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Pédaler dans une légende millénaire : la complainte des Heike du Tsurugisan Hill Climb, l'Arche perdue et les plaines de sasa célestes

挑戰心得

Pédaler dans une légende millénaire : la complainte des Heike au mont Tsurugi, l'Arche perdue et les hauts plateaux de sasa

Certaines montagnes, on les conquiert pour la performance ; d’autres, on les approche pour leur histoire. Le mont Tsurugi (つるぎさん) appartient sans conteste à la seconde catégorie. Point culminant de la préfecture de Tokushima avec ses 1 955 mètres, il figure parmi les cent montagnes célèbres du Japon. Le départ de randonnée de Minokoshi (environ 1 400 mètres), à mi-pente, est le point final accessible à vélo. Mais ce qui rend vraiment le mont Tsurugi unique, ce ne sont pas seulement ses près de 2 000 mètres de dénivelé impressionnant, mais les légendes et les croyances millénaires qui s’enroulent autour de cette montagne.

Lorsque vous appuyez sur les pédales, montant lentement dans les lacets de la route nationale 438, vous ne grimpez pas seulement une montagne — vous pédalez au cœur d’histoires anciennes, l’une après l’autre. La complainte tragique des Heike en déroute, le mystère de l’Arche d’Alliance perdue, la source miraculeuse de jouvence, les traces des ascètes shugendō — tout cela repose sous ces hauts plateaux de sasa. Cet article souhaite vous faire redécouvrir le mont Tsurugi sous un autre angle : non pas comme une série de données de pente, mais comme une montagne sacrée vivante, qui raconte des histoires.

Ce qui rend le mont Tsurugi fascinant, c’est qu’il possède à la fois « le défi physique d’une montée exigeante » et « l’épaisseur spirituelle de légendes millénaires ». Lorsque vous mesurez sa hauteur avec vos jambes, vous touchez aussi sa profondeur avec votre âme.

Contexte géographique et historique : le pic sacré sur le toit de Shikoku

Le mont Tsurugi est situé dans la région du district de Mima, préfecture de Tokushima, sur l’île de Shikoku. Il est l’un des sommets centraux du massif de Shikoku et le point culminant de la préfecture de Tokushima. Il forme avec les sommets voisins comme le mont Jirōguchi une charpente majestueuse du massif de Shikoku. Sur le plan topographique, le mont Tsurugi présente un relief alpin typique, mais le sommet n’est pas une paroi rocheuse escarpée : c’est une vaste étendue de hauts plateaux de sasa (prairies de bambou nain), ouverte et douce. Ce relief est particulièrement remarquable parmi les hautes montagnes du Japon et lui confère une aura de mystère et d’immensité.

En tant que l’une des « cent montagnes célèbres du Japon », le mont Tsurugi jouit d’un statut élevé dans le monde de l’alpinisme japonais. Cette liste, établie par l’écrivain Fukada Kyūya, recense les montagnes du Japon qui allient beauté du relief, épaisseur historique et intérêt pour l’ascension. Y figurer est en soi une reconnaissance. Et ce qui fait le plus la renommée du mont Tsurugi, c’est son statut religieux de « montagne sacrée du shugendō ».

Le shugendō est une tradition de pratique japonaise qui fusionne la foi montagnarde, le bouddhisme et le shintoïsme. Les pratiquants (yamabushi) font de la montagne leur dojo, s’entraînant corps et esprit par des ascèses dans les montagnes escarpées, en quête d’éveil. Le mont Tsurugi est depuis toujours un lieu saint aux yeux des ascètes shugendō. Le nom même de la montagne, « Tsurugi » (épée), porte une aura solennelle et austère. Lorsque vous pédalez sur cette route menant à la montagne sacrée, d’une certaine manière, vous marchez aussi sur un chemin de pratique que d’innombrables ascètes ont foulé depuis des siècles.

Le mystère du nom de la montagne et l’image de « l’épée »

D’où vient le nom « mont Tsurugi » ? Les avis divergent. Une théorie le relie au relief et aux formes rocheuses du sommet ; une autre pointe directement vers la légende la plus fascinante — une « épée précieuse » cachée dans la montagne. Quelle que soit la vérité, l’image de « l’épée » est profondément gravée dans l’âme de cette montagne, lui conférant un caractère à la fois solennel et mystérieux.

La légende des Heike : une complainte sur les hauts plateaux de sasa

Parmi les nombreuses légendes du mont Tsurugi, la plus répandue et la plus émouvante est celle liée au clan Heike.

Cette vaste étendue de hauts plateaux de sasa au sommet porte un nom à la fois poétique et chargé de mélancolie — « Heike no Baba » (le paddock des Heike). La légende raconte qu’à la fin de l’époque de Heian, le clan Heike, alors tout-puissant, fut mis en déroute lors des guerres Genpei. L’un de leurs groupes survivants, après d’innombrables épreuves, trouva refuge dans ces hauts plateaux montagneux isolés du monde.

Ce qui est encore plus captivant, c’est que, selon la légende, ces rescapés Heike ne seraient pas venus les mains vides. Après leur défaite à la célèbre « bataille de Yashima », ils auraient protégé le jeune empereur Antoku et auraient secrètement caché dans le mont Tsurugi l’un des trois trésors sacrés de la famille impériale — « l’épée précieuse ». C’est l’une des explications romantiques de l’origine du nom « mont Tsurugi ».

Imaginez : une aristocratie autrefois riche et prospère, désormais brisée, protégeant un jeune empereur, portant les trésors symbolisant la légitimité du royaume, fuyant vers ces hautes montagnes désertes. Ils faisaient paître leurs chevaux sur ces plateaux, vivaient cachés, gardant leur dignité et leur secret ultimes. Cette légende voile cette prairie apparemment paisible et vaste d’une mélancolie légère et du poids de mille ans.

Lorsque vous pédalez jusqu’à Minokoshi et contemplez ces hauts plateaux de sasa, imaginez un instant les silhouettes des rescapés Heike d’il y a mille ans. La même prairie, le même ciel, seul le temps a passé. C’est le moment le plus émouvant de l’âme lors de l’ascension du mont Tsurugi.

Le trésor secret du roi Salomon : le mystère oriental de l’Arche perdue

Si la légende des Heike est déjà légendaire, la suivante propulse carrément le mont Tsurugi sur la scène mondiale du mystère.

Une légende à couper le souffle circule sur le mont Tsurugi — le « trésor secret du roi Salomon », c’est-à-dire l’« Arche d’Alliance » (Ark of the Covenant) mentionnée dans la Bible, qui serait cachée dans le mont Tsurugi. Cette légende qui traverse l’Orient et l’Occident, apparemment sortie des Mille et Une Nuits, n’est pas qu’un simple sujet de conversation. Au début de l’ère Shōwa, un chercheur nommé Takane Masanori croyait fermement à cette théorie et entreprit réellement des fouilles et des explorations sur le mont Tsurugi.

Qu’une haute montagne isolée au fin fond de Shikoku, au Japon, soit reliée à l’ancien Israël et à un objet sacré perdu — cette imagination qui dépasse l’entendement est l’expression ultime du charme mystérieux du mont Tsurugi. Que cette légende tienne ou non la route sur le plan académique, elle fait désormais partie du tissu culturel du mont Tsurugi, attirant des générations de curieux du mystère venus explorer.

Bien sûr, en tant que cycliste rationnel, nous pouvons tout à fait considérer cette légende comme un « easter egg » qui pimente le voyage. Mais il faut reconnaître que lorsque vous pédalez seul sur les routes paisibles menant au mont Tsurugi, et que l’idée « cette montagne pourrait cacher l’Arche d’Alliance perdue » vous traverse l’esprit, cette imagination subtile de l’inconnu donne à toute la sortie une saveur particulière.

L’eau de jouvence : une autre bénédiction de la montagne sacrée

Outre les légendes de l’épée et de l’Arche, le mont Tsurugi possède une autre légende, plus douce, plus proche des aspirations vitales — « Waka-gaeri no mizu », l’« eau de jouvence ».

On raconte qu’une source jaillissant quelque part dans le mont Tsurugi aurait le pouvoir de redonner jeunesse et vigueur à qui en boit. Cette légende reflète le désir universel et ancien de santé, de longévité et de jeunesse éternelle, et confirme une fois de plus l’image sacrée et bienveillante que le mont Tsurugi porte dans les cœurs. Une source claire jaillissant au sommet d’une haute montagne porte en soi une image de pureté et de nature ; lui attribuer le pouvoir de « rajeunir » semble donc tout à fait naturel et émouvant.

Pour un cycliste, cette légende résonne d’une manière particulière : lorsque vous gravissez le mont Tsurugi après d’innombrables efforts, que vous respirez à pleins poumons l’air vif et froid de l’altitude et que vous buvez l’eau fraîche de la source, cette sensation d’être totalement purifié, comme rené, est peut-être le commentaire contemporain le plus authentique de l’« eau de jouvence ». Vous n’avez pas besoin de croire réellement à la magie de l’eau, mais cette expérience d’« être lavé par la montagne et rechargé » est en soi une forme de rajeunissement.

Paysages en chemin et récit de la sortie : un voyage à vélo en compagnie des légendes

Laissez-moi vous faire vivre, à la première personne, le flux sensoriel et spirituel de cette sortie.

À l’aube, je pars de la région de Sadamitsu, remontant la route nationale 438 vers la montagne. Au début, la route est encore assez douce, la lumière du matin filtre à travers la cime des arbres, l’air porte cette fraîcheur et cette humidité propres à la montagne. Après le pont de Tsurugi, la pente devient sérieuse. Je rétrograde, laissant ma respiration et mon pédalage trouver un rythme tenable sur la durée.

À mesure que l’altitude grimpe, le champ de vision s’élargit. En me retournant sur le chemin parcouru, la vallée se déploie en couches sous mes pieds, les crêtes lointaines apparaissent et disparaissent dans la brume légère. Cette sensation de « s’élever soi-même vers les nuages, pas à pas » est le romantisme propre à la montée. Le temps en montagne est décidément changeant : il y a un instant, le soleil brillait, et au détour d’un virage, une brume de montagne s’installe, enveloppant toute la forêt dans un voile flou, comme si les rescapés Heike d’il y a mille ans allaient surgir du brouillard.

Plus on monte, moins il y a de voix humaines. Il ne reste que ma propre respiration, le léger cliquetis de la chaîne, et le bruit du vent dans les cimes. Cette quiétude presque coupée du monde est le charme le plus envoûtant du mont Tsurugi en tant que montagne sacrée. On ralentit inconsciemment ses pensées, laissant les légendes anciennes tournoyer dans l’esprit, laissant la fatigue du corps et la sédimentation de l’âme se mêler étrangement.

Lorsque j’atteins enfin le départ de randonnée de Minokoshi et que je contemple au loin les hauts plateaux de sasa de la légendaire « Heike no Baba », une émotion indescriptible monte en moi. À cet instant, les chiffres du compteur n’ont plus d’importance. L’important, c’est que j’ai atteint de mes propres jambes cette montagne sacrée chargée de mille ans de légendes, me tenant sur la scène d’innombrables ascètes et d’innombrables histoires.

Le plus précieux dans l’ascension du mont Tsurugi n’a jamais été les chiffres du compteur, mais l’émotion irremplaçable née du croisement entre la fatigue du corps et le bouleversement de l’âme, à l’instant où vous vous tenez à Minokoshi et contemplez Heike no Baba.

Culture locale et suggestions d’itinéraire

La région montagneuse de l’ouest de la préfecture de Tokushima, où se trouve le mont Tsurugi, regorge de ressources naturelles et culturelles autour de la montagne, parfaites pour prolonger ce voyage à vélo.

Côté paysages naturels, les vallées, les rivières claires et les forêts du massif de Shikoku sont des lieux idéaux pour soigner le corps et l’esprit. L’air pur propre à la montagne, le chant des cigales et des oiseaux, le murmure des ruisseaux — autant de luxes rares dans la vie urbaine. Si le temps le permet, ralentissez le rythme, faites une halte dans les petits villages de montagne et ressentez la lenteur des montagnes profondes de Shikoku : ce sera une excellente expérience.

Côté expériences humaines, un téléphérique de montagne est installé à Minokoshi, permettant aux voyageurs pressés ou souhaitant préserver leurs forces de monter facilement plus haut pour admirer le sommet principal du mont Tsurugi et ses célèbres hauts plateaux de sasa. Si vous en avez la force, je vous recommande vivement, après avoir garé votre vélo, de prendre le téléphérique ou de monter à pied jusqu’au sommet pour voir de vos propres yeux la légendaire « Heike no Baba » — grimper à vélo jusqu’à 1 400 mètres, puis parcourir à pied les derniers mètres les plus proches du cœur de la légende : cette expérience de « s’approcher physiquement de la légende » est irremplaçable par tout autre moyen de transport.

Quant à la gastronomie, chaque région montagneuse de Shikoku possède ses plats locaux et ses spécialités. Je vous suggère d’explorer avec un esprit ouvert et respectueux. Je ne nommerai pas ici de restaurant ou de plat précis pour éviter toute erreur d’information, mais une chose est sûre : après une montée exigeante, n’importe quel repas local chaud sera particulièrement savoureux. Le besoin d’énergie et de sel du corps après l’effort transforme les plats les plus simples en délices.

Paysages saisonniers et sens de la sortie

La beauté du mont Tsurugi se décline au fil des saisons. Au printemps, la montagne s’éveille du froid résiduel, la verdure nouvelle gagne les pentes ; en été, les hauts plateaux de sasa sont d’un vert éclatant, c’est la saison idéale pour le défi, mais il faut se méfier du temps changeant de l’après-midi ; en automne, la montagne se pare de couleurs en couches, le ciel dégagé rend les contours des montagnes lointaines particulièrement nets, avec une visibilité excellente ; en hiver, la montagne peut se couvrir de neige, offrant une beauté froide et radicalement différente, mais la neige et le verglas rendent l’ascension déconseillée aux cyclistes ordinaires.

Quelle que soit la saison de votre visite, le mont Tsurugi vous répondra à sa manière unique. Et c’est peut-être là le sens le plus profond de pédaler sur cette montagne sacrée — il vous fait comprendre que le vélo n’a jamais été qu’un sport, mais une manière de dialoguer avec la nature, avec l’histoire, et même avec soi-même.

Lorsque vous conquérez près de 2 000 mètres de dénivelé avec vos jambes, lorsque vous évoquez les légendes millénaires devant les hauts plateaux de sasa, lorsque vous purifiez corps et âme dans la brume et les sources — vous découvrez que le mont Tsurugi a depuis longtemps dépassé la définition d’un simple « itinéraire ». C’est une histoire que vous écrivez vous-même, avec votre sueur et votre émotion. Et cette histoire vous accompagnera silencieusement lors de chacune de vos sorties futures.

Certaines montagnes, on les oublie après les avoir gravies ; d’autres s’installent dans votre cœur pour toujours. Le mont Tsurugi appartient à la seconde catégorie. Puissiez-vous trouver, entre ses légendes et son altitude, votre propre émotion et votre propre sérénité.

Minokoshi : la porte où se rencontrent légende et réalité

Minokoshi, à environ 1 400 mètres d’altitude, est le point final du voyage à vélo et le principal point de départ pour l’ascension à pied du mont Tsurugi. Ce nom de lieu est en lui-même chargé de poésie — « Minokoshi », comme s’il disait : au-delà de ce point, vous verrez un paysage différent. Et c’est bien le cas : atteindre Minokoshi signifie que vous vous êtes élevé du monde terrestre d’en bas jusqu’à la porte de la montagne sacrée, enveloppée de nuages.

Ici, réalité et légende se rencontrent habilement. D’un côté, il y a un parking, des toilettes, la station du téléphérique — des installations modernes bien réelles, pratiques pour les voyageurs ; de l’autre, en levant les yeux vers ces hauts plateaux de sasa, vos pensées s’envolent malgré vous vers la légende des Heike d’il y a mille ans, vers ces histoires mystérieuses d’épée et d’Arche. Cette sensation étrange d’« un pied dans la réalité, un pied dans la légende » est ce qui rend Minokoshi si fascinant.

Le téléphérique permet à la beauté du mont Tsurugi de ne plus être réservée aux plus forts. Même les voyageurs qui ne peuvent pas pédaler ou qui ont des forces limitées peuvent monter facilement grâce au téléphérique pour admirer la majesté du sommet principal et des hauts plateaux de sasa. Pour les cyclistes, le téléphérique est une « récompense supplémentaire » — après avoir accompli l’ascension la plus difficile avec vos jambes, pour le dernier tronçon menant au sommet, vous pouvez choisir de continuer à pied pour le conquérir, ou prendre le téléphérique et admirer tranquillement le paysage d’altitude que vous venez de gagner à la sueur de votre front.

Pourquoi « montagne sacrée » ? La signification profonde de la foi montagnarde

Nous avons mentionné plus haut que le mont Tsurugi est une montagne sacrée du shugendō. Mais le terme « montagne sacrée » peut sembler abstrait pour les citadins modernes. Essayons de le comprendre plus profondément.

Dans la foi montagnarde traditionnelle japonaise, la montagne n’est pas seulement une élévation géographique : c’est le lieu où résident les dieux, un passage reliant le ciel et la terre, un espace sacré capable de purifier les cœurs et d’apporter une renaissance. Les anciens éprouvaient un sentiment complexe, mêlant crainte et aspiration, face aux hautes montagnes qui percent les nuages et dont le temps est imprévisible. Ils croyaient que seule l’ascèse et la pratique en montagne permettaient de transcender le soi ordinaire et d’atteindre un niveau spirituel supérieur.

Les vastes hauts plateaux de sasa du mont Tsurugi, les veines spirituelles d’où jaillissent les sources claires, les nuages changeants qui enveloppent le sommet — tout cela constitue un « champ spirituel » idéal. Lorsque les ascètes shugendō y pratiquaient leur ascèse, lorsque les voyageurs y retenaient leur souffle, ce qu’ils ressentaient, c’était une émotion qui dépasse le quotidien, une communion avec le ciel et la terre.

Et le cycliste, d’une certaine manière, est le « yamabushi » contemporain. Nous utilisons notre corps, par l’ascèse du pédalage, pour nous approcher pas à pas du sommet. La douleur de la montée, l’essoufflement, la sueur qui imprègne — n’est-ce pas une forme moderne d’ascèse ? Lorsque vous serrez les dents sur les pentes raides du mont Tsurugi, lorsque vous ressentez cette pure satisfaction après avoir atteint le sommet, ce que vous vivez est fondamentalement identique à ce que recherchaient les ascètes d’il y a mille ans : « atteindre l’élévation spirituelle par l’épreuve du corps ».

Faire du vélo en montagne est la forme d’« ascèse » la plus accessible à l’homme moderne. Et le mont Tsurugi est précisément une montagne sacrée taillée sur mesure pour cette ascèse. Chaque goutte de sueur que vous versez est le plus sincère des hommages à cette montagne.

Une légende, un état d’esprit : comment pédaler avec des histoires

Maintenant que vous connaissez les légendes du mont Tsurugi, comment les faire vraiment « vivre » lors de votre sortie et enrichir votre voyage ? Voici quelques petites suggestions.

Tout d’abord, lisez attentivement ces légendes avant de partir. Lorsque votre esprit est empli de la complainte des Heike, du mystère de l’Arche, de la légende de la source miraculeuse, chaque tronçon de route, chaque paysage prend une dimension supplémentaire. Une même prairie, si vous savez qu’elle s’appelle « Heike no Baba » et qu’elle porte une complainte millénaire, vous ne ressentirez plus simplement « de l’herbe ».

Ensuite, autorisez-vous à « vous laisser distraire » par l’imagination pendant la montée. La montée est certes pénible, mais lorsque vous détournez occasionnellement votre attention de vos jambes douloureuses vers ces histoires anciennes qui planent sur la montagne, vous découvrirez que le temps passe plus vite et que la douleur semble diluée. Imaginez les ascètes d’il y a mille ans foulant les mêmes sentiers, imaginez les rescapés Heike menant leurs chevaux dans le brouillard : ces images deviennent une force douce qui vous soutient dans le pédalage.

Enfin, après avoir atteint le sommet, accordez-vous un moment de silence. Ne vous précipitez pas pour prendre des photos, vous enregistrer, redescendre. Trouvez un endroit pour vous asseoir, contemplez les hauts plateaux de sasa, laissez le vent de montagne vous caresser, laissez les légendes se déposer dans votre cœur. Cette paix et cette émotion de l’instant sont le souvenir le plus précieux du voyage au mont Tsurugi — elles n’apparaîtront pas dans les données de votre compteur, mais elles se graveront profondément dans votre mémoire.

À chaque cycliste qui aspire au mont Tsurugi

Le mont Tsurugi est une montagne que vous devez conquérir avec votre corps et approcher avec votre âme. Elle a des données de montée exigeantes qui testeront honnêtement votre condition physique et votre volonté ; elle a surtout des légendes millénaires qui nourriront doucement votre cœur et votre imagination.

Lorsque vous décidez de relever le défi, emportez deux choses : une préparation physique suffisante et un équipement de sécurité, pour que votre corps puisse accomplir ce voyage en toute sécurité ; et un cœur ouvert et humble, pour que vous puissiez véritablement recevoir les histoires que cette montagne sacrée veut raconter.

Vous verserez des larmes de douleur sur les pentes raides, et vous ressentirez une joie pure après avoir atteint le sommet ; vous vous sentirez petit dans la brume de montagne, et vous toucherez l’éternité dans les légendes. C’est cela, le mont Tsurugi — un pic sacré où le corps et l’âme reçoivent simultanément leur baptême.

Puissiez-vous, entre l’altitude et les légendes du mont Tsurugi, pédaler une histoire unique et irremplaçable qui vous appartient. Lorsque, des années plus tard, vous repenserez à ce voyage, ce qui surgira dans votre esprit ne sera peut-être pas les chiffres de pente ou le temps de parcours, mais ces hauts plateaux de sasa enveloppés de brume, et ce vous-même, essoufflé mais le regard brillant. Voilà le sens le plus beau de l’ascension du mont Tsurugi.

D’un nom de lieu : la mémoire millénaire dans la langue

Parfois, l’âme d’une montagne se cache dans son nom. Les environs du mont Tsurugi regorgent de noms de lieux chargés d’histoires, chacun comme un sceau du temps apposé sur la mémoire de cette terre.

« Heike no Baba » en est le meilleur exemple. Un seul nom de lieu condense toute l’histoire tragique de la chute des Heike et de leurs chevaux paissant sur les hauts plateaux. Les habitants locaux se sont transmis cette histoire de génération en génération, et loin de se dissiper avec le temps, elle a été solidement préservée à travers ce nom de lieu. C’est la transmission la plus émouvante d’une légende : elle n’a pas besoin d’être écrite dans de coûteux livres d’histoire, il lui suffit de vivre dans la bouche des gens et dans le nom des lieux pour traverser mille ans.

Lorsque vous pédalez sur le mont Tsurugi, soyez attentif aux noms de lieux le long du chemin. Derrière chaque nom apparemment ordinaire se cache peut-être une histoire oubliée. Ce plaisir de « déchiffrer les noms, imaginer l’histoire » élèvera votre voyage d’un simple défi physique à une exploration culturelle à travers le temps et l’espace.

Les hauts plateaux de sasa : une prairie qui respire

Pour finir, tournons à nouveau notre regard vers le paysage le plus emblématique du mont Tsurugi — ces vastes hauts plateaux de sasa.

Le sasa désigne une prairie composée de bambou nain. Au sommet du mont Tsurugi, cette prairie de bambou nain ondule avec le relief, à perte de vue, ondulant comme des vagues dans le vent. Elle n’a ni la profondeur sombre de la forêt, ni l’escarpement des parois rocheuses, mais se déploie au sommet de la montagne dans une posture douce, ouverte et lointaine. Ce relief, onirique lorsque les nuages l’enveloppent, d’un vert éclatant sous le soleil, est l’essence de la beauté du mont Tsurugi.

Lorsque vous vous tenez devant cette prairie de sasa, que la brise vous effleure et que les bambous nains bruissent doucement, c’est comme si la montagne tout entière respirait doucement. À cet instant, toutes les légendes — la complainte des Heike, le mystère de l’Arche, le don de la source miraculeuse — semblent trouver une scène concrète. Vous comprenez alors pourquoi, depuis des millénaires, les hommes portent à cette montagne une vénération et une imagination si profondes. Car debout ici, chacun ressent une émotion qui dépasse les mots, une immensité entre ciel et terre.

Cette prairie qui respire est le cadeau le plus doux et le plus majestueux que le mont Tsurugi offre à chaque voyageur parvenu au prix de mille efforts. Et le cycliste, qui a su s’élever pas à pas jusqu’à cette terre de légendes avec ses propres jambes, est sans conteste le plus digne de recevoir ce cadeau.

Puissions-nous tous avoir l’occasion, un jour, de nous tenir devant ces hauts plateaux de sasa, de laisser le vent de montagne dissiper notre fatigue, de laisser les légendes millénaires monter en nous, puis de dire du fond du cœur à cette montagne sacrée : merci de m’avoir laissé venir.

Lorsque le soleil couchant dore cette prairie de sasa d’une teinte dorée, lorsque la première étoile s’allume dans le ciel limpide de la haute montagne, vous ressentirez une gratitude sincère d’avoir pris la décision de relever le défi du mont Tsurugi. Car sur cette montagne sacrée, vous récoltez bien plus qu’une simple sortie accomplie : un souvenir précieux, entre corps et âme, capable de réchauffer les années à venir. C’est cela, le charme éternel du mont Tsurugi.

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