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Les leçons à la dure du vélo en saison des typhons : ce que le vent et la pluie m'ont appris

挑戰心得

Les leçons apprises à vélo pendant la saison des typhons : ce que le vent et la pluie m'ont appris

Les leçons apprises à vélo pendant la saison des typhons : ce que le vent et la pluie m’ont appris

L’été à Taïwan est une saison paradoxale pour les cyclistes. D’un côté, les journées sont longues et la verdure omniprésente, c’est une bonne période pour rouler ; de l’autre, de juin à octobre, pendant la saison des typhons, le ciel peut changer d’humeur à tout moment. Au fil des années passées à pédaler à Taïwan, j’ai accumulé pas mal d’expériences de lutte contre le vent et la pluie. Certaines sont de précieuses leçons, d’autres sont des souvenirs douloureux qui ont failli me coûter la vie.

Épisode 1 : Coincé sur le mont Yangming cet après-midi-là

C’était un samedi après-midi de juillet. Au moment de partir, les prévisions annonçaient des « averses orageuses locales brèves en après-midi ». Je me suis dit que « local » ne voulait pas forcément dire que ça tomberait sur moi. J’ai donc grimpé le mont Yangming comme d’habitude.

Pendant la montée, tout était normal : soleil de plomb, sueur à flots. Arrivé près de Xiaoyoukeng, j’ai remarqué que le ciel au nord-ouest commençait à s’accumuler de gros nuages sombres, mais il ne restait que deux kilomètres jusqu’au sommet. Je me suis dit que je monterais, prendrais une photo et redescendrais.

Cette décision a failli me tuer.

Moins de cinq minutes après avoir atteint le sommet, les nuages ont déferlé comme si quelqu’un avait renversé un seau d’encre noire. Après quelques coups de tonnerre sourds, la pluie s’est déversée comme si on avait ouvert un robinet. Pas une grosse pluie ordinaire : une pluie torrentielle qui pique la peau et vous empêche d’ouvrir les yeux. Accompagnée d’éclairs incessants — l’intervalle entre l’éclair et le tonnerre était de moins de deux secondes, ce qui signifiait que la foudre frappait tout près.

Je n’osais absolument pas redescendre. Descendre sous une telle pluie relevait du suicide : visibilité quasi nulle, freinage réduit de moitié, et l’eau accumulée sur la route pouvait provoquer une glissade à tout moment. Je me suis abrité dans un pavillon au bord de la route, vêtu de mon maillot trempé, grelottant de froid dans le vent de montagne. Le signal téléphonique était intermittent ; j’ai réussi à passer un appel à ma famille pour les rassurer.

Cette pluie a duré près d’une heure. Quand elle s’est un peu calmée, je suis redescendu lentement, prudemment. Les mains serrées sur les leviers de frein, à moins de quinze kilomètres à l’heure, chaque virage était un exercice de funambule. Je suis rentré à la nuit tombée, trempé de la tête aux pieds.

Leçon n°1 : Les averses orageuses de l’après-midi ne sont pas une plaisanterie. Dans les régions montagneuses de Taïwan, il faut être redescendu avant trois heures de l’après-midi.

Épisode 2 : L’attaque surprise de la périphérie d’un typhon

Une autre expérience a été encore plus terrifiante. C’était en septembre. Un typhon de catégorie moyenne remontait vers le nord à l’est de Taïwan. Il ne devait pas toucher terre directement, mais apporterait des effets de sa périphérie. Le bureau météorologique avait émis un avertissement de typhon terrestre, mais dans l’ouest où j’habite, le temps semblait correct — du vent, mais le soleil était là.

J’ai pensé qu’une sortie courte avant l’arrivée du typhon ne poserait pas de problème. Quelle idée stupide.

Environ une demi-heure après le départ, le vent a soudainement forci. Pas un vent ordinaire : des rafales capables de vous déporter sur la route. Je roulais sur une piste cyclable dégagée le long de la digue, sans aucune protection. Quand le vent latéral était le plus fort, je devais incliner mon corps de près de vingt degrés pour maintenir une trajectoire droite, et la roue avant vacillait sans cesse dans le vent.

Puis la pluie est arrivée. Pas une pluie qui tombe verticalement, mais une pluie presque horizontale, poussée par le vent. Sur le visage, c’était comme un ponçage au papier de verre. Je portais des lunettes de soleil, mais l’eau les rendait complètement floues ; une fois retirées, la pluie m’empêchait d’ouvrir les yeux.

J’ai mis quarante minutes pour parcourir un trajet qui m’en prend habituellement quinze. En rentrant, mes mains tremblaient. Pas de froid : de peur. Pendant ces quarante minutes, plusieurs rafales ont failli me faire perdre le contrôle du vélo. Si une voiture était passée à ce moment-là, les conséquences auraient été inimaginables.

Leçon n°2 : Pendant un avertissement de typhon, quel que soit le beau temps apparent, ne sortez pas à vélo. Les rafales de la périphérie peuvent passer d’une brise à une tempête en quelques minutes.

Épisode 3 : La frayeur de la descente sous la pluie

Une autre expérience m’a définitivement appris la leçon, sur la route provinciale Beiyi.

Ce jour-là, je rentrais de Pinglin vers Taipei. Pendant la descente, il s’est soudainement mis à pleuvoir. Une fois la chaussée mouillée, l’adhérence de mes patins de frein sur mes roues en carbone a chuté d’au moins cinquante pour cent. J’ai serré les leviers, mais la vitesse ne diminuait que très légèrement. Cette sensation de ne pas pouvoir freiner m’a presque arrêté le cœur.

Ensuite est venu un virage en épingle à cheveux. Je savais qu’avec la vitesse et la puissance de freinage actuelles, je partirais à l’extérieur au milieu du virage. La seule option était de ralentir au maximum avant d’aborder le virage. J’ai tiré sur les freins avant et arrière simultanément, en abaissant et reculant mon centre de gravité. La roue arrière a légèrement dérapé sur la chaussée glissante — cette seconde a probablement été la plus terrifiante de ma carrière de cycliste.

J’ai finalement passé le virage de justesse, mais mon cœur devait battre à deux cents pulsations.

Leçon n°3 : Les roues en carbone avec patins perdent énormément en performance de freinage sous la pluie (sauf avec des freins à disque). Si vous utilisez des jantes carbone à patins, freinez beaucoup plus tôt par temps de pluie, et doublez au minimum la distance de freinage avant un virage. Ou envisagez sérieusement de passer à un vélo à disques.

Les règles de survie en saison des typhons, acquises après des années d’expérience

1. Apprendre à lire les cartes météo

Ne vous contentez pas des prévisions de l’application météo sur votre téléphone. Apprenez à lire les images de réflectivité radar et les images satellite de l’Agence centrale de météorologie. Les images radar montrent la position en temps réel des précipitations et leur direction de déplacement ; les images satellite montrent le développement des systèmes nuageux convectifs. Prendre cinq minutes pour les consulter avant de sortir peut éviter bien des ennuis.

Quelques principes pratiques :

  • Réflectivité radar supérieure à 40 dBZ : fortes pluies, ne sortez pas
  • Réflectivité supérieure à 50 dBZ : pluies torrentielles avec foudre, ne sortez absolument pas
  • Une masse blanche et brillante sur l’image satellite se déplaçant vers vous : le temps peut changer dans une à deux heures
  • Avertissement de fortes pluies ou d’averses torrentielles émis par l’Agence centrale de météorologie : annulez votre sortie

2. Mise à niveau de l’équipement

Liste de l’équipement indispensable pour la saison des typhons :

Équipement Fonction Recommandation
Coupe-vent imperméable léger Protection contre le vent et la pluie Choisissez un modèle respirant, à glisser dans la poche du maillot
Sur-chaussures déperlantes Protection des chaussures à cales Le silicone est le plus durable
Verres transparents ou clairs Visibilité sous la pluie Pour remplacer les lunettes de soleil
Feux avant et arrière Visibilité sous la pluie Feu arrière en mode clignotant
Garde-boue Réduction des projections Modèle à démontage rapide, sans impact sur l’esthétique

3. Choix de l’itinéraire

Principes de choix d’itinéraire en saison des typhons :

  • Évitez les parcours montagneux : les averses orageuses de l’après-midi y sont les plus probables, et une fois le mauvais temps arrivé, les options de repli sont limitées
  • Choisissez des parcours avec des abris : les pistes cyclables le long des rivières sont pratiques, mais totalement exposées au vent et à la pluie. En ville, les bâtiments offrent au moins un abri temporaire
  • Évitez les parcours côtiers : le vent est le plus fort près de la mer pendant un typhon, avec un risque de marée de tempête
  • Prévoyez une solution d’intérieur : achetez un home-trainer, roulez sur Zwift les jours de typhon, c’est sûr et efficace

4. Gestion du temps

Entre juin et septembre, je roule presque exclusivement tôt le matin. Sortie à cinq heures, retour avant neuf heures, cela permet d’éviter la plupart des averses orageuses de l’après-midi. Si je ne suis libre que l’après-midi, je fais du home-trainer ou de la musculation.

5. Technique de conduite sous la pluie

Parfois, se faire prendre par la pluie en sortie est inévitable. Voici quelques techniques clés pour rouler sous la pluie :

  1. Réduire la pression des pneus : si la pression normale est de 90 PSI, descendez à 80 PSI sous la pluie pour augmenter la surface de contact et améliorer l’adhérence
  2. Éviter les marquages au sol et les plaques d’égout : sous la pluie, ils sont aussi glissants qu’une patinoire
  3. Ralentir dans les virages : sur sol sec, on peut pencher jusqu’à trente degrés ; sous la pluie, ne dépassez pas vingt degrés
  4. Augmenter la distance de sécurité : les projections d’eau du vélo devant vous nuisent gravement à la visibilité
  5. Freiner plus tôt : les surfaces de freinage mouillées doivent d’abord « essuyer » l’eau avant de générer de la puissance, alors commencez à freiner trois à cinq secondes plus tôt que sur sol sec

Réflexion : pourquoi continuer à rouler ?

Après toutes ces histoires de vent et de pluie, certains pourraient demander : « Alors pourquoi rouler pendant la saison des typhons ? »

La réponse est simple : si on ne roule pas pendant la saison des typhons, on perd quatre à cinq mois de pratique par an. Et franchement, le temps après un typhon est souvent le plus beau. Ce calme après la tempête, ce ciel et ces montagnes lavés par la pluie, cette odeur de terre et d’herbe fraîche dans l’air, c’est un paysage qu’on ne peut expérimenter que pendant la saison des typhons.

L’important n’est pas de ne pas rouler, mais d’apprendre à rouler en sécurité. Respecter la météo, se préparer, rester humble. La nature sera toujours plus forte que nous, mais si nous sommes assez intelligents, nous pouvons trouver un espace pour rouler en sécurité dans ses humeurs.


Dernier rappel : soyez également très prudent lorsque vous sortez à vélo après le passage d’un typhon. Il peut y avoir des chutes de pierres, des arbres abattus, de la boue et des flaques sur la route. Si votre itinéraire traverse des ruisseaux ou des vallées, assurez-vous que le niveau de l’eau est complètement redescendu avant de passer. La sécurité est toujours la priorité absolue.

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