Que faire si vous croisez un cycliste tombé sur la route : sécurité sur place, procédure d'alerte, et pourquoi il ne faut pas déplacer le blessé à la légère
Vous accélérez dans la descente, et en sortant du virage, vous voyez une voiture renversée contre le garde-corps, une personne allongée au sol, immobile. De l’instant où vous la voyez à celui où vous vous arrêtez, il s’écoule environ trois à cinq secondes. La première pensée qui vous traverse l’esprit pendant ces trois à cinq secondes déterminera la direction que prendra la suite des événements.
L’instinct de la plupart des gens est de « se précipiter pour relever la personne ». Or, ce sont précisément les deux choses à ne surtout pas faire : se précipiter (sans avoir d’abord sécurisé la zone) et relever la personne (ce qui peut causer des lésions secondaires irréversibles).
Cet article traite de ce qu’un citoyen ordinaire, sans formation aux premiers secours, peut exécuter en toute sécurité et qui est réellement utile. Je n’enseignerai aucune technique nécessitant une formation professionnelle, car les exécuter dans un contexte inapproprié ferait plus de mal que de bien. Vous n’avez réellement besoin de retenir que trois choses, et elles ont un ordre strict.
Déclaration importante : Cet article n’est pas un manuel de formation aux premiers secours et ne peut remplacer un cours de secourisme officiel ni une prise en charge médicale professionnelle. Sur tout lieu d’accident, appelez immédiatement le 119 et suivez les instructions du répartiteur. Si vous en avez l’occasion, il est fortement recommandé de suivre un cours officiel de secourisme de base (BLS/CPR + DAE) — c’est là la véritable formation qui sauve des vies.
L’ordre d’or : Sécurité → Alerte → Accompagnement
Mémorisez ces six mots, l’ordre ne doit pas être inversé.
- Sécurité : Assurez-vous que vous-même, le blessé et les véhicules arrivant derrière ne soyez pas impliqués dans un second accident.
- Alerte : Appelez le 119, indiquez clairement la position et la situation.
- Accompagnement : Gardez au chaud, observez, notez, attendez l’arrivée des professionnels.
Notez bien qu’« accompagner » n’est pas « traiter ». Pour la grande majorité des personnes non formées, votre valeur réside dans la bonne exécution des deux premières étapes, pas dans ce que vous faites à la troisième.
I. La première chose est toujours la sécurité du lieu
Pourquoi les sur-accidents sont si fréquents
Les accidents de vélo surviennent rarement sur des lignes droites dégagées. Ils se concentrent sur certains types de terrains : sorties de virage, longues descentes, angles morts, entrées de tunnel, rétrécissements de chaussée. Ces terrains ont un point commun : les véhicules arrivant derrière ont une très courte distance de réaction avant de voir la scène.
Lorsque vous laissez votre vélo au milieu de la route et vous accroupissez à côté du blessé, dos à la circulation, vous passez du statut de sauveteur à celui de prochaine victime. Et si un second impact se produit, la scène passe de « une personne blessée » à « trois personnes blessées, deux véhicules hors d’usage, route complètement bloquée, ambulance incapable d’arriver ».
Ce n’est pas un risque théorique, c’est le mécanisme d’aggravation le plus courant sur les lieux d’accident.
Principes de stationnement et de positionnement
- Ne vous arrêtez pas sur la trajectoire de circulation directement derrière le blessé, cela bloquerait votre propre visibilité et réduirait l’effet d’avertissement.
- Déplacez votre vélo sur l’accotement ou du côté sûr, ne le laissez pas sur la chaussée.
- Placez-vous à un endroit d’où vous pouvez voir la circulation et être vu par elle.
- Ne vous accroupissez pas dos à la circulation — au moins une personne doit être chargée de surveiller la route.
- S’il y a plus de deux personnes sur place, la première chose à faire est de se répartir les tâches : une personne gère l’avertissement, une personne appelle, une personne reste avec le blessé.
Comment faire l’avertissement
Ce qu’un citoyen ordinaire peut faire comme avertissement est simple, l’important est la « distance », pas le « sophistiqué » :
- Placez-vous en amont, du côté d’où vient la circulation, à une distance suffisante pour laisser aux véhicules le temps de réagir. La distance nécessaire dans les descentes et sur les routes à grande vitesse est bien plus longue que ce que votre intuition vous dit.
- Agitez un vêtement de couleur vive (maillot, veste), avec de grands mouvements, de façon continue.
- S’il y a un véhicule sur place, allumez les feux de détresse ; si vous avez un triangle de signalisation, sortez-le.
- De nuit ou par mauvaise visibilité, utilisez les feux du véhicule ou le flash du téléphone en direction de la circulation.
- Si vous êtes plusieurs, placez une personne supplémentaire à un point de visibilité avant le virage.
Points d’attention pour l’avertissement selon le type de route
| Type de route | Risque principal | Point d’attention pour l’avertissement |
|---|---|---|
| Longue descente | Vitesse élevée des véhicules, longue distance de freinage | Distance d’avertissement maximale, placée avant le virage et non dans le virage |
| Virage / angle mort | Les véhicules ne voient absolument pas la scène | La personne chargée de l’avertissement doit être placée avant le virage, pas à côté du point d’accident |
| Intérieur/extérieur de tunnel | Adaptation à la lumière, bruit important | Utiliser la lumière plutôt que le son pour avertir ; évacuer rapidement les personnes de la zone avant le champ de vision du tunnel |
| Piste cyclable en bord de rivière | Vitesse faible mais mixité piétons/vélos | Empêcher principalement les autres cyclistes de percuter et la foule de s’attrouper |
| Route étroite en montagne | Pas d’accotement, croisements difficiles | Prévoir la largeur de passage pour l’ambulance, disperser les véhicules qui s’attroupent |
| Carrefour urbain | Circulation complexe de voitures et de deux-roues | Demander en priorité un soutien pour la régulation de la circulation, ne pas se placer soi-même dans le flux |
Un rappel : Si le lieu est trop dangereux pour que vous puissiez vous approcher en sécurité (par exemple voie rapide, visibilité extrêmement mauvaise, autre danger persistant), ne vous approchez pas. Retirez-vous dans un endroit sûr, appelez le 119, signalez la position et la situation ; c’est déjà la contribution la plus précieuse. Vous blesser n’améliorera pas les choses.
II. Deuxième chose : l’alerte
Que dire en appelant le 119
Dites d’abord la position. C’est la phrase la plus importante de tout l’appel. Le répartiteur peut commencer à envoyer les secours pendant que vous donnez les autres informations.
| Ordre | Contenu | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| 1 | Position exacte | Détermine l’envoi des secours et le temps d’arrivée, plus c’est précis, mieux c’est |
| 2 | Nombre de blessés | Détermine le nombre de véhicules à envoyer, si un renfort est nécessaire |
| 3 | État de conscience et respiration | Détermine le degré d’urgence et le niveau d’envoi |
| 4 | Mécanisme de l’accident (comment c’est arrivé) | Chute à grande vitesse, objet percuté, écrasement éventuel, influence le jugement médical |
| 5 | État extérieur visible | Saignement, déformation, traces d’impact à la tête |
| 6 | Facteurs de danger sur place | Circulation, éboulement, huile, espace trop étroit pour se garer |
| 7 | Votre numéro de téléphone | Le répartiteur pourra rappeler pour confirmer ou guider |
Comment donner une position utile
Les appels pour les accidents sur les routes de montagne de Taïwan butent le plus souvent sur la localisation. Classement par utilité :
- Borne kilométrique (par exemple « près du 22K de la route provinciale 14甲 ») — l’idéal
- Numéro de poteau électrique (les numéros sur les poteaux en montagne permettent une recherche)
- Coordonnées ou fonction « partager ma position » de l’application de cartographie du téléphone — si vous pouvez manipuler votre téléphone, ouvrez l’appli carte et lisez directement la latitude/longitude
- Point de repère évident (entrée de tunnel, nom de pont, temple, belvédère, parking, commerce spécifique)
- Nom de la route + sens de circulation + distance par rapport à un point de repère
Ne dites pas simplement « un peu plus haut que Wuling » ou « dans un virage de la route Beiyi ». Ce type de description n’a presque aucune valeur de localisation pour le répartiteur.
Si vous êtes totalement sans signal sur place : qu’une personne se déplace vers une zone avec du signal pour demander de l’aide (en mémorisant la position et les repères), les autres restent sur place ; interceptez également les véhicules qui passent pour demander de l’aide. Sur les routes principales de montagne, il y a généralement d’autres usagers qui passent.
Ne raccrochez pas
Le répartiteur du 119 peut vous donner des instructions en temps réel ou avoir besoin de plus d’informations. Restez en ligne, mettez le haut-parleur, suivez les instructions. Si l’état de la scène change (le blessé passe de conscient à inconscient), signalez-le immédiatement.
S’il s’agit d’un événement sportif
En plus du 119, informez également les commissaires de course ou appelez la ligne d’urgence de l’événement indiquée dans le livret de route. La direction de course sait quelles ressources médicales sont disponibles sur le parcours et laquelle est la plus proche de vous ; leur réaction est généralement plus rapide que les secours externes. Signaler aux deux ne pose aucun problème.
III. La section la plus cruciale : pourquoi il ne faut pas déplacer le blessé à la légère
Veuillez lire cette section jusqu’au bout. C’est la partie la plus importante de tout l’article, et celle où les gens ordinaires font le plus souvent l’erreur.
La colonne vertébrale et la moelle épinière : une compréhension approximative mais suffisante
La colonne vertébrale est une structure d’os empilés les uns sur les autres, contenant la moelle épinière — un faisceau de nerfs qui contrôle les sensations et les mouvements de tout le corps. Un os cassé peut se réparer, une moelle épinière sectionnée ne peut actuellement pas être réparée.
Lors d’une chute, si les vertèbres cervicales sont endommagées, il peut se produire ceci : l’os a déjà subi un déplacement ou une fissure instable, mais la moelle épinière elle-même est encore intacte. À ce moment-là, le blessé peut encore parler, bouger, et même penser qu’il n’a qu’un peu mal au cou.
Et si, à ce moment-là, quelqu’un le relève, lui soulève la tête, ou le retourne de la position ventrale à la position dorsale — l’os instable peut alors se déplacer, comprimer ou sectionner la moelle épinière qui était intacte.
C’est pourquoi « les non-professionnels ne doivent pas déplacer un blessé à la légère » est la règle la plus stricte des principes de premiers secours. Votre geste de soutien bien intentionné peut être la frontière entre sa dernière chance de bouger de sa vie et une paralysie permanente.
Dans quels cas faut-il fortement suspecter une lésion cervicale ou vertébrale
Dès que le mécanisme de l’accident correspond à l’un des éléments suivants, il faut supposer une possible lésion cervicale, jusqu’à ce que les professionnels l’excluent :
| Mécanisme à haut risque | Explication |
|---|---|
| Chute à grande vitesse | Descente, chute en peloton, toute chute à vitesse élevée |
| Impact à la tête | Casque fissuré, enfoncé, rayures nettes ; ou le blessé dit « s’être cogné la tête » |
| Chute de hauteur | Chute par-dessus le garde-corps, un talus, un pont, un muret |
| Collision avec un véhicule | Surtout les chocs latéraux et les collisions par l’arrière |
| Le blessé ne se souvient pas de l’incident | Trou de mémoire sur le déroulement, signe d’une possible perte de connaissance |
| Douleur au cou ou au dos | Le blessé signale une douleur au cou, au dos, une raideur de la nuque |
| Tout engourdissement ou faiblesse | Fourmillements dans les membres, picotements, incapacité à saisir, difficulté à lever une jambe |
| Altération de l’état de conscience | Coma, confusion, réponses incohérentes, agitation |
| Incapacité à coopérer à l’examen | Alcool, drogues, douleur extrême qui distrait l’attention |
Que dois-je faire alors ?
La réponse est : le laisser dans sa position actuelle et l’encourager à ne pas bouger.
- Dites clairement au blessé : « Ne bouge pas, l’ambulance arrive, je reste avec toi. » La première réaction de nombreux blessés est de vouloir se relever (par gêne, peur de bloquer, peur de déranger) ; votre phrase peut être décisive.
- Ne lui soulevez pas la tête, ne retirez pas son casque, ne placez pas d’oreiller ou de vêtement sous sa tête.
- S’il est sur le ventre et respire normalement, laissez-le sur le ventre — une respiration normale n’est pas une raison de le bouger.
- Vous pouvez vous accroupir devant sa tête (dans son champ de vision) et lui parler, pour qu’il n’ait pas à tourner la tête pour vous voir.
Les seules situations où il faut envisager de le bouger
Ne pensez à déplacer le blessé que si le lieu présente un danger immédiatement mortel et que ne pas le bouger entraînerait sa mort certaine. Par exemple :
- Un véhicule va le percuter et vous ne pouvez pas l’empêcher
- Un incendie se déclare ou un risque immédiat d’explosion
- Il est allongé dans l’eau et ne peut pas respirer
Même dans ce cas, il faut « déplacer sur la distance la plus courte vers l’endroit sûr le plus proche », et dans la mesure du possible maintenir la tête, le cou et le corps alignés et les déplacer ensemble, ne pas tirer par les bras ou les jambes. Si vous avez le temps, appelez d’abord le 119 et demandez des instructions pendant l’appel.
En dehors de cela, il n’y a aucune raison de déplacer le blessé. « L’endroit où il est allongé est inconfortable », « les passants s’attroupent », « peur de gêner les autres » — ce ne sont pas des raisons.
Pourquoi ne pas retirer le casque
Le processus de retrait du casque lui-même sollicite la colonne cervicale et nécessite la coordination de deux personnes avec une technique spécifique pour être relativement sûr. C’est clairement une opération qui requiert une formation professionnelle.
Si vous voyez un casque endommagé sur place, ne le retirez pas pour « voir la gravité des blessures ». Signalez l’état du casque au 119 et aux secouristes à leur arrivée ; cette information est précieuse pour évaluer la force de l’impact — mais laissez-leur le retrait du casque.
La seule exception : le casque gêne gravement les voies respiratoires et les secouristes ne sont pas encore arrivés. Dans ce cas, demandez des instructions pendant l’appel au 119.
IV. Ce que vous pouvez faire en toute sécurité
En excluant ce qu’il ne faut pas faire, la liste de ce qui reste est en réalité très claire, et chaque élément est réellement utile.
| À faire (exécutable en toute sécurité par un citoyen ordinaire) | À ne pas faire |
|---|---|
| Sécuriser le lieu, mettre en place l’avertissement | Se précipiter au milieu de la route |
| Appeler le 119, donner d’abord la position | Ne penser qu’à son propre jugement sur les blessures et retarder l’alerte |
| Encourager le blessé à rester immobile | Le relever, l’aider à s’asseoir |
| Le couvrir avec une veste ou une couverture de survie pour le garder au chaud (sans bouger le corps) | Le déplacer vers un « endroit plus confortable » |
| S’accroupir dans son champ de vision et lui parler | Se tenir derrière lui, l’obligeant à tourner la tête pour vous trouver |
| Observer et noter en continu les changements d’état | Prendre des photos et publier sur les réseaux sociaux |
| Chercher son dossard / les informations d’urgence sur son téléphone pour contacter la famille | Fouiller ses affaires personnelles |
| Disperser les curieux, préserver le passage pour les secours | Laisser la foule s’accumuler |
| Déplacer son vélo à un endroit qui ne gêne pas les secours | S’empresser de réparer son vélo ou de le remorquer |
| Noter les heures (heure de l’accident, heure de l’alerte) | Deviner le diagnostic, lui dire « ça devrait aller » |
| Suivre les instructions téléphoniques du répartiteur du 119 | Exécuter des gestes pour lesquels on n’a pas été formé |
Pourquoi le maintien au chaud est important
Une personne allongée au sol perd de la chaleur plus vite que vous ne le pensez. L’asphalte, le béton, le sol en montagne évacuent en continu la température corporelle, et les blessures, la perte de sang, le choc altèrent la régulation thermique. En montagne et sous la pluie, l’hypothermie peut devenir un problème plus tôt que la blessure elle-même.
La bonne méthode : couvrez-le avec une veste, une couverture de survie, sans le bouger pour glisser des vêtements sous son corps. Une couverture de survie en aluminium fine pèse presque rien, mais c’est l’un des objets les plus utiles à avoir dans le sac d’un cycliste.
Pourquoi noter les changements d’état est précieux
À leur arrivée, les secouristes voient « l’instant présent », mais le jugement médical a besoin de la « tendance ». Les informations que vous pouvez fournir sont très précieuses :
- « Il y a cinq minutes, il pouvait répondre clairement à mon nom, maintenant il est plus confus. »
- « Au début, il disait n’avoir mal qu’à l’épaule, maintenant il dit avoir très mal à la tête. »
- « Il a vomi une fois, environ huit minutes après l’impact. »
- « Le casque a une bosse nette à l’avant droit. »
- « Il dit ne pas se souvenir comment il est tombé. »
Ces observations influenceront directement l’ordre de priorité des soins ultérieurs. Si votre téléphone a encore de la batterie, vous pouvez noter les heures dans le bloc-notes.
V. Comment interagir lorsque le blessé est conscient
Ce qu’il faut demander
Utilisez des questions simples pour vérifier en continu son état, tout en lui faisant savoir que quelqu’un est là :
- « Comment tu t’appelles ? »
- « On est quel jour ? / Tu sais où tu es ? »
- « Tu te souviens comment tu es tombé ? »
- « Où as-tu le plus mal ? »
- « Tu as des fourmillements dans les mains ou les pieds, ou une faiblesse ? »
- « Tu as des maladies chroniques, tu prends des médicaments, tu as des allergies médicamenteuses ? »
- « Tu veux que j’appelle ta famille ? Quel est le numéro ? »
L’important n’est pas d’obtenir les réponses, mais d’observer la qualité des réponses. Des réponses plus lentes, plus confuses, des questions répétées (« Où suis-je ? » demandé trois fois), sont des signes à signaler immédiatement aux secouristes.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne lui donnez pas d’eau, pas de nourriture, pas de médicament. S’il doit être opéré ensuite, avoir de l’estomac plein sera un problème ; s’il est inconscient, manger présente un risque d’étouffement.
- Ne dites pas « ça devrait aller ». Vous n’en savez rien, et cette phrase l’encouragera à vouloir se relever.
- Ne portez pas de jugement sur ses blessures. Dire « on dirait juste une éraflure » pourrait le dissuader de consulter.
- Ne le forcez pas à se souvenir du déroulement de l’accident. Le trou de mémoire est en soi une information à noter, pas besoin de le creuser.
- Ne prenez pas de photos pour les publier sur les réseaux sociaux. Cela n’a pas besoin d’explication.
S’il insiste pour se relever
Cette situation est plus courante que vous ne le pensez, surtout chez les personnes qui ne veulent pas « déranger les autres ».
Vous pouvez dire : « Je comprends que tu veuilles te lever, mais tu as heurté ta tête, c’est plus prudent que les secouristes vérifient, je reste avec toi, ça ne sera pas long. »
S’il insiste toujours et que vous ne pouvez pas l’en empêcher — ne le retenez pas de force, cela pourrait causer plus de dégâts. Continuez à le raisonner, laissez-le faire doucement, et surtout signalez aux secouristes qu’« il a heurté sa tête » et qu’« il s’est relevé de lui-même ».
VI. Quelques gestes courants « bien intentionnés mais erronés »
« D’abord, aide-le à s’asseoir sur le bord de la route. »
C’est le geste que cet article veut le plus dissuader. Voir la section III. La bonne méthode est de mettre en place l’avertissement pour protéger le lieu et le laisser où il est.
« Retire-lui son casque pour qu’il respire. »
Nécessite une technique professionnelle et sollicite la colonne cervicale. Ne le faites pas.
« Aide-le à remettre son bras en place, il a l’air déformé. »
Une déformation signifie une possible fracture ou luxation ; toute traction et réduction sont des gestes professionnels. L’immobilisation et la réduction sont du ressort des soignants.
« Vite, désinfecte et applique un antiseptique. »
Le nettoyage des écorchures sera refait lors de la prise en charge professionnelle. Sur place, vous pouvez couvrir avec un pansement propre pour éviter une contamination continue, mais pas besoin de faire un débridement en profondeur au bord de la route.
« Aide-le à ramener son vélo. »
Vérifiez d’abord l’état de la personne, préservez d’abord le lieu (si c’est un accident de la circulation, le lieu peut devoir être préservé pour la police). Le vélo peut toujours attendre.
« Il dit que ça va, donc ça va. »
L’adrénaline masque la douleur, une personne commotionnée peut se sentir très lucide. L’auto-évaluation du blessé est ce qu’il y a de moins fiable au moment de l’accident.
« D’abord filmer pour garder une preuve. »
Si c’est un accident de la circulation, les images de dashcam et les photos de la scène sont effectivement nécessaires, mais toujours après la sécurité et l’alerte, et il ne faut pas faire du blessé le sujet principal des prises de vue.
VII. Accidents de la circulation impliquant des véhicules motorisés
Si la chute a été causée par une collision avec un véhicule, en plus du processus ci-dessus, il faut considérer plusieurs autres points :
- Appelez aussi le 110 (ou mentionnez dans l’appel au 119 qu’il s’agit d’un accident de la circulation)
- Ne déplacez pas les véhicules et les objets de la scène, sauf danger immédiat ou instruction de la police
- Notez la plaque, le modèle, la couleur du véhicule adverse, et s’il y a d’autres témoins
- Si vous êtes témoin, laissez vos coordonnées — ce qui manque souvent pour clarifier les responsabilités ultérieures, c’est le témoignage d’un tiers
- Les effets personnels du blessé (téléphone, portefeuille) doivent être remis aux secouristes ou à la police, ne les gardez pas vous-même
- Sauvegardez rapidement les images de la dashcam, la plupart des appareils les écrasent en boucle
VIII. Si le blessé est un coéquipier
L’émotion altère le jugement, c’est normal. Donnez-vous une consigne simple : sécurité, alerte, accompagnement.
Quelques autres points pratiques :
- Quelqu’un doit communiquer avec le reste du groupe, pour éviter que toute l’équipe ne s’attroupe sur place
- Quelqu’un doit contacter la famille, et décrire les faits de manière posée, sans exagérer ni minimiser
- Notez vers quel hôpital il est transporté, et suivez ou organisez quelqu’un pour suivre
- Son vélo et ses effets personnels doivent être pris en charge, pour éviter un autre litige ensuite
- L’état des autres coéquipiers compte aussi : être témoin d’un accident a un impact plus fort qu’on ne l’imagine, ne laissez personne rentrer seul à vélo
IX. À propos de la « responsabilité en portant secours »
Beaucoup hésitent à agir par peur des ennuis. Voici quelques conseils pratiques (ce qui suit ne constitue pas un avis juridique, pour des questions spécifiques, veuillez consulter un professionnel du droit) :
- Appeler le 119 est toujours sûr et toujours correct. Personne ne sera tenu responsable pour avoir donné l’alerte.
- Ne pas faire de gestes au-delà de vos compétences est en soi la meilleure protection.
- Suivre les instructions téléphoniques du répartiteur du 119 donne à vos actes une base claire.
- Laisser vos coordonnées et coopérer aux explications est plus simple que d’être retrouvé ensuite.
- En cas de doute sur la responsabilité légale, consultez un professionnel ultérieurement ; mais ne choisissez pas de ne pas alerter à cause de cette inquiétude.
X. Préparation en amont : devenir un passant utile
Côté équipement (poids presque négligeable) :
- Téléphone (batterie suffisante) et batterie externe
- Une couverture de survie en aluminium
- Pansements simples et gants
- Veste ou coupe-vent de couleur vive (sert à la fois de protection thermique et d’avertissement)
- Feux avant et arrière (même en roulant de jour)
Côté réglages :
- Informations médicales d’urgence et contacts d’urgence sur l’écran de verrouillage du téléphone
- Mettre le 119, le 110 en numéros abrégés
- Maîtriser la fonction « partager ma position » et « lire les coordonnées » de l’application de cartographie
- Informer la famille de l’itinéraire et de l’heure prévue avant de partir
Côté compétences :
- Suivre un cours officiel de secourisme de base (BLS/CPR + DAE). Les services d’incendie locaux, la Croix-Rouge et de nombreuses organisations privées proposent des cours, qui ne durent généralement que quelques heures. C’est la seule chose que cet article vous recommande fortement de faire — car en cas d’arrêt cardiaque, seules les personnes formées peuvent effectuer les gestes décisifs, et ces minutes-là, personne ne peut les attendre à votre place.
- Connaître l’emplacement des DAE et des établissements de santé sur vos itinéraires habituels
XI. Liste d’actions
Si vous voyez quelqu’un tomber de vélo, suivez cet ordre :
- Arrêtez-vous, mais ne vous précipitez pas. Regardez d’abord la direction d’où vient la circulation, regardez d’abord les dangers sur place.
- Déplacez votre vélo dans un endroit sûr, placez-vous à un endroit visible.
- Mettez en place l’avertissement : en amont de la circulation, distance suffisante, vêtement visible ou lumière.
- Appelez le 119 : d’abord la position → le nombre de personnes → conscience et respiration → comment c’est arrivé → état visible → dangers sur place → votre téléphone.
- Dites au blessé « ne bouge pas », et restez avec lui en lui parlant dans son champ de vision.
- Gardez-le au chaud : couvrez-le avec une veste ou une couverture de survie, sans bouger son corps.
- Observez en continu et notez l’heure : conscience, qualité des réponses, localisation de la douleur, vomissements éventuels.
- Dispersez les curieux, préservez le passage pour les secours.
- Ne faites pas : ne déplacez pas, ne retirez pas le casque, ne donnez ni eau ni médicament, ne remettez pas les os en place, ne publiez pas sur les réseaux sociaux.
- Restez jusqu’à l’arrivée des secouristes, transmettez tout ce que vous avez observé, y compris l’état du casque.
Enfin
Sur les lieux d’un accident, la plus grande valeur qu’un citoyen ordinaire peut apporter n’est pas le « traitement », mais empêcher la situation de s’aggraver, faire arriver les professionnels le plus vite possible, et éviter que l’état du blessé ne se détériore pendant l’attente. Aucune de ces trois choses ne nécessite de formation médicale, mais chacune peut changer le résultat.
Et si vous ne deviez retenir qu’une seule phrase, retenez celle-ci : si vous suspectez une blessure à la tête ou au cou, laissez la personne où elle est — votre inaction peut la sauver plus que n’importe quelle action.
Avertissement : Cet article est une explication générale des procédures de sécurité et d’alerte, ce n’est pas un manuel de formation aux premiers secours et ne peut remplacer un cours de secourisme officiel ou une prise en charge médicale professionnelle. En cas d’accident, appelez immédiatement le 119 et suivez les instructions du répartiteur ; cet article ne constitue pas non plus un avis juridique. Il est fortement recommandé au lecteur de suivre une formation officielle de secourisme de base (BLS/CPR + DAE).
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