Stratégies d'hydratation et d'électrolytes pour l'été à Taïwan : comment calculer son taux de transpiration, le rôle du sodium, et la réalité du risque d'hyponatrémie
Stratégie d’hydratation : pourquoi « boire seulement quand on a soif » ne suffit pas
Pendant l’été taïwanais, que ce soit à l’entraînement ou en compétition, l’hydratation est un sujet récurrent, mais rares sont ceux qui la gèrent vraiment correctement. Deux approches extrêmes courantes comportent chacune des risques : l’une consiste à « boire énormément », en pensant qu’il faut compenser chaque goutte de sueur perdue, mais sur une longue durée, transpirer abondamment tout en ne buvant que de l’eau plate dilue la concentration en électrolytes dans le corps ; l’autre consiste à « boire seulement quand on a soif », mais comme le signal subjectif de la soif est naturellement en retard par rapport à la perte réelle de fluides corporels, on finit par s’hydrater insuffisamment sans s’en rendre compte lors d’efforts de longue durée, ce qui nuit aux performances et augmente même le risque de coup de chaleur.
Cet article a un objectif très concret : vous apprendre à estimer votre taux de transpiration, comprendre le rôle du sodium dans une stratégie d’hydratation, et pourquoi l’intuition selon laquelle « plus on boit d’eau, plus c’est sûr » est en réalité erronée. Nous fournirons également une logique de planification hydratation-électrolytes applicable concrètement à l’entraînement et aux compétitions estivales à Taïwan.
Comme pour les articles précédents, un rappel s’impose : cet article fournit des connaissances générales sur la physiologie de l’hydratation en endurance. Les besoins réels en hydratation et en électrolytes présentent des variations individuelles marquées. Si vous souffrez de maladies cardiovasculaires, rénales, ou d’antécédents chroniques nécessitant une restriction en sodium ou en eau, veuillez consulter un médecin avant d’adopter toute stratégie d’hydratation et d’électrolytes, plutôt que d’appliquer directement des recommandations générales.
Comprendre d’abord votre taux de transpiration : combien de fluides perdez-vous réellement
Pourquoi estimer soi-même son taux de transpiration
Le taux de transpiration (volume de sueur perdu par heure) varie considérablement d’une personne à l’autre, influencé par de multiples facteurs tels que la morphologie, le niveau de forme physique, le degré d’acclimatation à la chaleur, la température et l’humidité ambiantes, ainsi que l’intensité de l’effort. Les recommandations standardisées du type « combien d’eau boire par heure » qui circulent en ligne ne sont souvent qu’une moyenne approximative : pour certains, elles sont gravement insuffisantes, pour d’autres, excessives, et les deux situations comportent leurs propres risques. Plutôt que d’appliquer un chiffre générique dont on ignore s’il nous convient, il vaut mieux prendre le temps de mesurer son propre taux de transpiration, puis d’ajuster avec précision en fonction des conditions environnementales du jour de l’entraînement ou de la compétition.
Méthode concrète pour mesurer soi-même son taux de transpiration
Cette méthode est une pratique largement utilisée dans le milieu du sport d’endurance, et sa mise en œuvre n’est pas compliquée :
- Avant l’effort : après être allé aux toilettes, portez les vêtements prévus pour l’effort, pesez-vous (noté poids A), et notez la durée prévue de l’effort test.
- Pendant l’effort : effectuez l’effort à l’intensité de votre entraînement habituel ou d’une simulation de compétition, et notez la quantité d’eau réellement bue (y compris les boissons électrolytiques, convertie en millilitres). Choisissez de préférence des conditions environnementales proches de la situation que vous souhaitez simuler (par exemple, pour estimer votre taux de transpiration le jour d’une compétition, testez à une période où la température et l’humidité sont similaires à celles de la course).
- Après l’effort : séchez la sueur sur votre corps, allez à nouveau aux toilettes (si besoin), enfilez des vêtements secs de poids identique ou similaire à ceux portés avant l’effort, et pesez-vous (noté poids B).
- Formule de calcul :
Taux de transpiration (ml/heure) = 〔(poids A − poids B, converti en grammes, 1 gramme ≈ 1 millilitre) + volume d’eau bu pendant l’effort (ml)〕÷ durée de l’effort (heures)
Par exemple, si le poids avant l’effort est de 70,0 kg, le poids après l’effort de 69,3 kg, que vous avez bu 600 ml d’eau pendant l’effort et que la durée est de 1,5 heure, le calcul est le suivant : perte de poids de 0,7 kg = 700 grammes (soit environ 700 ml de fluides corporels perdus), plus les 600 ml bus, soit une perte totale de 1300 ml, divisée par 1,5 heure, ce qui donne un taux de transpiration d’environ 867 ml par heure.
Ce chiffre varie en fonction de la température, de l’humidité, de l’intensité de l’effort et du degré d’acclimatation à la chaleur. Il est recommandé d’effectuer plusieurs mesures à différentes saisons et à différentes intensités afin de constituer votre propre « fourchette de taux de transpiration », plutôt que de mesurer une seule fois et de considérer cette valeur comme définitive.
Application pratique du taux de transpiration
Une fois que vous connaissez approximativement votre taux de transpiration, vous pouvez l’utiliser pour planifier le rythme d’hydratation lors de vos entraînements ou compétitions. Le principe général largement accepté est le suivant : lors d’un effort prolongé, l’objectif de l’hydratation n’est pas de compenser instantanément 100 % des fluides perdus (ce qui est souvent irréaliste lors d’efforts à taux de transpiration élevé et à haute intensité, et peut provoquer des troubles gastro-intestinaux si l’on boit trop vite ou trop), mais de maintenir la perte de poids dans une fourchette relativement sûre, afin d’éviter qu’une déshydratation excessive n’affecte la charge cardiovasculaire et l’efficacité de la thermorégulation, tout en évitant une surhydratation qui diluerait les électrolytes.
En pratique, après une activité de longue durée, vous pouvez simplement comparer la variation de poids avant et après l’effort comme référence pour ajuster votre stratégie d’hydratation la fois suivante : si la perte est importante, cela signifie qu’il faudra peut-être augmenter la fréquence ou la quantité d’hydratation lors de la prochaine activité d’intensité et de conditions similaires ; si le poids augmente après la course, cela peut indiquer une surhydratation qu’il faudra réduire. Ce cas n’est pas rare lors d’efforts d’endurance prolongés à intensité faible à modérée, et c’est une population particulièrement exposée au risque d’hyponatrémie (détaillé ci-dessous).
Le rôle du sodium dans la stratégie d’hydratation
Pourquoi l’eau plate seule ne suffit pas
La sueur n’est pas de l’eau pure : elle contient des électrolytes tels que le sodium, le potassium et le chlorure, parmi lesquels la concentration et la quantité de sodium perdues sont les plus déterminantes pour les efforts d’endurance prolongés. La « concentration de sodium dans la sueur » varie considérablement d’un individu à l’autre : certaines personnes ont naturellement une sueur plus salée (concentration en sodium perdu plus élevée), d’autres relativement plus douce. Cela explique pourquoi certains athlètes présentent des dépôts de sel blanc visibles sur la peau ou les vêtements de sport après un effort prolongé, tandis que d’autres n’en montrent presque pas — c’est en réalité un indice simple et intuitif qui peut vous aider à déterminer si vous êtes un « gros transpirateur salé » nécessitant une supplémentation en sodium plus agressive dans votre stratégie d’hydratation.
Lorsque vous transpirez abondamment sur une longue durée et que vous ne buvez que de l’eau plate sans électrolytes, la concentration relative de sodium dans le corps diminue parce que l’eau la dilue. Si ce processus se poursuit lors d’activités prolongées avec transpiration abondante (par exemple des défis cyclistes sur longue distance, des courses à pied ou des triathlons dépassant trois ou quatre heures), cela peut évoluer vers une condition médicale appelée « hyponatrémie associée à l’exercice » (Exercise-Associated Hyponatremia), détaillée dans la section suivante.
Pratique concrète de la supplémentation en sodium
Pour un entraînement général d’une durée inférieure à une heure, d’intensité modérée et dans un environnement peu étouffant, une simple hydratation à l’eau suffit généralement, sans nécessiter de supplémentation en électrolytes. En revanche, lorsque l’effort dépasse une heure, en particulier lors d’activités d’intensité moyenne à élevée dans la chaleur et l’humidité élevées de l’été taïwanais (par exemple des défis de montée prolongée, des sorties cyclistes sur longue distance, des entraînements ou compétitions de course à pied au-delà du semi-marathon), il est recommandé de compléter le sodium via des boissons sportives contenant du sodium, des comprimés d’électrolytes, des poudres électrolytiques ou des gels salés, plutôt que de ne boire que de l’eau plate.
La teneur en sodium des boissons sportives et compléments électrolytiques du commerce varie considérablement. Il est conseillé de vérifier la teneur en sodium indiquée sur l’étiquette du produit (généralement en mg/portion ou mg/litre), puis de choisir le produit et la fréquence de supplémentation adaptés à la durée de votre entraînement, à votre taux de transpiration et au degré de « dépôts de sel » que vous observez, plutôt que de choisir un produit au hasard et de l’utiliser systématiquement. Il est préférable de tester et d’ajuster la combinaison et le rythme qui vous conviennent lors de vos entraînements habituels, et surtout de ne jamais essayer une nouvelle stratégie de ravitaillement pour la première fois le jour d’une compétition officielle — c’est un principe général très respecté dans le milieu de l’endurance : la tolérance gastro-intestinale aux nouveaux produits et la fluidité du rythme de ravitaillement doivent être validées à l’entraînement au préalable.
Rythme d’association entre hydratation et supplémentation en sodium
Une approche courante et largement adoptée consiste à planifier l’hydratation et la supplémentation en sodium séparément mais à les exécuter en parallèle : par exemple, boire une certaine quantité d’eau à intervalles réguliers (toutes les 15 à 20 minutes), tout en complétant les électrolytes à une fréquence fixe (par exemple, un comprimé d’électrolytes par heure, ou en préparant à l’avance une boisson sportive contenant des électrolytes dans certains bidons), afin que le corps reçoive en continu, en petites quantités répétées, de l’eau et du sodium pendant l’effort prolongé, plutôt que d’attendre d’avoir soif ou de présenter des crampes pour se supplémenter à la dernière minute.
Pour les personnes sujettes aux crampes musculaires lors d’efforts prolongés, le rythme et la quantité totale de sodium sont souvent des variables d’ajustement clés, et il vaut la peine de tester à plusieurs reprises à l’entraînement pour trouver la solution qui vous convient.
Risque d’hyponatrémie : un danger réel mais souvent négligé
Qu’est-ce que l’hyponatrémie liée à l’exercice
L’hyponatrémie liée à l’exercice désigne une concentration de sodium dans le sang inférieure à la normale pendant ou après un exercice de longue durée. C’est une condition médicale bien réelle, dont le risque n’est pas négligeable dans certains contextes spécifiques. Dans les cas graves, elle peut entraîner des complications potentiellement mortelles comme un œdème cérébral. Il ne s’agit absolument pas d’une mise en garde exagérée.
Dans quelles situations cette condition survient-elle le plus facilement ? On considère généralement que les principaux facteurs de risque incluent : une durée d’effort très longue (généralement des activités d’endurance de plusieurs heures, comme l’ultra-marathon, le triathlon longue distance, les défis cyclistes sur route de longue durée), une intensité d’effort relativement faible (car avec une intensité faible et une durée longue, beaucoup de personnes ont tendance à absorber des quantités excessives d’eau plate ou de boissons pauvres en sodium, dépassant ce qui est réellement perdu par la transpiration), une adhésion excessive au mythe « plus on boit, mieux c’est », avec une fréquence et des quantités de boisson dépassant les besoins réels du corps, ainsi que les caractéristiques individuelles comme un gabarit plus petit ou une concentration de sodium dans la sueur plus faible.
Il convient de clarifier un mythe courant : beaucoup pensent que l’hyponatrémie ne survient que dans les cas de « sous-hydratation ». En réalité, c’est tout l’inverse : l’hyponatrémie est causée par une « sur-hydratation, dépassant la capacité du corps à éliminer et à perdre les liquides ». C’est précisément pour cela qu’il est répété plus haut que « boire plus n’est pas synonyme de plus grande sécurité ».
Les symptômes d’alerte de l’hyponatrémie
Les symptômes précoces de l’hyponatrémie se chevauchent dans une certaine mesure avec ceux de l’épuisement dû à la chaleur : nausées, maux de tête, confusion, sensation de gonflement des mains, des pieds ou de tout le corps, crampes musculaires et faiblesse. Dans les cas graves, des convulsions ou une perte de conscience peuvent survenir. C’est pourquoi, sur le terrain médical des activités d’endurance de longue durée, l’hyponatrémie doit souvent être incluse dans le diagnostic différentiel avec les pathologies liées à la chaleur, d’autant que les orientations de prise en charge peuvent même être opposées (les pathologies liées à la chaleur nécessitent une hydratation et un refroidissement actifs, alors que l’excès d’hydratation est précisément la cause de l’hyponatrémie). Par conséquent, ce type de jugement complexe doit être laissé au personnel médical sur place ; il n’est pas recommandé de tenter de déterminer soi-même de quelle condition il s’agit et de s’auto-traiter. Si vous présentez les symptômes ci-dessus après une activité de longue durée, en particulier s’ils s’accompagnent d’une altération de l’état de conscience, vous devez immédiatement consulter un médecin et l’informer de la quantité totale et de la fréquence de votre hydratation. C’est un élément crucial pour un diagnostic correct.
Comment réduire le risque d’hyponatrémie
Voici plusieurs principes largement reconnus dans le milieu de l’endurance pour contribuer à réduire le risque d’hyponatrémie :
- S’hydrater en fonction des signaux de soif et d’une estimation de son taux de transpiration, plutôt que de suivre une règle stricte du type « il faut boire tant toutes les 15 minutes » ; des règles d’hydratation trop mécaniques favorisent au contraire la sur-hydratation
- Planifier un apport en électrolytes en parallèle lors des activités de longue durée, plutôt que de ne boire que de l’eau plate, en particulier lorsque l’activité dépasse trois ou quatre heures
- Connaître précisément sa propre fourchette de taux de transpiration avant la course, et l’ajuster pendant l’effort en fonction de l’environnement et des sensations, plutôt que de copier les quantités d’hydratation des autres
- Être attentif à une dépendance excessive à l’idée simpliste « boire beaucoup, c’est forcément bien », surtout lors d’activités longues et de faible intensité, qui sont précisément des situations à haut risque d’hyponatrémie
- Si le poids ne diminue pas, voire augmente, après l’effort, c’est un signal clair de sur-hydratation ; il faudra réduire les quantités la fois suivante
Une logique de planification hydratation-électrolytes réellement applicable
En intégrant tout ce qui précède, voici un processus de planification progressif et réellement applicable :
Première étape : déterminer sa propre fourchette de taux de transpiration. Mesurez une à deux fois par temps frais et par temps chaud et humide, à intensité modérée et à intensité plus élevée, afin d’établir votre fourchette de référence de taux de transpiration, plutôt qu’un chiffre unique.
Deuxième étape : observer son degré de perte de sodium par la sueur. Soyez attentif aux traces de sel cristallisées sur vos vêtements et votre peau après un effort prolongé, et utilisez cette observation pour déterminer si vous devez adopter une supplémentation en sodium plus active.
Troisième étape : planifier par paliers selon la durée de l’activité.
| Durée de l’activité | Principes d’hydratation | Supplémentation en électrolytes |
|---|---|---|
| Moins d’une heure | S’hydrater selon la soif et le taux de transpiration | Généralement pas de supplément nécessaire ; par temps chaud et humide, un apport modéré peut être envisagé selon les besoins individuels |
| Une à trois heures | Planifier un rythme d’hydratation régulier selon le taux de transpiration, sans se fier uniquement à la soif | Il est recommandé d’associer des boissons contenant des électrolytes, surtout en environnement chaud et humide |
| Plus de trois heures | Suivre strictement le taux de transpiration pour éviter la sur-hydratation | Il est impératif de planifier un apport en sodium à fréquence régulière et de surveiller attentivement les signes d’alerte de l’hyponatrémie |
Quatrième étape : tester et ajuster de manière répétée à l’entraînement, et ne jamais essayer une nouvelle stratégie pour la première fois le jour d’une compétition officielle. Considérez chaque séance d’entraînement longue distance comme une répétition générale du ravitaillement de la compétition : choix des produits, fréquence de prise, tolérance gustative, tout doit être validé à l’avance.
Cinquième étape : après l’effort, utiliser la variation de poids pour évaluer si la stratégie d’hydratation était appropriée, et la consigner comme base d’ajustement. Avec le temps, vous saurez de plus en plus précisément quelle quantité d’hydratation et d’électrolytes vous avez réellement besoin dans différents environnements et à différentes intensités, plutôt que de dépendre d’une formule générique qui n’est pas nécessairement exacte pour chacun.
L’hydratation préalable avant l’exercice : ne pas partir en état de déshydratation
Beaucoup de personnes ne pensent à leur stratégie d’hydratation qu’en termes de « combien boire pendant l’effort », en négligeant que l’état avant l’effort est tout aussi important. Si vous partez déjà en état de déshydratation légère (par exemple, les pertes hydriques de la nuit de sommeil n’ont pas été compensées, ou vous êtes parti le matin après n’avoir bu qu’un café), c’est comme aborder l’épreuve de chaleur avec un handicap de départ : vous vous rapprocherez plus tôt de la limite du déséquilibre hydrique et du risque de pathologie liée à la chaleur.
En pratique, il est recommandé de maintenir une hydratation régulière et normale pendant la période précédant l’activité (par exemple, de la veille au soir jusqu’au départ), sans avoir besoin de « s’hydrater d’un coup » au dernier moment. Une absorption massive d’eau en peu de temps n’apporte aucun effet de stockage supplémentaire à l’organisme : l’excès d’eau est rapidement éliminé par les urines, ce qui peut au contraire provoquer des allers-retours fréquents aux toilettes et des inconforts gastro-intestinaux avant le départ. Un moyen plus pratique d’évaluer son état est d’observer la couleur de ses urines comme indicateur approximatif de son niveau d’hydratation : une couleur foncée et concentrée indique généralement une hydratation insuffisante, tandis qu’une couleur claire ou jaune pâle indique généralement un bon état d’hydratation. Mais cela reste un indicateur d’observation grossier et auxiliaire, et non une méthode de mesure médicale précise ; il peut également être influencé par des facteurs comme les compléments vitaminiques ou le contenu de l’alimentation.
Si vous savez que l’activité du jour sera longue et l’environnement très chaud et humide, vous pouvez, dans la dernière période précédant le départ, consommer de petites quantités supplémentaires de boissons contenant des électrolytes, afin que votre corps dispose d’un niveau d’eau et de sodium relativement suffisant avant de commencer à transpirer abondamment, plutôt que d’attendre le début de l’effort pour « rattraper le retard ».
Caféine, alcool et stratégie d’hydratation
De nombreux cyclistes et coureurs à pied ont l’habitude de boire un café avant l’effort pour se stimuler. Il est nécessaire de clarifier ici une inquiétude courante et exagérée : la caféine a effectivement un léger effet diurétique, mais pour les personnes qui en consomment régulièrement, cet effet diurétique est généralement considéré comme assez limité. Il n’est donc pas nécessaire d’éviter complètement le café avant l’effort, ni de boire beaucoup plus d’eau pour « compenser l’effet diurétique ». La situation à laquelle il faut davantage prêter attention est plutôt celle d’une personne qui n’a pas l’habitude de la caféine et qui absorbe soudainement une grande quantité de produits caféinés le jour de la course (gels de caféine, boissons énergisantes). Dans ce cas, la réaction du corps est beaucoup plus imprévisible, et il n’est pas recommandé d’essayer cela pour la première fois lors d’une compétition officielle.
L’alcool est une tout autre affaire. Ses effets diurétiques et ses perturbations sur la qualité du sommeil et l’état de récupération sont plus clairement établis. Si vous avez bu la veille, puis que vous pratiquez une activité d’endurance prolongée dans un environnement chaud le lendemain, les risques de déshydratation et de pathologie liée à la chaleur peuvent augmenter. De plus, l’alcool peut altérer le jugement et la vigilance concernant son propre état physique. Il est donc recommandé d’éviter l’alcool la veille d’un entraînement ou d’une compétition en période de forte chaleur, ou à tout le moins de le limiter et de porter une attention particulière à son état d’hydratation le lendemain.
Utiliser les outils de suivi, sans tomber dans l’anxiété des chiffres
De nombreuses montres de sport et compteurs de vélo intègrent désormais des fonctions d’estimation du taux de transpiration, des alertes de température ressentie, et certains appareils peuvent même fournir des rappels d’hydratation approximatifs basés sur la fréquence cardiaque, la température et l’humidité ambiantes. Ces outils peuvent servir de référence auxiliaire pour vous aider à établir un rythme d’hydratation, en particulier pour ceux qui ont tendance à oublier de boire régulièrement lors d’activités de longue durée : la fonction de rappel peut être d’une aide concrète.
Il faut toutefois rappeler que les chiffres estimés par ces appareils sont généralement basés sur des modèles génériques et ne correspondent pas nécessairement à votre situation personnelle réelle. Les données les plus précises et les plus proches de la réaction réelle de votre corps restent les méthodes personnalisées directes présentées précédemment : « mesurer soi-même son taux de transpiration » et « observer la variation de poids après l’effort, ainsi que le degré de cristallisation du sel ». Il est recommandé de considérer les rappels des appareils comme un outil de « rappel du rythme », et non comme la seule base d’hydratation, tout en continuant à croiser avec les sensations subjectives de votre corps (degré de soif, fréquence et couleur des urines, fatigue inhabituelle ou étourdissements) pour établir un jugement global. C’est ainsi que vous pourrez construire une stratégie d’hydratation et d’électrolytes réellement adaptée à vous-même.
Conclusion : une stratégie d’hydratation sur mesure
La chaleur étouffante de l’été taïwanais élève la stratégie d’hydratation et d’électrolytes d’un simple « boire un peu d’eau » à un véritable sujet professionnel nécessitant une planification sérieuse. Qu’il s’agisse de mesurer soi-même son taux de transpiration, de comprendre le rôle du sodium ou de prendre conscience des risques d’hyponatrémie, l’esprit reste le même : ne pas se fier aveuglément à des règles uniques et standardisées, mais plutôt, grâce à des tests concrets, trouver le plan d’hydratation et d’électrolytes réellement adapté à sa propre constitution, à son intensité d’entraînement et à ses conditions environnementales.
Points d’action clés :
- Utilisez la formule « différence de poids avant/après l’effort + quantité d’eau bue ÷ durée de l’effort » pour déterminer vous-même votre plage de taux de transpiration, plutôt que d’appliquer des chiffres génériques trouvés en ligne.
- Pour les activités d’intensité modérée à élevée durant plus d’une heure, en particulier dans des environnements chauds et humides, il est recommandé d’associer une supplémentation en électrolytes contenant du sodium ; boire uniquement de l’eau blanche peut entraîner une dilution des électrolytes.
- Observer la quantité de cristaux de sel laissés sur vos vêtements et votre peau après l’effort peut servir d’indice simple pour déterminer si vous devez augmenter votre apport en sodium.
- L’hyponatrémie liée à l’exercice est un risque bien réel, causé par un excès d’hydratation dépassant la capacité d’élimination du corps, et non par un manque d’hydratation. Une attention particulière est requise lors d’activités prolongées de faible intensité.
- Les symptômes de l’hyponatrémie et du coup de chaleur se chevauchent, et les traitements peuvent être opposés ; en cas de signes d’alerte comme une altération de la conscience, confiez l’évaluation et la prise en charge au personnel médical, ne faites pas de suppositions par vous-même.
- Votre stratégie de ravitaillement doit être testée et ajustée à plusieurs reprises à l’entraînement ; n’essayez jamais un nouveau produit d’hydratation ou un nouveau rythme pour la première fois le jour de la compétition officielle.
- Si vous avez des antécédents de maladies cardiovasculaires, rénales, ou si vous devez limiter votre apport en sodium ou en eau, consultez d’abord un médecin pour votre stratégie d’hydratation et d’électrolytes. Cet article fournit des informations générales et ne remplace pas un avis médical personnalisé.
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