Point culminant du col à environ 456 mètres, le point le plus élevé du réseau routier de l’île d’Irlande |
| Origine de la notoriété | Col routier le plus élevé de l’île d’Irlande ; l’une des routes panoramiques les plus célèbres d’Irlande pour le vélo et l’automobile |
Rappel important pour les lecteurs : le Conor Pass ne dispose pas de données officielles unifiées pour un point de départ de référence. Les différentes sources divergent souvent sur la longueur exacte, le dénivelé et le pourcentage de pente. Cet article adopte des fourchettes approximatives plus prudentes, recoupées auprès de sources crédibles. Pour votre planification réelle, fiez-vous aux panneaux sur place et à vos propres traces GPS.
Découpage par sections : du port de pêche de Dingle au col dans les nuages
Première section : l’échauffement en montée depuis la petite ville portuaire
Au départ de la ville de Dingle, cette charmante localité célèbre pour ses dauphins et sa pêche, les premières rampes s’élèvent en pente relativement douce. Les abords passent progressivement des bâtiments urbains aux paysages typiquement irlandais de murets de pierre bas et de prairies. L’état de la route est encore correct ; les cyclistes peuvent en profiter pour régler leur rythme respiratoire tout en jetant un œil en arrière sur la baie de Dingle qui se déploie peu à peu.
Deuxième section : entrée dans la vallée encaissée, pente et virages s’intensifient
À partir du milieu du parcours, la route se rétrécit progressivement et pénètre dans une vallée plus encaissée. Les parois rocheuses se rapprochent, la pente s’accentue nettement et les virages deviennent plus serrés. C’est ici que le Conor Pass commence à révéler sa véritable nature de « route de montagne étroite » — la chaussée se réduit à la largeur d’un seul véhicule, les aires de croisement (passing places) se multiplient, et le cycliste doit maintenir son rythme de montée tout en surveillant constamment les signes d’un éventuel véhicule arrivant en sens inverse.
Troisième section : landes d’altitude et lacs glaciaires dans la zone du col
À l’approche du col, le paysage se transforme en landes d’altitude typiques des hautes terres irlandaises — granite à nu, végétation clairsemée, et vestiges de reliefs glaciaires visibles tout au long du chemin, dont plusieurs spectaculaires lacs glaciaires (corrie lakes) nichés entre les parois rocheuses. Ce paysage est austère mais d’une puissance saisissante ; de nombreux cyclistes qui l’ont parcouru s’accordent à dire que c’est le passage au choc visuel le plus intense de tout le parcours. Le col lui-même dispose d’un espace de stationnement et d’observation. Par temps clair, on y domine deux côtes radicalement différentes — la baie de Dingle, avec ses contours portuaires doux, contraste fortement avec la vaste plage de sable de la baie de Brandon. Cette particularité géographique d’« un seul col, deux paysages marins » est l’un des atouts les plus singuliers du Conor Pass.
La formation de ces lacs glaciaires remonte à la dernière période glaciaire — d’immenses glaciers ont creusé ces dépressions en forme de cuvette au fil de leur écoulement, puis l’eau s’y est accumulée après la fonte des glaces, donnant naissance à ces plans d’eau paisibles, presque coupés du monde, enchâssés dans les parois abruptes. Ce type de paysage géologique est courant dans les hautes terres de l’ouest de l’Irlande et constitue une preuve directe du façonnage glaciaire de cette terre. Pour les cyclistes, il est conseillé de ralentir légèrement en traversant cette zone de landes et de lacs glaciaires — non seulement pour admirer le paysage, mais aussi parce que la chaussée près du col est souvent soumise à de fortes rafales de vent et à une humidité glissante, exigeant un contrôle plus prudent de la vitesse et de la trajectoire.
À noter également : le parking du col offre un espace d’observation et de courte pause, mais il est assez limité. C’est aussi l’un des points de départ populaires de sentiers de randonnée (reliant les itinéraires de montagne des environs). En haute saison, les croisements entre piétons et véhicules y sont fréquents ; les cyclistes doivent rester vigilants en entrant et sortant de la zone de stationnement.
Quatrième section : la descente côté nord, une transition vers un autre paysage
Après avoir franchi le col, la descente vers la baie de Brandon voit le paysage passer progressivement des landes à un terrain plus ouvert et plus doux, pour finalement atteindre le littoral de sable autour de Castlegregory. Cette descente exige également une attention particulière à l’étroitesse de la chaussée et aux virages à visibilité réduite. Pour les cyclistes qui découvrent la route, il est recommandé de contrôler prudemment leur vitesse de descente.
Estimation de la puissance et de l’allure (modèle physique)
Le modèle physique suivant est utilisé pour estimer le temps nécessaire à des cyclistes de différents niveaux pour gravir le Conor Pass (versant de Dingle, environ 7 km et 430 m de dénivelé positif). Formules du modèle :
P = (Fg + Fr + Fa) × v / rendement de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) Composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr Résistance au roulement
Fa = 0.5 × ρ × CdA × v² Résistance aérodynamique
Hypothèses des paramètres : cycliste de 70 kg + vélo et équipement de 9 kg (masse totale 79 kg), g = 9,81 m/s², Crr ≈ 0,005, CdA ≈ 0,32 m², masse volumique de l’air ρ ≈ 1,22 kg/m³ (l’altitude est faible en Irlande, la densité de l’air est plus élevée), rendement de transmission 0,975, calcul basé sur une pente moyenne d’environ 6,1 % :
| Rapport puissance/poids | Catégorie de cycliste | Temps estimé pour gravir | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 45 min | Environ 9,3 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 36 min | Environ 11,5 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 31 min | Environ 13,6 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 24 min | Environ 17,5 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 20 min | Environ 21,1 km/h |
Il convient de noter que ce tableau utilise la pente moyenne, mais que la section en canyon de la partie médiane et finale du Conor Pass présente une pente nettement supérieure à la moyenne ; la puissance réellement requise y sera donc plus exigeante. Ce qui précède est une estimation issue d’un modèle physique, sans prise en compte du vent, de l’état de la route ni des différences morphologiques ; les résultats réels varient d’une personne à l’autre. Cet article n’invente aucun temps de référence ni aucune donnée de puissance de cyclistes professionnels sur ce tronçon ; si les lecteurs voient des affirmations de chronos précis, il est conseillé d’en vérifier la source par eux-mêmes.
Météo : nuages, brouillard et vents violents, première ligne de défense de l’Atlantique
La péninsule de Dingle, où se trouve le Conor Pass, est l’une des zones géographiques d’Irlande les plus avancées dans l’océan Atlantique, ce qui signifie qu’elle constitue la première ligne de défense lorsque les systèmes météorologiques atlantiques abordent l’Irlande ; l’ampleur des variations météorologiques y est donc facile à imaginer. Toute la côte ouest irlandaise est réputée pour sa pluviométrie abondante, et la péninsule de Dingle est en première ligne. Même si le ciel est dégagé au départ, le col peut être entièrement enveloppé de nuages et de brouillard en très peu de temps.
Ce brouillard n’est pas seulement un élément visuel romantique ; pour un cycliste en pleine ascension, c’est une menace réelle pour la sécurité — la visibilité chute brutalement, la chaussée est déjà étroite et les virages offrent une visibilité limitée ; le risque de croisement dans le brouillard s’en trouve considérablement amplifié. Le col, au relief ouvert et sans abri, est également sujet aux fortes rafales venant de l’Atlantique ; le vent latéral représente une menace non négligeable pour un cycliste en pleine montée, dont l’équilibre est précaire, en particulier lors de rafales soudaines et sans avertissement.
Côté pluie, la fréquence des précipitations sur la côte ouest irlandaise est de toute façon plus élevée que le régime de pluie auquel les cyclistes taïwanais sont habitués — il ne s’agit pas des fortes averses courtes de l’été taïwanais, mais de pluies orographiques denses, continues et qui se déclenchent sans prévenir. Une chaussée glissante, un drainage limité du terrain tourbeux, des flaques localisées et des mousses glissantes sont autant de risques de surface à surveiller, en particulier dans les descentes. Il est recommandé de planifier la sortie entre la fin du printemps et le début de l’automne, et de consulter les prévisions météorologiques en temps réel avant le départ. Les microclimats à la frontière entre montagne et littoral évoluent bien plus vite que ce que l’on imagine ; il faut absolument garder de la flexibilité et être prêt à adapter son itinéraire en cas de changement soudain de météo.
La météo irlandaise présente également une caractéristique souvent sous-estimée par les visiteurs étrangers — la fréquence des changements « quatre saisons en une journée ». L’île étant directement exposée à l’Atlantique, sans grande barrière topographique pour bloquer les systèmes météorologiques, les nuages et les fronts se déplacent rapidement ; il est fréquent que le soleil, la couverture nuageuse, la pluie fine et les vents violents se succèdent au cours d’une même journée. Cette imprévisibilité est particulièrement importante pour les cyclistes qui planifient un aller-retour dans la journée vers le Conor Pass — même si les prévisions consultées avant le départ annoncent un temps clair, il est conseillé d’emporter des vêtements de pluie de base et une couche chaude, sans se fier uniquement aux chiffres des prévisions pour préparer son équipement.
Côté températures, le climat du sud-ouest de l’Irlande est globalement régulé par le Gulf Stream : les hivers n’y sont pas très rigoureux et les étés pas très chauds, avec des écarts de température annuels relativement modérés. Pour les cyclistes taïwanais habitués à la chaleur et à l’humidité élevée de l’été taïwanais, c’est un point à réétalonner — même en plein été, la température et la sensation thermique au col du Conor Pass peuvent être nettement inférieures à ce que les cyclistes taïwanais attendent. Avec l’effet de refroidissement éolien amplifié par le vent, l’importance d’un équipement coupe-vent dépasse souvent celle de la protection solaire. Par ailleurs, l’intensité des UV en Irlande est généralement plus faible qu’à Taïwan, mais un ciel couvert ne signifie pas que l’on est à l’abri ; pour une sortie prolongée en extérieur, il reste conseillé de prendre des mesures de protection solaire de base.
Le point de vue des cyclistes taïwanais : placer le Conor Pass dans votre référentiel
En prenant comme référence les montées que les cyclistes taïwanais connaissent bien, la longueur et le dénivelé du Conor Pass sont proches de certains tronçons de la route provinciale 9 (Beiyi) ou de l’itinéraire populaire de Fengguizui. C’est un défi de montée d’intensité modérée, facile à intégrer dans une journée, et le seuil physique n’est pas particulièrement élevé pour la plupart des cyclistes ayant une certaine expérience de la montée. Ce qui demande réellement une préparation supplémentaire, ce sont les compétences techniques propres à cette route — « le jugement pour se croiser sur une chaussée à voie unique » — ainsi que l’incertitude liée à la météo changeante de la côte ouest irlandaise ; ces deux points sont des défis que les cyclistes taïwanais rencontrent rarement directement dans leur réseau routier familier.
Si vous êtes capable de terminer régulièrement Fengguizui ou les tronçons d’intensité modérée de la Beiyi, vous disposez théoriquement déjà de la base physique pour relever le défi du Conor Pass ; l’essentiel portera sur la technique de pilotage et le jugement météorologique, plutôt que sur la pure limite cardio-respiratoire. Côté organisation pratique pour s’y rendre, la ville de Dingle est le principal pôle touristique et de services de la région ; elle dispose de ressources de base en hébergement, restauration et réparation de vélos, et constitue un point de départ idéal pour planifier l’itinéraire. Les informations concrètes sur la location de vélos, l’hébergement et les transferts variant selon les saisons, veuillez vous référer aux informations touristiques officielles et aux annonces les plus récentes des prestataires.
Pour les cyclistes taïwanais, la péninsule de Dingle est également une destination qui mérite d’être explorée plus en profondeur — outre le Conor Pass, la péninsule compte plusieurs routes touristiques qui longent le littoral, avec des pentes nettement plus douces, idéales pour composer un itinéraire de plusieurs jours alternant montées intenses et sorties de croisière faciles, donnant ainsi plus de relief au rythme de l’ensemble du voyage cycliste en Irlande.
Une autre différence culturelle que les cyclistes taïwanais gagneraient à noter est le phénomène courant des « routes partagées avec les moutons » dans les campagnes irlandaises — la péninsule de Dingle est une région d’élevage traditionnel ; même sur les principaux axes de liaison, il arrive de croiser des troupeaux de moutons ou de bovins qui traversent, une expérience relativement rare dans le cyclisme sur route à Taïwan. Dans ce cas, il est conseillé de ralentir, de faire preuve de patience et de laisser les animaux passer naturellement, sans les effrayer ni tenter de les forcer à s’écarter ; c’est à la fois un respect de la culture agricole et pastorale locale et une considération pratique pour éviter les accidents.
Côté langue et communication, bien que l’Irlande conserve des zones culturelles gaéliques, la grande majorité des habitants et des commerçants parlent couramment anglais, ce qui ne constitue pas un obstacle majeur pour les cyclistes taïwanais. Quant aux modalités pratiques de transport, la péninsule de Dingle se trouve à une certaine distance des principaux aéroports internationaux irlandais (comme l’aéroport de Shannon ou celui de Dublin) ; la plupart des voyageurs choisissent de louer une voiture pour s’y rendre, en intégrant le Conor Pass dans un itinéraire mixte de plusieurs jours combinant vélo et voiture, incluant des routes panoramiques célèbres du comté de Kerry comme le « Ring of Kerry ». Pour les modalités concrètes de location de voiture, d’hébergement et de transfert, veuillez vous référer impérativement aux informations touristiques officielles et aux annonces les plus récentes des prestataires, sans vous fier à des informations de seconde main potentiellement obsolètes trouvées en ligne.
Rappel de sécurité
- Le croisement est le risque central : chaussée étroite, visibilité limitée dans les virages, maintenir une vitesse maîtrisée et être prêt à se ranger sur le côté pour attendre sont des principes de base. Ne forcez jamais le passage pour gagner du temps.
- Brouillard et chute soudaine de visibilité : les systèmes météorologiques atlantiques changent rapidement. Il est recommandé de porter un gilet réfléchissant ou une lumière arrière pour améliorer votre visibilité, même en plein jour.
- Impact du vent latéral sur la stabilité du vélo : le terrain ouvert et sans abri du col expose aux rafales violentes qui peuvent soudainement dévier votre trajectoire, surtout lors d’une montée lente.
- Signal et secours difficiles dans les zones reculées : sur certaines sections, le signal téléphonique peut être instable. Il est recommandé de rouler à plusieurs et d’informer quelqu’un de votre itinéraire.
- Risque d’hypothermie : même en été, à 456 mètres d’altitude avec les forts vents atlantiques, la température au sommet et l’effet de refroidissement éolien peuvent rapidement faire chuter la température corporelle d’un corps en sueur. Il est recommandé d’emporter une veste légère coupe-vent et imperméable et de surveiller votre état thermique.
- Code de la route : en Irlande, on conduit à gauche. Les règles de priorité sur les routes à voie unique diffèrent de celles de Taïwan. En cas de doute, arrêtez-vous et observez plutôt que de forcer le passage.
- Il est déconseillé de tenter de battre des records personnels sur ces routes à visibilité réduite et aux conditions changeantes. La sécurité prime toujours sur la performance.
- Attention aux animaux en pâture : cette région est une zone d’élevage traditionnel. Si vous croisez des moutons ou des bovins traversant la route, ralentissez et attendez patiemment. Ne les dépassez pas de force et ne klaxonnez pas pour ne pas les effrayer.
- Préparation mécanique et ravitaillement : les commerces sont limités au col et dans les environs. Avant le départ, vérifiez que votre kit de réparation de crevaison et vos outils de base sont complets, et emportez suffisamment d’eau et de nourriture pour les sections sans magasin.
- Charge de freinage en descente : quelle que soit la face empruntée, les virages serrés et la chaussée humide sollicitent fortement le système de freinage. Freinez par intermittence pour éviter la surchauffe et la perte d’efficacité.
Conclusion : un col, deux mers, un souvenir de cyclisme parmi les plus authentiques d’Irlande
Si le Conor Pass se distingue parmi les nombreuses routes d’Irlande et figure sur la liste des incontournables pour les cyclistes, c’est parce qu’il concentre en seulement sept kilomètres d’ascension le titre de plus haut col routier d’Irlande, l’esthétique sauvage propre à la péninsule de Dingle, la culture du croisement sur voie unique, et la météo changeante en première ligne de l’Atlantique. Lorsque vous atteignez le sommet, que vous vous retournez vers les eaux abritées de la baie de Dingle, puis que vous vous tournez vers les plages ouvertes de la baie de Brandon, cette merveille géographique où « un simple demi-tour change d’océan » est le charme unique de cette route.
Récapitulatif avant départ :
- Vérifier la saison et les prévisions météo : la période idéale s’étend de la fin du printemps au début de l’automne. Consultez impérativement les conditions en temps réel avant de partir.
- S’entraîner au croisement sur voie unique : c’est la compétence la plus exigeante de cette route. Gardez une vitesse maîtrisée et laissez-vous une marge de réaction.
- Emporter un équipement chaud, coupe-vent et imperméable suffisant : les vents atlantiques violents et le brouillard épais peuvent survenir à tout moment, même en été.
- Gérer son allure avec prudence sur la section en canyon de la seconde moitié : la pente y est nettement supérieure à la moyenne du parcours, économisez vos forces en amont.
- Envisager un itinéraire de plusieurs jours intégrant les routes plus douces de la péninsule : pour alterner entre montées intenses et sorties tranquilles.
- Rouler accompagné et communiquer son itinéraire : le signal est instable dans les zones reculées, votre sécurité dépend de vous-même.
- Respecter les animaux en pâture et la culture agricole locale : si vous croisez des moutons ou des bovins traversant la route, ralentissez et attendez patiemment. C’est le paysage quotidien de cette terre.
Si vous planifiez un voyage à vélo en Irlande, le Conor Pass mérite absolument une place dans votre programme — c’est une route qui, en quelques dizaines de minutes, vous fera vivre à la fois l’accélération cardiaque du croisement sur route étroite, la puissance brute des landes sauvages, et le moment inoubliable où, perché au point culminant routier d’Irlande, vous contemplez deux océans.
Pour les cyclistes taïwanais, cette route offre bien plus qu’un sentiment d’accomplissement physique : c’est une expérience de culture cycliste radicalement différente. Pas de larges chaussées à double sens, pas de supérettes à chaque coin de rue. À la place, un rythme de pédalage qui doit composer avec les véhicules venant en sens inverse, les animaux en liberté et une météo imprévisible. Cette philosophie du « négocier avec l’environnement » plutôt que de « conquérir à sens unique » est peut-être la leçon la plus profonde que la péninsule de Dingle et le Conor Pass laissent à chaque cycliste de passage : certaines routes méritent qu’on ralentisse, qu’on les comprenne avec humilité, plutôt que de chercher à les dompter à toute vitesse.
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