20 kilomètres en dialogue avec le mur : l'ascension complète de la route forestière de Daxueshan, un face-à-face de volonté entre un homme et une montagne

Chaque cycliste sérieux a un « mur » dans son cœur. Ce mur, c’est ce point critique où le corps crie stop, mais où la volonté refuse d’abandonner. Et à Taichung, l’endroit qui vous fera le plus heurter ce mur, c’est l’ascension complète de la route forestière de Daxue — 20,12 kilomètres, 1243 mètres de dénivelé positif, une pente moyenne de 6,2 %, sans une seule descente pour récupérer, sans un seul plat pour relâcher les jambes. C’est un long duel entre vous, une montagne et votre propre volonté. Dans cet article, je ne veux pas parler de comment rouler plus vite, mais de cet état d’esprit qui consiste à dialoguer avec le mur lors d’une ascension continue.
Une cruauté sans répit
Ce qu’il y a de plus cruel dans l’ascension complète de la route forestière de Daxue, ce n’est pas la raideur de sa pente (6,2 % n’est en fait pas extrême), mais sa « continuité ». Sur 20 kilomètres, il n’y a presque aucune descente ou portion plate digne de ce nom pour vous détendre. Sur un parcours de montée classique, on peut toujours espérer qu’après un virage, après avoir franchi une petite colline, une descente douce permette de reprendre son souffle et de délier les jambes. Mais sur l’ascension complète, non. C’est toujours vers le haut, encore et encore, comme un adversaire qui ne vous laisse aucune porte de sortie, vous forçant à maintenir la pression.
Ce caractère « sans interruption » vous amène, dans la seconde moitié de l’effort, à un état psychologique très subtil. Au début, on est plein d’entrain ; au milieu, on commence à réaliser « cette route n’a vraiment pas de fin ? » ; et vers la fin, la douleur dans les jambes devient une sorte de bruit de fond sourd, les pensées parasites se dissipent peu à peu, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une seule idée qui résonne — encore un virage.
Heurter le mur : la scission entre le corps et la volonté
« Heurter le mur » est un terme que tout cycliste de longue distance connaît. Cela peut être physiologique — l’épuisement du glycogène — ou psychologique — l’effondrement de la volonté. Et l’ascension complète de la route forestière de Daxue est l’un des endroits les plus propices à vous faire vivre ce « mur ».
Je me souviens encore de ma première tentative sérieuse de l’ascension complète. Vers le 14e kilomètre, ce mur est apparu sans avertissement. Mes jambes semblaient remplies de plomb, chaque coup de pédale exigeait toute ma volonté pour être enfoncé. Ma respiration devenait rapide et superficielle, l’air raréfié de l’altitude rendait tout plus pénible. Une voix dans ma tête n’arrêtait pas de me suggérer : « Arrête-toi, repose-toi, de toute façon personne ne te voit. »
À cet instant, le corps et la volonté semblaient se scinder en deux personnes. Le corps suppliait, la volonté rugissait. Et c’est là que le cyclisme est à la fois le plus fascinant et le plus cruel — vous devez faire un choix dans ce duel.
Réduire l’objectif : tenir jusqu’au prochain virage
Pour lutter contre ce mur, la méthode que j’ai apprise est rudimentaire, mais très efficace : réduire l’objectif au minimum.
Ne pensez pas « il reste 6 kilomètres », car 6 kilomètres, à ce moment-là, est un chiffre capable de vous briser. Vous devez penser — « tiens jusqu’au prochain virage ». Une fois arrivé, regardez l’objectif suivant : « tiens jusqu’à ce grand arbre », « tiens jusqu’à cette borne kilométrique », « encore 100 coups de pédale ».
Quand vous décomposez une montagne insurmontable en petites sections « tenables » les unes après les autres, ce mur commence à se fissurer. Vous découvrirez que ce qu’on appelle les limites, bien souvent, n’est qu’une barrière que l’esprit a dressée. Le potentiel du corps est bien plus profond que ce que vous imaginez. Virage après virage, sans même vous en rendre compte, vous avez traversé ce mur.
La solitude de la route forestière, un luxe
L’ascension complète de la route forestière de Daxue est une route solitaire. Ici, pas d’animation comme au Dakeng ou au Wanggaoliao ; peu de monde et de voitures, souvent vous êtes seul sur toute la route. Vous entendez votre propre respiration, le bruit de la chaîne, le crissement des pneus sur les feuilles mortes, et parfois le chant des oiseaux venant du fond de la forêt.
Au début, cette solitude est un peu déstabilisante. Mais en pédalant, vous réalisez que c’est un luxe. Dans cette époque où l’on est constamment submergé par les messages, les notifications et les voix humaines, avoir 20 kilomètres pour être seul avec soi-même et une montagne, c’est si rare. Ces choses auxquelles on n’a pas le temps de réfléchir sérieusement remontent une à une pendant la longue montée, puis sont apaisées une à une par le rythme des pédales. Cette route est un dialogue intérieur forcé.
L’arrivée : la libération et le vide
Lorsque vous terminez enfin ces 20 kilomètres et que vous détachez le pied de la pédale, vous ressentez une sensation étrange — pas une joie intense, mais une immense « libération » et un « vide ».
Ce mur, cette douleur, ce duel de volonté, tout disparaît soudainement. À la place, c’est une paix qui suit le vide intérieur. Vous pourriez même être momentanément sans voix, juste envie de vous asseoir tranquillement, de regarder la forêt et les nuages devant vous, de laisser votre cœur qui bat violemment se calmer peu à peu. Cette sensation de libération, un plat ne pourra jamais vous l’offrir. Elle est gagnée par 20 kilomètres entiers de souffrance, c’est pourquoi elle est si pure, si profonde.
Pourquoi on revient
Après avoir terminé l’ascension complète, beaucoup jurent « je ne reviendrai plus jamais de ma vie ». Mais après quelques semaines, quelques mois, cette montagne recommence à appeler au fond du cœur. Pourquoi ?
Parce que ce mur, une fois que vous l’avez traversé, devient une expérience addictive. Vous commencez à vous demander : cette fois, j’ai heurté le mur au 14e kilomètre, la prochaine fois, pourrai-je tenir jusqu’au 17e ? Cette fois, j’ai mis deux heures et demie, la prochaine, pourrai-je aller dix minutes plus vite ? L’ascension complète de la route forestière de Daxue devient un miroir pour mesurer votre progression — non seulement physique, mais aussi celle de la volonté.
Plus profondément, nous revenons vers cette montagne pour ce « moi plus fort ». Chaque dialogue avec le mur, chaque fois que l’on décompose l’impossible en possible, nous dit : vous êtes plus résilient que vous ne l’imaginez. Cette connaissance de soi imprègne chaque recoin de la vie — face aux difficultés du travail, aux creux de l’existence, vous vous souviendrez de ces 20 kilomètres, de cette montagne que vous avez traversée virage après virage.
Pour ceux qui veulent relever le défi
- Respectez-la : Ce n’est pas une route facile, ne la traitez pas comme une excursion touristique. Prévoyez suffisamment de ravitaillement, de vêtements chauds, d’éclairage, et placez la sécurité avant la performance.
- Acceptez de heurter le mur : Heurter le mur n’est pas un échec, c’est une étape obligée de cette route. Apprenez à cohabiter avec lui, et vous aurez déjà gagné la moitié.
- Profitez de la solitude : Ne cherchez pas à tout prix l’animation, laissez ces 20 kilomètres de solitude devenir un moment précieux de dialogue avec vous-même.
- Récompensez-vous après l’effort : En redescendant, trouvez un endroit pour bien manger, boire quelque chose de chaud, et récompensez ce vous qui a serré les dents pour aller au bout.
Les couches de la souffrance : un voyage du corps à l’esprit
La souffrance de l’ascension continue de 20 kilomètres a en réalité des « couches ». En les reconnaissant, vous pourrez cohabiter avec elle plus sereinement.
La première couche, c’est la douleur musculaire. C’est la plus directe — les cuisses, les mollets commencent à brûler et à se raidir sous l’effort continu. Cette couche de douleur arrive la plus tôt, mais elle est aussi la plus facile à supporter, car c’est une réaction normale du corps.
La deuxième couche, c’est l’essoufflement cardio-respiratoire. Avec l’altitude qui monte et l’intensité qui s’accumule, votre respiration devient rapide et lourde, votre cœur semble vouloir sortir de votre poitrine. Cette couche de douleur vous force à ralentir, à ajuster votre rythme.
La troisième couche, c’est le fléchissement de la volonté. C’est la plus difficile. Quand la douleur musculaire et l’essoufflement durent assez longtemps, une voix surgit dans votre tête : « Arrête-toi, repose-toi. » Cette couche de douleur n’est pas dans le corps, mais dans l’esprit. C’est elle qui détermine réellement si vous pouvez terminer.
Et ce qui est étrange, c’est que lorsque vous traversez ces trois couches de douleur et entrez dans un état de concentration presque engourdi, vous atteignez la quatrième couche — la sérénité. À ce moment-là, les pensées parasites sont balayées, il ne reste que le rythme le plus pur : pédaler, respirer, pédaler encore. Cette sérénité qui émerge après une douleur extrême est le cadeau le plus profond que l’ascension complète offre à ceux qui persistent.
Les choses que l’on comprend sur la pente
La montée de longue distance est une solitude forcée. 20 kilomètres, une à deux heures, sans téléphone, sans bruit parasite, seulement vous et vos pensées. Beaucoup de cyclistes ont cette expérience — certaines choses qu’on n’arrive pas à résoudre en temps normal se résolvent souvent sur la pente.
Peut-être des difficultés au travail, des nœuds relationnels, des questionnements sur la vie. Ces choses, dans le tumulte du quotidien, sont toujours repoussées, noyées. Mais dans la longue montée, quand le corps entre dans un état régulier, presque méditatif, les pensées deviennent au contraire plus claires. Vous décomposez lentement, couche après couche, les problèmes au rythme des pédales, puis à un virage, à une borne kilométrique, soudain tout s’éclaire.
C’est pourquoi certains, bien qu’ils connaissent la souffrance de l’ascension complète, reviennent encore et encore. Ils ne reviennent pas seulement pour le défi physique, mais pour ce moment de dialogue profond avec eux-mêmes. Cette montagne est un immense espace de réflexion, silencieux.
Après le mur : découvrir qui vous êtes vraiment
« Frapper le mur » est un passage obligé pour tout grimpeur. Lorsque vous êtes au milieu ou en fin de parcours, que ce mur apparaît sans avertissement — vos jambes comme coulées dans du plomb, chaque coup de pédale exigeant toute votre volonté — vous êtes forcé de faire face à une question : qui suis-je vraiment ?
Face au mur, on révèle son vrai visage. Certains choisissent d’abandonner, d’autres serrent les dents. Et ce vous qui choisit de serrer les dents, qui découpe l’objectif en « un virage de plus », qui perce le mur centimètre par centimètre, c’est le vous plus résilient que vous ne connaissiez pas.
Après avoir traversé ce mur, votre perception de vous-même change. Vous découvrez que ce qu’on appelle les limites n’est souvent qu’une barrière mentale ; que votre potentiel est bien plus profond que vous ne le pensiez. Cette connaissance de soi imprègne chaque recoin de votre vie — face aux difficultés professionnelles, aux creux de l’existence, vous vous souviendrez de ces 20 kilomètres, de ces virages franchis un à un, de cette montagne et de votre propre mur, traversés ensemble.
Pourquoi la souffrance crée une dépendance
Après avoir terminé la montée complète, beaucoup jurent « plus jamais de ma vie ». Mais quelques semaines ou mois plus tard, la montagne recommence à appeler au fond de leur cœur. Pourquoi ?
Parce que ce mur, une fois que vous l’avez percé, devient une expérience addictive. Vous commencez à vous demander : cette fois le mur est arrivé au 14e kilomètre, la prochaine fois pourrai-je tenir jusqu’au 17e ? Cette fois j’ai mis deux heures et demie, la prochaine pourrai-je gagner dix minutes ? La montée complète devient un miroir qui mesure votre progression — non seulement physique, mais aussi mentale.
Plus profondément, nous revenons à cette montagne pour ce « moi plus fort ». Chaque dialogue avec le mur, chaque décomposition de l’impossible en possible vous dit : vous êtes plus résilient que vous ne l’imaginez. Cette satisfaction du dépassement de soi, aucune chose facile ne peut la donner. Si la souffrance crée une dépendance, c’est parce qu’à l’autre bout de la douleur se cachent la croissance la plus pure et l’affirmation de soi la plus profonde.
La valeur de la solitude : s’accompagner soi-même dans l’ascension continue
Les 20 kilomètres d’ascension continue de la montée complète sont une solitude imposée. Cette solitude, déstabilisante au début, révèle sa valeur avec le temps.
Dans cette époque noyée sous les messages, notifications, réseaux sociaux et voix humaines, « rester tranquillement seul » est devenu une expérience rare. La montée complète vous offre cette opportunité — 20 kilomètres, une à deux heures, sans téléphone, sans bruit, seulement vous, votre respiration, le bruit de vos pédales, et une montagne silencieuse.
Dans cette solitude, vous êtes forcé de vous accompagner. Les émotions que l’agitation masque, les pensées que le bruit noie, remontent une à une. Au rythme de vos coups de pédale, vous vous redécouvrez — votre endurance, votre volonté, votre vulnérabilité, votre force. Cette profonde compagnie de soi est le cadeau le plus précieux de la montée complète. Elle transforme une ascension en voyage intérieur.
Après l’arrivée : cette paix vidée de tout
Lorsque vous terminez enfin ces 20 kilomètres et que vous retirez le pied de la pédale, une sensation très particulière vous envahit — pas une exubérance, mais une immense « paix vidée de tout ».
Ce mur, cette douleur, cette lutte de volonté, tout disparaît soudainement. À la place, une sérénité proche de l’épuisement. Vous pourriez rester sans voix, juste assis tranquillement, contemplant la forêt et les nuages devant vous, laissant votre cœur qui martèle se calmer lentement.
Cette paix, gagnée par 20 kilomètres entiers de souffrance, est d’une pureté et d’une profondeur exceptionnelles. Ce n’est pas le relâchement superficiel du téléphone ou des vidéos, mais une quiétude totale qui monte des profondeurs du corps. À cet instant, vous ne manquez de rien, ne désirez rien, simplement présent, silencieux, dans l’instant. Cette paix est la plus belle récompense de la montée complète pour ceux qui persistent.
Les raisons de revenir encore et encore
Après avoir terminé la montée complète, beaucoup jurent « plus jamais de ma vie ». Mais quelques semaines ou mois plus tard, la montagne recommence à appeler au fond de leur cœur. Pourquoi ?
Parce que ce mur, une fois que vous l’avez percé, devient une expérience addictive. Vous commencez à vous demander : cette fois le mur est arrivé au 14e kilomètre, la prochaine fois pourrai-je tenir jusqu’au 17e ? Cette fois j’ai mis deux heures et demie, la prochaine pourrai-je gagner dix minutes ? La montée complète devient un miroir qui mesure votre progression — non seulement physique, mais aussi mentale.
Plus profondément, nous revenons à cette montagne pour ce « moi plus fort ». Chaque dialogue avec le mur, chaque décomposition de l’impossible en possible vous dit : vous êtes plus résilient que vous ne l’imaginez. Cette satisfaction du dépassement de soi imprègne chaque recoin de votre vie. Face aux difficultés professionnelles, aux creux de l’existence, vous vous souviendrez de la montée complète — de ces virages franchis un à un, de cette montagne et de votre propre mur, traversés ensemble. Cette conviction que « je peux le faire » devient votre socle face à toutes les difficultés.
Pour ceux qui tentent l’aventure pour la première fois
Si vous envisagez de défier la montée complète pour la première fois, voici quelques mots sincères :
Acceptez le mur. Frapper le mur n’est pas un échec, c’est une étape obligatoire de ce chemin. Pour une première tentative, terminer est déjà une victoire, ne vous comparez pas aux autres. Respectez cette montagne. Prévoyez suffisamment de ravitaillement, de vêtements chauds, d’outils de réparation, placez la sécurité avant la performance. Savourez la solitude. Ne cherchez pas l’agitation, laissez ces 20 kilomètres de solitude devenir un moment précieux de dialogue avec vous-même. Prenez soin de vous. Après la descente, trouvez un endroit pour bien manger, boire quelque chose de chaud, récompensez ce vous qui vient de serrer les dents. Lorsque vous terminez en sécurité, vous repartirez avec bien plus qu’un temps — un vous plus résilient que vous ne l’imaginiez.
La conscience de soi dans la sueur
Les 20 kilomètres d’ascension continue de la montée complète sont un miroir qui vous révèle à vous-même. Dans l’épuisement et la douleur extrêmes, on montre son vrai visage, et c’est là que la conscience de soi est la plus profonde.
Lorsque vous pédalez jusqu’à l’épuisement, que le mur approche, vous voyez clairement votre première réaction face à l’adversité — abandonner ou serrer les dents ? Vous apitoyer ou vous concentrer sur la solution ? Être dominé par la peur ou porté par la volonté ? Ces réactions, souvent masquées par le confort du quotidien, remontent à nu dans les limites de la montée complète.
Et voir, c’est le début du changement. Lorsque vous prenez conscience que « finalement, face aux difficultés, j’ai tendance à vouloir abandonner », vous avez l’opportunité, la prochaine fois, de choisir une réaction différente. La montée complète est comme une loupe qui agrandit vos schémas face à l’adversité et les place sous vos yeux, vous donnant la chance de les reconnaître et de les dépasser. Cette conscience de soi dans la sueur est la valeur profonde de ce chemin, au-delà du sport — il n’entraîne pas seulement vos jambes, il forge votre esprit.
Ceux qui ont pédalé à vos côtés
Bien que la montée complète soit souvent un voyage solitaire, les jours partagés avec d’autres ont aussi leur chaleur unique.
Si vous avez déjà relevé la montée complète avec des compagnons de route, vous vous souviendrez de ces images — les encouragements mutuels au départ, les dos courbés dans l’effort silencieux de chacun pendant l’ascension, la complicité de s’arrêter aux points clés pour attendre l’autre, le gel énergétique tendu à celui qui frappe le mur, et ce sourire échangé à l’arrivée, fatigué mais éclatant, sans un mot.
Souffrir ensemble, frapper le mur ensemble, traverser ensemble une montagne impitoyable — cette camaraderie forgée dans l’épreuve, aucune réunion décontractée ne peut l’égaler. Vous avez partagé la douleur, et donc vous partagez la mémoire d’avoir vaincu cette douleur. Ceux qui ont pédalé la montée complète à vos côtés deviennent souvent les compagnons les plus précieux de votre vie cycliste — parce que vous avez vu chez l’autre le plus vulnérable et le plus fort.
La montagne vous attendra, mais vous devez vous préparer
La montée complète est un chemin qui exige du respect. Elle ne vous épargnera pas parce que vous n’êtes pas en forme aujourd’hui, elle ne vous laissera pas passer parce que vous n’êtes pas préparé. Elle se dresse là, objective et impitoyable, avec ses 20 kilomètres d’ascension continue, pour éprouver quiconque s’y engage.
C’est pourquoi, avant de défier la montée complète, préparez-vous sérieusement — progressivement sur le plan physique, avec des vêtements chauds et du ravitaillement en équipement, et mentalement en vous préparant à frapper le mur. Ne la traitez pas comme une aventure impulsive, mais comme un examen qui demande une préparation sérieuse.
Mais ne reculez pas devant sa difficulté. La montagne vous attendra — tant que vous accumulez pas à pas, progressez à chaque fois, un jour vous serez prêt à l’affronter, à la traverser. Et quand ce jour viendra, quand vous aurez terminé cette pente impitoyable en sécurité, vous récolterez bien plus qu’un temps — un « vous plus résilient et plus complet que vous ne l’imaginiez ». Cette récolte vaut toute votre préparation et tous vos efforts.
Le cadeau au bout de la souffrance
Cette montée complète, cette pente que l’on aime et que l’on déteste à la fois, recèle une leçon profonde sur la « souffrance ». Notre instinct nous pousse toujours à fuir la douleur et à rechercher le confort. Mais la montée complète m’a appris ceci : certaines choses les plus précieuses se cachent précisément au bout de la souffrance, et seuls ceux qui acceptent de traverser la douleur peuvent les obtenir.
Lorsque vous serrez les dents dans l’épuisement extrême d’une montée continue, lorsque vous refoulez une à une les pensées de « je n’en peux plus » et continuez d’avancer, vous traversez en réalité une véritable forge. Et lorsque vous finissez par surmonter ce passage le plus douloureux et atteignez le sommet, cette sensation de libération, cette paix, cette satisfaction d’un « je l’ai fait » qui monte en vous, aucune forme de confort ou de plaisir ne peut l’offrir. Ce cadeau est gagné par la souffrance, c’est pourquoi il est d’une pureté et d’une profondeur exceptionnelles.
Cela m’a amené à reconsidérer la souffrance et les difficultés de la vie. Elles sont certes pénibles, mais ce sont aussi souvent les moments où l’on grandit le plus vite, ceux où l’on récolte le plus. Fuir la souffrance peut offrir un confort temporaire, mais c’est aussi passer à côté du précieux cadeau qui se trouve au bout de la douleur. Ceux qui acceptent d’affronter la souffrance et de la traverser peuvent, encore et encore, se forger et se dépasser, pour finalement devenir une personne plus résiliente et plus accomplie. La montée complète, par sa cruauté, m’a appris à ne plus craindre la souffrance, mais à apprendre à cohabiter avec elle, à la traverser, et à recevoir, à son terme, ce cadeau réservé aux courageux. Voilà, c’est la leçon la plus douce de cette impitoyable longue pente.
Conclusion
La montée complète de la route forestière de Daxueshan, 20 kilomètres d’ascension continue sans répit, est un bras de fer entre vous, une montagne et votre propre volonté. Elle a ses strates de souffrance, des muscles au cœur-poumons, à la volonté, jusqu’à cette sérénité qui suit l’extrême ; c’est un immense espace de réflexion qui vous permet d’élucider sur la pente ces choses que vous n’arrivez pas à comprendre dans la vie quotidienne ; elle vous fera heurter le mur, et vous apprendra aussi à le traverser à vélo, pour découvrir votre vrai moi de l’autre côté. Elle est douloureuse, mais elle crée une dépendance, car ce qu’elle vous donne, c’est ce « vous, plus résilient que vous ne l’imaginiez ». Si un jour vous voulez savoir où se trouve votre limite, ne demandez pas aux autres — allez sur la route forestière de Daxueshan, virage après virage, et pédalez pour trouver la réponse. N’oubliez pas de respecter cette montagne, de vous préparer avec toutes les précautions de sécurité nécessaires, afin que chaque dialogue avec vous-même puisse se conclure en toute sécurité.
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