
Terminer mon premier triathlon : natation, vélo, course à pied, une aventure exaltante
Au moment où j’ai franchi la ligne d’arrivée, je me suis agenouillé sur l’herbe, le corps tremblant, incapable de dire si c’était la fatigue ou l’émotion. La voix de l’animateur résonnait dans les haut-parleurs : « Félicitations, vous avez terminé ! » Les spectateurs applaudissaient autour de moi, mais je n’entendais rien. Une seule pensée occupait mon esprit : je l’ai vraiment fait.
1,5 km de natation, 40 km de vélo, 10 km de course à pied. La distance olympique (Olympic Distance / 51,5 km), pour beaucoup de triathlètes, n’est qu’un niveau d’entrée, mais pour moi qui, neuf mois plus tôt, m’étouffais en avalant de l’eau après seulement 50 mètres de natation, c’était une montagne insurmontable.
Le point de départ : une inscription impulsive
Tout a commencé en octobre dernier. Un collègue de bureau avait terminé un Half Ironman. Il a partagé ses photos de finisher dans le groupe de l’entreprise, vêtu de sa combinaison de triathlon tachée de sueur et de sel, brandissant sa médaille, souriant comme un enfant. Une pluie de félicitations a suivi, mais moi, j’ai été saisi par une impulsion inexplicable.
« Qui veut s’inscrire avec moi au triathlon de Taitung l’année prochaine ? » ai-je tapé dans le groupe, hésitant trois secondes avant d’appuyer sur envoyer. Un collègue a répondu immédiatement : « Distance olympique ou half ? Commençons par la distance olympique, je m’entraîne avec toi. »
Et voilà, sans vraiment savoir dans quoi je m’embarquais, j’ai payé les frais d’inscription. Neuf mois avant la course.
Le plus grand obstacle : l’eau
Parmi les trois disciplines, j’avais des bases en vélo et en course à pied — je suis un cycliste du week-end qui roule sur route, et je cours parfois cinq kilomètres le long de la rivière. Mais la natation ? La dernière fois que j’étais allé dans l’eau, c’était il y a dix ans, à Kenting, avec une bouée, en barbotant dans la mer.
Ma première séance à la piscine a été un désastre. J’ai réussi deux longueurs de 25 mètres avant de m’accrocher au bord, à bout de souffle, avec une technique catastrophique et plusieurs gorgées d’eau avalées pendant la respiration. Dans la ligne d’à côté, un monsieur âgé faisait des allers-retours en papillon avec une aisance déconcertante, ce qui ne faisait qu’augmenter ma honte.
J’ai décidé de m’inscrire à des cours de natation pour adultes. Le moniteur, un jeune ancien de l’équipe universitaire de natation, m’a regardé nager une longueur avant de dire : « Ton problème n’est pas le physique, c’est la peur de l’eau. Chaque fois que ton visage entre dans l’eau, tu es tendu, tu retiens ta respiration, et en retenant ta respiration, tu coules. »
Pendant les deux mois suivants, trois séances d’une heure par semaine, le moniteur a passé près de la moitié du temps à m’apprendre à me détendre. Exercices de flottaison, expiration sous l’eau, respiration rythmée. L’exercice qui m’a le plus marqué était simple : flotter face contre l’eau, sans bouger, en expirant lentement par le nez. La première fois, j’ai tenu moins de dix secondes avant de relever la tête, paniqué. À la fin de la troisième semaine, je pouvais flotter tranquillement pendant une minute.
Ce fut un tournant. Le jour où j’ai cessé d’avoir peur de l’eau, tout a changé.
L’entraînement équilibré des trois disciplines
Le plus grand défi du triathlon n’est pas une discipline en particulier, mais comment équilibrer l’entraînement des trois avec un temps limité. Je travaille de 9 h à 18 h, et je peux consacrer environ une heure à une heure et demie par jour à l’entraînement.
Mon ami moniteur m’a établi un plan hebdomadaire très pragmatique :
| Jour | Contenu de l’entraînement | Durée |
|---|---|---|
| Lundi | Technique de natation | 60 minutes |
| Mardi | Home-trainer | 60 minutes |
| Mercredi | Course à pied (footing facile) | 45 minutes |
| Jeudi | Natation endurance | 60 minutes |
| Vendredi | Repos ou gainage | 30 minutes |
| Samedi | Longue sortie vélo | 2-3 heures |
| Dimanche | Entraînement brique (vélo + course) | 1,5-2 heures |
L’« entraînement brique » (Brick Workout) est un classique de l’entraînement triathlon — enchaîner directement la course après le vélo. La première fois que j’ai fait un entraînement brique, la sensation était étrange : pendant les cinq premières minutes de course après être descendu du vélo, mes jambes semblaient remplies de ciment, complètement insensibles. Mes foulées étaient lourdes et hachées, et même en trottinant à une allure de 6 min/km, ma fréquence cardiaque grimpait à plus de 160. Le moniteur m’a dit que ça s’appelait des « jambes en gelée » et qu’avec de la pratique, ça s’améliorerait. Il avait raison : deux mois plus tard, le temps des jambes en gelée était passé de cinq minutes à deux.
L’expérience choc de l’eau libre
Après avoir réussi à nager 1 500 mètres d’affilée en piscine, je me suis inscrit avec confiance à une séance d’entraînement en eau libre avec le club de triathlon. Le lieu : le canal Weifeng, à New Taipei City.
Dès que j’ai sauté dans l’eau, j’ai compris que c’était un tout autre monde. L’eau était trouble, avec une odeur, et on ne voyait pas la ligne noire au fond. Pas de mur pour se reposer en faisant demi-tour, pas de ligne d’eau pour s’orienter. Pire encore, d’autres nageurs étaient autour de moi en même temps : se faire frapper les bras ou les pieds, avaler des éclaboussures, c’était monnaie courante.
Lors de ma première séance en eau libre, je n’ai nagé qu’environ 300 mètres avant de m’accrocher à une bouée, paniqué. Cette perte de repères et de sécurité était plus dévastatrice que la fatigue physique de la nage elle-même.
Au total, j’ai fait huit séances en eau libre, chacune un peu meilleure que la précédente. J’ai appris à « m’orienter » — lever la tête toutes les dix ou douze brasses pour repérer un point de repère devant moi ; à m’adapter à l’eau trouble et aux vagues irrégulières ; à rester calme au milieu des autres nageurs. Lors de la dernière séance avant la course, j’ai pu nager 1 500 mètres en eau libre de manière stable, certes plus lentement qu’en piscine, mais sans paniquer.
Jour de course : l’ordre dans le chaos
La course se déroulait au lac Huoshui, à Taitung. Arrivé à 5 h 30 du matin dans la zone de transition, j’ai vu des centaines de vélos de triathlon et de vélos de route alignés sur les supports, les athlètes en combinaison de triathlon de toutes les couleurs faisant leurs derniers préparatifs, l’air chargé d’odeurs de crème solaire et de lubrifiant anti-frottement. Mon cœur s’emballait déjà.
Première discipline : natation 1,5 km
Au coup de pistolet, des centaines de personnes se sont ruées dans l’eau en même temps. La scène ne peut être décrite que comme une « machine à laver » — des éclaboussures partout, des bras qui s’agitent, des pieds qui vous frappent au visage. Pendant les deux cents premiers mètres, j’ai complètement perdu mon rythme, bousculé par la foule, avalant plusieurs gorgées d’eau.
Je me suis forcé à m’arrêter, à me retourner sur le dos pour flotter dix secondes, à prendre trois grandes respirations, puis à repartir. Une fois la foule dispersée, j’ai trouvé mon rythme, avançant régulièrement bras après bras. J’ai terminé le 1,5 km en 38 minutes. Pas rapide, mais je l’ai fait, vivant.
Première transition (T1)
En sortant de l’eau, j’avais la tête qui tournait — un phénomène courant chez les débutants en triathlon, car le passage soudain de la nage horizontale à la position debout modifie la répartition du sang. J’ai trottiné jusqu’à la zone de transition, retiré mon bonnet de bain et mes lunettes, enfilé mes chaussures de vélo et mon casque, et aspergé mon vélo d’un jet d’eau. T1 m’a pris environ trois minutes et demie. J’ai vu des athlètes expérimentés à côté de moi le faire en quelques secondes, mais tant pis, l’important était d’être stable.
Deuxième discipline : vélo 40 km
Le vélo était ma discipline la plus confiante. Le parcours de Taitung était essentiellement plat, longeant la côte, avec un paysage à couper le souffle. Le vent marin était un peu fort, mais j’ai trouvé un rythme confortable, maintenant environ 30 km/h. J’ai mangé une barre énergétique et bu une bouteille de boisson isotonique.
Le vélo m’a pris 1 h 25. En descendant, mes jambes étaient un peu lourdes, mais mon état était bien meilleur que prévu.
Deuxième transition (T2)
Chaussures de course, casquette, dossard retourné vers l’avant. T2 m’a pris deux minutes.
Troisième discipline : course à pied 10 km
Les jambes en gelée sont arrivées à l’heure. Les deux premiers kilomètres ne ressemblaient pas à de la course, mais plutôt à une progression avec une posture étrange. Ma fréquence cardiaque a grimpé à 170, la bouche complètement sèche. Je me suis dit : « Tiens bon les trois premiers kilomètres, ça ira mieux après. »
Effectivement, au quatrième kilomètre, mes jambes ont retrouvé un peu de sensation. Mon allure est passée de 7 min 30 à 6 min 30. Les trois derniers kilomètres longeaient le parc côtier, le soleil couchant teintant le ciel d’orange. À chaque poste de ravitaillement, des bénévoles criaient des encouragements.
Au dernier kilomètre, j’ai vu l’arche d’arrivée. Les larmes ont soudainement coulé. J’ai accéléré pour franchir la ligne, mon compteur s’arrêtant à 3 h 52.
Après la ligne d’arrivée
Médaille en main, deux canettes de cola avalées, trois onigiris engloutis, puis affalé sur l’herbe à regarder le ciel. Chaque partie du corps est endolorie, mais l’esprit est empli d’une sérénité étrange et merveilleuse.
Ce que signifie terminer un triathlon, pour moi, ce n’est pas le chrono, mais l’expérience d’avoir affronté, encore et encore, la peur et l’inconfort. Si j’avais peur de l’eau, j’ai appris à nager ; si l’eau libre me mettait mal à l’aise, j’ai répété inlassablement ; si mes jambes devenaient gelée, j’ai multiplié les entraînements en enchaînement. Chaque problème a une solution, à condition d’être prêt à lui faire face.
Avec le recul, cette inscription impulsive d’il y a neuf mois est l’une des meilleures décisions que j’aie jamais prises. L’année prochaine ? Peut-être tenter le half ironman. Nager 1,9 km, pédaler 90 km, courir 21 km. Ça semble fou, mais il y a neuf mois, le sprint me semblait tout aussi fou.
Conseils aux débutants en triathlon : si vous avez un point faible parmi les trois disciplines, consacrez-y votre temps en priorité. La natation est le point bloquant pour la plupart ; je recommande de commencer l’entraînement en eau libre au moins trois mois avant la course. Côté équipement, pas besoin d’acheter un vélo de contre-la-montre pour votre première course, un vélo de route suffit amplement. Le plus important est de profiter du parcours.
Lectures complémentaires
- De la première à la centième course : célébrer et donner du sens aux étapes du triathlon
- Plan de 12 semaines pour débuter le triathlon : le cadre d’entraînement pour boucler votre premier sprint à partir de zéro
- Guide complet du triathlon pour débutants : le plan d’entraînement triathlon de A à Z
- Liste d’équipement pour débuter le triathlon : le guide complet de préparation à partir de zéro
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