Dialoguer avec un mur : monter à Guguan, la montée la plus honnête à côté d'une station thermale

Certaines routes sont faites pour être appréciées ; d’autres, pour être honnêtes avec soi-même. La montée de Guguan appartient à la seconde catégorie.
Cette montée raide, marquée par Strava sur 4,43 kilomètres avec 533 mètres de dénivelé et une pente moyenne de 11,7 %, se cache sur les flancs de la montagne bordant la rivière Dajia, à proximité de la station thermale de Guguan. Les chiffres sont froids, mais tous ceux qui l’ont gravie se souviennent de cette sensation d’« étouffement par la pente ». Cet article ne parle pas de la conquérir, mais plutôt de ceci : sur une route presque verticale, quels paysages et quelle version de soi-même rencontre-t-on ?
Guguan : la station thermale au cœur des montagnes
Pour comprendre la montée de Guguan, il faut d’abord connaître Guguan.
Guguan est située en amont de la rivière Dajia, et c’est la station thermale la plus célèbre de la section ouest de la route provinciale 8 (l’autoroute transinsulaire centrale). Le relief y est spectaculaire — d’un côté, la rivière Dajia, mince en temps normal mais impétueuse en saison des pluies ; de l’autre, le mont Basianshan, qui s’élève à plus de mille mètres. L’ancienne route transinsulaire est-ouest a été taillée centimètre par centimètre, épousant le lit de la rivière et la paroi rocheuse. Guguan est réputée pour ses sources thermales carbonatées faiblement alcalines. Le programme de nombreux cyclistes est toujours le même : attaquer la montée avec acharnement, puis retirer tout l’équipement et s’immerger dans les sources chaudes, laissant les muscles tendus se relâcher dans les eaux tièdes.
Et la montée de Guguan est la route la plus exigeante de cette région montagneuse. Elle n’a rien de la douceur des sources thermales de Guguan. Sa première impression est simple : raide, et d’une raideur qui ne fait aucun cadeau dès les premiers mètres.
Songhe et Lileng : les villages sur la route de Guguan
Avant d’arriver à Guguan, la route provinciale 8 traverse deux villages du peuple Atayal, Lileng et Songhe, qui constituent les étapes les plus chaleureuses de ce parcours.
Le village de Songhe s’appelait autrefois « Jiulangqi ». Après la rétrocession de Taïwan, il a été renommé en raison des aigrettes qui venaient souvent chercher leur nourriture dans le lit de la rivière Dajia. Le village conserve encore des maisons en planches de cyprès centenaires, ainsi que les vestiges historiques de la gare de Jiulangqi du chemin de fer forestier du mont Basianshan. Après Songhe, on entre dans la zone du parc forestier national du mont Basianshan, à seulement 4 kilomètres de Guguan.
Le village de Lileng, adossé à la montagne et face à la rivière, bénéficie d’un climat agréable. Ces dernières années, des sources chaudes ont été découvertes au bord de la rivière Lileng, ce qui en fait une autre halte douce sur cette route. Ces villages font de la montée de Guguan bien plus qu’une simple grimpée solitaire : c’est un voyage à travers la montagne, la forêt et la culture. Avant de donner le meilleur de soi-même, on est d’abord doucement apaisé par ces vieilles maisons en cyprès, les motifs Atayal et la fumée des cheminées dans la vallée.
À la première personne : un dialogue avec un mur
Je me souviens du premier matin où j’ai gravi Guguan. Parti de Guguan, les premières portions étaient encore douces, accompagnées par le murmure de la rivière Dajia. Puis, au virage qui mène à la montée — la pente a soudainement changé d’attitude, se dressant d’un coup.
Les chiffres du compteur grimpaient : 11 %, 13 %, 15 %… J’ai déraillé jusqu’au plus petit plateau, mais le rythme de pédalage ne cessait de chuter. La roue avant semblait vouloir se soulever, et mon corps se penchait instinctivement vers l’avant. Tout autour, le silence n’était rompu que par ma respiration lourde et le bruit de la chaîne qui tournait péniblement sur le plus petit pignon.
C’était une solitude étrange. Cette route, longue de moins de 5 kilomètres, rendait le temps interminable. On ne peut pas penser à « combien reste-t-il », ce serait trop désespérant ; on ne peut penser qu’à « le prochain virage », « encore dix coups de pédale ». Dans cette concentration qui réduisait le monde à trois mètres devant moi, j’ai ressenti une forme de paix — toutes les pensées parasites étaient essorées par la pente, et mon esprit était vide, ne contenant plus qu’une seule chose : « monter ».
Au sommet, pas d’arche de bienvenue, pas de mer de nuages, seulement un carrefour ordinaire. Mais je suis resté assis au bord de la route à reprendre mon souffle pendant longtemps, avec une satisfaction inhabituelle. Parce que je savais que je n’avais pas posé pied à terre, que je n’avais pas abandonné, et que j’avais dialogué avec ce mur jusqu’au bout.
Les paysages et les saveurs du parcours
Bien que la montée de Guguan soit raide, les paysages forestiers tout au long du chemin sont généreux. Bambouseraies, forêts mixtes et bananiers forment des tunnels de verdure de part et d’autre de la pente, et la lumière du soleil filtre à travers les feuilles, dansant sur l’asphalte. Parfois, à un virage, la vallée de la rivière Dajia et la crête du mont Basianshan se déploient soudainement devant vous — cette « vue gagnée à la sueur » est particulièrement émouvante.
Après la montée, n’oubliez pas les sources thermales et la gastronomie de Guguan. Les glaces de Baileng le long du parcours sont le remède rafraîchissant favori des cyclistes chevronnés : une glace à l’ancienne avalée, la chaleur de la grimpée s’évapore instantanément. Les villages proposent également du jus de pin à cinq aiguilles, des plats typiques des peuples autochtones et d’autres saveurs locales. Et la conclusion la plus réparatrice reste toujours de s’immerger dans les sources thermales carbonatées faiblement alcalines de Guguan — laissant les jambes éprouvées par les 11,7 % se détendre lentement dans les eaux chaudes.
Ce que cette route signifie pour les cyclistes
La montée de Guguan n’est pas une « route instagrammable » ; elle ne figure pas sur la liste de voyage de la plupart des gens. Mais pour les amateurs sérieux de grimpe, c’est une pierre de touche honnête.
Ce qu’elle vous apprend, c’est « l’affrontement ». Affronter une pente dont vous savez qu’elle sera douloureuse et dont vous ne pouvez pas vous échapper ; affronter l’envie d’abandonner ; affronter la gêne et la persévérance nécessaires pour continuer à tourner les pédales alors que votre vitesse est « embarrassante ». Lorsque vous êtes prêt à donner encore un coup de pédale sur une pente à 11,7 %, vous vous entraînez en réalité à une compétence de vie : tenir une seconde de plus là où vous avez le plus envie d’abandonner.
De nombreux cyclistes en font leur terrain d’entraînement, montant et descendant sans cesse. Ce qu’ils recherchent, ce n’est pas le paysage, mais ce processus d’être vidé puis de se relever. Le sens de cette route se cache dans cette répétition quasi méditative.
Des paysages propres à chaque saison
- Printemps : la forêt reverdit, l’eau de la rivière est claire, c’est la saison la plus agréable pour relever le défi.
- Été : la vallée est étouffante, mais les matinées sont fraîches. Avec les glaces de Baileng et les sources thermales de Guguan, c’est la combinaison « l’amertume avant la douceur ».
- Automne : le ciel est haut et l’air vif, la visibilité est optimale, la crête du mont Basianshan se détache nettement.
- Hiver : les matinées sont froides, la tentation du bain thermal est à son comble, idéal pour une balade lente « défi + bain chaud ».
Suggestions d’itinéraire
Pour intégrer la montée de Guguan dans une journée, voici une suggestion :
- Matin : départ de Dongshi ou de Guguan, longez la route provinciale 8 en passant par Lileng et Songhe pour découvrir l’ambiance des villages.
- Midi : attaquez de toutes vos forces la montée de Guguan, le plat principal de la journée.
- Après-midi : retour à Guguan pour un bain thermal, visite des maisons en cyprès de Songhe et des vestiges de la gare de Jiulangqi, puis un repas local.
- Soirée : redescente le long de la rivière Dajia, pour terminer ce voyage « l’amertume d’abord, la douceur ensuite » sous le soleil couchant.
La montée de Guguan ne vous fera pas l’aimer facilement, mais elle vous marquera profondément. Avec sa raideur pure, elle vous force à voir vos limites, et vous force aussi à voir — que vous pouvez encaisser plus que vous ne le pensiez. La prochaine fois que vous viendrez vous baigner à Guguan, allez d’abord vous confronter à ce mur. Vous entrerez dans les sources chaudes avec les jambes lourdes, et vous en ressortirez avec un sentiment de plénitude difficile à décrire.
La section ouest de l’autoroute transinsulaire : une route qui vit avec la rivière
La montée de Guguan fait partie des grands paysages de la section ouest de l’autoroute transinsulaire centrale. Pour la comprendre, il faut comprendre le caractère de toute la section ouest de la route provinciale 8 — c’est une route qui vit en symbiose avec la rivière Dajia.
De Dongshi à Guguan, la route provinciale 8 longe constamment la rivière Dajia. D’un côté, la rivière, tantôt mince et murmurante, tantôt impétueuse et rugissante ; de l’autre, la montagne, le mont Basianshan s’élevant vers les nuages, comprimant toute la route dans l’étroit interstice entre la montagne et l’eau. Chaque virage, chaque montée de cette route a été taillée centimètre par centimètre par les bâtisseurs d’antan, épousant la forme de la montagne et le cours de l’eau. En pédalant ici, on ressent un équilibre né de la lutte entre l’homme et la nature — la route ne heurte pas la montagne de front, elle la contourne avec douceur ; elle ne dispute pas le passage à la rivière, elle la suit silencieusement.
La montée de Guguan est l’élévation la plus abrupte de cette route qui vit avec la rivière. Lorsque vous quittez les rives de la Dajia et commencez à grimper, vous semblez quitter la compagnie de la rivière pour vous jeter dans les bras de la montagne. Cette transition de « longer la rivière » à « monter vers la montagne » est le moment le plus dramatique de la montée de Guguan — une seconde encore, vous entendez le bruit de l’eau de la Dajia, la suivante, il ne reste que votre propre respiration haletante et la pression d’une pente qui se dresse.
L’appel des sources thermales : le rituel de l’amertume avant la douceur
Ce qui rend Guguan si fascinante, c’est qu’elle réunit le « plus dur » et le « plus doux » au même endroit. Le plus dur, c’est cette pente à 11,7 % ; le plus doux, c’est cette piscine d’eau thermale carbonatée faiblement alcaline en contrebas.
Guguan est célèbre pour ses sources thermales, dont l’eau est douce et particulièrement efficace pour détendre les muscles et dissiper la fatigue. Pour les cyclistes, cela crée un rituel presque sacré : d’abord, donner tout ce qu’on a pour relever le défi de cette pente impitoyable, pousser son corps à l’extrême ; puis, revenir à Guguan, retirer tout l’équipement, s’immerger dans les sources chaudes et laisser les jambes éprouvées se détendre pouce par pouce dans l’eau tiède. Cette sensation d’euphorie après l’effort, aucune simple balade ne peut l’offrir.
Ce rythme « l’amertume d’abord, la douceur ensuite » est en réalité une métaphore de la vie. Il en va de même dans l’existence : les fruits les plus sucrés se cachent souvent derrière les efforts les plus pénibles. Guguan, avec sa pente raide et ses sources thermales, a écrit cette leçon sous la forme d’un voyage que l’on peut vivre de ses propres yeux. Et ce n’est pas étonnant que tant de cyclistes reviennent sans cesse à Guguan — ce qu’ils recherchent, ce n’est pas seulement l’accomplissement de la grimpée, mais aussi cette expérience complète de l’amertume surmontée et de la détente totale du corps et de l’esprit.
Songhe et Lileng : la douceur avant la pente raide
Avant d’atteindre Guguan et d’affronter cette pente raide, la route provinciale 8 traverse d’abord les villages atayals de Lileng et Songhe. Ils sont comme une douce ouverture avant ce parcours exigeant, te réconfortant d’abord par la montagne et la culture humaine avant que tu ne donnes tout.
Le village de Songhe s’appelait autrefois Jiulaingqi, renommé après la rétrocession de Taïwan en raison des aigrettes qui venaient souvent se nourrir le long de la rivière Dajia. Le village conserve encore aujourd’hui des maisons en planches de cyprès vieilles de cent ans, ainsi que les traces historiques de la gare de Jiulaingqi du chemin de fer forestier de la montagne Basian. Après Songhe, on entre dans la zone autour de la forêt nationale de loisirs de la montagne Basian, à seulement 4 kilomètres de Guguan. Le village de Lileng, adossé à la montagne et bordé par la rivière, jouit d’un climat agréable. Ces dernières années, des sources chaudes ont été découvertes au bord de la rivière Lileng, faisant de ce village une autre halte douce sur le chemin.
Ces villages font de la montée vers Guguan bien plus qu’une simple ascension solitaire : c’est un voyage à travers la montagne et la culture. Tu seras d’abord apaisé par ces vieilles maisons en cyprès, les motifs atayals et la fumée des cuisines dans la vallée, avant d’affronter cette pente impitoyable. Cette mise en scène donne de la profondeur à tout le parcours — d’abord la douceur, puis la rudesse ; d’abord la culture, puis l’extrême. Et même sur la pente la plus douloureuse, tu gardes en mémoire ces images chaleureuses qui deviennent la force qui te porte vers le haut.
Ce que cette route m’a appris : tenir une seconde de plus là où on veut tout abandonner
Après avoir gravi Guguan tant de fois, ce qu’elle m’a appris n’est pas vraiment une technique de cyclisme, mais une attitude face aux difficultés.
Elle m’a appris à « affronter ». Affronter une pente raide dont on sait qu’elle fera mal et dont on ne peut pas s’échapper ; affronter l’envie d’abandonner ; affronter la gêne et la persévérance de continuer à pédaler quand on est si lent que c’en est embarrassant. Sur une pente à 11,7 %, personne ne peut pédaler à ta place, tu ne peux que faire face à tes propres limites. Et quand, au moment où tu veux le plus abandonner, tu choisis de donner un coup de pédale de plus, de tenir une seconde de plus, tu entraînes en réalité la capacité la plus précieuse de la vie : la résilience.
Cette capacité s’étend au-delà du vélo. Quand le travail rencontre un obstacle, quand la vie traverse un creux, tu te souviens de cette personne qui n’a pas abandonné face à ce mur à Guguan, et tu te dis : « Encore un petit effort, ça va passer. » La montée de Guguan, par sa pente la plus pure, grave cette leçon dans ton corps et ta mémoire. Ce n’est pas une route qu’on aime facilement, mais elle te marque profondément et te rend plus résilient.
Saisons et détours : intégrer la pente raide dans une journée de voyage
La montée de Guguan a ses charmes à chaque saison : au printemps, la verdure nouvelle de la montagne et l’eau claire de la rivière en font la saison idéale pour relever le défi ; en été, la vallée est étouffante mais les matinées sont fraîches, et les glaces de Baileng avec les sources chaudes sont le duo parfait après l’effort ; en automne, le ciel est dégagé et la visibilité optimale ; en hiver, les matins sont froids et la tentation des sources chaudes est à son comble, parfait pour combiner défi et bain relaxant.
Pour intégrer la montée de Guguan dans une journée, voici comment organiser : le matin, partir de Dongshi ou de Guguan, longer la route provinciale 8 en passant par Lileng et Songhe pour ressentir l’ambiance des villages ; à midi, attaquer de toutes ses forces la pente raide de Guguan, le plat principal de la journée ; l’après-midi, retour à Guguan pour les sources chaudes, visiter les maisons en cyprès de Songhe et les vestiges de la gare de Jiulaingqi, déguster un repas local ; en fin de journée, redescendre le long de la rivière Dajia, terminant ce voyage d’abord amer puis doux dans la lumière du couchant. La montée de Guguan ne se fait pas aimer facilement, mais elle te marque profondément. Par sa pente la plus pure, elle te force à voir tes limites, et te force aussi à voir — que tu peux tenir plus que tu ne l’imaginais. La prochaine fois que tu viendras te baigner aux sources chaudes de Guguan, va d’abord faire un tour devant ce mur. Tu entreras dans l’eau chaude avec les jambes lourdes, et tu repartiras chez toi avec un sentiment d’accomplissement difficile à décrire.
Première personne : un dialogue avec un mur
Je me souviens de ce premier matin où j’ai gravi Guguan. Parti de Guguan, la route était encore assez douce au début, le bruit de l’eau de la rivière Dajia m’accompagnant tout du long. Puis, au virage qui mène à la montée — la pente a changé de personnalité, se dressant soudainement. Les chiffres sur le compteur grimpaient, 11 %, 13 %, 15 %, j’ai déroulé tout mon développement jusqu’au plus petit, mais le rythme de pédalage ne cessait de chuter. La roue avant semblait vouloir décoller, mon corps se penchait instinctivement vers l’avant. Tout autour était silencieux, ne restaient que ma respiration lourde et le bruit de la chaîne tournant péniblement sur le plus petit braquet.
C’était une solitude étrange. Cette route fait moins de 5 kilomètres, pourtant le temps y devient interminable. Tu ne peux pas penser à la distance restante, ce serait trop désespérant ; tu ne peux que penser au prochain virage, aux dix prochains coups de pédale. Et dans cette concentration qui réduit le monde à trois mètres devant toi, j’ai ressenti une étrange paix — toutes les pensées parasites étaient aspirées par la pente, mon esprit était vide, ne restait que cette seule chose : monter. Au moment d’atteindre le sommet, pas d’arche de bienvenue, pas de mer de nuages, seulement un carrefour ordinaire. Mais je suis resté assis au bord de la route à reprendre mon souffle longtemps, avec une satisfaction immense au fond du cœur. Parce que je savais que je n’avais pas posé pied à terre, pas abandonné, et que j’avais dialogué avec ce mur jusqu’au bout.
Les paysages et les saveurs du chemin
Bien que la montée de Guguan soit raide, les paysages forestiers tout au long du chemin sont généreux. Bambouseraies, forêts mixtes, bananiers forment des tunnels de verdure de part et d’autre de la pente, la lumière du soleil filtrant à travers les feuilles dansant sur le bitume. Parfois, à un virage, la vallée de la rivière Dajia et la crête de la montagne Basian s’ouvrent soudain devant toi — cette vue gagnée par la souffrance est particulièrement émouvante. C’est aussi la plus grande différence entre le vélo et la voiture — ceux qui conduisent passent en trombe, incapables de voir ces paysages cachés dans les virages de la pente ; tandis que le cycliste, gagnant chaque panorama à la sueur de son front, les voit avec d’autant plus d’acuité et s’en souvient d’autant plus durablement.
Après l’effort, n’oublie pas les sources chaudes et la gastronomie de Guguan. Les glaces de Baileng le long du parcours sont le remède anti-canicule favori des cyclistes chevronnés — une glace à l’ancienne avalée, la chaleur de la montée se dissipe instantanément. Dans les villages, on trouve aussi du jus de pin à cinq feuilles, des plats aux saveurs autochtones et autres spécialités locales. Mais la conclusion la plus réparatrice reste toujours de s’immerger dans les sources chaudes carbonatées faiblement alcalines de Guguan, laissant les jambes éprouvées par les 11,7 % se détendre lentement dans le courant chaud. Beaucoup de cyclistes en font leur terrain d’entraînement, montant et descendant sans cesse. Ce qu’ils recherchent, ce n’est pas le paysage, mais ce processus d’être vidé puis de se relever. Le sens de cette route se cache dans cette répétition quasi ascétique.
Guguan : la station thermale au cœur des montagnes
Pour connaître la montée de Guguan, il faut d’abord connaître Guguan. Située en amont de la rivière Dajia, Guguan est la station thermale la plus célèbre de la section ouest de la route provinciale 8 (l’ancienne route transinsulaire). Le relief y est spectaculaire — d’un côté la rivière Dajia, mince en temps normal mais impétueuse en saison des pluies, de l’autre la montagne Basian qui culmine à plus de mille mètres. L’ancienne route transinsulaire est-est a été taillée centimètre par centimètre, épousant le lit de la rivière et les parois rocheuses. Guguan est réputée pour ses sources chaudes carbonatées faiblement alcalines. Le programme de nombreux cyclistes est toujours le même : attaquer la montagne avec détermination, puis retirer tout l’équipement et s’immerger dans les sources chaudes, laissant les muscles tendus se relâcher dans le courant chaud.
Et la montée de Guguan, cette pente raide, est la route la plus exigeante de cette région montagneuse. Elle n’a rien de la douceur des sources chaudes de Guguan ; sa première impression, c’est la raideur, et une raideur qui ne fait aucun cadeau dès le départ. Avant d’atteindre Guguan, la route provinciale 8 traverse d’abord les villages atayals de Lileng et Songhe, les sections les plus chaleureuses de ce parcours. Le village de Songhe s’appelait autrefois Jiulaingqi, renommé après la rétrocession de Taïwan en raison des aigrettes qui venaient se nourrir le long de la rivière Dajia ; le village conserve encore des maisons en planches de cyprès vieilles de cent ans. Le village de Lileng, adossé à la montagne et bordé par la rivière, jouit d’un climat agréable, et des sources chaudes y ont été découvertes ces dernières années au bord de la rivière Lileng. Ces villages font de la montée de Guguan bien plus qu’une simple ascension solitaire : c’est un voyage à travers la montagne et la culture. Avant de donner tout ce que tu as, tu seras doucement apaisé par ces vieilles maisons en cyprès, les motifs atayals et la fumée des cuisines dans la vallée.
Ce que cette route signifie pour les cyclistes
La montée de Guguan n’est pas une route « instagrammable », elle ne figure pas sur la plupart des listes de voyages. Mais pour les amateurs sérieux de montée, c’est une pierre de touche honnête. Ce qu’elle t’apprend, c’est à affronter — affronter une pente raide dont on sait qu’elle fera mal et dont on ne peut pas s’échapper ; affronter l’envie d’abandonner ; affronter la gêne et la persévérance de continuer à pédaler quand on est si lent que c’en est embarrassant. Quand, sur une pente à 11,7 %, tu acceptes encore de donner un coup de pédale de plus, tu exerces en réalité une capacité de la vie — tenir une seconde de plus là où on veut le plus tout abandonner.
Beaucoup de cyclistes en font leur terrain d’entraînement, montant et descendant sans cesse. Ce qu’ils recherchent, ce n’est pas le paysage, mais ce processus d’être vidé puis de se relever. Le sens de cette route se cache dans cette répétition quasi ascétique. La montée de Guguan, par sa pente raide et les sources chaudes de Guguan, lie étroitement l’amertume et la douceur, la limite et la détente. Elle te fait te connaître toi-même dans l’endroit le plus douloureux, et te récompenser dans les sources chaudes les plus réparatrices. Cette expérience complète, d’abord amer puis doux, aucune simple balade ne peut l’offrir. Pas étonnant que tant de cyclistes reviennent sans cesse à Guguan — ce qu’ils retrouvent, ce n’est pas seulement le défi de ce mur, mais aussi cette satisfaction et ce contentement irremplaçables ressentis en s’immergeant dans les sources chaudes après l’avoir vaincu.
Songhe et Lileng : la douceur sur la route de Guguan
Avant d’atteindre Guguan et d’affronter cette pente raide, la route provinciale 8 traverse d’abord les villages atayals de Lileng et Songhe, véritables préludes en douceur avant ce parcours exigeant. L’ancien village de Songhe s’appelait autrefois Jiuliuqixi ; après la rétrocession, il fut rebaptisé en raison des aigrettes qui venaient souvent se nourrir dans la rivière Dajia. Le village conserve encore aujourd’hui des maisons en planches de cyprès vieilles de cent ans, ainsi que les vestiges historiques de la gare de Jiuliuqixi du chemin de fer forestier du mont Baxian. Après Songhe, on entre dans les environs de la zone forestière nationale de loisirs du mont Baxian, à seulement 4 kilomètres de Guguan. Le village de Lileng, adossé à la montagne et bordé par la rivière, jouit d’un climat agréable et constitue une autre halte douce sur cette route.
Ces villages font de la montée vers Guguan bien plus qu’une simple ascension solitaire : c’est un voyage à travers la forêt, l’humain et la culture. Vous serez d’abord apaisé par ces vieilles maisons en cyprès, les motifs atayals et la fumée des foyers dans la vallée, avant d’affronter cette pente impitoyable. Cette progression du doux vers le dur donne toute sa profondeur à la sortie. Elle vous permet aussi, sur la pente la plus pénible, de garder en mémoire ces images chaleureuses qui deviennent la force qui vous porte vers le haut. Le plus beau dans le cyclisme, c’est souvent cette expérience où se mêlent douceur et rudesse, culture et dépassement de soi — elle transforme une simple montée en un voyage complet, chargé d’histoire, de chaleur et de défi. C’est précisément là tout le charme des montagnes et des rivières de Guguan.
Lectures complémentaires
- Guide de l’ascension de Guguan : le manuel d’école de la pente pure, 4,4 km à 11,7 % de moyenne
- La rivière Lileng au cœur de Guguan : un voyage sur les pistes forestières au fil des souvenirs du village atayal et de la rivière Dajia
- Itinéraires du bassin de la rivière Dajia à Taichung : le guide complet des parcours naturels en vallée
- L’itinéraire de montagne de Guguan à Lishan à Taichung : le voyage de la route transversale centrale à vélo
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