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La côte est en solo : sept jours de tour de l'est de Taïwan à vélo

挑戰心得

Un homme seul sur la côte est : sept jours de tour de l'est de Taïwan à vélo

Un homme seul sur la côte est : sept jours de tour de l’est de Taïwan à vélo

La veille du départ, j’ai étalé tous mes bagages sur le lit et j’ai tout vérifié trois fois. Deux tenues de cyclisme, une tenue décontractée, des affaires de toilette, des outils de réparation, deux chambres à air de rechange, des médicaments, deux batteries externes, un appareil photo. J’ai tout rangé dans le sac arrière et le sac de guidon, plus le porte-bidon du cadre, pour un poids total d’environ huit kilos.

Je me suis regardé dans le miroir, le dos chargé d’équipement, et je me suis dit : « Tu es sûr de vouloir y aller seul ? »

Oui. C’est justement parce que je suis seul que je dois y aller.

Jour 1 : Taipei à Su’ao (110 km)

Départ à six heures du matin de Taipei, en passant par la route provinciale 9 (Beiyi) pour franchir la montagne jusqu’à Yilan. La montée de Beiyi n’est pas trop pénible dans l’air frais du petit matin, mais les huit kilos de bagages en plus rendent chaque montée bien plus difficile que d’habitude. La descente après le point culminant est la récompense — la vue panoramique de la plaine de Lanyang s’étend devant vous, et au loin, l’île de Guishan flotte paisiblement sur l’océan Pacifique.

Après Beiyi, je prends la route provinciale 2 jusqu’à Su’ao. La section de Yilan est droite et plate, les rizières s’étendent jusqu’à l’horizon des deux côtés, et parfois des aigrettes survolent les champs à basse altitude. Je ralentis, sans me presser, et je m’arrête pour prendre des photos dès que je vois quelque chose d’intéressant.

En fin d’après-midi, j’arrive à Su’ao et je trouve une chambre d’hôtes près du port de pêche. Le dîner est un bol de nouilles aux fruits de mer et une assiette de palourdes sautées, accompagnés d’une bière. Assis seul devant le stand de nourriture, je regarde les lumières des bateaux de pêche se balancer dans le port, et la fatigue du premier jour fond lentement sous l’effet de la nourriture et de l’alcool.

Jour 2 : Su’ao à Hualien — la route Suhua (100 km)

C’est le jour le plus tendu de tout le voyage.

La route Suhua fait environ cent kilomètres de long, c’est l’une des routes les plus spectaculaires et les plus dangereuses de Taïwan. D’un côté, des falaises de plus de cent mètres de haut, de l’autre, l’océan Pacifique. La route est étroite, pleine de virages et de gros camions. Chaque camion à benne qui passe en trombe soulève un courant d’air qui fait vaciller le vélo.

J’ai choisi de prendre l’ancienne Suhua (route provinciale 9), plutôt que la nouvelle Suhua. Bien que la nouvelle Suhua ait des tunnels et de nouveaux tronçons, les vélos y sont interdits dans les tunnels. L’ancienne Suhua a un revêtement en mauvais état, avec des traces d’éboulements sur certains tronçons, mais le paysage est incomparable.

Le tronçon des falaises de Qingshui est le point culminant du parcours. La route serpente à mi-hauteur de la montagne, et en contrebas, l’océan Pacifique est d’un bleu si profond qu’il en paraît noir. Je me suis arrêté sur un point de vue et j’ai regardé la mer pendant quinze minutes. Personne pour me disputer la place, personne pour me presser, personne pour interrompre mes pensées. Le luxe du voyage en solitaire, ce sont ces moments où l’on peut s’arrêter à sa guise.

J’arrive à Hualien à quatre heures de l’après-midi. Je trouve une auberge de jeunesse, et après la douche, je prends le vélo pour aller manger des baozi de Gongzheng et du canard chez Monsieur l’Oie. Ce soir-là, j’étais si fatigué que je me suis endormi à huit heures.

Jour 3 : Jour de repos à Hualien

Le troisième jour, je me suis accordé une journée de repos. Pas de longue distance, juste flâner dans le centre de Hualien et autour de Qixingtan.

Le matin, je suis allé dans un petit restaurant de petit-déjeuner près du marché nocturne de Dongdamen pour un copieux petit-déjeuner taïwanais — omelette aux œufs, gâteau de riz, lait de soja. Puis j’ai pédalé jusqu’à Qixingtan et je me suis assis sur la plage de galets à écouter les vagues. Le bruit des vagues du Pacifique qui s’écrasent sur le rivage est fort, mais il a un effet curieusement apaisant.

L’après-midi, je suis allé me promener au parc Songyuan et au temple Qingxiu, et j’ai pris quelques photos. En fin de journée, je suis retourné en ville et j’ai trouvé une petite boutique pour faire une vérification simple du vélo — resserrer les vis, lubrifier la chaîne, vérifier les freins.

Les jours de repos sont importants. Un long voyage ne consiste pas à pousser chaque jour jusqu’à la limite ; un repos bien placé permet au corps de récupérer et vous donne aussi le temps de digérer les paysages et les sensations rencontrés en chemin.

Jour 4 : Hualien à Ruisui — section nord de la vallée de Huadong (75 km)

Après avoir quitté Hualien, je prends la route provinciale 9 vers le sud, dans la vallée de Huadong. C’est la section que j’ai préférée de tout le voyage.

Le paysage de la vallée est complètement différent de celui de la côte. De chaque côté se trouvent la chaîne centrale et la chaîne côtière, et au milieu s’étend une large plaine plantée de riz, de lis dorés et de diverses cultures. La route est droite et plate, la circulation est faible, et parfois je croise d’autres cyclotouristes, on se salue d’un signe de tête.

En passant devant la sucrerie de Guangfu, je me suis arrêté pour manger une glace. Parfum haricot rouge, d’une richesse incroyable. Pendant que je mangeais ma glace, j’ai discuté avec un motard japonais à côté de moi. Il était parti de Taipei et allait jusqu’à Kenting, il roulait depuis cinq jours. La langue était un obstacle, mais entre les gestes et Google Traduction, on a bien rigolé. Il m’a offert une petite friandise ramenée du Japon, et je lui ai rendu la pareille avec un paquet d’ananas de Taïwan.

J’arrive à Ruisui à deux heures de l’après-midi. Je suis allé aux sources chaudes, et cette source carbonique dorée et fumante a fait s’évaporer d’un coup la fatigue accumulée sur trois jours. Le soir, dans les rues de Ruisui, j’ai mangé dans un petit restaurant de nouilles recommandé par un habitant — simple mais satisfaisant.

Jour 5 : Ruisui à Chishang (65 km)

Dans la partie sud de la vallée de Huadong, le paysage passe de la plaine aux collines. Après Yuli, il y a quelques montées et descentes, pas longues, mais après plusieurs jours de vélo consécutifs, les jambes commencent à souffrir.

Le point fort de cette journée, c’est Chishang. La beauté du boulevard Brown n’a pas besoin d’être décrite, mais traverser à vélo cette route parfaitement droite sans aucun poteau électrique, avec des épis de riz dorés des deux côtés et des montagnes en couches au loin — cette sensation n’a rien à voir avec une visite en bus touristique. Le vent qui souffle dans les rizières produit un bruissement, mêlé au rythme de mes pédales et au léger grincement de la chaîne, formant une musique qui n’appartient qu’à cet instant.

Le soir, je loge dans une petite chambre d’hôtes à Chishang. La patronne, apprenant que j’avais pédalé seul depuis Taipei, m’a offert des vermicelles de riz faits maison et a insisté pour me donner un sac de riz de Chishang à emporter. J’ai dit que je ne pouvais pas transporter de riz à vélo, elle a souri : « Alors je te l’envoie par livraison quand tu seras rentré. »

Ce soir-là, assis sur le banc devant la chambre d’hôtes, je regardais les innombrables étoiles au-dessus de ma tête et je repensais aux gens et aux choses rencontrés en chemin. L’avantage de voyager seul, c’est qu’on apprécie davantage chaque interaction avec les autres, car ces gentillesses ne vont pas de soi — ce sont des cadeaux inattendus du voyage.

Jour 6 : Chishang à Taitung (75 km)

Dernier tronçon de la vallée. La route de Chishang à Taitung est globalement plate, mais quelques sections de vent contraire sont assez éprouvantes. Ce qu’on redoute le plus à vélo en solitaire, c’est le vent de face — pas d’abri, pas de protection, il faut juste encaisser.

Une fois à Taitung, je me rends directement à la plage. La mer de Taitung est différente de celle de Hualien : plus ouverte, plus sauvage, avec une beauté rugueuse. Je suis resté assis longtemps au bord de la mer, les pieds dans le Pacifique, et j’avais l’impression que ces sept jours avaient duré un mois.

Le soir, je flâne près du village de Tiehua à Taitung et j’assiste à un concert en plein air de musique aborigène. La voix du chanteur, haute et puissante, résonne dans le ciel nocturne. Debout en périphérie de la foule, j’écoute et je pense : demain, il faudra emballer le vélo et prendre le train pour rentrer à Taipei, et j’ai vraiment un pincement au cœur.

Jour 7 : Taitung, le retour

Le dernier jour, pas de longue distance. Le matin, je fais un tour à vélo dans le centre de Taitung, je prends un petit-déjeuner de vermicelles de riz, et je vais à la côte de Jialulan pour voir une dernière fois l’océan Pacifique. L’après-midi, je démonte le vélo, je le range dans le sac de transport, et je prends le Puyuma Express pour rentrer à Taipei.

Dans le train, je regarde le paysage qui défile à toute vitesse par la fenêtre — ces routes que j’ai parcourues kilomètre après kilomètre avec mes propres jambes les jours précédents — et je ressens une étrange sensation de plénitude. Ces routes ne sont plus de simples lignes sur une carte ; elles ont un lien avec moi. Chaque tronçon est associé à une image, une odeur, une conversation, un moment où le cœur s’est emballé.

Le sens du voyage en solitaire

Sept jours, environ 425 kilomètres, un homme seul.

Certains me demandent pourquoi je ne cherche pas de compagnon. Ma réponse : un voyage en solitaire et un voyage accompagné sont des expériences complètement différentes. Les deux sont bien, mais ils ne peuvent pas se remplacer l’un l’autre.

Quand on roule seul, on dialogue avec soi-même. Pas ce monologue intérieur anxieux, mais une conversation silencieuse et honnête avec soi-même. On se souvient de beaucoup de choses qu’on n’a pas le temps de penser dans la vie quotidienne. On découvre que, sur ces longues routes plates, dans le rythme régulier du pédalage, beaucoup de choses qui nous tracassent trouvent d’elles-mêmes une issue.

Voyager seul vous pousse aussi à vous connecter plus activement aux inconnus. Parce que vous n’avez pas de compagnon sur qui compter, vous êtes plus enclin à demander votre chemin, à accepter l’aide d’étrangers, à discuter avec le patron du stand de nourriture. Ces connexions, bien que brèves, sont souvent plus pures que les relations sociales durables.

Si vous envisagez un voyage à vélo en solitaire, mon conseil est le suivant : ne réfléchissez pas trop, partez, c’est tout. Emportez l’équipement nécessaire, planifiez un itinéraire approximatif, mais gardez la flexibilité de changer de plan à tout moment. Les plus beaux paysages se trouvent souvent en dehors des plans.


Informations pratiques : pour un voyage à vélo sur la côte est, il est recommandé de le planifier entre octobre et décembre (avant ou au début de la mousson du nord-est), en évitant les vacances d’été (typhons + chaleur torride) et le Nouvel An lunaire (hébergement difficile à réserver). Côté hébergement, les auberges de jeunesse et chambres d’hôtes sont nombreuses à Hualien et Taitung, mais il est conseillé de réserver à l’avance en haute saison. Les trains à deux étages de la TRA ont des horaires limités, il est recommandé d’acheter le billet de retour à l’avance.

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