Le moment où j’ai trouvé le courage de m’inscrire
Je roule en vélo de route depuis environ un an et demi, avec une moyenne hebdomadaire de 150 à 200 kilomètres. Je ne suis pas un cycliste qui s’entraîne sérieusement, mais je ne suis pas non plus un pur rouleur du dimanche. L’année dernière, mon camarade de vélo Xiao Lin m’a envoyé les informations d’inscription pour une course régionale de vélo de route, en disant : « Le niveau débutant n’est pas très relevé, tente ta chance. »
J’ai lu et relu le message, je l’ai fermé, puis je l’ai rouvert trois jours plus tard. Finalement, 48 heures avant la clôture des inscriptions, j’ai cliqué sur le bouton d’envoi.
Au moment où l’inscription a été confirmée, ma première pensée n’était pas l’excitation, mais le regret.
Deux mois avant la course : s’entraîner de force dans l’appréhension
La distance de la course était de 75 kilomètres, avec environ 1 200 mètres de dénivelé positif. Dans la catégorie débutant, il n’y avait pas de chronométrage strict, l’objectif principal étant de terminer la course. Sur le papier, cette difficulté ne semblait pas trop excessive pour moi, mais je n’arrivais pas à être serein.
J’ai commencé à chercher tous les articles sur « ma première course de vélo de route » et j’ai lu tous les conseils d’avant-course que je pouvais trouver : stratégie de ravitaillement, méthode d’allure, liste de vérification du vélo, déroulement du jour J… Plus j’en lisais, plus l’anxiété augmentait.
Un ami m’a dit : « Tu te fais trop de soucis. Considère ça comme une simple sortie longue. »
Je savais qu’il avait raison, mais je n’arrivais pas à franchir ce cap mentalement.
Côté entraînement, j’ai augmenté mon volume hebdomadaire à environ 250 kilomètres, en mettant l’accent sur des intervalles simulant l’intensité de la course et des sorties d’endurance longue distance. Une fois, j’ai délibérément fait deux montées sur les routes près du parcours de la course pour essayer de me familiariser avec le terrain. Résultat : j’étais encore plus inquiet — cette montée était plus raide que ce que j’avais imaginé.
Une semaine avant la course : la vérification obsessionnelle de l’équipement
Une semaine avant la course, j’ai emmené mon vélo chez le marchand pour un contrôle complet. J’ai changé les plaquettes de frein, réajusté le système de vitesses et réglé la pression des pneus au maximum recommandé. Ensuite, chaque soir, je touchais à nouveau les pneus et les freins pour vérifier que je n’avais rien oublié.
Le plan de ravitaillement a aussi connu au moins trois versions :
- Version 1 : ravitaillement toutes les 20 kilomètres, soit trois fois au total
- Version 2 : ajustement selon les sensations, une barre énergétique toutes les 30 minutes
- Version 3 : s’arrêter à chaque poste de ravitaillement
J’ai finalement opté pour la version 1.
Le choix des vêtements m’a aussi fait hésiter tout un après-midi. Porter le maillot de course ou mon maillot d’entraînement habituel ? J’ai finalement choisi celui que je connaissais le mieux, avec le principe : « Ne tente rien de nouveau le jour de la course » — un principe qui s’est avéré juste par la suite.
Le jour de la course : un départ chaotique et une mise en route progressive
La veille du départ, j’ai à peine dormi, repassant sans cesse différents scénarios dans ma tête. Quand le réveil a sonné à 4 h 30, j’ai plutôt ressenti un soulagement — c’était enfin le jour J.
Arrivé au départ, en voyant des centaines de vélos alignés, les cyclistes se saluant et vérifiant leur équipement, l’ambiance était bien plus amicale que ce que j’avais imaginé. Les participants de la catégorie débutant plaisantaient et riaient pour la plupart, sans la tension que j’avais redoutée.
Le coup de feu a retenti. C’était parti.
Pendant les premiers kilomètres, j’ai roulé très prudemment, laissant beaucoup de monde me dépasser, mais cela m’a permis de trouver mon propre rythme. Quand la première montée est arrivée, j’ai choisi de grimper à une allure aérobie stable, sans suivre les autres dans leurs accélérations, et sans paniquer en me faisant dépasser.
Vers le 35ᵉ kilomètre se trouvait la montée la plus difficile du parcours, avec une pente soutenue de 7 à 9 % sur 4 kilomètres. Sur ce tronçon, je me suis souvenu de toutes les montées graviées à l’entraînement et je me suis dit : une fois celle-ci avalée, le poste de ravitaillement est juste après.
Les 10 derniers kilomètres : des jambes en feu et un cœur qui refuse de s’arrêter
En entrant dans les 10 derniers kilomètres, mes jambes étaient dans un état de fatigue avancé, mais une étrange lucidité s’était installée dans mon esprit. J’ai commencé à calculer activement la distance, à évaluer l’énergie restante, à ajuster mon rythme de pédalage pour maintenir une puissance aussi stable que possible.
L’arche d’arrivée est apparue au loin. J’ai failli me lever pour sprinter, mais ma raison m’a rappelé : « Ne prends pas de risque maintenant. » J’ai donc gardé ma position assise, j’ai légèrement augmenté la vitesse et franchi la ligne d’arrivée.
Les chiffres sur le panneau de chronométrage n’avaient aucun sens pour moi — je n’étais pas assez rapide, mon classement devait être très loin derrière — mais je m’en fichais vraiment. Tout ce que je savais, c’est que cette ligne d’arrivée, je l’avais gagnée avec deux mois d’entraînement et d’innombrables nuits d’angoisse. La sensation de la franchir valait toute l’anxiété qui l’avait précédée.
Pour ceux qui participent à leur première course
Quelques jours après la course, j’ai résumé mes enseignements en quelques points, à l’intention des débutants aussi nerveux que je l’étais :
- L’anxiété d’avant-course est normale, voire nécessaire : elle prouve que vous tenez vraiment à cette course
- Fixez-vous comme premier objectif de « terminer », pas le classement
- Le jour de la course, ne tentez rien de nouveau (équipement, ravitaillement, stratégie)
- L’ambiance au départ est plus amicale que vous ne l’imaginez
- Après avoir terminé, vous aurez immédiatement envie de vous inscrire à la suivante
Sur ce dernier point, je me suis déjà inscrit à ma deuxième course.
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