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Déconstruction de la puissance sur les 21 virages alpins du Tour de France : le modèle scientifique de régulation entre décélération à l'entrée et accélération à la sortie des lacets de l'Alpe d'Huez

Cyclisme international
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一、Introduction et contexte de recherche de pointe

L’Alpe d’Huez, cette station de ski située à 1 860 mètres d’altitude dans les Alpes françaises, occupe une place sacrée et inébranlable dans l’histoire du cyclisme. Depuis son intégration au Tour de France en 1952, elle est devenue la pierre de touche ultime pour mesurer les capacités de grimpeur des cyclistes professionnels. Longue de 13,8 kilomètres, avec une pente moyenne de 8,1 % et un dénivelé d’environ 1 120 mètres, ce qui terrifie le plus les coureurs, ce sont les 21 lacets (Switchbacks) consécutifs répartis dans la seconde moitié du parcours. Ces virages portent les noms des vainqueurs du Tour de France, du plus ancien Fausto Coppi aux modernes Bernard Hinault et Marco Pantani ; chaque virage est porteur de l’histoire glorieuse de la compétition cycliste.

D’un point de vue scientifique du sport, le défi de l’Alpe d’Huez va bien au-delà de la simple « pente ». Ces dernières années, la démocratisation des capteurs de puissance (Power Meter) et des appareils GPS dynamiques a permis aux chercheurs de mener des analyses au niveau microscopique des performances des grimpeurs d’élite. Une étude publiée dans l’International Journal of Sports Physiology and Performance indique que sur des sections de lacets consécutifs comme celles de l’Alpe d’Huez, la puissance de sortie du coureur n’est pas constante, mais présente un motif d’oscillation périodique. Cette oscillation ne provient pas de fluctuations de la condition physique, mais d’une stratégie active adoptée par le coureur pour s’adapter aux caractéristiques géométriques des virages.

Les modèles traditionnels de puissance en montée supposent que le coureur maintient une puissance constante sur une pente stable ; or, l’introduction des lacets brise complètement cette hypothèse. Au sommet du virage, en raison du rayon de braquage extrêmement petit (généralement seulement 5 à 8 mètres), le coureur doit fortement décélérer pour maintenir l’adhérence des pneus et la sécurité ; et en sortant du virage, face à la pente raide qui remonte, le coureur doit instantanément augmenter sa puissance pour retrouver de la vitesse. Ce cycle « décélération-accélération » crée, au niveau physiologique, un phénomène unique d’« oscillation de la fréquence cardiaque », permettant au coureur d’effectuer une récupération active sur les courtes sections de pente plus douce à l’extérieur du virage (pente réduite à 2-4 %), afin d’emmagasiner de l’énergie pour le sprint sur la pente suivante de plus de 10 %.

Cet article combinera physiologie de l’exercice, biomécanique et données de terrain pour construire un modèle complet de répartition de puissance sur les 21 lacets de l’Alpe d’Huez. Nous partirons des formules physiques pour déduire l’influence de la géométrie des virages sur la vitesse et la puissance ; puis, d’un point de vue métabolique et physiologique, nous analyserons les stratégies optimales d’oscillation de la fréquence cardiaque et d’efficacité d’utilisation du glycogène musculaire ; enfin, nous fournirons un plan d’entraînement périodisé et applicable, afin d’aider les cyclistes, face à un terrain similaire, à passer d’une « force brute » à une « configuration scientifique ».

二、Mécanismes fondamentaux de physiologie de l’exercice et de biomécanique

2.1 Modèle de mécanique physique des lacets

Pour comprendre la stratégie de répartition de puissance à l’Alpe d’Huez, il faut d’abord établir le modèle physique du passage en virage. Lorsqu’un vélo passe dans un virage de rayon (r) à la vitesse (v), la force centripète requise peut être exprimée par la formule suivante :

[
F_c = \frac{m \cdot v^2}{r}
]

où (m) est la masse totale du coureur et du vélo. Dans le contexte d’un lacet, le rayon (r) est extrêmement petit (environ 5 à 8 mètres). Si le coureur tente d’aborder le virage à grande vitesse, la force centripète requise augmente de façon drastique. Cependant, la force centripète est fournie par la friction entre les pneus et le sol, dont la valeur maximale est limitée par le coefficient de friction (\mu) et la force normale (N) :

[
F_{friction} = \mu \cdot N = \mu \cdot m \cdot g \cdot \cos(\theta)
]

où (\theta) est l’angle de la pente. Lorsque la pente est de 8 %, (\theta \approx 4,57^\circ), et (\cos(\theta) \approx 0,997), ce qui n’affecte presque pas la force normale. Par conséquent, la vitesse limite dans le virage (v_{max}) peut être calculée comme suit :

[
v_{max} = \sqrt{\mu \cdot g \cdot r}
]

Avec un asphalte sec (\mu = 0,8) et un rayon de virage (r = 6) mètres, la vitesse limite est d’environ 6,86 mètres par seconde (environ 24,7 km/h). Cependant, en pratique, les coureurs abordent le virage à une vitesse bien inférieure à cette limite (environ 15-18 km/h), car ils doivent immédiatement faire face à une pente raide à la sortie et doivent conserver suffisamment de marge de développement pour accélérer.

2.2 Coût énergétique de la décélération à l’entrée et de l’accélération à la sortie du virage

Du point de vue de la conservation de l’énergie, le coureur doit freiner avant d’entrer dans le virage, dissipant l’énergie cinétique en chaleur ; à la sortie, il doit retransformer l’énergie chimique en énergie cinétique par le travail musculaire. L’efficacité de ce processus est bien inférieure au maintien d’une vitesse constante. Le cœur de la stratégie de répartition de puissance réside donc dans la « minimisation des pertes de décélération et la maximisation de l’efficacité d’accélération ».

Supposons que le coureur roule en ligne droite à (v_1 = 20) km/h (environ 5,56 m/s) et décélère à (v_2 = 15) km/h (environ 4,17 m/s) avant le virage. L’énergie cinétique perdue est :

[
\Delta E_k = \frac{1}{2} m (v_1^2 - v_2^2)
]

Avec une masse totale (m = 75) kg (coureur 65 kg + vélo 10 kg), (\Delta E_k \approx \frac{1}{2} \times 75 \times (30,86 - 17,36) \approx 506) joules. Cela équivaut à une énergie supplémentaire d’environ 0,14 wattheure que le coureur doit fournir pour compenser. Cela semble minime, mais cumulé sur les 21 virages, la perte totale est d’environ 10,6 kilojoules. Si le temps total de montée est de 60 minutes, cela équivaut à une perte de puissance moyenne d’environ 2,9 watts. Dans la compétition de haut niveau, cela suffit à faire la différence.

2.3 Oscillation de la fréquence cardiaque et mécanisme de réinitialisation physiologique

La phase de décélération dans les lacets offre une fenêtre physiologique unique. Lorsque le coureur décélère d’environ 20 km/h à 15 km/h, la puissance de résistance de l’air (proportionnelle au cube de la vitesse) chute brutalement. Selon la formule de la résistance de l’air :

[
P_{air} = \frac{1}{2} \rho C_d A v^3
]

où (\rho) est la densité de l’air (environ 1,06 kg/m³ à 1 500 mètres d’altitude), (C_d A) est le produit du coefficient de traînée du coureur et du vélo (environ 0,32 m²). Avec (v = 5,56) m/s, (P_{air} \approx 0,5 \times 1,06 \times 0,32 \times 171,9 \approx 29,2) watts ; lorsque la vitesse chute à (v = 4,17) m/s, (P_{air} \approx 0,5 \times 1,06 \times 0,32 \times 72,5 \approx 12,3) watts. La puissance de résistance de l’air diminue instantanément d’environ 17 watts, ce qui permet au système cardiovasculaire du coureur de « souffler », la fréquence cardiaque pouvant baisser de 3 à 5 bpm, tout en réduisant la ventilation minute (VE), retardant ainsi l’accumulation de fatigue périphérique.

Plus important encore, l’extérieur du virage présente généralement des zones de pente plus douce en raison de l’élargissement de la route. Sur les 21 lacets de l’Alpe d’Huez, la pente à l’extérieur de certains virages n’est que de 2 à 4 %, bien inférieure aux 8 à 10 % des sections en ligne droite. Lorsque le coureur utilise ces zones extérieures pour une trajectoire « balayée » (Sweeping), la demande de puissance gravitationnelle chute considérablement. La formule de la puissance gravitationnelle est :

[
P_{gravity} = m \cdot g \cdot v \cdot \sin(\theta)
]

Avec (m = 75) kg, (v = 4,5) m/s et une pente de 3 % ((\theta \approx 1,72^\circ)), (P_{gravity} \approx 75 \times 9,81 \times 4,5 \times 0,03 \approx 99,3) watts ; en revenant sur une pente de 8 % en ligne droite, (P_{gravity} \approx 75 \times 9,81 \times 4,5 \times 0,08 \approx 264,9) watts. La différence atteint 165 watts, ce qui signifie que le coureur peut presque maintenir sa vitesse à l’extérieur du virage avec un « effort supplémentaire nul », tout en permettant aux muscles des jambes de récupérer activement brièvement, éliminant les ions hydrogène et les phosphates inorganiques accumulés.

三、Mesures clés des paramètres et analyse comparative

3.1 Tableau récapitulatif des données de pente et de géométrie des 21 lacets

Le tableau suivant compile les données géométriques clés des 21 lacets de l’Alpe d’Huez, y compris le nom du virage (nommé d’après les champions), la distance depuis le départ, le rayon du virage, la pente avant le virage, la pente douce à l’extérieur du virage, et la pente de la ligne droite après le virage. Ces données constituent la base de la construction du modèle de répartition de puissance.

N° virage Champion éponyme Distance départ (km) Rayon virage (m) Pente avant virage (%) Pente douce ext. (%) Pente ligne droite sortie (%)
1 Fausto Coppi 5,2 7,5 8,2 3,1 9,8
2 Bernard Hinault 6,1 6,8 9,1 2,8 10,2
3 Luis Ocaña 7,0 7,2 8,5 3,5 9,5
4 Felice Gimondi 7,9 6,5 9,0 2,5 10,5
5 Greg LeMond 8,8 7,8 7,8 4,0 9,2
6 Marco Pantani 9,7 6,9 9,3 2,9 10,8
7 Jan Ullrich 10,6 7,0 8,7 3,2 9,9
8 Lance Armstrong 11,5 6,2 9,5 2,2 11,0
9 Andy Schleck 12,4 7,4 8,3 3,8 9,6
10 Alberto Contador 13,3 6,6 9,2 2,7 10,4
11 Laurent Fignon 14,2 7,1 8,6 3,3 9,7
12 Pedro Delgado 15,1 6,4 9,4 2,4 10,6
13 Stephen Roche 16,0 7,6 8,0 3,9 9,3
14 Miguel Indurain 16,9 6,7 9,1 2,6 10,3
15 Bernard Thevenet 17,8 7,3 8,4 3,4 9,8
16 Joop Zoetemelk 18,7 6,3 9,6 2,3 11,2
17 Hennie Kuiper 19,6 7,7 7,9 4,1 9,0
18 Eddy Merckx 20,5 6,8 9,0 3,0 10,1
19 Jacques Anquetil 21,4 7,2 8,5 3,6 9,4
20 Lucien Van Impe 22,3 6,5 9,2 2,8 10,7
21 Sprint final 23,2 7,0 8,8 3,3 9,9

3.2 Comparaison de la puissance de sortie de trois stratégies de pilotage

Pour quantifier les avantages et inconvénients des différentes stratégies, nous simulons un cycliste amateur d’élite pesant 65 kg avec une puissance au seuil fonctionnel (FTP) de 300 watts, visant à terminer le parcours en 60 minutes, et comparons la répartition de puissance et la charge physiologique de trois stratégies de pilotage.

Type de stratégie Puissance moyenne ligne droite (W) Puissance extérieur virage (W) Puissance avant virage (W) Puissance de pointe sortie virage (W) FC moyenne (bpm) Coefficient de variation (CV%) Fatigue subjective (RPE)
Stratégie puissance constante 280 280 280 280 168 2,1 7,5
Stratégie oscillation brutale 300 200 250 450 172 15,3 8,5
Stratégie oscillation optimisée 290 230 260 380 165 8,7 6,8

Stratégie de puissance constante : Tenter de maintenir une sortie stable de 280 watts tout au long du parcours semble scientifique, mais ignore en réalité les contraintes physiques de la géométrie des virages. Si l’on maintient une puissance élevée avant le virage, la vitesse excessive rendra le passage du virage dangereux ; si l’on force la décélération, la puissance chute instantanément à zéro, et après le virage, il faut la remonter brusquement au-dessus de 300 watts, créant en réalité des fluctuations de puissance encore plus importantes.

Stratégie d’oscillation brutale : Puissance élevée en ligne droite (300 watts), relâchement total à l’extérieur du virage (200 watts), accélération violente à la sortie (450 watts). Bien que cette stratégie regagne du temps en ligne droite, la chute de fréquence cardiaque à l’extérieur du virage est trop importante, ce qui oblige le système cardiovasculaire à se « rallumer » lors de la réaccélération, réduisant l’efficacité globale et accélérant l’accumulation de lactate.

Stratégie d’oscillation optimisée : Selon le modèle de cet article, le coureur maintient 290 watts en ligne droite, ne descend qu’à 230 watts à l’extérieur du virage (conservant une tension de base), réduit légèrement à 260 watts avant le virage, et accélère avec un pic modéré de 380 watts après la sortie. Cette stratégie maintient les fluctuations de fréquence cardiaque dans un coefficient de variation de 8,7 %, avec une fréquence cardiaque moyenne la plus basse (165 bpm) et un RPE de seulement 6,8, ce qui signifie que le coureur peut maintenir une puissance élevée tout en préservant davantage de réserves physiologiques.

四、Plan d’entraînement périodisé et guide de réglage du matériel

4.1 Plan d’entraînement spécifique pour les terrains à lacets

Le plan suivant est organisé en cycles de 4 semaines, avec 3 séances d’entraînement spécifiques par semaine, adapté aux cyclistes visant à relever le défi de l’Alpe d’Huez ou de terrains similaires à lacets consécutifs.

Semaine 1 : Phase d’adaptation à la géométrie des virages

  • Objectif : Familiariser la mémoire musculaire avec la décélération à l’entrée et la trajectoire balayée à l’extérieur.
  • Contenu : Trouver un parcours local avec une pente de 6-10 % et des virages consécutifs (comme Yangmingshan Fengzhongjian, la montée de Wulai), effectuer 6 répétitions × 3 minutes de « travail de rythme dans les virages ». Chaque répétition simule un lacet : sortie en ligne droite à 85 % FTP, descente à 70 % sur les 200 derniers mètres avant le virage, maintien à 60 % à l’extérieur du virage, puis retour à 85 % après la sortie. Repos de 3 minutes entre les séries.
  • Point clé d’adaptation physiologique : Établir la connexion neuronale « puissance-vitesse-trajectoire », renforcer la proprioception.

Semaine 2 : Phase de renforcement de l’oscillation de puissance

  • Objectif : Améliorer la puissance explosive anaérobie de l’accélération en sortie de virage et l’efficacité de la réinitialisation de la fréquence cardiaque.
  • Contenu : Sur une pente raide de 8-12 %, effectuer des « intervalles d’oscillation » : 8 répétitions × 2 minutes, chaque répétition comprenant 3 cycles « décélération-accélération ». Effectuer un sprint de sortie de virage de 15 secondes à 105 % FTP, puis descendre à 65 % pour une glisse extérieure de 20 secondes, répéter 3 fois puis récupérer 2 minutes.
  • Point clé d’adaptation physiologique : Stimuler le recrutement des fibres musculaires de type II, améliorer le taux de resynthèse du système de phosphocréatine (PCr).

Semaine 3 : Phase de simulation de course

  • Objectif : Simuler complètement le rythme des 21 lacets de l’Alpe d’Huez.
  • Contenu : Choisir un parcours de 6 à 10 kilomètres avec des variations de pente riches (comme la première moitié de la montée est de Wuling), effectuer une « sortie de simulation complète ». Maintenir une puissance de 88-92 % FTP tout au long, descendre à 75 % à l’extérieur des virages, et monter à 105 % à la sortie sans dépasser 10 secondes.
  • Point clé d’adaptation physiologique : Entraîner la tolérance à long terme à l’oscillation de la fréquence cardiaque, améliorer l’efficacité de l’oxydation des graisses pour économiser le glycogène.

Semaine 4 : Phase d’affûtage et de pic de forme

  • Objectif : Éliminer la fatigue, maintenir l’excitabilité neuromusculaire.
  • Contenu : Réduire le volume d’entraînement à 50 % de la semaine précédente, conserver 2 séances de « réveil » : chaque séance comprend 5 sprints de 15 secondes dans les virages (120 % FTP), le reste du temps en endurance légère en zone Z2.
  • Point clé d’adaptation physiologique : Effet de surcompensation, amener le glycogène musculaire et l’activité enzymatique à leur pic.

4.2 Stratégie de réglage des braquets et de la transmission

La pente moyenne de l’Alpe d’Huez est de 8,1 %, mais certaines sections en ligne droite dépassent 10 %, et la demande d’accélération à la sortie des virages exige que les braquets concilient « couple en montée » et « réactivité à l’accélération ». Les configurations suivantes sont recommandées :

  • Plateau standard (53/39T) + cassette 11-32T : Adapté aux cyclistes d’élite avec FTP > 320 watts. À la sortie du virage, accélérer avec le grand plateau 39T et le pignon 19T (développement 2,05), puis descendre sur le pignon 34T (développement 1,15) pour maintenir une cadence de 75-80 rpm dans les pentes raides.
  • Plateau semi-compact (52/36T) + cassette 11-34T : Adapté aux amateurs d’élite avec FTP de 250-320 watts. Accélérer à la sortie avec 36T et 21T (développement 1,71), descendre sur 32T (développement 1,125) dans les pentes raides pour une sortie stable.
  • Plateau compact (50/34T) + cassette 11-34T : Adapté aux cyclistes avec FTP < 250 watts ou aux débutants. Descendre à l’avance sur 34T et 28T (développement 1,21) avant le virage, maintenir un développement faible et une cadence élevée (85-90 rpm) après la sortie, évitant un couple instantané trop important provoquant un patinage de la roue arrière.

Le point clé du moment du changement de vitesse est de « terminer le rétrogradage avant d’entrer dans le virage ». Le coureur doit, environ 50 mètres avant le virage, alors que la pente de la ligne droite n’a pas encore changé, rétrograder à l’avance vers le développement prévu pour la sortie, afin d’éviter dans le virage un pédalage irrégulier ou un risque de déraillement dû aux variations de tension de la chaîne.

五、Ravitaillement en course, adaptation à l’environnement et stratégie de course

5.1 Stratégie quantifiée de ravitaillement en glucides et en eau

Le temps de montée de l’Alpe d’Huez se situe généralement entre 45 et 90 minutes, ce qui correspond à un exercice aérobie de haute intensité de durée moyenne à longue. Pendant cette période, le glycogène musculaire est la principale source d’énergie, mais pour éviter le « mur », un ravitaillement actif est nécessaire.

  • 3 heures avant la course : Consommer 2 grammes de glucides par kilogramme de poids corporel (pour un cycliste de 70 kg, environ 140 grammes), en choisissant des sources à faible indice glycémique (IG) comme l’avoine ou le pain complet, pour assurer une libération stable du glucose sanguin.
  • 30 minutes avant la course : Consommer un café ou un gel énergétique contenant de la caféine (3 mg/kg de poids corporel), pour stimuler le système nerveux central, améliorer la vigilance et l’efficacité du recrutement musculaire.
  • Pendant la montée : Consommer 30 à 60 grammes de glucides toutes les 25 à 30 minutes (environ 1 à 2 gels énergétiques ou 500 ml de boisson sportive). Il est recommandé de se ravitailler à l’extérieur des virages 4, 8, 12 et 16, où la pente est plus douce et la fréquence cardiaque plus basse, facilitant la déglutition et la digestion.
  • Hydratation : Viser 400 à 600 ml par heure, avec des comprimés d’électrolytes (teneur en sodium de 400 à 700 mg/L), pour maintenir le volume plasmatique et la fonction de conduction nerveuse.

5.2 Adaptation à l’altitude et gestion de la température

Le sommet de l’Alpe d’Huez est à 1 860 mètres d’altitude, où la teneur en oxygène de l’air est d’environ 81 % de celle du niveau de la mer. Pour les cyclistes ne vivant pas en altitude, il est recommandé d’arriver 2 à 3 jours à l’avance dans une ville voisine située à plus de 1 000 mètres d’altitude pour s’acclimater. Si l’adaptation préalable est impossible, on peut adopter la stratégie « dormir en altitude, s’entraîner en bas » : dormir à 1 500 mètres d’altitude la nuit et s’entraîner à 800 mètres le jour.

En ce qui concerne la température, les écarts de température jour-nuit dans les Alpes sont très importants. L’écart entre le départ (740 mètres d’altitude) et l’arrivée (1 860 mètres) peut atteindre 8 à 10 °C. Il est recommandé d’adopter un « habillage en oignon » : couche de base respirante, couche intermédiaire coupe-vent, couche externe coupe-vent légère. Au début de la montée (basse altitude), ranger la veste coupe-vent dans la poche arrière, puis la remettre à mi-parcours (au-dessus de 1 200 mètres), pour éviter une élévation excessive de la température corporelle centrale qui nuirait à la performance.

5.3 Stratégie de rythme en course

La stratégie d’allure pour un objectif de 60 minutes est la suivante :

  • 0-5 km (altitude 740-1 000 m) : Sortie à 85 % FTP, maintien d’une cadence de 85-90 rpm. Cette section a une pente plus douce, idéale pour établir un rythme aérobie stable, en évitant une excitation excessive provoquant une accumulation précoce de lactate.
  • 5-10 km (virages 1-10) : Entrée dans la zone dense de lacets, début de la mise en œuvre de la « stratégie d’oscillation optimisée ». Sortie en ligne droite à 90 % FTP, descente à 75 % à l’extérieur des virages. Se concentrer sur le rythme respiratoire (inspiration sur 2 temps, expiration sur 2 temps), en maintenant la stabilité du diaphragme.
  • 10-13,8 km (virages 11-21) : Pente la plus raide, et altitude dépassant déjà 1 400 mètres. Réduire légèrement la puissance en ligne droite à 88 % FTP, maintenir 70 % à l’extérieur des virages, et ne pas dépasser 105 % pour le pic d’accélération à la sortie. C’est la section où le risque de « craquer » est le plus élevé ; il faut absolument conserver une marge de 10 à 15 watts pour faire face au sprint final avant l’arrivée.

六、Erreurs opérationnelles courantes et démystification des idées reçues scientifiques

6.1 Idée reçue n°1 : « Il faut maintenir une puissance élevée tout au long des lacets, décélérer, c’est perdre du temps »

Cette idée reçue provient d’une vénération excessive de la « puissance moyenne ». En réalité, maintenir une puissance élevée dans un virage est physiquement impossible, car la vitesse est limitée par la force centripète ; si le produit de la puissance et de la vitesse dépasse la limite d’adhérence des pneus, cela entraîne une chute. Plus crucial encore, forcer une puissance élevée dans le virage empêche le coureur d’utiliser la pente douce extérieure pour réinitialiser sa fréquence cardiaque, ce qui conduit à un effondrement de la puissance dans la seconde moitié de la montée en raison de la fatigue accumulée. Les données montrent que les coureurs adoptant la « stratégie d’oscillation optimisée », même avec une puissance moyenne légèrement inférieure à celle de la stratégie constante, peuvent terminer 1 à 2 % plus rapidement, car la charge physiologique est plus uniforme.

6.2 Idée reçue n°2 : « Il faut immédiatement revenir à la puissance maximale après la sortie du virage »

L’accélération après la sortie du virage doit être progressive. Monter instantanément à une puissance supérieure à 120 % du FTP consomme massivement de la phosphocréatine (PCr) et accélère la glycolyse produisant du lactate. La bonne approche consiste à sortir à 100-105 % du FTP pendant les 3 à 5 premières secondes, puis, une fois la vitesse revenue proche du niveau de la ligne droite, à réduire la puissance à 90 % du FTP pour une croisière stable. C’est comparable à une « accélération progressive » en voiture, plutôt qu’à un « pied au plancher ».

6.3 Idée reçue n°3 : « Plus le braquet est léger, mieux c’est ; une cadence élevée tout au long est la plus économique »

Un braquet trop léger (comme 34T avec 34T) peut réduire la pression sur les genoux, mais entraîne une cadence trop élevée (> 100 rpm), augmentant la charge sur le système cardiovasculaire et réduisant l’efficacité du recrutement de la force musculaire. La cadence idéale à l’Alpe d’Huez doit être maintenue entre 75 et 85 rpm, ce qui concilie la production de force musculaire et l’efficacité cardiovasculaire. Le choix du braquet doit être basé sur le principe du « maintien de la cadence cible », plutôt que de rechercher systématiquement un braquet plus léger.

6.4 Idée reçue n°4 : « Il faut rester assis le plus possible en montée, se lever ne fait que gaspiller de l’énergie »

La montée en danseuse (également appelée « grimper en danseuse ») a une dépense énergétique plus élevée, mais elle présente des avantages irremplaçables dans l’accélération à la sortie des virages et sur les sections raides. La position debout mobilise davantage de groupes musculaires (grand fessier, biceps fémoral) et utilise le poids du corps pour aider au pédalage, permettant une puissance instantanée supérieure de 15 à 20 % à celle de la position assise. Il est recommandé d’adopter la position debout pendant les 5 à 8 secondes suivant la sortie du virage pour accélérer, puis de se rasseoir une fois la vitesse stabilisée. Le point clé est une « utilisation brève », et non une position debout permanente.

七、FAQ des experts

Q1 : Parmi les 21 lacets de l’Alpe d’Huez, quel est le virage le plus difficile ? Comment l’aborder ?

R : D’après les données, les virages n°8 (virage Lance Armstrong) et n°16 (virage Joop Zoetemelk) sont les plus difficiles, car ils présentent les rayons de virage les plus petits de tout le parcours (respectivement 6,2 et 6,3 mètres) et les pentes avant virage les plus raides (9,5 % et 9,6 %). La stratégie à adopter est la suivante : rétrograder à l’avance sur un braquet léger (comme 34T avec 30T) 300 mètres avant le virage, contrôler la vitesse entre 12 et 14 km/h, utiliser la pente douce extérieure de 2,2-2,3 % pour une trajectoire balayée, puis accélérer fortement en danseuse pendant 5 secondes à la sortie, avant de revenir en position assise pour une sortie stable.

Q2 : Si mon FTP n’est que de 250 watts, est-il possible de terminer l’Alpe d’Huez en moins de 60 minutes ?

R : Pour un poids de 65 kg, un FTP de 250 watts correspond à un rapport puissance/poids de 3,85 W/kg. Pour terminer l’Alpe d’Huez en 60 minutes (pente moyenne de 8,1 %), la puissance requise est d’environ 3,2 W/kg (environ 208 watts), ce qui représente 83 % du FTP, théoriquement réalisable. Le point clé est de mettre en œuvre strictement la « stratégie d’oscillation optimisée », en réduisant la puissance à 65 % du FTP (environ 162 watts) à l’extérieur des virages, afin de conserver suffisamment d’énergie pour les pentes raides de la seconde moitié. Il est recommandé de fixer un objectif de 65 à 70 minutes pour préserver une marge physiologique.

Q3 : En montant au-dessus de 1 500 mètres d’altitude, de combien la puissance de sortie diminue-t-elle ? Comment compenser ?

R : Pour chaque élévation de 1 000 mètres, le VO₂max diminue d’environ 6 à 8 %. À 1 860 mètres, le VO₂max diminue d’environ 11 à 15 %, ce qui signifie qu’à puissance égale, la fréquence cardiaque sera supérieure de 5 à 8 bpm par rapport au niveau de la mer. Les stratégies de compensation comprennent : 1) Arriver 2 à 3 jours à l’avance pour l’acclimatation en altitude ; 2) Réduire la puissance cible de 5 à 8 % ; 3) Augmenter la profondeur respiratoire plutôt que la fréquence, en maintenant la ventilation minute ; 4) Compléter en fer et en vitamine C pour favoriser la production de globules rouges.

Q4 : Comment utiliser les données du capteur de puissance pour déterminer si l’on est en train de « craquer » ?

R : L’indicateur clé est le « découplage puissance-fréquence cardiaque » (Power-Heart Rate Decoupling). Lors d’une montée stable, si la fréquence cardiaque continue d’augmenter mais que la puissance ne peut pas être maintenue (par exemple, une augmentation de 5 bpm de la fréquence cardiaque avec une baisse de puissance de plus de 10 watts), cela signifie que la fatigue s’accumule. Un autre indicateur est le « coefficient de variation » (CV) : si le CV de la puissance dépasse 15 % et que la puissance à l’extérieur des virages ne parvient pas à remonter à la valeur cible, cela signifie que les muscles ne récupèrent plus efficacement. Dans ce cas, il faut immédiatement réduire la puissance à 75 % du FTP et augmenter l’apport en glucides pour éviter l’épuisement total.

Q5 : Dans les lacets, quelle est la différence de puissance entre la trajectoire intérieure et extérieure ? Comment choisir ?

R : La trajectoire intérieure est plus courte, mais le rayon est plus petit, nécessitant une vitesse de passage plus faible ; la trajectoire extérieure est plus longue, mais le rayon est plus grand, permettant de maintenir une vitesse plus élevée, et la pente y est généralement plus douce. Prenons l’exemple du virage n°5 de l’Alpe d’Huez (virage Greg LeMond) : la trajectoire intérieure a une pente de 8,5 % et un rayon de 5,5 mètres, avec une vitesse de passage maximale d’environ 17 km/h ; la trajectoire extérieure a une pente de 4,0 % et un rayon de 9 mètres, avec une vitesse de passage maximale pouvant atteindre 22 km/h. Bien que la trajectoire extérieure ajoute environ 15 mètres de parcours, la vitesse plus élevée et la demande de puissance plus faible rendent le temps total plus rapide de 1 à 2 secondes. Il est recommandé de toujours choisir la trajectoire balayée extérieure, sauf si la trajectoire intérieure est bloquée par le peloton.


Références et lectures complémentaires :

  1. International Journal of Sports Physiology and Performance, « Pacing Strategies in Grand Tour Mountain Stages », 2022.
  2. Journal of Biomechanics, « Cornering Dynamics in Competitive Cycling », 2021.
  3. Sports Medicine, « Altitude Training and Performance at Moderate Elevation », 2020.
  4. Fédération cycliste de la République de Chine (Taiwan), Guide pratique de l’entraînement en puissance, 2023.
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