La route céleste vers la montagne sacrée : le Shikoku Ridge, entre skyline du mont Ishizuchi, foi shugendō et bleu d'Omogo

Sur le toit de Shikoku se dresse une montagne sacrée vénérée depuis plus de treize cents ans, et un chemin céleste y mène. Le mont Ishizuchi Skyline n’est pas qu’une simple montée, c’est une route de pèlerinage moderne qui traverse la foi, les eaux cristallines et les paysages grandioses.
Le mont Ishizuchi, culminant à 1982 mètres, est le plus haut sommet de l’ouest du Japon. Mais son importance dépasse de loin ce simple chiffre d’altitude. Depuis l’époque de Nara, cette montagne est une montagne sacrée de la « croyance montagnarde (shugendō) ». Depuis des siècles, d’innombrables ascètes vêtus de blanc viennent y gravir les pentes en signe de dévotion. Et lorsque vous pédalez sur le mont Ishizuchi Skyline, vous empruntez précisément la route qui mène à cette montagne spirituelle. Dans cet article, nous posons nos compteurs de côté pour plonger dans la foi, les eaux cristallines et les paysages grandioses qui se cachent derrière ce chemin céleste.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette route, voici une image : le mont Ishizuchi Skyline se trouve dans la préfecture d’Ehime. Depuis la vallée d’Omogo, il serpente en montant jusqu’à l’un des points de départ de l’ascension du mont Ishizuchi, « Tsuchigoya » (environ 1492 mètres d’altitude). C’est une route touristique au dénivelé régulier et aux panoramas dégagés. Avec la route adjacente UFO Line (forêt de Kamegamori), célèbre pour ses crêtes spectaculaires, elles forment ensemble le plus envoûtant des parcours célestes sur le toit de Shikoku. Mais ce qui rend cette route vraiment émouvante ne réside pas dans les chiffres, mais dans la montagne sacrée qu’elle mène, et dans les histoires de foi, d’eaux cristallines et de paysages grandioses qui jalonnent le parcours.
Une montagne vénérée depuis treize cents ans
Pour comprendre le mont Ishizuchi Skyline, il faut d’abord comprendre la place qu’occupe le mont Ishizuchi dans le cœur des Japonais.
Le mont Ishizuchi est une « montagne spirituelle » célèbre au Japon, l’une des « sept montagnes sacrées du Japon ». Depuis l’époque de Nara, c’est un lieu de pratique du shugendō. Selon la légende, il y a environ treize cents ans, En no Gyōja (役小角), le « fondateur du shugendō », ouvrit cette montagne et traça la voie d’ascèse des moines shugensha. On raconte aussi que Kōbō Daishi Kūkai y aurait pratiqué. Cette montagne porte une profonde signification religieuse et historique. Elle est l’un des cœurs de la foi de Shikoku et même de tout l’ouest du Japon. Par son statut éminent, elle représente l’archétype de la croyance montagnarde de l’ouest du Japon.
Le shugendō est une tradition ascétique unique au Japon, fusionnant croyance montagnarde, bouddhisme et shintoïsme. Les pratiquants (yamabushi) croient qu’en parcourant et en endurant des épreuves dans les montagnes escarpées, ils peuvent purifier leur corps et leur esprit et acquérir des pouvoirs spirituels. Le mont Ishizuchi est précisément l’une des scènes les plus importantes de cette tradition ascétique dans l’ouest du Japon. Lorsque vous pédalez sur ce chemin céleste menant à la montagne sacrée, vous suivez en réalité une route imprégnée de piété et d’ascèse depuis treize cents ans.
Chaque année, du 1er au 10 juillet, c’est la « cérémonie d’ouverture de la montagne (o-yamabiraki) » du mont Ishizuchi. Des ascètes vêtus de blanc venus de tout le pays viennent y gravir les pentes en signe de dévotion. Imaginez : cette montagne vers laquelle vous roulez est, depuis des millénaires, un lieu saint que les gens gravissent à pied avec ferveur. Lorsque vous montez le long du skyline en direction du point de départ de l’ascension du mont Ishizuchi, vous prolongez en réalité, à votre manière moderne, une ancienne tradition de pèlerinage. Ce lien avec la foi donne à chaque montée du mont Ishizuchi Skyline un poids qui dépasse le simple effort sportif.
Pendant la période de l’ouverture de la montagne, le mont Ishizuchi offre un spectacle saisissant : des yamabushi et des fidèles vêtus de blanc, tenant leur bâton kongō, récitant des sutras, gravissent pas à pas cette montagne sacrée. Sur le sentier d’ascension du mont Ishizuchi se trouvent les célèbres « kusariba » — plusieurs parois rocheuses quasi verticales que les fidèles ne peuvent franchir qu’en s’agrippant à de lourdes chaînes de fer. C’est l’incarnation même de l’esprit du shugendō : « purifier l’esprit par l’ascèse du corps ». Cette tradition, qui perdure depuis treize cents ans, se joue encore aujourd’hui, bien réelle, sur cette montagne. Pour le cycliste, comprendre ce contexte change votre ressenti sur cette route — vous n’accomplissez pas seulement un défi sportif, vous rejoignez, à votre manière, une communion et un hommage à cette montagne sacrée qui traversent les millénaires. Lorsque vos roues foulent la route qui mène à la montagne sainte, vous entrez en résonance, d’une certaine manière spirituelle, avec ces ascètes vêtus de blanc.
C’est aussi ce qui distingue le mont Ishizuchi Skyline de tant d’autres routes de montée qui ne misent que sur les paysages. Chaque mètre de dénivelé y est imprégné du poids de la foi ; elle ne mène pas seulement à un point géographique élevé, mais à un lieu saint de l’âme d’un peuple. Cette épaisseur, aucune route purement touristique ne peut l’égaler.
Le bleu d’Omogo : la clarté de la source de la rivière Niyodo
L’entrée du mont Ishizuchi Skyline se trouve près de la vallée d’Omogo (おもごけい) — et c’est là que se cache la plus belle légende d’eaux cristallines de Shikoku.
La vallée d’Omogo est la source de la rivière Niyodo. La Niyodo est réputée pour la clarté de ses eaux, ce bleu-vert si transparent qu’il en est presque invisible, appelé « bleu d’Omogo (Omogo Blue) ». La qualité de cette eau a été classée première du Japon, et dans des temps plus anciens, cette vallée était une voie de pratique ascétique pour les shugensha.
Imaginez cette scène : des deux côtés de la vallée escarpée, une végétation luxuriante ; au fond, une eau si claire qu’on distingue les moindres veines des pierres du lit ; la lumière du soleil filtrant à travers la cime des arbres se reflète à la surface, révélant des reflets bleu-vert dignes de pierres précieuses. C’est le « bleu d’Omogo » — une couleur qui ne peut exister que dans une eau d’une pureté absolue. Ce n’est pas une beauté artificielle, mais un trésor naturel préservé par cette terre depuis des siècles. Et ce qui rend cette eau si limpide, c’est précisément la montagne sacrée qui la surplombe, le mont Ishizuchi, protégé par la foi. La foi a appris aux hommes à respecter la nature, à ne pas la détruire, et c’est ainsi que cette eau cristalline a pu être préservée de génération en génération — vous voyez, la foi et la nature se nourrissent ainsi mutuellement.
Ainsi, avant d’entamer véritablement la montée, si vous pouvez vous arrêter un instant dans la vallée d’Omogo pour contempler ce courant appelé « bleu d’Omogo », cela offrira à votre voyage à vélo un bien bel ouverture. L’eau limpide, la vallée verdoyante, et la lumière qui joue à la surface — c’est le visage le plus pur des montagnes de Shikoku. Cela vous rappelle que ce que vous allez gravir n’est pas seulement une montagne, mais un lieu sacré nourri à la fois par les eaux cristallines et par la foi.
La clarté de la Niyodo a une explication scientifique — elle figure régulièrement en tête des classements de qualité de l’eau au Japon. Ce bleu-vert transparent, appelé « bleu de Niyodo » ou « bleu d’Omogo », est une image que d’innombrables photographes viennent spécialement capturer. Et la source de ce courant limpide se trouve dans le massif du mont Ishizuchi. Lorsque vous pensez que la montagne que vous allez gravir est précisément la source de cette magnifique eau claire, vous ressentez un respect accru pour cette terre. La montagne engendre l’eau, l’eau nourrit la terre, et la foi protège tout cela — la nature et la culture humaine du massif du mont Ishizuchi sont ainsi étroitement entrelacées, indissociables. Contempler un instant l’eau de la vallée d’Omogo avant d’entamer votre montée donnera à votre voyage un début particulièrement poétique et magnifique.
Tsuchigoya : l’atmosphère du point de départ de l’ascension
Le terminus du skyline est l’un des points de départ de l’ascension du mont Ishizuchi — Tsuchigoya, à environ 1492 mètres d’altitude.
On y trouve un gîte national, une cafétéria et un parking gratuit. C’est le lieu où les alpinistes se rassemblent et partent. Lorsque vous arrivez à Tsuchigoya à vélo, vous vous retrouvez dans une atmosphère très particulière : des randonneurs chargés de gros sacs à dos, prêts à atteindre le sommet du mont Ishizuchi, et vous, ce cycliste monté à la force des jambes, vous vous rencontrez à la même altitude. Tous sont venus pour cette montagne sacrée, mais par des moyens différents. Le nom même de Tsuchigoya évoque une atmosphère rustique de refuge de montagne. Ce n’est pas un terminus touristique clinquant, mais une porte authentique où les alpinistes se reposent et se préparent.
Depuis Tsuchigoya, par beau temps, on aperçoit la silhouette escarpée du mont Ishizuchi. La majesté de ce plus haut sommet de l’ouest du Japon est la plus belle récompense pour tous ceux qui ont peiné pour atteindre Tsuchigoya. Vous n’avez peut-être pas gravi le sommet à pied, mais vous avez amené votre vélo jusqu’à la porte de la montagne sacrée — c’est en soi une forme de communion.
Le temps passé à Tsuchigoya vous fera ressentir une rare « sensation de rencontre ». C’est un lieu où la culture de la randonnée et celle du cyclisme se croisent — certains portent un équipement lourd, prêts à attaquer le sommet à pied, d’autres roulent sur un vélo de route léger, venant d’achever une montée. Tous se rencontrent à la même altitude, devant le même paysage, échangeant un signe de tête, partageant ce sentiment d’accomplissement du « enfin arrivé ». Cette résonance qui transcende les différentes formes de sport est l’atmosphère unique de Tsuchigoya.
Vous pouvez aussi faire une pause à la cafétéria de Tsuchigoya, reprendre des forces, observer les alpinistes qui vont et viennent, et ressentir le quotidien de cette porte de la montagne sacrée. Lorsque vous avez repris des forces et que vous vous apprêtez à redescendre, jetez un dernier regard vers la silhouette du mont Ishizuchi. Cette satisfaction du « je suis venu à la porte de cette montagne sacrée » vous accompagnera tout au long de la descente. Et ce souvenir se réveillera chaque fois que vous entendrez les mots « mont Ishizuchi » à l’avenir.
Paysages adjacents : la ligne de crête d’UFO Line
Tsuchigoya est également reliée à une autre route célèbre de Shikoku — l’UFO Line (Kamegamori Forest Road).
Cette route de crête serpente entre 1 300 et 1 700 mètres d’altitude sur le toit de Shikoku. Surnommée « la route du ciel », c’est un sanctuaire de paysages à couper le souffle pour les photographes et les cyclistes. Lorsque vous vous tenez à Tsuchigoya et que vous regardez dans la direction où s’étend l’UFO Line, cette route qui serpente sur la crête semble réellement pouvoir mener au ciel. Le « UFO » dans son nom vient en réalité d’un jeu de mots japonais avec « pic majestueux » (yūhō), sans aucun lien avec les extraterrestres. Mais cette sensation surréaliste de « rouler sur la crête du ciel » est pourtant bien réelle.
Fait intéressant, ce nom à la saveur de science-fiction ajoute en réalité une touche de mystère supplémentaire à cette route de crête. Beaucoup de gens sourient en entendant « UFO Line » pour la première fois, puis, en voyant de leurs propres yeux cette route suspendue sur la crête, semblant mener vers les cieux, ne peuvent s’empêcher d’admirer la justesse de ce nom. Que son origine soit un jeu de mots ou une coïncidence, l’UFO Line est devenue une coordonnée légendaire et convoitée sur le toit de Shikoku. Elle rejoint le Shikoku Karst Skyline à Tsuchigoya, faisant de cette région l’un des paradis du cyclisme de haute altitude les plus attrayants du Japon.
Si votre itinéraire et votre condition physique le permettent, enchaîner le Shikoku Karst Skyline et l’UFO Line fera de votre voyage un périple céleste ultime sur le toit de Shikoku. Cependant, il faut prêter attention aux règles de circulation et à l’état des routes de chacune, et planifier soigneusement.
Si l’UFO Line est appelée « la route du ciel », c’est parce qu’elle parcourt entièrement la crête entre 1 300 et 1 700 mètres d’altitude. En roulant dessus, vous avez souvent des vallées abruptes des deux côtés, et la route devant vous semble suspendue entre les nuages et le ciel. Par temps clair, vous avez l’illusion de « rouler dans le ciel » ; et lorsque les nuages et le brouillard montent sur la crête, la route ressemble à une porte d’entrée vers un monde féerique. Ce paysage surréaliste fait de l’UFO Line un lieu de rêve pour de nombreux photographes et cyclistes.
En reliant ce paysage de crête à la route de pèlerinage du Shikoku Karst Skyline, vous pouvez, en un seul voyage, vivre à la fois la solennité du chemin vers la montagne sacrée et la stupéfaction de chevaucher les cieux. C’est le double festin que le toit de Shikoku offre aux cyclistes, et l’une des expériences de cyclisme les plus convoitées de cette terre. Bien sûr, il faut vérifier à l’avance l’état des routes de crête, la météo et les conditions de circulation — après tout, rouler sur une crête aussi élevée, la sécurité est toujours la priorité absolue.
Ce que cette route signifie pour les cyclistes
La signification du Shikoku Karst Skyline pour les cyclistes réside dans sa capacité à combiner naturellement « le sport » et « le pèlerinage ».
Vous ne gravissez pas une montagne anonyme ; vous avancez vers une montagne sacrée vénérée depuis mille trois cents ans. Chaque mètre de route sous vos roues mène à un lieu saint chargé de dévotion et d’histoire. Ce lien avec la foi donne à la difficulté de la montée un sens calme et profond.
Et tout au long du chemin, le ruisseau limpide « Menagawa Blue », le paysage spectaculaire de la crête de l’UFO Line, et l’atmosphère unique de Tsuchigoya au pied de la montagne font de ce voyage à vélo un festin visuel et spirituel. Ce n’est pas une route qui vous épuise par des pentes violentes, mais une route qui vous nourrit lentement par la foi, les eaux claires et les paysages grandioses. Lorsque vous vous tenez à Tsuchigoya et contemplez la silhouette majestueuse du Mont Ishizuchi, vous comprenez : ce parcours vous a permis, d’une manière très particulière, de vous rapprocher du toit et de l’âme de Shikoku.
La route du ciel au fil des saisons
Le Shikoku Karst Skyline étant fermé en hiver (de décembre à mars), les saisons où on peut le visiter sont limitées. Mais entre avril et novembre, chaque période a sa propre beauté.
Au printemps (avril-mai), la montagne sort à peine de son hibernation, les jeunes pousses vertes brillent, et les eaux claires de la vallée de Menagawa sont particulièrement abondantes grâce à la fonte des neiges. C’est une saison confortable, à l’air pur, avec encore peu de visiteurs et un climat agréable — idéale pour rouler tranquillement et admirer la verdure naissante. En été (juin-août), surtout pendant le festival d’ouverture de la montagne début juillet, cette montagne sacrée connaît son moment de ferveur religieuse le plus intense de l’année ; les silhouettes des ascètes yamabushi en blanc ajoutent une solennité à la forêt. Et la zone de Tsuchigoya, en haute altitude, au climat frais, est une rare échappatoire à la chaleur estivale. En automne (septembre-novembre), les montagnes de Shikoku se parent de feuilles rouges, et les forêts le long de la route s’embrasent de couleurs — c’est la saison préférée des photographes. L’air limpide de l’automne rend également la vue du Mont Ishizuchi depuis Tsuchigoya particulièrement nette.
Quelle que soit la saison, n’oubliez pas les restrictions horaires de circulation de cette route et la météo montagnarde changeante. Choisissez le bon moment, préparez votre logistique, et cette route du ciel vous récompensera par son plus beau visage. Pour de nombreux cyclistes, pouvoir rouler par une belle journée d’automne sur cette route menant au plus haut sommet de l’ouest du Japon, en contemplant les feuilles rouges et la silhouette escarpée du Mont Ishizuchi, est l’une des images les plus inoubliables d’un voyage à vélo à Shikoku.
Shikoku : un trésor sous-estimé par les cyclistes
Quand on parle de cyclotourisme au Japon, beaucoup pensent d’abord aux vastes étendues d’Hokkaido, à la majesté du Mont Fuji, ou aux hauts plateaux de Shinshu. Mais Shikoku est en réalité un trésor sous-estimé par de nombreux cyclistes venus d’ailleurs.
Cette île possède une géographie unique : son centre est traversé par de hautes montagnes, formant ce qu’on appelle le « toit de Shikoku » ; tout autour s’étend un littoral long et varié. Ce relief de « hautes montagnes au centre, mer tout autour » offre à Shikoku à la fois de magnifiques ascensions montagnardes et de superbes routes côtières. Le Shikoku Karst Skyline et l’UFO Line sont les représentants des ascensions du toit de Shikoku ; tandis que la célèbre Shimanami Kaidō est la vitrine du cyclisme côtier de Shikoku, considérée comme une piste cyclable de classe mondiale. Une seule île peut satisfaire à la fois les « amateurs de montagne » et les « amateurs de bord de mer » — une diversité rare au Japon.
Plus précieux encore, Shikoku a préservé une culture traditionnelle riche — le pèlerinage des « 88 temples de Shikoku » (henro) disséminé sur toute l’île imprègne celle-ci d’une atmosphère de pèlerinage et d’ascèse. Lorsque vous roulez à Shikoku, vous ne parcourez pas seulement une route ; vous traversez une terre profondément imprégnée de foi et de traditions. La tradition shugendō du Mont Ishizuchi est l’une des expressions les plus intenses de cette atmosphère culturelle.
Le « pèlerinage de Shikoku » est la route de pèlerinage la plus célèbre du Japon — les fidèles, vêtus de blanc et coiffés de chapeaux de paille, parcourent à pied les quatre-vingt-huit temples liés à Kōbō Daishi Kūkai, sur plus de mille kilomètres. Cette tradition de pèlerinage vieille de mille ans imprègne toute l’île de Shikoku d’une atmosphère calme et dévote. Et le Mont Ishizuchi, montagne sacrée où Kūkai a pratiqué l’ascèse, est l’un des sommets spirituels de cette terre de pèlerinage. Lorsque vous roulez sur le Shikoku Karst Skyline, vous faites en réalité écho à la fibre spirituelle la plus profonde de cette île — une ancienne tradition qui consiste à se rapprocher de la foi et à purifier l’âme par le mouvement du corps. Vu sous cet angle, votre vélo est votre « habit blanc et chapeau de paille » de notre époque ; votre ascension est votre manière contemporaine de pèleriner. Cette résonance subtile avec une tradition millénaire donne à chaque coup de pédale une signification plus profonde.
Un voyage alliant sport et pèlerinage
En cyclotourisme, certaines routes sont de purs défis sportifs, où l’on savoure la sueur et le dépassement de soi ; d’autres offrent quelque chose au-delà du sport, une émotion spirituelle que l’on emporte après la randonnée. Le Shikoku Karst Skyline appartient clairement à la seconde catégorie.
Chacun de vos coups de pédale vous fait avancer vers une montagne sacrée vénérée depuis mille trois cents ans. Cette expérience de « pèlerinage par le sport » est tout à fait unique. Vous n’avez pas besoin d’être un fidèle dévot pour ressentir la solennité et le poids de cette montagne ; vous n’avez pas besoin de gravir le sommet à pied pour toucher le seuil de la montagne sacrée à Tsuchigoya. Le sport et la foi se fondent naturellement sur cette route, élevant la difficulté de la montée en une expérience spirituelle calme et profonde. Cette sensation d’unité du corps et de l’esprit, que de nombreuses routes purement axées sur la vitesse ne pourront jamais offrir, est la valeur la plus singulière du Shikoku Karst Skyline.
C’est peut-être là ce que cette route a de plus précieux. À une époque qui valorise la vitesse et la performance, le Shikoku Karst Skyline nous rappelle que le vélo peut aussi être une méditation, un pèlerinage, un dialogue avec la terre et la foi. Lorsque vous ralentissez le rythme et ressentez pleinement chaque couche de cette route — les eaux claires, la forêt, la foi, les paysages grandioses — ce que vous récoltez dépasse de loin un simple temps d’ascension : c’est un voyage qui nourrit l’âme. Cette profondeur est précisément la raison pour laquelle le Shikoku Karst Skyline mérite un voyage dédié.
Avec respect, roulez lentement
Si vous décidez de vous rendre sur la Ishizuchi Skyline, je vous suggère ceci : ne vous pressez pas, roulez lentement.
Ce n’est pas une route qui exige de vous que vous vous donniez à fond. Ses pentes sont régulières et clémentes, elles ne vous maltraitent pas par la violence ; ce qu’elle veut vraiment vous offrir, ce sont les paysages en chemin, l’atmosphère de foi, et la satisfaction d’atteindre le seuil de la montagne sacrée. Alors, ralentissez le rythme, contemplez les eaux claires de la rivière Omogo, admirez les montagnes depuis le belvédère de Nagao, et ressentez à Tsuchigoya la rencontre des cultures de l’alpinisme — faites de cette sortie une paisible randonnée sur le toit de Shikoku. Avec cet état d’esprit, vous découvrirez que cette route vous donne bien plus, et plus profondément, que ce que vous attendiez.
En portant le respect dû à cette montagne sacrée, en prêtant attention aux règles de circulation, et en restant vigilant face à la météo, vous pourrez savourer en toute sérénité cette voie céleste qui mène au plus haut sommet de l’ouest du Japon. Lorsque vous vous tiendrez à Tsuchigoya, face à la silhouette escarpée et solennelle du mont Ishizuchi, vous remercierez sincèrement celui ou celle qui a décidé de venir ici. C’est là ce que la Ishizuchi Skyline laisse à chaque cycliste : un précieux cadeau mêlant sport, paysages et foi.
Suggestions d’excursions complémentaires
- Rivière Omogo : à la source du fleuve Niyodo, admirez le captivant et limpide « bleu d’Omogo », un point de photo idéal.
- Tsuchigoya : point de départ de l’ascension du mont Ishizuchi, avec vue sur le plus haut sommet de l’ouest du Japon, pour ressentir l’atmosphère de la culture de l’alpinisme.
- UFO Line (route forestière de Kamegamori) : la « voie céleste » aux panoramas de crêtes spectaculaires, reliée à Tsuchigoya, pour prolonger l’expérience ultime sur le toit de Shikoku.
- Ascension du mont Ishizuchi : vous pouvez prévoir une randonnée jusqu’au sommet (notez que le téléphérique se trouve du côté de Jōju-sha à Saijō, un point de départ différent de celui de Tsuchigoya).
- Agrumes d’Ehime : Ehime est l’un des plus grands producteurs d’agrumes (mikan) du Japon ; en contrebas, vous pourrez déguster les agrumes locaux et leurs produits dérivés.
- Ville de Matsuyama : chef-lieu de la préfecture d’Ehime, elle abrite l’une des plus anciennes sources thermales du Japon, Dōgo Onsen, et d’autres sites célèbres ; c’est une base idéale pour un voyage à vélo à Shikoku.
Rappel saisonnier : la Ishizuchi Skyline est fermée en hiver (de décembre à mars) et la circulation de nuit est interdite toute l’année ; les horaires d’ouverture varient selon la saison, renseignez-vous bien à l’avance. En montagne à Shikoku, le temps change facilement l’après-midi ; emportez de quoi vous couvrir et de la pluie. Portez le respect dû à cette montagne sacrée, et partez rouler sur cette voie céleste qui mène au plus haut sommet de l’ouest du Japon — elle vous offrira, avec ses eaux claires, sa foi et ses panoramas, un voyage sur le toit de Shikoku bien plus profond et mémorable qu’une simple montée.
Lectures associées
- Guide de la Ishizuchi Skyline : la longue montée céleste de 12 km jusqu’à Tsuchigoya, porte du plus haut sommet de l’ouest du Japon
- Jusqu’au point le plus haut accessible à vélo du mont Fuji : la Fuji Skyline, le cratère Hōei et le long voyage dans les nuages de la zone forestière
- Pèlerinage sur un site du patrimoine mondial : la route de pèlerinage de la Fuji Subaru Line et cette mer de nuages offerte à ceux qui s’efforcent
- Pèlerinage au pied d’un mur imposant : la Fuji Azami Line, le col de Susobana et l’épreuve de volonté d’une pente raide
台北闊瀨陡坡 騎旅 / 日本單車雜誌編輯車友臨時加入!/ 髮香才是最強的 / feat. 北迴歸線小隊 / 公路車 CT Yeh
6 個月前
京都!99%人不知道的秘境玩法!租 E-Bike 騎進探訪宇治抹茶原鄉 刺激好玩絕美的山林古道 鬼滅之刃的場景探訪 / CT Yeh
13 天前
2025 乘鞍 KOM 登山賽挑戰實錄 / 日本公路最高 ! 賽前探路篇 / 比富士山厲害,無敵絕景!/ 40週年 / 中文YT首發 / 公路車 / CT Yeh #乘鞍ヒルクライム
10 個月前
#北橫 + #北進武嶺 最硬的員工旅遊 EP1 | #公路車 #拉拉山 | 明池 | 武嶺 | 武陵農場 | 雲海 | Taiwan Cycling Route Wulin
6 年前
2025 乘鞍岳登山賽 比賽全紀錄篇 / 完整路線攻略介紹 / 日本版武嶺 公路最高點 / 高山空拍絕景 / 明年會開團! / 公路車 / CT Yeh
10 個月前
嘉義大埔、阿婆灣挑戰賽,美到以為在日本!ft. 環騎5 Cool 西拉雅188 / 公路車 / CT Yeh
7 個月前
新竹羅平 x 天湖部落 大禹嶺級變態陡坡! 4K超高畫質 空拍 | 公路車
5 年前
小野田真的存在!日本赤城山爬坡公路賽 台灣首發團完全實錄 | 頭文字D真實賽道! | 看完東奧自行車賽後好想再去騎一次啊! | 公路車 | CT Yeh
4 年前