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La lumière dans l'obscurité : récit complet de ma première course cycliste nocturne et de sa préparation

挑戰心得

Sur une route de montagne où l’on ne voit rien à cinq mètres devant soi, seul un phare éclaire le monde, traversant la nuit à trente kilomètres à l’heure. Une course nocturne est une expérience de cyclisme totalement différente, qui exige une préparation entièrement différente.

L’impulsion de l’inscription

La première fois que j’ai entendu parler de « course de vélo nocturne », ma réaction a été plus de la confusion que de l’intérêt. Pourquoi rouler en pleine nuit ? Comment rouler sans voir la route ? Est-ce dangereux ?

Mais quand j’ai vu les photos de la course — une route de montagne sinueuse, des centaines de phares formant un fleuve de lumière en mouvement — j’ai été immédiatement fasciné. Ce n’était pas une course ordinaire, c’était une aventure entre lumière et obscurité.

Le parcours était un circuit de 80 kilomètres en montagne, avec un départ à vingt-deux heures et une fermeture de course à quatre heures du matin. Six heures pour parcourir 80 kilomètres et 1 200 mètres de dénivelé positif dans le noir.

Préparation du matériel : la lumière est primordiale

La plus grande différence entre une course nocturne et une course diurne, c’est l’éclairage. Le règlement imposait à chaque participant un phare avant d’au moins 800 lumens et un feu arrière d’au moins 100 lumens, sous peine de non-départ.

J’ai consacré beaucoup de temps à étudier les éclairages. Ma configuration finale : un phare principal de 1 600 lumens sur le cintre, offrant un large faisceau ; un phare auxiliaire de 800 lumens sur le casque, pour éclairer les virages et les bas-côtés que le phare principal ne couvre pas. Les deux lampes ayant des angles de faisceau différents, leur combinaison couvrait environ 270 degrés de champ de vision devant moi.

À l’arrière, j’ai installé deux feux : un feu rouge fixe sur la tige de selle et un feu rouge clignotant à l’arrière du casque. Dans l’obscurité, être clairement visible par les coureurs derrière soi est une condition de survie.

Outre l’éclairage, j’ai ajouté des bandes réfléchissantes sur le cadre et les roues, des brassards réfléchissants et un maillot avec des bandes réfléchissantes. Sur une route de montagne de nuit, on n’est jamais trop visible.

Les batteries de rechange sont également indispensables. J’ai emporté deux batteries de rechange pour le phare principal et une batterie externe, de quoi tenir plus de huit heures d’éclairage. Si la lumière tombe en panne, c’est presque comme être aveugle sur une route de montagne de nuit ; c’est un risque que je ne pouvais pas prendre.

Entraînement avant la course : s’adapter à l’obscurité

Il y avait six semaines entre l’inscription et la course. Les deux premières semaines, je me suis concentré sur le travail physique, puis j’ai ajouté des séances de nuit au cours des quatre dernières semaines.

Ma première sortie nocturne a eu lieu sur une piste cyclable au bord de la rivière, un environnement relativement sûr. Même là, les changements de perception causés par l’obscurité m’ont déstabilisé — la perception des distances était faussée, les nids-de-poule et les joints de chaussée devenaient plus difficiles à lire sous la lumière, et les bruits environnants semblaient amplifiés plusieurs fois.

À partir de la troisième semaine, j’ai déplacé mes sorties nocturnes sur les routes de montagne. Je n’oublierai jamais la sensation de gravir Yangmingshan dans le noir pour la première fois. Une route parcourue des dizaines de fois en plein jour était devenue méconnaissable la nuit. Chaque virage devait être réévalué, chaque descente exigeait une prudence accrue. Il m’a fallu trois sorties pour trouver le bon angle de lumière et le bon rythme de pédalage.

La découverte la plus importante : la nuit, il faut tourner la tête beaucoup plus amplement pour observer l’environnement. Le jour, on peut balayer la route du regard en vision périphérique, mais la nuit, le champ de vision est limité à la zone éclairée par le phare. Le phare de casque est donc devenu un outil où « la lumière suit ton regard ».

La nuit de la course

L’après-midi de la course, je suis arrivé sur place et j’ai mangé des pâtes préparées à l’avance comme dernier apport en glucides. En fin de journée, j’ai fait une sieste de deux heures à l’hôtel — une stratégie cruciale, car la course chevauchait l’heure normale du sommeil.

À vingt et une heures, en arrivant dans la zone de départ, le spectacle était déjà impressionnant. Des centaines de phares scintillaient dans l’obscurité, comme un essaim de lucioles prêtes à s’envoler. L’air était chargé d’une tension différente de celle des courses diurnes — une excitation mêlée de mystère et d’inconnu.

À vingt-deux heures précises, la corne de départ a résonné dans le ciel nocturne. Plus de trois cents phares se sont mis en mouvement simultanément, illuminant chaque centimètre de la zone de départ. Ce spectacle m’a saisi au point de m’avoir fait oublier le trac.

Première partie : trouver le rythme dans l’obscurité

Les 20 premiers kilomètres étaient relativement plats, et le peloton avançait à une allure régulière. Rouler dans le peloton la nuit est très différent du jour — on ne voit pas l’ensemble du groupe, seulement les feux arrière des coureurs devant et les silhouettes de ceux à côté. La distance de suivi s’élargit inconsciemment, car le jugement des distances dans le noir est faussé.

À la première montée, le peloton a commencé à s’étirer. La densité des lumières a chuté rapidement, passant d’une mer de lumière à des points épars. J’ai trouvé mon rythme, me concentrant sur la route devant moi et sur une puissance stable.

Monter de nuit procure une expérience étrange : ne voyant ni le sommet ni le paysage au loin, on perd tout repère de « combien reste-t-il ». Le monde se réduit aux quelques mètres de route éclairés par le phare. Paradoxalement, cela m’a rendu plus présent dans l’instant — sans anxiété sur la distance, sans anxiété sur le temps, juste à pédaler.

Partie centrale : solitude et ciel étoilé

Au kilomètre 40 se trouvait le point culminant du parcours. À mon arrivée, j’avais déjà creusé l’écart avec les coureurs devant et derrière, et l’obscurité autour de moi était presque totale. En m’arrêtant au bord de la route pour boire, j’ai levé les yeux et vu le ciel étoilé le plus spectaculaire de ma vie.

Au sommet, sans aucune pollution lumineuse, la Voie lactée s’étendait comme un fleuve lumineux à travers le ciel. Je suis resté là à la contempler au moins deux minutes, oubliant complètement que j’étais en course. Ce n’est que lorsqu’un phare de coureur a éclairé l’arrière que je suis revenu à la réalité et ai repris ma route.

Ces deux minutes sous les étoiles ont été la plus précieuse récompense de cette course.

Partie finale : fatigue et hallucinations

Après une heure du matin, le sommeil a commencé à m’envahir. C’est la période la plus dangereuse d’une course nocturne. Mes paupières devenaient lourdes, mon attention commençait à vagabonder. À un moment, j’ai cru voir une personne assise sur le garde-corps au bord de la route ; j’ai sursauté et failli dévier de ma trajectoire — en me retournant, il n’y avait évidemment rien.

Pour rester éveillé, j’ai fait plusieurs choses : bu une boisson énergisante contenant de la caféine, mis de la musique (avec un seul écouteur pour entendre les bruits environnants), et secoué vigoureusement la tête. La méthode la plus efficace a été de me laver le visage à l’eau froide au ravitaillement ; la sensation de réveil brutal durait environ trente minutes.

La descente des 20 derniers kilomètres était la section exigeant le plus de concentration. La nuit, l’information visuelle en descente est bien moindre qu’en journée ; il faut s’appuyer davantage sur la mémoire du parcours et l’anticipation. J’ai contrôlé ma vitesse à environ 20 % de moins qu’en journée, préférant la prudence au risque.

La ligne d’arrivée à trois heures du matin

À trois heures huit minutes du matin, j’ai vu les lumières scintillantes de l’arche d’arrivée. En franchissant la ligne, le personnel et les coureurs déjà arrivés ont applaudi et acclamé. Cette sensation d’être enveloppé de lumière et de sons dans l’obscurité était complètement différente de celle d’une arrivée en journée — plus chaleureuse, plus intime.

Cinq heures et huit minutes pour 80 kilomètres. Un résultat sans éclat, mais j’ai vécu pleinement toutes les facettes d’une course nocturne : la peur, la beauté, la solitude, la fatigue, et finalement le sentiment d’accomplissement.

Conseils pour préparer une course nocturne

Si vous envisagez de participer à une course de vélo nocturne, voici mon expérience en résumé. L’éclairage est l’investissement le plus important : prévoyez au moins un phare avant de 1 200 lumens et suffisamment de batteries de rechange. Avant la course, faites au moins trois sorties nocturnes sur un terrain similaire. Faites une sieste l’après-midi de la course et mangez des aliments faciles à digérer le soir. Emportez une boisson caféinée pour contrer le sommeil au petit matin. Réduisez votre vitesse en descente de 20 % par rapport au jour.

Enfin, n’oubliez pas d’éteindre parfois votre phare et de lever les yeux vers le ciel étoilé. C’est le cadeau unique des courses nocturnes.

Je me suis déjà inscrit à la prochaine course nocturne. Cette fois, j’apporterai une lumière plus puissante et un cœur plus courageux.

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