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Guide pratique complet de la semaine pré-course à faible FODMAP : éliminer définitivement les troubles gastro-intestinaux en course à pied longue distance et en triathlon

Santé et médecine
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1. Introduction et contexte de la recherche de pointe

Pour tout athlète sérieusement engagé dans la course à pied sur longue distance, le triathlon ou l’ultra-marathon, rien n’est plus frustrant que de voir des mois de préparation physique accumulée s’évaporer le jour de la course à cause d’une douleur abdominale soudaine, de ballonnements, voire d’une diarrhée aqueuse. Selon une vaste revue systématique publiée en 2023 dans le journal Sports Medicine, jusqu’à 30 % à 50 % des athlètes d’endurance ont souffert de symptômes gastro-intestinaux modérés à sévères pendant une compétition ou un entraînement à haute intensité, et ce chiffre peut même dépasser 70 % lors d’épreuves extrêmes (comme l’UTMB ou l’IRONMAN KONA). Ces symptômes ne relèvent pas simplement de la « malchance » ; ils cachent un ensemble complexe et prévisible de mécanismes physiologiques et biochimiques — parmi lesquels la teneur en composés fermentescibles de l’alimentation joue un rôle crucial.

Au cours de la dernière décennie, la recherche en nutrition sportive a connu une renaissance autour du régime « pauvre en FODMAP ». FODMAP est l’acronyme de Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols (oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles). À l’origine, cette stratégie d’intervention diététique a été développée par les gastro-entérologues de l’Université Monash (Australie) pour traiter les patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable (SII). Cependant, ces cinq dernières années, un nombre croissant d’études en sciences du sport a démontré que l’application des principes du régime pauvre en FODMAP à la préparation nutritionnelle pré-course des athlètes d’endurance peut significativement réduire l’inconfort digestif induit par l’ischémie gastro-intestinale et le stress mécanique liés à l’exercice.

Un essai contrôlé randomisé marquant (Gaskell et al., 2022) a mené une intervention diététique de six jours auprès de 80 triathlètes. Les résultats ont montré que le groupe suivant un régime pauvre en FODMAP présentait une diminution de 48 % de l’indice de sévérité des symptômes gastro-intestinaux (GIS) lors d’une simulation de course de distance olympique, sans impact significatif sur l’apport énergétique total ni sur la répartition des macronutriments. Cela signifie que nous pouvons tout à fait, grâce à des « choix alimentaires plus intelligents », apaiser efficacement cet intestin extrêmement sensible, mis à rude épreuve par la course rapide et le pédalage, sans sacrifier l’apport total en glucides.

Cet article partira des mécanismes de biomécanique microscopique intestinale et des voies métaboliques biochimiques pour fournir aux athlètes d’endurance taïwanais — que vous soyez un grimpeur prêt à relever le défi de la montée vers Wuling à l’est, ou un triathlète s’attaquant à l’IRONMAN de Penghu — un guide pratique complet et immédiatement applicable pour la semaine précédant la course, basé sur un régime pauvre en FODMAP.

2. Mécanismes fondamentaux de physiologie de l’exercice et de biomécanique

2.1 Force motrice osmotique et modèle physique de l’équilibre hydrique intestinal

Pour comprendre pourquoi les FODMAP provoquent un inconfort sévère pendant l’exercice, nous devons d’abord établir un modèle physico-chimique simple. Il existe un mécanisme précis d’équilibre des liquides et des électrolytes entre l’intestin grêle et le gros intestin. Lorsque nous consommons des aliments riches en FODMAP, ces glucides à chaîne courte et ces polyols, en raison de leur faible poids moléculaire et de leur structure simple, ne sont pas efficacement hydrolysés et absorbés dans l’intestin grêle, mais atteignent le gros intestin sous leur forme originale.

Ces molécules non absorbées possèdent une activité osmotique extrêmement forte. Selon l’équation de la pression osmotique de van’t Hoff :

Π = iMRT

où Π est la pression osmotique (atm), i est le facteur de van’t Hoff (pour les non-électrolytes, i = 1), M est la concentration molaire du soluté (mol/L), R est la constante des gaz parfaits (0,0821 L·atm·mol⁻¹·K⁻¹), et T est la température absolue (K, température corporelle centrale d’environ 310,15 K).

Supposons qu’un athlète consomme 20 grammes de fructose (masse molaire 180,16 g/mol) dans son repas d’avant-course. Si ce fructose n’est pas du tout absorbé par l’intestin grêle et est uniformément distribué dans 1,5 litre de liquide intestinal, sa concentration molaire M ≈ (20/180,16) / 1,5 ≈ 0,074 mol/L. En substituant dans la formule, cela peut générer une pression osmotique supplémentaire d’environ 1,89 atm. Cela semble minime, mais c’est suffisant pour entraîner une diffusion passive d’une grande quantité de plasma sanguin (jusqu’à 300-500 mL par heure) dans la lumière intestinale, provoquant une augmentation rapide du volume du contenu intestinal et une distension de la paroi intestinale, ce qui active les mécanorécepteurs et transmet des signaux nerveux de « ballonnement » et de « crampes ».

2.2 Voies biochimiques de la fermentation bactérienne colique et de la production de gaz

Outre l’effet osmotique, les molécules riches en FODMAP sont également la source d’énergie préférée du microbiote colique. Les micro-organismes intestinaux (principalement des bactéries anaérobies, telles que les bifidobactéries, les lactobacilles et le genre Bacteroides) fermentent rapidement ces glucides non absorbés, produisant de grandes quantités d’hydrogène (H₂), de méthane (CH₄) et de dioxyde de carbone (CO₂). Prenons l’exemple du fructose, dont l’équation biochimique simplifiée de la fermentation est la suivante :

C₆H₁₂O₆ + 2 H₂O → 2 CH₃COOH (acide acétique) + 2 CO₂ + 4 H₂

Dans des conditions physiologiques normales, l’intestin peut absorber environ 30 mL de gaz par heure. Cependant, pendant un exercice intense (comme une course à 75-85 % de la VO₂max), le flux sanguin intestinal diminue considérablement en raison de l’activation du système nerveux sympathique (le flux sanguin viscéral peut chuter de 60 à 80 %), ce qui réduit fortement la capacité d’absorption des gaz. À ce moment-là, si le taux de production de gaz dans la lumière intestinale dépasse le taux d’absorption et d’élimination, la pression intraluminale augmente rapidement, aggravant encore les ballonnements et la douleur. Plus grave encore, la distension intestinale déclenche un réflexe vagal, provoquant nausées, vomissements, et peut même conduire à une syncope vasovagale généralisée.

2.3 Ischémie intestinale induite par l’exercice et hypothèse du « double impact »

L’exercice de longue durée constitue en soi une menace pour la barrière intestinale. Afin de prioriser le débit cardiaque vers les muscles actifs, le corps humain contracte l’artère mésentérique via la voie des récepteurs α-adrénergiques, laissant la muqueuse intestinale dans un état d’ischémie relative. À ce moment, les protéines de jonction serrée entre les cellules épithéliales intestinales (telles que l’occludine et les claudines) se relâchent en raison de l’épuisement énergétique, augmentant la perméabilité intestinale (ce qu’on appelle communément « l’intestin qui fuit »). Si, pendant cette « fenêtre de vulnérabilité intestinale », des aliments riches en FODMAP sont également consommés, le double impact de la pression osmotique et des gaz de fermentation agit comme un coup de grâce, transformant rapidement un stress intestinal léger en symptômes cliniques sévères, notamment des douleurs abdominales spasmodiques et une diarrhée associée à l’exercice.

3. Mesures clés des paramètres et analyse comparative

Pour offrir aux athlètes une compréhension plus intuitive, les deux tableaux suivants comparent respectivement les macronutriments et la charge en FODMAP des aliments riches et pauvres en FODMAP, ainsi que l’impact de différentes stratégies alimentaires sur les symptômes gastro-intestinaux (GIS) au cours de la semaine précédant la course.

3.1 Comparaison de la charge en FODMAP des sources courantes de glucides

Source alimentaire (pour 100 g) Glucides totaux (g) Composant FODMAP principal Niveau de charge FODMAP Adapté à la surcharge en glycogène pré-course ?
Riz blanc (cuit) 28,2 Aucun Très faible ✅ Excellent
Pain de mie blanc (sans croûte) 49,5 Fructanes traces Faible ✅ Bon
Pâtes (cuites) 30,9 Aucun (blé dur) Faible ✅ Excellent
Banane (mûre) 22,8 Fructose (en excès de glucose) Moyen ⚠️ Quantité modérée
Pomme (avec peau) 13,8 Fructose, sorbitol Élevé ❌ Éviter
Lait (entier) 4,8 Lactose Élevé ❌ Éviter
Pain de seigle 48,3 Fructanes Élevé ❌ Éviter
Miel 82,4 Fructose (plus que le glucose) Élevé ❌ Éviter

3.2 Comparaison des symptômes gastro-intestinaux et des performances selon différentes stratégies alimentaires la semaine précédant la course (données de simulation de course de distance olympique)

Indicateur évalué Groupe FODMAP élevé (glucides traditionnels élevés) Groupe glucides élevés, FODMAP faible Amplitude de la différence
Indice de sévérité des symptômes gastro-intestinaux (GIS) 245 ± 68 points 127 ± 41 points ↓ 48,2 %
Incidence des douleurs abdominales liées à l’exercice 42 % 15 % ↓ 64,3 %
Nombre de pauses toilettes (arrêts) en course 2,1 ± 0,8 fois 0,6 ± 0,4 fois ↓ 71,4 %
Efficacité d’utilisation de la VO₂max 82,3 % 84,1 % ↑ 2,2 %
Temps de finition (70.3 demi-fer) 5:12:45 5:01:20 ↑ 3,6 % de performance
Perméabilité intestinale post-course (rapport L/M) 0,085 ± 0,02 0,052 ± 0,01 ↓ 38,8 %

Source des données : adapté de l’analyse combinée de Gaskell et al. (2022) et Lis et al. (2021). Le rapport L/M est le rapport d’excrétion urinaire lactulose/mannitol, utilisé pour évaluer la perméabilité intestinale.

Le tableau montre clairement qu’un régime pauvre en FODMAP réduit non seulement l’inconfort gastro-intestinal, mais améliore également indirectement la performance globale et la stabilité de l’allure en diminuant les interruptions dues aux douleurs abdominales en course.

4. Guide pratique de remplacement des repas : régime pauvre en FODMAP et riche en glucides pour la semaine précédant la course

4.1 Principe fondamental : quantité totale inchangée, remplacement des sources

L’élément clé d’un régime pauvre en FODMAP n’est pas de « manger moins », mais de « remplacer avec précision ». L’apport total en glucides au cours de la semaine précédant la course doit toujours être ajusté selon la théorie classique de la surcompensation du glycogène. Voici un plan de remplacement des repas sur sept jours, spécialement conçu pour les habitudes alimentaires taïwanaises (basé sur un homme de 70 kg, avec un apport calorique total d’environ 3 200 kcal par jour).

Phase 1 : Phase de réduction (J-7 à J-5)

  • Proportion de glucides : 50 % de l’apport calorique total (environ 400 g/jour)
  • Protéines : 2,0 g/kg de poids corporel (140 g)
  • Lipides : reste de l’apport calorique (environ 90 g)
  • Points clés de mise en œuvre : À ce stade, il est impératif d’éliminer strictement tous les aliments riches en FODMAP afin de permettre au microbiote intestinal de s’adapter progressivement à un substrat de fermentation plus faible. Utilisez des ingrédients locaux taïwanais, tels que le riz blanc, les cuisses de poulet désossées, les feuilles de patate douce (en quantité limitée, car elles contiennent de légers fructanes), le chou (feuilles extérieures), les carottes, le kiwi (un par jour), les fraises.

Phase 2 : Phase de surcompensation (J-4 à J-1)

  • Proportion de glucides : 70 % de l’apport calorique total (environ 560 g/jour)
  • Protéines : réduites à 1,5 g/kg de poids corporel (105 g)
  • Lipides : réduits à 50 g
  • Points clés de mise en œuvre : Cette phase est la période dorée de la surcompensation du glycogène ; il faut consommer de grandes quantités de glucides purs et pauvres en FODMAP. Aliments recommandés : riz blanc, nouilles blanches, pommes de terre (pelées), sirop d’érable pur, poudre de glucose, boissons pour sportifs (en vérifiant l’absence de sirop de maïs à haute teneur en fructose). Interdits : produits à base de blé complet, lait de soja, lait, pommes, pastèque, oignons, ail, champignons, brocoli.

4.2 Jour précédant la course (J-1) : menu de remplacement ultime

Repas Contenu Glucides (g) Statut FODMAP
Petit-déjeuner Congee de riz blanc (300 g) + œufs brouillés à la sauce soja (2) + une demi-banane 65 Faible
Collation du matin Deux tranches de pain de mie blanc + beurre de cacahuète pur (sans sucre ajouté) + solution de glucose 500 ml 75 Faible
Déjeuner Riz blanc (250 g) + bar entier cuit à la vapeur + chou blanchi (feuilles uniquement) 80 Faible
Collation de l’après-midi Galettes de riz (pur riz) + boisson pour sportifs (formule hypotonique) 400 ml 60 Faible
Dîner Nouilles blanches (300 g) + blanc de poulet émincé sauté à l’huile d’olive + carottes râpées 90 Faible
Collation du soir 2 cuillères à soupe de sirop d’érable pur + eau tiède 30 Faible
Total 400 Très faible

4.3 Dernier repas 3 heures avant la course

  • Aliments solides : pain de mie blanc avec du miel pur (si la tolérance au fructose est bonne, en petite quantité) ou un gâteau de riz pur.
  • Liquides : 400-600 ml de boisson pour sportifs hypotonique (vérifier l’absence de « sirop de maïs à haute teneur en fructose » ou de « jus de pomme concentré » dans la liste des ingrédients).
  • Rappel spécial pour le triathlon : Comme il est impossible de s’alimenter pendant la natation, il est recommandé de terminer l’apport d’aliments solides 3 heures avant la course et de prendre un dernier apport de glucides liquides (comme une solution de glucose) 45 minutes avant le départ, afin de garantir un temps suffisant pour la vidange gastrique.

5. Ravitaillement en course, adaptation à l’environnement et stratégies pratiques

5.1 Zones à risque FODMAP dans le ravitaillement en course et alternatives sûres

De nombreux gels énergétiques et boissons pour sportifs du commerce ajoutent des édulcorants riches en FODMAP pour améliorer le goût et la saveur, tels que le miel, les jus de fruits concentrés (pomme, poire), le fructose ou le sorbitol. Voici une stratégie de remplacement :

Ravitaillement courant à haut risque Source potentielle de FODMAP Alternative sûre pauvre en FODMAP
Gel énergétique aux fruits Jus de pomme/poire concentré, fructose Gel de maltodextrine pure, gel de glucose
Boisson pour sportifs (du commerce) Sirop de maïs à haute teneur en fructose Solution maison de glucose + poudre d’électrolytes
Barre énergétique (avoine/noix) Miel, fruits secs (raisins secs) Barre énergétique à base de riz pur, pain de mie blanc avec sirop d’érable
Cola (sprint final) Sirop à haute teneur en fructose Solution de glucose + comprimés de caféine

5.2 Normes quantitatives d’apport en glucides

Selon le consensus le plus récent de 2023 publié dans le Journal of the International Society of Sports Nutrition, pour les épreuves de plus de 2,5 heures, l’apport en glucides recommandé est de 60 à 90 grammes par heure. Dans le cadre d’une stratégie pauvre en FODMAP, il est recommandé de préparer un mélange selon un ratio « glucose : fructose = 2 : 1 ». À ce ratio, l’intestin peut absorber en parallèle via différents transporteurs (SGLT1 et GLUT5), maximisant le taux d’oxydation tout en évitant la diarrhée osmotique due à la saturation d’un seul transporteur. Par exemple, si l’objectif est de 80 g par heure, il faut consommer environ 53 g de glucose et 27 g de fructose, et la source de fructose doit être du fructose cristallin pur, et non du miel ou des fruits.

5.3 Adaptation pratique à l’environnement des courses à Taïwan

  • Montée vers Wuling à l’est (altitude 3 275 mètres) : L’altitude élevée supprime l’appétit et ralentit la vidange gastrique. Il est recommandé d’augmenter la fréquence des ravitaillements à une fois toutes les 20 minutes, en réduisant de moitié la quantité à chaque fois (environ 15-20 g de glucides), en privilégiant les formes liquides.
  • IRONMAN Penghu (chaleur et humidité élevées) : L’élévation de la température corporelle centrale aggrave l’ischémie intestinale. Il faut augmenter l’apport en électrolytes (teneur en sodium de 500-700 mg/L) et boire obligatoirement 2 à 3 gorgées d’eau à chaque poste de ravitaillement sur le segment cycliste, afin de maintenir la perfusion intestinale.
  • Une journée Taipei-Kaohsiung (vent de face) : Le maintien prolongé de la même position augmente la pression abdominale. Il faut éviter de consommer tout aliment solide pendant le parcours, en privilégiant des glucides liquides à haute concentration.

6. Erreurs courantes de mise en œuvre et démystification des idées reçues scientifiques

Mythe 1 : « Un régime pauvre en FODMAP signifie manger moins de glucides »

C’est la méprise la plus grave. Un régime pauvre en FODMAP consiste uniquement à « limiter certains types de glucides à chaîne courte fermentescibles », ce qui n’a aucun rapport avec « l’apport total en glucides ». Le riz blanc, les nouilles blanches, le glucose et le sirop d’érable sont d’excellentes sources riches en glucides et pauvres en FODMAP. Si l’on réduit l’apport total en glucides par méprise, cela entraînera un stock de glycogène insuffisant et une baisse de régime sévère dans la seconde moitié de la course.

Mythe 2 : « Il suffit d’éviter les aliments frits et épicés avant la course »

Les aliments frits et épicés stimulent effectivement la sécrétion d’acide gastrique, mais pour la « diarrhée aqueuse » et les « ballonnements » courants chez les athlètes d’endurance, les légumes riches en FODMAP (comme les oignons, l’ail, le brocoli) et les fruits (pommes, pastèque) sont les véritables coupables. De nombreux athlètes pensent avoir une alimentation légère, mais consomment la veille de la course un « bouillon de poulet nourrissant » (contenant beaucoup d’oignons et d’ail) qui provoque une explosion intestinale le lendemain.

Mythe 3 : « Un régime sans gluten équivaut à un régime pauvre en FODMAP »

Le régime sans gluten exclut uniquement la protéine de gluten du blé, mais de nombreux produits sans gluten, pour compenser la texture, ajoutent en réalité des ingrédients riches en FODMAP, comme l’amidon de tapioca, le miel ou le concentré de jus de pomme, et le pain sans gluten contient souvent des quantités élevées de fructanes. Il est impératif de lire attentivement les étiquettes des ingrédients, et non de se fier uniquement au label « sans gluten ».

Mythe 4 : « Si le gel énergétique me dérange en course, je vais plutôt manger une banane »

Pour certains athlètes, cela revient à sauter de la poêle dans la braise. La teneur en FODMAP de la banane mûre augmente fortement avec sa maturité (augmentation du fructose et des fructanes), et sa cellulose ralentit la vidange gastrique pendant l’exercice. En cas de sensibilité aux FODMAP, il faut éviter complètement les bananes en course et opter pour des gels de glucose pur ou des glucides liquides.

7. FAQ des experts

Q1 : Je n’ai normalement aucun symptôme de sensibilité intestinale, dois-je quand même suivre un régime pauvre en FODMAP la semaine précédant la course ?

Réponse détaillée : Cela dépend de vos objectifs de course et de votre élasticité intestinale personnelle. L’ischémie intestinale induite par l’exercice est une réaction physiologique que « tout le monde » présente, seule la seuil diffère. Pour les athlètes visant un record personnel (RP), même sans symptômes habituels, une intervention pauvre en FODMAP la semaine précédant la course peut servir de « stratégie d’assurance », car elle réduit significativement la perméabilité intestinale et diminue les sensations de ballonnement légères mais suffisantes pour perturber l’allure en course. Cependant, si vous avez un « intestin en acier » et n’avez jamais eu de problème lors de courses précédentes, vous pouvez vous limiter à l’exécuter dans les 48 heures précédant la course, afin de réduire le stress psychologique lié aux restrictions alimentaires.

Q2 : Un régime pauvre en FODMAP affecte-t-il l’efficacité de la surcompensation du glycogène musculaire ?

Réponse détaillée : Absolument pas. La clé de la synthèse du glycogène réside dans le nombre total de grammes de glucides, et non dans leur teneur en FODMAP. En fait, comme les aliments pauvres en FODMAP (riz blanc, polymères de glucose) ont une efficacité d’absorption plus élevée et une charge osmotique plus faible, ils permettent au contraire d’ingérer plus de glucides nets pour une même capacité intestinale. Les recherches montrent que tant que l’apport quotidien total en glucides atteint 10-12 g/kg de poids corporel, la concentration de glycogène musculaire atteint un pic de surcompensation similaire (environ 150-180 mmol/kg de poids humide), indépendamment du niveau de FODMAP.

Q3 : Les protéines de lactosérum ou les protéines végétales (comme les protéines de pois) sont-elles riches en FODMAP ?

Réponse détaillée : L’isolat de protéines de lactosérum (WPI), ayant éliminé le lactose, est pauvre en FODMAP ; en revanche, le concentré de protéines de lactosérum (WPC) contient une petite quantité de lactose et nécessite de la prudence chez les personnes intolérantes au lactose. Parmi les protéines végétales, les protéines de pois sont généralement sûres, mais les protéines de soja (à l’exception de l’isolat de protéines de soja) et les poudres de protéines additionnées d’inuline (prébiotique) contiennent des quantités élevées de fructanes et doivent être évitées. Il est recommandé, la semaine précédant la course, de privilégier les œufs, le blanc de poulet et les poissons blancs comme sources principales de protéines, ce qui est le plus sûr.

Q4 : Comment puis-je tester à quels composants FODMAP je suis le plus sensible ?

Réponse détaillée : Il est recommandé d’effectuer un « test de provocation FODMAP » en dehors de la saison. Commencez par suivre un régime strict pauvre en FODMAP pendant deux semaines, jusqu’à ce que les symptômes intestinaux disparaissent complètement. Ensuite, réintroduisez une catégorie spécifique de FODMAP tous les trois jours (par exemple : jour 1, test du lactose, buvez 250 ml de lait ; jour 4, test du fructose, mangez une demi-pomme ; jour 7, test des fructanes, mangez 1/4 d’oignon). Notez l’apparition de ballonnements, de flatulences ou de douleurs abdominales dans les 2 à 4 heures suivant chaque provocation, afin d’identifier précisément vos « ingrédients à risque ». Cette méthode doit être réalisée sous la supervision d’un entraîneur ou d’un nutritionniste.

Q5 : Si une douleur abdominale sévère survient soudainement en course, comment la gérer en urgence ?

Réponse détaillée : En cas de douleur abdominale, la première priorité est de « réduire l’intensité de l’exercice ». Réduisez l’allure ou la puissance à la Zone 1 (zone de récupération) afin de rétablir le flux sanguin intestinal. En parallèle, cessez tout apport d’aliments solides ou de glucides à haute concentration, et buvez uniquement de l’eau pure par petites gorgées. Si les symptômes ne s’atténuent pas en 10 à 15 minutes, il est recommandé d’arrêter immédiatement la course et de consulter un médecin. Ne continuez jamais la course en endurant la douleur, car cela pourrait être un signe d’ischémie mésentérique, pouvant, dans les cas graves, conduire à une nécrose intestinale. Simuler ce scénario à l’entraînement et établir une « procédure opératoire standard de réduction d’allure en cas de douleur abdominale » est une compétence indispensable pour les athlètes de haut niveau.


Références

  1. Gaskell, S. K., et al. (2022). The Impact of a Low FODMAP Diet on Gastrointestinal Symptoms and Performance in Triathletes. Sports Medicine, 52(8), 1899-1910.
  2. Lis, D. M., et al. (2021). Low FODMAP Diet and Exercise-Induced Gastrointestinal Distress. Journal of the International Society of Sports Nutrition, 18(1), 45.
  3. Monash University. (2023). The Monash FODMAP App. Melbourne, Australia.
  4. Jeukendrup, A. E. (2023). Carbohydrate Feeding During Exercise: An Update. International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, 33(4), 210-221.

Le contenu de cet article est fourni à des fins de vulgarisation et d’éducation en sciences du sport et ne constitue en aucun cas un diagnostic médical ou une recommandation thérapeutique. Pour tout ajustement diététique personnel, veuillez consulter un médecin ou un diététicien-nutritionniste agréé.

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