Foi et pastorale du mont Hōki-Fuji : la route circulaire du mont Daisen, la paroi sud du col de Kagikake et le voyage à travers les fermes laitières au pied de la montagne

Au cœur de la région de Chūgoku se dresse une montagne célèbre surnommée le « Hōki-Fuji ». En pédalant sur la route circulaire de Daisen qui l’enserre, vous rencontrerez la foi, des paysages à couper le souffle et une atmosphère pastorale — c’est l’histoire d’une montagne que les générations successives ont contemplée, vénérée et dont elles ont vécu. Chaque tour de roue est une rencontre avec un visage différent de cette montagne légendaire.
Le mont Daisen (だいせん), culminant à 1 729 mètres, est le plus haut sommet de la préfecture de Tottori et de toute la région de Chūgoku. Vu sous certains angles, il présente une silhouette conique presque parfaite, ce qui lui vaut depuis l’Antiquité le surnom de « Hōki-Fuji (ほうきふじ) » — Hōki étant l’ancien nom de cette terre, et « Fuji » étant, au Japon, la plus haute louange que l’on puisse adresser à une montagne. Dans cet article, nous posons nos compteurs, et nous plongeons dans la foi, les paysages et la vie quotidienne qui se cachent derrière ce « Fuji de l’Ouest ».
Pour ceux qui ne connaissent pas encore Daisen, voici un aperçu : situé dans la préfecture de Tottori, c’est le plus haut sommet de la région de Chūgoku (ouest de Honshū) ; la « route circulaire de Daisen » qui en fait le tour est classée parmi les cent plus belles routes du Japon, et offre en chemin le point de vue spectaculaire du col de Kagikake face à la paroi sud, le temple millénaire Daisen-ji, la plus grande hêtraie primaire de l’ouest du Japon, ainsi que des fermes laitières au pied de la montagne. C’est également le plus grand domaine skiable de l’ouest du Japon. C’est une montagne qui allie foi, paysages, écologie et vie quotidienne — et en faire le tour à vélo est la meilleure façon de relier tout cela et de tout embrasser d’un seul regard.
Deux visages d’une même montagne : la grâce et l’âpreté
Ce qui fait le plus le charme de Daisen, c’est qu’il possède deux visages radicalement différents.
Depuis la plaine de Yonago, à l’ouest, Daisen présente une silhouette conique douce et élégante, semblable à un petit Fuji — c’est l’origine de son surnom de « Hōki-Fuji ». Ce versant de Daisen est doux, symétrique, paisible ; c’est l’image classique que l’on retrouve sur les cartes postales et les calendriers, et c’est la montagne natale que les habitants de la région contemplent avec fierté depuis des générations. Mais lorsque l’on contourne la montagne par le sud et que l’on se tient au col de Kagikake (かぎかけとうげ), on découvre un Daisen totalement différent — c’est sa paroi sud, sauvage et escarpée, avec ses falaises déchiquetées et ses pentes abruptes, dégageant une force brute et primitive. Cette paroi sud, façonnée par des années d’érosion et d’effondrements, présente un relief accidenté et périlleux, si différent de la silhouette conique douce et élégante du versant ouest qu’on croirait voir deux montagnes distinctes. Beaucoup de ceux qui voient la paroi sud de Daisen pour la première fois sont stupéfaits de réaliser qu’il s’agit de la même montagne que celle de la carte postale, ce « petit Fuji ».
Une même montagne, gracieuse comme un Fuji d’un côté, escarpée comme taillée au couteau de l’autre. Cette dualité saisissante confère à Daisen un charme indicible. Et le fait de parcourir la route circulaire à vélo vous permet justement d’admirer les deux visages de Daisen sous différents angles. Lorsque vous vous tenez au col de Kagikake face à cette paroi sud impressionnante, vous oubliez la difficulté de la montée qui précède, pour ne plus ressentir que du respect pour cette montagne.
Cette « dualité » est, d’une certaine manière, le charme commun à toutes les grandes montagnes. On est d’abord attiré par le visage doux et gracieux d’une montagne, puis, en s’en approchant, on découvre son autre face, sévère, dangereuse, pleine de puissance. La paroi sud de Daisen est un de ces endroits qui « révèlent la vérité » — elle rappelle que cette montagne surnommée « petit Fuji » possède en réalité une rudesse et une sauvagerie qui ne doivent pas être sous-estimées. Et c’est précisément cette coexistence de la douceur et de la rudesse, cet entrelacement de la grâce et de la sauvagerie, qui fait de Daisen une montagne digne d’être visitée sans cesse, avec à chaque fois de nouvelles découvertes. En faisant le tour à vélo, vous n’accomplissez pas seulement un effort sportif, vous recueillez, tour après tour, les différents visages de cette montagne, dans vos yeux et dans votre cœur.
Une foi millénaire : le temple Daisen-ji et le sanctuaire Ōkamiyama
Daisen n’est pas seulement une montagne aux paysages remarquables, c’est aussi une montagne de foi.
Le temple Daisen-ji (だいせんじ) fut fondé en la 13e année de l’ère Tenpyō, c’est-à-dire en l’an 741 de notre ère — c’est un temple ancien de près de treize siècles d’histoire, l’un des hauts lieux spirituels les plus importants de la région de Chūgoku. À son apogée, Daisen-ji était un vaste centre de bouddhisme de montagne comptant de nombreux monastères, dont l’influence s’étendait à toute la région de Chūgoku. À ses côtés, le sanctuaire Ōkamiyama (おおがみやまじんじゃ) constitue l’autre pilier de cette foi — ce sanctuaire vénère la divinité de la montagne Daisen et représente la tradition shintoïste sur cette montagne. Ces deux lieux sacrés, l’un bouddhiste, l’autre shintoïste, forment ensemble le cœur de la foi montagnarde de Daisen, et illustrent la fusion unique du bouddhisme et du shintoïsme propre à la tradition japonaise.
Près de treize siècles, c’est une durée inimaginable. Lorsque Daisen-ji fut fondé, le Japon était encore à l’époque de Nara, et la capitale de Heian-kyō n’existait pas encore. Et pourtant, ce temple ancien, au pied de Daisen, a veillé génération après génération sur la foi des hommes en cette montagne, jusqu’à aujourd’hui. Lorsque vous passez à vélo près de Daisen-ji et que vous marchez sur ces marches de pierre foulées par d’innombrables fidèles, vous foulez en réalité une histoire qui traverse plus d’un millénaire.
Depuis des siècles, les hommes considèrent Daisen comme une montagne sacrée et viennent y prier et s’y livrer à des pratiques ascétiques. Lorsque vous passez à vélo près de Daisen-ji, vous ressentez une atmosphère ancienne et sereine — ce n’est pas seulement le point de départ des alpinistes, c’est aussi un lieu saint pour les croyants. Les marches de pierre, les arbres centenaires, les édifices sacrés, tout raconte le lien qui unit cette montagne et les hommes depuis plus d’un millénaire. Cette épaisseur de foi donne à chaque parcelle du paysage de Daisen un poids supplémentaire, celui du temps.
Au Japon, la foi montagnarde est une tradition très profonde et ancienne. Les anciens croyaient que les montagnes s’élevant vers le ciel étaient la demeure des dieux, des espaces sacrés reliant la terre et le ciel. Ainsi, les grandes montagnes sont devenues des lieux saints où les hommes déposaient leur foi et pratiquaient l’ascèse, et Daisen est le centre de cette foi dans la région de Chūgoku. Lorsque vous faites le tour de Daisen à vélo, vous faites en réalité le tour d’une « montagne des dieux » — cette montagne n’est pas seulement le plus haut sommet géographique, c’est aussi le point culminant spirituel et religieux de cette terre. En comprenant ce contexte, chacun de vos regards vers Daisen gagnera en respect ; et ce respect élèvera votre cyclisme, d’un simple défi physique, vers un voyage profond en dialogue avec cette terre et sa foi.
La plus grande hêtraie primaire de l’ouest du Japon
Daisen possède également un trésor naturel — il abrite la plus grande hêtraie primaire de l’ouest du Japon (ブナ), répartie entre 800 et 1 300 mètres d’altitude. Le fait que cette forêt primaire ait atteint une telle ampleur est en soi remarquable — sur l’île de Honshū, densément développée par l’homme, la préservation d’une forêt primaire d’une telle superficie n’a été possible que parce que cette montagne, protégée par la foi depuis un millénaire, n’a jamais été surexploitée.
En roulant sur la route circulaire, vous traversez cette forêt primaire luxuriante. Au printemps, les jeunes pousses vertes brillent ; en été, l’ombre dense est fraîche et agréable ; en automne, la forêt entière se teinte d’or et de rouge sombre, d’une beauté indicible. La hêtraie n’est pas seulement un paysage, c’est l’épine dorsale de l’écosystème de Daisen — elle retient l’eau, nourrit la vie, et c’est la raison fondamentale de la vitalité de cette montagne. Plus haut, entre la 8e et la 9e station, on trouve également des peuplements de « Daisen karaboku (ダイセンキャラボク) », classés monuments naturels.
En traversant cette forêt primaire, la plus grande de l’ouest du Japon, vous ressentez une guérison enveloppante de la nature. La lumière du soleil qui filtre à travers les feuilles, le vent qui traverse la cime des arbres, les chants d’oiseaux qui s’élèvent de toutes parts — c’est le visage le plus doux de Daisen, en contraste saisissant avec l’âpreté de la paroi sud.
La signification de la hêtraie pour cette terre va bien au-delà de sa beauté. Le hêtre est surnommé le « réservoir vert » — ses racines développées et son épaisse couche de litière de feuilles retiennent d’importantes quantités d’eau de pluie, qu’elles libèrent lentement dans les ruisseaux et les nappes phréatiques. C’est cette forêt primaire, la plus grande de l’ouest du Japon, qui nourrit les sources abondantes du pied de Daisen et qui a permis l’épanouissement de l’agriculture et de l’élevage prospères de la région. Lorsque vous roulez sous les arbres, l’air pur que vous respirez, la verdure luxuriante que vous contemplez sont en réalité le fruit du travail silencieux de cette forêt. C’est le cœur de l’écosystème de Daisen, et le secret de sa vitalité.
Et plus haut, entre la 8e et la 9e station, on trouve également des peuplements de « Daisen karaboku (ダイセンキャラボク) », classés monuments naturels — une plante naine et persistante qui pousse avec ténacité dans les conditions alpines les plus rudes, témoignant de la manière dont la vie s’enracine obstinément dans ces lieux extrêmes battus par le vent et la neige. Des hêtres du pied de la montagne aux karaboku des hauteurs, Daisen déploie, par ses étages de végétation, toute la diversité et la résilience de la nature.
La pastorale du pied de montagne : élevage laitier et parfum de lait
Le pied de Daisen est une région d’élevage laitier. Son climat et ses pâturages sont propices à l’élevage, et ont donné naissance à des marques locales réputées comme le lait de Daisen, le porc de Daisen (marque de porc de Daisen). Cette culture laitière du piémont est, avec la foi et les paysages, l’aspect le plus proche de la vie quotidienne de Daisen — elle fait de cette montagne célèbre non seulement un lieu saint que l’on contemple, mais aussi une terre qui nourrit les hommes et qui est intimement liée à leur quotidien.
En roulant au pied de la montagne, vous verrez de vastes pâturages, des troupeaux de vaches paisibles, et vous sentirez dans l’air une légère odeur d’herbe et de ferme. Ce paysage bucolique est, avec la foi et les paysages, le visage le plus vivant et le plus chaleureux de Daisen. Après avoir gravi les pentes et fait le tour de la montagne, boire un verre de lait frais de Daisen ou déguster les produits laitiers locaux au pied de la montagne est l’une des conclusions les plus réconfortantes de ce voyage à vélo. (Il est conseillé de vérifier au préalable les conditions d’ouverture réelles des différentes fermes.)
L’élevage laitier au pied de Daisen est le fruit de plusieurs générations d’hommes et de cette terre. Les sources d’eau claires, les pâturages généreux, le climat frais — ces conditions naturelles offertes par Daisen ont donné naissance à des produits laitiers et à un porc de marque d’excellente qualité. Lorsque vous goûtez ces saveurs locales, vous goûtez en réalité la générosité de la montagne : la neige du sommet et la forêt ont nourri l’eau, l’eau a nourri l’herbe, l’herbe a nourri le bétail, qui s’est finalement transformé en ce lait onctueux ou cette viande savoureuse dans votre bouche. Ce lien « de la montagne à la table » fait de la gastronomie de Daisen non seulement un plaisir gustatif, mais aussi une profonde dégustation de cette terre. Pour un cycliste, se récompenser avec ces dons de la montagne après avoir gravi les pentes en sueur est un bonheur particulièrement satisfaisant.
De la foi du sommet à la forêt primaire des flancs, en passant par les pâturages du pied — Daisen déploie, sur toute sa verticalité, la manière dont la nature et l’homme coexistent sur cette terre. Cette complétude est ce qu’il y a de plus émouvant à Daisen.
Cette « symbiose verticale » est en réalité un magnifique cycle écologique : la neige du sommet et la forêt des hauteurs retiennent l’eau, l’eau nourrit les pâturages du pied, les pâturages nourrissent les troupeaux, les troupeaux produisent le lait et les produits laitiers, qui reviennent finalement sur les tables. Et la foi et le respect des hommes pour cette montagne protègent en retour cette nature, la préservant d’une surexploitation et d’une destruction excessives. Montagne, eau, forêt, élevage, hommes — ces cinq éléments sont étroitement liés à Daisen en un tout cohérent. Lorsque vous faites le tour de cette montagne à vélo, vous faites en réalité le tour d’un monde complet, en fonctionnement depuis des siècles, où nature et culture coexistent en harmonie. Cette complétude est une profondeur que peu de simples sites touristiques possèdent, et c’est ce qui rend Daisen si mémorable.
Une montagne où l’on peut skier
Il convient de le mentionner : Daisen abrite également la plus grande station de ski de l’ouest du Japon — le Daisen White Resort (だいせんホワイトリゾート), qui comprend quatre domaines skiables : Gōen-zan, Nakanohara, Uenohara et Daisen Kokusai. En hiver, ce « Hōki-Fuji » est recouvert d’une épaisse couche de neige et devient le paradis des amateurs de ski de l’ouest du Japon.
Imaginez le contraste de cette montagne au fil des saisons : en été, c’est un haut plateau verdoyant et pastoral où paissent tranquillement les vaches ; en hiver, c’est un pays de neige immaculée où dévalent les skieurs. Une même montagne, capable de porter deux modes de vie si différents. Et la course cycliste « Hill Climb in Daisen » mentionnée plus haut comporte un concept très romantique — elle part du niveau de la mer, à 0 mètre d’altitude sur la côte de la mer du Japon, pour grimper jusqu’à la station de ski de Daisen. Ce parcours permet au cycliste de vivre pleinement le dénivelé vertical « du niveau de la mer à la haute montagne », un cadeau unique et inoubliable que cette montagne offre à ceux qui relèvent le défi.
Cela signifie également que la route circulaire de Daisen et les routes adjacentes sont fermées par la neige en hiver (environ de décembre à mars). La meilleure saison pour visiter Daisen à vélo s’étend donc de la fin du printemps à l’automne — la verdure nouvelle du printemps, la fraîcheur de l’été, les feuilles rouges du col de Kagikake en automne, chacune a sa beauté.
Une montagne qui est à la fois une « destination estivale de cyclisme au frais » et un « paradis du ski hivernal », cette double identité saisonnière est en soi fascinante. Elle raconte comment Daisen, au fil des saisons, récompense de différentes manières ceux qui viennent s’en approcher. En été, il accueille cyclistes et randonneurs avec son haut plateau frais et ses forêts verdoyantes ; en hiver, il enlace les amateurs de ski de sa neige éclatante. Et pour les cyclistes, précisément parce que l’hiver rend la montagne inaccessible, le temps où l’on peut pédaler, du printemps à l’automne, en est d’autant plus précieux — saisissez la bonne saison, et allez à ce rendez-vous avec cette montagne légendaire.
Ce que cette route signifie pour un cycliste
Pour un cycliste, Daisen signifie vivre, en une seule sortie, l’âme complète d’une grande montagne.
Vous vous tiendrez au col de Kagikage face à sa paroi sud escarpée, ressentant la puissance de la nature ; vous vous arrêterez devant le temple Daisen-ji, touchant du doigt une foi qui traverse plus d’un millénaire ; vous serez enveloppé par la plus grande hêtraie primaire de l’ouest du Japon ; vous sentirez, au bord des pâturages du pied de la montagne, le parfum du lait et de l’herbe. Ce « Hōki-Fuji », par sa grâce et son âpreté, sa foi et sa pastorale, offre au cycliste un voyage d’une richesse inoubliable.
Et tout cela, vous l’aurez gagné avec vos propres jambes. Vous n’êtes pas passé en voiture, regardant à travers une vitre ; vous en avez fait le tour centimètre par centimètre, vous l’avez gravi, vous avez roulé à ses côtés. Cette expérience vécue fait que Daisen n’est plus seulement un nom sur une carte, mais un voyage gravé dans votre mémoire corporelle. Des années plus tard, lorsque vous entendrez à nouveau les mots « Daisen » ou « Hōki-Fuji », ce ne seront pas les photos des autres qui vous reviendront, mais votre propre émotion face à la paroi sud au col de Kagikake, votre propre apaisement dans la forêt primaire, votre propre satisfaction en buvant ce verre de lait au pied de la montagne.
Lorsque vous aurez terminé le tour de Daisen et que vous vous retournerez vers cette montagne surnommée le « Fuji de l’Ouest », vous comprendrez : vous n’avez pas seulement gravi une pente, vous avez fait le tour d’une montagne que les hommes contemplent, vénèrent et dont ils vivent depuis des siècles. Ce lien profond avec la terre est le cadeau le plus précieux que Daisen laisse à chaque cycliste.
Daisen au fil des saisons : une montagne qui change de tenue
Si Daisen donne envie d’y revenir sans cesse, sans jamais se lasser, c’est en grande partie parce qu’il se métamorphose complètement au fil des saisons.
Au printemps, après la fonte des neiges, la verdure nouvelle du pied de la montagne s’éveille, la hêtraie brille d’un vert tendre ; c’est la saison du renouveau et de la vitalité, avec un air pur et un climat agréable, idéale pour pédaler tranquillement et admirer les paysages du haut plateau au début du printemps. En été, le pied de Daisen, à haute altitude, est frais et agréable, une destination de villégiature pour échapper à la chaleur des basses terres ; les vaches paissent paisiblement dans les pâturages, la scène pastorale atteint son apogée, et c’est la saison où l’on croise le plus de cyclistes. En automne, c’est la saison la plus célèbre de Daisen — la hêtraie se teinte d’or et de rouge sombre, la paroi sud face au col de Kagikake resplendit sous l’écrin des feuilles rouges, un tableau que d’innombrables photographes et cyclistes attendent spécialement, sans doute le moment le plus somptueux de l’année à Daisen. En hiver, ce « Hōki-Fuji » est recouvert d’une épaisse couche de neige et se transforme en le plus grand paradis du ski de l’ouest du Japon ; la route circulaire, elle, est fermée et endormie, jusqu’à ce qu’elle se réveille au printemps suivant pour entamer un nouveau cycle des saisons.
C’est précisément grâce à ces quatre saisons si distinctes que Daisen est, pour un cycliste, une route qui mérite d’être parcourue une fois à chaque saison. Chaque visite est une rencontre avec un Daisen différent. Et parmi elles, le voyage d’automne aux feuilles rouges est, pour de nombreux cyclistes, la plus belle saison de Daisen — ce tableau tissé par la hêtraie empourprée et la paroi sud du col de Kagikake mérite d’être planifié et attendu spécialement.
Yonago et le pied de la montagne : la base du voyage à vélo
Pour bien explorer Daisen, les villes du pied de la montagne sont des bases idéales. À l’ouest, la ville de Yonago est la porte d’entrée de la région — bien desservie, dotée d’infrastructures complètes, proche de Daisen, avec de nombreux restaurants, hébergements et commerces, c’est l’endroit idéal pour s’installer avant et après le vélo, faire des provisions et se reposer dans un onsen. Depuis la plaine de Yonago, la silhouette conique de Daisen apparaît dans sa forme la plus complète et la plus classique, et c’est là qu’on comprend le mieux l’origine du surnom de « Hōki-Fuji ».
En faisant de Yonago votre base, vous pouvez vous y reposer et faire vos achats la veille, puis partir vers Daisen à l’aube ; après le vélo, vous revenez à Yonago pour conclure ce voyage à Daisen par un repas local et une bonne nuit de sommeil. Cette organisation, « la ville comme base, la grande montagne comme objectif », donne à votre voyage à vélo à la fois la tension du défi et le confort du repos.
Suggestions d’étapes
- Col de Kagikake : point de vue spectaculaire face à la paroi sud de Daisen, incontournable en automne pour les feuilles rouges, l’image emblématique à ne pas manquer lors du tour de Daisen.
- Temple Daisen-ji et sanctuaire Ōkamiyama : lieu saint millénaire fondé en 741, pour ressentir l’atmosphère solennelle du temple et du sanctuaire.
- Hêtraie primaire : la plus grande de l’ouest du Japon, belle en toutes saisons, cœur écologique et réservoir vert de Daisen.
- Plateau de Masumizu : à environ 900 mètres d’altitude, avec son télésiège à ciel ouvert (en fonctionnement d’avril à novembre), offrant une vue sur la mer du Japon et la nuit de Yonago.
- Zone laitière du pied de la montagne : dégustez le lait de Daisen, les produits laitiers locaux et le porc de marque, et savourez la générosité de la montagne.
- Ville de Yonago : porte d’entrée ouest de Daisen, bien desservie et dotée d’infrastructures complètes, base idéale pour un voyage à vélo.
- Kagami-ga-naru et Okudaisen : zone de liaison vers le plateau de Hiruzen, permettant d’étendre l’itinéraire vers de plus riches routes de haute altitude entre Tottori et Okayama.
- Station de ski de Daisen (Daisen White Resort) : la plus grande station de ski de l’ouest du Japon, un autre visage de Daisen en hiver.
Avec respect, faites le tour de cette montagne légendaire
Si vous décidez de visiter Daisen, voici mon conseil : avec respect, faites-en le tour complet.
Avec le respect dû à cette montagne sacrée — c’est une montagne des dieux vénérée depuis un millénaire, le plus haut sommet de la région de Chūgoku, digne de la dévotion de chaque visiteur. Avec le respect de la nature — la paroi sud du col de Kagikake, la plus grande hêtraie primaire de l’ouest du Japon, vous rappellent la puissance et la préciosité de cette nature. Et avec le respect de la vie de cette terre — la pastorale laitière du pied de la montagne, les temples anciens de la foi, la forêt primaire préservée depuis des générations, sont autant de témoignages de la symbiose et de la réussite mutuelle entre les hommes et cette montagne au fil des générations.
Lorsque vous ferez le tour de ce « Hōki-Fuji » sur vos deux roues, vous repartirez avec bien plus qu’un simple temps de montée. Vous emporterez l’émotion de la paroi sud au col de Kagikake, la sérénité du temple Daisen-ji, l’apaisement de la hêtraie primaire, la chaleur des pâturages du pied de la montagne, et l’onctuosité d’un verre de lait de Daisen. Ces sensations entrelacées composent un voyage à la richesse inoubliable, digne d’être savouré encore et encore, autour d’une grande montagne.
Rappel saisonnier : la route circulaire de Daisen et les routes adjacentes sont fermées par la neige en hiver (environ de décembre à mars) ; la meilleure saison pour pédaler s’étend de la fin du printemps à l’automne ; pour faire le tour complet de la route circulaire, il faut emporter suffisamment de ravitaillement et de vêtements chauds. Avec le respect dû à ce « Hōki-Fuji », partez faire le tour du plus haut sommet de la région de Chūgoku — il vous récompensera de votre persévérance et de votre respect par la foi, les paysages et la pastorale.
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