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La gratitude en course à pied : remplacer l'obsession des performances par la reconnaissance des capacités de son corps

挑戰心得

La gratitude en course à pied : remercier son corps au lieu d'être obsédé par ses performances

Introduction

Il existe un type de coureur qui n’est jamais satisfait de ses performances : il court un semi-marathon et s’inquiète de ne pas avoir couru un marathon ; il passe sous les quatre heures et regrette de ne pas être passé sous les trois heures trente ; quand le temps est beau, il court en craignant que son volume d’entraînement soit insuffisant ; quand le temps est mauvais et qu’il ne court pas, il a l’impression d’avoir gâché sa journée. Cette insatisfaction permanente porte un nom en psychologie : le « tapis roulant hédonique » (Hedonic Treadmill) — quel que soit le résultat obtenu, la ligne de base du bonheur revient rapidement à zéro, et l’on repart à la poursuite du chiffre suivant, toujours meilleur.

La gratitude offre une autre voie : non pas renoncer à la quête de progrès, mais, tout en poursuivant cette quête, vivre pleinement le cadeau que chaque course t’offre.

Les fondements scientifiques de la psychologie de la gratitude

Les chercheurs en psychologie positive ont accumulé de nombreuses données empiriques sur la gratitude :

  • Pratiquer la gratitude de manière régulière (par exemple, noter chaque jour trois choses pour lesquelles on est reconnaissant) est significativement associé à une augmentation du bien-être subjectif
  • La gratitude permet de briser l’« adaptation hédonique » — elle empêche l’habituation de nous faire perdre la sensibilité aux bonnes choses déjà présentes
  • La gratitude réduit la dépendance à la reconnaissance externe et renforce la motivation intrinsèque

Dans le contexte de la course à pied, les objets de gratitude peuvent être : un corps en bonne santé qui te permet de courir, le temps qui t’est accordé pour t’entraîner, les compagnons de course qui te soutiennent, chaque parcours qui t’offre un paysage.

Cinq sources de gratitude que les coureurs négligent le plus

Objet de gratitude Pourquoi il mérite des remerciements Comment se le rappeler
Des pieds en bonne santé Beaucoup de personnes ne peuvent pas courir à cause de blessures ou de maladies Prendre une grande respiration à chaque fois que l’on chausse ses baskets
Du temps libre Pouvoir organiser son temps d’entraînement est un privilège Considérer le temps d’entraînement comme un cadeau que l’on se fait, et non comme une obligation
Des parcours sûrs Courir sur route ou sur sentier nécessite un environnement sécurisé Prêter attention aux paysages familiers mais souvent ignorés le long du chemin
Des personnes qui nous soutiennent Le partenaire et la famille qui te laissent partir courir Exprimer sincèrement sa gratitude à ceux qui te soutiennent après une course
L’entraînement passé Les capacités d’aujourd’hui sont le fruit de tout l’entraînement passé Se souvenir du chemin parcouru lors des passages difficiles d’une course

Quatre exercices de transition de l’obsession des performances à la gratitude

Exercice 1 : Un rituel de gratitude avant la course

Avant de partir, prends 30 secondes pour un bref lancement de gratitude :

« Je remercie mon corps de pouvoir encore courir aujourd’hui. Que je coure vite ou lentement aujourd’hui, cette course est en elle-même un cadeau. »

Ce rituel n’a pas besoin d’être prononcé à voix haute, une simple méditation intérieure suffit. Sa fonction est de déplacer l’attention de « quel résultat dois-je atteindre aujourd’hui ? » vers « j’ai la chance de courir aujourd’hui ».

Exercice 2 : Le journal de gratitude en trois points après la course

Après chaque séance de course, note trois choses pour lesquelles tu as ressenti de la gratitude pendant cette course, sans qu’elles soient nécessairement liées à la performance :

  • « Les couleurs du coucher de soleil étaient magnifiques aujourd’hui. »
  • « Au 8e kilomètre, un passant m’a fait un signe de la main pour m’encourager. »
  • « Mon genou gauche n’a pas eu mal du tout aujourd’hui. »

Pendant trois à quatre semaines, tu constateras que tes souvenirs de chaque course deviennent plus riches et plus colorés, et non plus une simple série de chiffres d’allure.

Exercice 3 : La prise de conscience du retour après une blessure ou une maladie

Beaucoup de coureurs disent que c’est pendant la période où ils ne pouvaient plus courir, à cause d’une blessure ou d’une maladie, qu’ils ont vraiment appris à être reconnaissants de pouvoir courir. Tu n’as pas besoin d’attendre d’être blessé pour l’apprendre. Essaie de te demander : « Si demain, pour une raison quelconque, je ne pouvais plus jamais courir, qu’est-ce qui me manquerait le plus ? » Ce qui te manquerait, c’est précisément ce qui mérite d’être chéri dès maintenant.

Exercice 4 : Remplacer « je dois courir » par « je choisis de courir »

Le langage reflète les croyances. « Je dois courir 20 kilomètres aujourd’hui » et « Je choisis de courir 20 kilomètres aujourd’hui » décrivent la même chose, mais la sensation psychologique est radicalement différente. La première est une obligation, la seconde un choix. Remplacer délibérément « je dois » par « je choisis » aide le cerveau à passer des règles extérieures à l’autonomie intérieure, et la gratitude apparaît alors naturellement.

La gratitude ne signifie pas renoncer au progrès

La gratitude est parfois mal comprise comme « il suffit d’être content de ce que l’on a, pas besoin de progresser ». Mais la véritable gratitude n’entre pas en conflit avec la quête de progrès — la gratitude porte sur « ce que l’on a déjà », tandis que l’entraînement continu est « un investissement pour l’avenir ». Les deux peuvent coexister : « Je suis très reconnaissant de pouvoir courir 15 kilomètres aujourd’hui, et en même temps je travaille dur pour pouvoir un jour courir 30 kilomètres. »

Conseils pratiques

  • Après une course, remercie d’abord, analyse ensuite : à la fin d’une course, accorde-toi d’abord cinq minutes pour remercier ton corps d’avoir accompli cette épreuve, puis commence à analyser les performances et les erreurs. Cet ordre évite que la gratitude soit noyée sous le jugement immédiat des résultats.
  • Pratique la gratitude sur les kilomètres les plus difficiles : lors du mur des 35 kilomètres, essaie de te dire « mon corps bouge encore, c’est un miracle » — il ne s’agit pas de nier la douleur, mais de trouver une ancre authentique au milieu de la souffrance.
  • Étends la gratitude à ta communauté de course : remercie le compagnon qui t’a initié, les bénévoles des courses, l’entraîneur qui a conçu ton plan d’entraînement. Ces remerciements transformeront ta vie de coureur, d’une compétition individuelle solitaire, en un voyage collectif empreint de chaleur.

Conclusion

Chaque fois que tu chausses tes baskets, c’est un petit miracle : un corps en bonne santé, du temps libre, un environnement sûr, des personnes qui te soutiennent — rien de tout cela n’est acquis. Lorsque tu commences à voir la course à pied avec des yeux reconnaissants, elle cesse d’être une compétition où il faut toujours être plus rapide, plus loin, meilleur, et devient un voyage où, à chaque fois, tu peux trouver la beauté, trouver la force, et te trouver toi-même. Courir suffit en soi, et toi aussi, tu suffis.

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