
Introduction
On dit parfois que le vélo est la nouvelle pêche à la ligne pour les hommes d’âge mûr. Cela semble un peu ironique, mais je trouve que c’est très juste.
À 35 ans, ma vie était structurée autour du travail, du mariage et des enfants, mais il n’y avait précisément pas de « temps qui ne m’appartienne qu’à moi ». Ce déséquilibre ne s’est pas installé en un jour, mais un mardi soir épuisant, j’ai soudainement ressenti très clairement : si je ne faisais rien, j’allais lentement devenir quelqu’un que je ne reconnaîtrais pas moi-même.
Ce week-end-là, j’ai sorti mon vélo de route à cadre alu qui dormait au garage depuis deux ans, et j’ai fait ma toute première « montée » au sens propre — de Xinyi à Taipei jusqu’à Maokong, environ 22 kilomètres aller-retour.
En rentrant, j’étais en sueur, les jambes lourdes, mais quelque part à l’intérieur, mon cœur était léger.
Trouver le rythme : comment intégrer le vélo dans une vie bien remplie
Beaucoup me demandent : avec un travail aussi prenant et de jeunes enfants, où trouves-tu le temps de rouler ?
Honnêtement, au début, je ne le trouvais pas. Le temps ne se trouve pas, il se vole — on le vole sur le sommeil, sur l’obscurité du petit matin, sur la pause déjeuner.
La solution que j’ai finalement trouvée, c’est le « créneau fixe » : sortir à 5h30 chaque mardi et jeudi matin, rouler une heure (environ 25 à 30 kilomètres), rentrer avant 7h, puis aller travailler normalement. Le samedi matin, c’est le jour de la longue sortie : je pars pendant que les enfants dorment encore, je roule 3 à 4 heures, et je rentre avant 13h.
| Créneau de sortie | Fréquence | Distance | Impact sur le rythme de vie |
|---|---|---|---|
| Mardi/jeudi matin (5h30–7h00) | 2 fois par semaine | 25–30 km | Sport terminé avant de partir, bonne forme toute la journée |
| Longue sortie du samedi (5h30–13h00) | 1 fois par semaine | 80–120 km | Temps en famille concentré l’après-midi, pas de conflit |
| Sortie nocturne occasionnelle | 1 à 2 fois par mois | 40–60 km | Libération du stress, n’empiète pas sur la journée |
Ce planning ne s’est pas établi du jour au lendemain ; il a fallu environ trois mois pour le tâtonner progressivement. L’étape la plus cruciale a été d’obtenir la compréhension et le soutien de ma famille — ma femme était un peu perplexe au début, mais quand elle a vu mon état après les sorties (humeur stable, moins d’irritabilité, plus disponible pour les enfants), elle a dit : « Continue de rouler, c’est mieux pour tout le monde. »
Cette phrase est l’une des principales raisons qui me poussent à continuer.
Ce que le vélo a changé chez moi
Voici quelques changements bien réels :
- Une gestion des émotions nettement meilleure : Avant, face à un revers professionnel, je pouvais le garder en moi et le ramener à la maison, ce qui pesait sur l’ambiance familiale. Maintenant, je « brûle » ces émotions en roulant, et je rentre avec une bien meilleure capacité à gérer les problèmes.
- Un sommeil de meilleure qualité : Les sorties matinales régulières ont réinitialisé mon horloge biologique ; je m’endors plus vite et le sommeil est plus profond.
- La construction d’un monde qui n’appartient qu’à moi : Les itinéraires sur Strava, les données d’entraînement, les échanges avec les autres cyclistes — ce sont des accumulations qui ne concernent que moi, sans lien avec mon rôle professionnel ou familial. C’est la part de « moi-même ».
- Un exemple de persévérance pour mon enfant : Mon enfant a maintenant cinq ans ; elle sait que papa sort rouler chaque semaine et qu’il revient heureux. J’espère qu’en grandissant, elle se souviendra que son père avait une chose qu’il faisait avec beaucoup de sérieux.
Ce que le vélo ne peut pas résoudre
Je dois être honnête : le vélo n’est pas une panacée.
Les problèmes qui nécessitent une communication en famille, le vélo ne les résout pas ; les dilemmes de carrière qui exigent des décisions, le vélo ne les résout pas ; les angoisses profondes, le vélo tout au plus les fait taire temporairement, elles sont toujours là.
Mais le vélo a accompli autre chose : il m’a permis, avant d’affronter ces problèmes, de me maintenir dans un état où je peux les affronter. Dans un état de fatigue, d’anxiété ou d’épuisement, tout problème devient plus difficile à résoudre ; après une sortie, l’environnement hormonal de mon corps me rend plus lucide et plus stable.
Cette différence est bien plus importante qu’il n’y paraît.
Conseils pratiques
- Parlez d’abord de temps, ensuite d’équipement : Beaucoup pensent qu’« il faut du bon matériel pour rouler sérieusement », mais trouver un créneau horaire stable est bien plus important que d’améliorer son équipement. C’est le fondement pour faire durer la pratique.
- Faites de votre famille une alliée, pas une rivale : Faites comprendre activement à votre famille ce que vous faites, partagez vos ressentis après les sorties, montrez-leur l’impact positif du vélo sur vous. La compréhension de la famille est la clé d’une pratique durable.
- Fixez-vous de petits objectifs de kilométrage, ne planifiez pas Wuling dès le départ : Des objectifs trop ambitieux déséquilibrent la vie ; fixez-vous un défi atteignable chaque trimestre (comme rouler jusqu’à Taoyuan pour la première fois, ou boucler 100 km), et construisez votre sentiment d’accomplissement progressivement.
- Acceptez que certaines semaines vous ne rouliez pas : La vie réserve des imprévus — enfant malade, heures supplémentaires, activités familiales — parfois le vélo doit céder la place. Acceptez-le sans culpabiliser.
Conclusion
Le vélo m’a donné un point d’appui.
Ni une fuite, ni une compensation, mais un point fixe qui me permet de garder l’équilibre. Comme le vélo lui-même — sur une seule roue, il ne peut pas tenir debout, mais tant qu’il avance, il reste en équilibre.
Je ne sais pas jusqu’à quel âge je roulerai, mais je sais que tant que je le pourrai, je continuerai. Parce que cette heure, ou ces trois heures, c’est le moment où je sais le plus clairement qui je suis.
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