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Les douces pentes de Zhongshe Road : entre les paysages de Waishuangxi, les raisons qui me font revenir sans cesse

挑戰心得

La douce montée de Zhongshe Road : entre les collines de Waishuangxi, les raisons qui me font revenir sans cesse

Zhongshe Road, district de Shilin, Taipei, longueur totale 3944,22 mètres, dénivelé 244,9 mètres, pente moyenne 6,3 %. Je connais ces chiffres par cœur, car c’est la route que j’ai le plus fréquentée au cours de mes années de cyclisme à Taipei. Mais aujourd’hui, je ne veux pas parler d’allure ni de braquet, mais de ce que cette route m’a apporté, de ces choses qui ne se mesurent pas en chiffres.

Ma première rencontre avec Zhongshe Road : une « leçon de humilité » inattendue

Je me souviens encore de ma première montée de Zhongshe Road, un samedi matin ordinaire. Je venais tout juste de passer à un vélo de route d’entrée de gamme depuis peu, je me croyais en assez bonne forme, capable d’enchaîner trente ou quarante kilomètres sur le plat sans difficulté. J’avais donc suivi le conseil d’un ancien du club : « Va t’entraîner sur les bosses du côté de Waishuangxi, Zhongshe Road, ce n’est pas trop dur. »

« Pas trop dur », ces trois mots sont devenus une blague classique dans notre club. Ce jour-là, je suis entré sur Zhongshe Road près du Musée du Palais national. Au début, ça semblait effectivement correct, la pente douce me faisait penser : « C’est tout ? L’ancien exagérait vraiment. » Mais à moins d’un kilomètre, la pente s’est nettement accentuée, ma respiration est passée de régulière à haletante, le rythme de conversation décontracté a instantanément disparu, ne laissant plus que le bruit de ma respiration et le frottement de la chaîne. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment compris pourquoi cette route est surnommée « le passage obligé pour grandir et s’épanouir des cyclistes de Taipei » — elle ne te met pas complètement hors course, mais elle te fait clairement ressentir l’écart qui te sépare des « forts en montée ».

Ce jour-là, il m’a fallu près d’une demi-heure pour parcourir toute la montée, et j’ai même dû mettre pied à terre sur un court passage, à bout de souffle, incapable de parler. Mais ce qui est étrange, c’est qu’après l’effort, ce mélange complexe de frustration et de fierté m’a donné une obsession particulière pour cette route — je voulais revenir, je voulais prouver que je pouvais faire mieux.

Les paysages de Waishuangxi : le cadeau du décor au-delà du vélo

La région de Waishuangxi où se trouve Zhongshe Road est l’un des rares secteurs de Taipei à posséder à la fois vallée fluviale, forêts et paysage culturel. Proche du Musée du Palais national, la zone montagneuse environnante conserve une végétation et une topographie naturelle relativement intactes, contrastant fortement avec la jungle de béton du centre-ville. En partant à l’aube dans cette zone, on ressent souvent un net écart de température et de qualité de l’air — peu après avoir quitté les routes bruyantes de la ville, le bruit de la circulation laisse place au chant des oiseaux, et l’air se charge d’un parfum frais mêlant herbes et terre.

Cette sensation de transition est particulièrement précieuse pour les citadins qui, comme moi, vivent à Taipei, entourés de gratte-ciel et d’asphalte, et qui font la navette en ville. Je dis souvent à mes amis que monter Zhongshe Road, c’est comme une « évasion urbaine » éclair — avant de partir, tu es encore agacé par les feux rouges et les embouteillages, mais quelques minutes après être entré dans la montagne, ton attention est entièrement absorbée par la pente et le rythme de ta respiration, et toutes ces pensées parasites liées au travail et au stress de la vie se retrouvent, sans que tu t’en rendes compte, laissées derrière toi.

La végétation change légèrement avec l’altitude. Bien que le dénivelé total de Zhongshe Road ne soit pas très élevé, la concentration des pentes offre en quelques kilomètres seulement une variété de points de vue assez riche. Quand le temps est dégagé, en tournant la tête vers le chemin parcouru, on aperçoit souvent la vallée de Waishuangxi se mêlant à la ligne d’horizon de la ville au loin — ce contraste visuel « moitié nature, moitié ville » est une atmosphère unique que je ressens rarement sur d’autres parcours d’entraînement en côte.

L’atmosphère culturelle autour du Palais : une rencontre inattendue entre histoire et sport

Zhongshe Road est proche du Musée du Palais national, et cette proximité géographique donne à ce simple parcours d’entraînement une profondeur culturelle supplémentaire. Les abords du Palais ont toujours été l’un des sites majeurs visités par les touristes internationaux à Taipei. En semaine, en passant à vélo dans ce secteur, on croise parfois des cars de tourisme et des flots de visiteurs — ce contraste entre « d’un côté des athlètes en sueur, de l’autre des touristes en balade » me fait toujours sourire.

Chaque fois que je termine Zhongshe Road, si le temps le permet, je fais exprès de m’arrêter près du Palais pour boire une gorgée d’eau, prendre une photo, et laisser mon corps récupérer de l’effort intense. En contemplant la silhouette architecturale du Palais et les montagnes derrière, j’éprouve une sensation étrange — ce musée qui abrite des millénaires d’antiquités et la pente raide que je viens de gravir à la force de mes jambes semblent n’avoir aucun lien, mais racontent pourtant la même leçon de « persévérance et d’accumulation » : les collections du Palais reposent sur l’accumulation d’artefacts à travers les dynasties, et mes progrès sur Zhongshe Road reposent, eux aussi, sur des sorties répétées, sans jamais abandonner.

Au-delà du Palais, la région de Waishuangxi est également parsemée de commerces de proximité et de petites échoppes de Shilin. Après l’effort, m’installer dans un petit restaurant local, commander un bol de soupe de nouilles chaude ou un petit-déjeuner taiwanais simple, accompagné de la fierté d’avoir donné tout ce que j’avais, c’est ce que je considère comme la « conclusion parfaite ». Cette expérience où le sport et la vie quotidienne se fondent naturellement est aussi l’une des raisons qui me poussent à revenir sans cesse sur Zhongshe Road.

Une sortie inoubliable après la pluie : un autre visage de la forêt humide

Un jour, en montant Zhongshe Road, j’ai eu la chance de tomber sur une météo particulière : il avait plu la veille au soir, puis le ciel s’était dégagé le matin. Cette sortie fut radicalement différente des autres — l’air était imprégné de cette humidité caractéristique d’après-pluie, la chaussée gardait encore quelques traces d’eau, et la verdure des deux côtés semblait plus saturée et éclatante grâce à l’eau qui l’avait nourrie.

Ce jour-là, la montée avait un côté particulièrement « immersif » : la chaussée glissante m’obligeait à contrôler plus prudemment la puissance de pédalage et l’équilibre du vélo, surtout sur les sections où la pente variait fortement — le moindre mouvement de danseuse instable pouvait faire patiner la roue arrière. Cette expérience, où il faut une concentration totale pour s’adapter aux conditions de la route, m’a donné une toute nouvelle compréhension de ce parcours familier — même sur la même route, des conditions météo différentes peuvent offrir des défis et des sensations complètement différents.

Après cette sortie post-pluie, je me suis arrêté un instant au bord de la route de montagne, regardant la brume s’élever lentement de la vallée, le soleil perçant les nuages pour illuminer les feuilles humides, créant des reflets scintillants. Cette image est restée profondément gravée dans ma mémoire, et m’a fait comprendre que le cyclisme n’apporte pas seulement un entraînement physique, mais aussi une expérience sensorielle profondément liée à la nature.

Ce que Zhongshe Road signifie pour moi : bien plus qu’une simple route d’entraînement

Au fil des années, j’ai perdu le compte de mes montées de Zhongshe Road. De la première fois où la pente m’a mis à terre, m’obligeant à mettre pied à terre à mi-parcours, jusqu’à pouvoir gravir toute la montée d’une traite sans m’arrêter, et maintenant à l’utiliser comme « parcours de référence » pour évaluer régulièrement ma condition physique — Zhongshe Road a été témoin de ma transformation, de débutant à cycliste ayant une certaine aisance en montée.

Je comprends peu à peu pourquoi, dans le cercle des cyclistes de Taipei, on décrit cette route comme « le passage obligé pour grandir et s’épanouir ». Sa longueur est idéale, sans être intimidante ; sa pente est suffisante pour refléter fidèlement la progression de ses capacités en montée ; sa situation géographique est pratique, permettant aux citadins pressés d’accomplir un entraînement significatif en un temps limité. Plus important encore, elle porte la mémoire collective de trop de cyclistes de Taipei — presque tous ceux qui pratiquent le vélo de route à Taipei depuis plus d’un an ont leur propre histoire avec Zhongshe Road, que ce soit l’échec de la première tentative, la joie d’avoir battu un record personnel, ou simplement le plaisir de profiter d’un clair matin au milieu des montagnes.

Un paysage saisonnier : quand Zhongshe Road est la plus belle

Si l’on me demandait de recommander la meilleure saison pour monter Zhongshe Road, je choisirais sans hésiter le printemps. En mars et avril, à Taipei, les températures remontent sans être encore étouffantes, la végétation de Waishuangxi, après la torpeur hivernale, commence à déborder d’énergie vitale, et l’air est chargé d’un léger parfum de fleurs et d’herbes. Monter Zhongshe Road à cette période, c’est voir le défi de la pente répondre au paysage naturel florissant alentour, avec une résonance particulière : « tout pousse, et moi aussi je grandis ».

L’automne offre à Zhongshe Road une autre saveur. Les après-midis d’octobre et novembre, l’angle du soleil devient plus doux, la lumière se répand entre les ombrages, créant des effets de clair-obscur tachetés, et l’on pédale comme dans un tableau en mouvement. Les conditions météo claires et fraîches de l’automne rendent également les longues montées à haute intensité relativement confortables, sans épuiser prématurément ses forces à cause de la chaleur humide.

Quant à l’été, bien que la chaleur moite rende le défi plus difficile, partir tôt le matin, juste après le lever du soleil, accompagné de la brise de montagne qui souffle par intermittence, procure une sensation de « plus c’est dur, plus on veut relever le défi » particulièrement exaltante — c’est aussi pour cela que de nombreux cyclistes préfèrent visiter Zhongshe Road aux petites heures de l’été.

Suggestions d’itinéraire : intégrer Zhongshe Road dans une excursion complète à Shilin

Si vous envisagez de vous rendre spécialement sur Zhongshe Road, autant planifier un itinéraire plus complet plutôt que de simplement « monter et repartir ». Je vous suggère de partir un samedi matin, en profitant des températures plus fraîches et de la circulation plus légère pour relever le défi de la montée, puis de poursuivre vers les abords du Musée national du Palais pour y ressentir l’atmosphère historique et culturelle, ou bien de vous diriger vers le marché nocturne de Shilin pour déguster des spécialités locales, concluant ainsi parfaitement cette sortie alliant sport et expérience de vie.

Pour ceux qui vivent dans le centre de Taipei et ont rarement l’occasion de se rapprocher de la nature, Zhongshe Road offre une excellente option de « mini-vacances » — pas besoin de voyager loin, pas besoin d’y consacrer une journée entière, seulement une à deux heures suffisent pour obtenir à la fois la satisfaction d’un entraînement physique, l’effet apaisant des paysages montagneux et la chaleur de l’ambiance culturelle locale. C’est aussi pour cela que, même après avoir gravi cette route d’innombrables fois, je continue, par un beau week-end ensoleillé, à tourner instinctivement mon guidon en direction de Shuangxi et à m’engager à nouveau sur cette pente familière qui sait toujours m’offrir de nouvelles sensations.

Les coéquipiers et Zhongshe Road : ces jours où nous sommes devenus plus forts ensemble

En repensant à ces années de cyclisme, Zhongshe Road n’est pas pour moi qu’une simple route, c’est plutôt un témoin de la croissance partagée avec mes coéquipiers. Dans notre équipe, plusieurs membres réguliers se donnent rendez-vous presque chaque mois sur Zhongshe Road. Au début, chacun y allait de son côté, relevant le défi à son propre rythme, puis cela a peu à peu évolué vers une sortie fixe empreinte d’une saine émulation — qui a amélioré son temps, qui a trouvé une nouvelle technique de gestion de l’allure, tout cela se partageait dans les discussions après la montée.

Je me souviens d’un coéquipier qui, au début, devait systématiquement s’arrêter à mi-parcours pour reprendre son souffle, et devait même parfois mettre pied à terre et pousser son vélo sur une courte section. À cette époque, il se moquait souvent de lui-même en disant : « Je suis sans doute le plus mauvais grimpeur de notre équipe. » Mais il n’a pas abandonné pour autant ; avec beaucoup de persévérance, il a intégré Zhongshe Road à son programme d’entraînement hebdomadaire, relevant le défi sans relâche, quelles que soient les conditions météo. Environ six mois plus tard, un jour, après avoir terminé la montée, il nous a annoncé, non sans excitation, qu’il était enfin parvenu à gravir toute la pente d’une traite, sans s’arrêter. Sa joie a gagné tout le monde sur place, et nous étions tous sincèrement heureux pour lui.

Ce genre d’histoires n’est en réalité pas rare sur Zhongshe Road. C’est peut-être précisément parce que sa difficulté est parfaitement dosée — suffisamment exigeante pour que chaque progrès mérite d’être célébré, mais pas au point d’être inaccessible, laissant toujours entrevoir l’espoir à ceux qui s’investissent — que cette route est devenue, pour de nombreuses équipes de Taipei, un lieu essentiel où se tissent les liens de camaraderie et où l’on assiste ensemble à la progression de chacun. Chaque fois que j’y pense, je me dis que ce qu’il y a de plus touchant dans le cyclisme, ce n’est peut-être pas seulement la satisfaction personnelle de conquérir une pente, mais surtout ces moments précieux passés à transpirer, à progresser et à partager la joie avec ses coéquipiers.

Zhongshe Road en solitaire : un moment de dialogue avec soi-même

Outre les scènes animées des sorties en équipe, Zhongshe Road porte aussi en elle de nombreux moments de quiétude vécus lors de mes sorties en solitaire. Lorsque la pression du travail se fait trop forte, j’ai l’habitude de partir seul à vélo, et Zhongshe Road est souvent l’une de mes destinations de prédilection. Affronter seul cette pente raide est, d’une certaine manière, un processus de dialogue intérieur — plus de conversations avec des coéquipiers pour distraire l’attention, il ne reste que le bruit de ma respiration, les battements de mon cœur, et toutes ces pensées qui surgissent puis s’apaisent peu à peu dans mon esprit.

Parmi mes sorties en solitaire les plus mémorables, certaines ont eu lieu après de grosses déceptions professionnelles, où j’ai choisi de monter seul sur Zhongshe Road pour évacuer mes émotions. Au début, la puissance de pédalage était toujours particulièrement violente, comme si je voulais injecter toute ma frustration dans les pédales ; mais à mesure que la pente s’élevait, la fatigue physique commençait à prendre le pas sur l’agitation émotionnelle, et mon attention était contrainte de se concentrer sur la question immédiate : « comment tenir jusqu’en haut ». Les émotions négatives qui occupaient mon esprit s’estompaient alors progressivement. Au moment d’atteindre le sommet, bien que le corps fût épuisé, mon esprit était étonnamment apaisé, comme si cet effort physique avait permis de libérer toutes les pensées parasites qui m’encombraient.

C’est aussi pour cela que, même après avoir gravi Zhongshe Road d’innombrables fois, je continue, dans certains états d’esprit particuliers, à choisir instinctivement d’y revenir. Ce n’est pas seulement une pente d’entraînement, c’est plutôt comme un vieil ami silencieux mais fiable, toujours prêt, quand j’en ai besoin, à m’accompagner pour affronter les défis et digérer mes émotions.

L’équipement et les évolutions au fil des ans : un parcours de mise à niveau en parallèle avec Zhongshe Road

En repensant à ces années passées sur Zhongshe Road, ce n’est pas seulement ma condition physique qui a progressé, mais aussi ma configuration d’équipement, qui n’a cessé d’être ajustée et améliorée à mesure que ma compréhension de cette route s’approfondissait. Je me souviens encore de ma première tentative sur Zhongshe Road, avec un vélo de route à cadre en aluminium d’entrée de gamme, équipé d’un plateau standard d’origine et d’une cassette au braquet relativement lourd. La douleur de cette première montée tenait en grande partie non pas à un manque de condition physique, mais à un braquet totalement inadapté à ce type de pente continue — j’étais contraint de forcer à une cadence extrêmement basse, et mes genoux ont rapidement commencé à manifester un inconfort évident.

Sur les conseils d’autres cyclistes, j’ai ensuite remplacé la cassette par une version à plus large amplitude, ce qui m’a immédiatement permis de maintenir une cadence plus raisonnable et de réduire nettement la souffrance de l’effort. Quelque temps plus tard, j’ai fait l’acquisition d’un vélo de route à cadre en carbone, équipé d’un plateau compact et d’un groupe de transmission électronique, et l’expérience sur Zhongshe Road a encore franchi un palier — les changements de vitesse sont plus rapides et plus précis, et l’avantage de la transmission électronique se révèle particulièrement net lorsqu’il faut enchaîner rapidement les vitesses dans les changements de pente.

Ce parcours de mise à niveau de l’équipement est, d’une certaine manière, aussi un processus de compréhension de Zhongshe Road et des limites de mon propre corps. Chaque ajustement d’équipement correspond à une prise de conscience concrète issue d’une expérience de montée — comprendre qu’un mauvais braquet fait mal aux genoux, que le réglage de la pression des pneus influence énormément l’adhérence, que la réactivité du groupe de transmission affecte réellement la fluidité de pédalage dans les changements de pente. Ces expériences pratiques accumulées au fil de montées répétées sur Zhongshe Road sont bien plus profondes et authentiques que la simple lecture de tests d’équipement.

Accompagner ma famille sur Zhongshe Road : une autre forme de temps parent-enfant

Au-delà du défi personnel et du lieu de progression partagée avec mes coéquipiers, Zhongshe Road est aussi associée pour moi à un souvenir particulièrement chaleureux : celui d’avoir emmené mon enfant gravir cette route. Mon enfant s’intéresse au cyclisme depuis son plus jeune âge, et une fois qu’il a acquis des bases suffisantes, j’ai commencé à envisager de lui faire découvrir des défis de montagne d’une difficulté modérée. Zhongshe Road est naturellement devenue notre premier choix, à mon fils et à moi.

Lors de sa première tentative sur Zhongshe Road, j’ai délibérément ralenti mon allure pour rester à ses côtés tout au long du parcours, l’encourageant au bon moment et lui prodiguant des conseils sur les moments de repos. Au début, il pédalait avec beaucoup de difficulté, et il a eu plusieurs fois envie d’abandonner et de pousser son vélo, mais grâce à ma présence et à mes encouragements, il a serré les dents et tenu bon, parvenant finalement à terminer la montée complète. Au moment d’atteindre le sommet, l’expression mêlant fatigue et fierté sur le visage de mon enfant reste profondément gravée dans ma mémoire — voir son enfant surmonter une difficulté par ses propres efforts et en retirer un sentiment d’accomplissement est, pour moi en tant que père, bien plus significatif que n’importe quel défi personnel que j’aurais pu relever moi-même.

Depuis lors, Zhongshe Road est devenue une activité commune régulière entre mon fils et moi ; nous nous donnons rendez-vous de temps à autre pour relever à nouveau le défi, d’une part pour prolonger ces beaux souvenirs d’activité partagée, et d’autre part pour permettre à mon enfant d’expérimenter par lui-même, à travers ces défis répétés, le principe selon lequel « l’effort mène au progrès ». Cette valeur transmise à la génération suivante à travers le cyclisme est peut-être le cadeau le plus inattendu — et pourtant le plus précieux — que Zhongshe Road m’ait offert.

Zhongshe Road au fil des saisons : notes d’observation sur une année

À force d’y retourner régulièrement, j’ai peu à peu développé une habitude : celle de noter mentalement les changements subtils que présente la route de Zhongshe selon les saisons et les conditions météorologiques, un peu comme si je tenais un journal d’observation sur un vieil ami. Au début du printemps, la végétation de la zone montagneuse commence à sortir de la morosité hivernale, des fleurs sauvages anonymes s’épanouissent le long du chemin, et il m’arrive parfois de percevoir un léger parfum de verdure pendant la montée. Cette odeur m’évoque toujours l’excitation d’une nouvelle année et d’un nouveau cycle d’entraînement qui s’annonce.

La route de Zhongshe en plein été est un tout autre visage. Bien que l’ombre des arbres offre un certain abri, l’air chaud et humide fait que chaque coup de pédale s’accompagne d’une abondante transpiration. Je me souviens d’avoir tenté une ascension peu avant midi en plein été : à peine à mi-parcours, j’étais déjà en nage, et l’eau de ma gourde se consumait bien plus vite que prévu. Cette expérience m’a profondément fait comprendre que même sur un parcours familier, si l’on néglige le choix de la saison et du moment, la difficulté peut être démultipliée de façon invisible.

Après l’automne, le temps se rafraîchit progressivement, le confort ressenti en montant Zhongshe s’améliore nettement, la respiration devient moins rapidement haletante, et cette saison est souvent celle où mes performances personnelles sont les meilleures. Quant à l’hiver, bien que la température dans le centre de Taipei ne soit généralement pas trop rigoureuse, la zone montagneuse, du fait de sa topographie et de son altitude, offre une température ressentie souvent bien inférieure à celle de la ville. Ajoutez à cela la mousson du nord-est et l’humidité qui l’accompagnent parfois, et l’on comprend que relever le défi de Zhongshe en hiver met particulièrement à l’épreuve la force mentale et la préparation d’un équipement de protection contre le froid.

Ces notes d’observation accumulées au fil des saisons ont non seulement enrichi ma compréhension de ce parcours, mais m’ont aussi permis, lors de la planification de chacune de mes sorties, de mieux anticiper les conditions météorologiques et les sensations corporelles du jour, et de préparer à l’avance l’équipement et l’état d’esprit adéquats.

De la maladresse à la familiarité : la carte des pentes dans la mémoire corporelle

Outre l’évolution de mon équipement, mes « compétences douces » — c’est-à-dire ma compréhension de cette route et ma façon d’y faire face — ont également connu une croissance notable au fil de ces années passées à gravir Zhongshe. Au début, je n’avais aucune notion des points de bascule des pentes ; je me heurtais souvent à une montée raide sans être préparé, contraint de ralentir brusquement, voire de m’arrêter pour reprendre mon souffle. Puis, à force d’accumuler les ascensions, j’ai fini par pouvoir, grâce à la mémoire de mon corps, anticiper les changements de pente à venir, ajuster ma respiration et mon rythme de pédalage au bon moment. Cette familiarité avec le parcours, intériorisée dans le corps, est un atout précieux qu’aucune mise à niveau d’équipement ne saurait remplacer.

Arc-en-ciel après la pluie et surprises inattendues

Outre cette expérience inoubliable de brume de montagne après la pluie évoquée précédemment, Zhongshe m’a aussi offert un autre tableau d’une beauté inattendue. Un jour, lors d’une sortie, une averse d’après-midi s’est abattue brièvement. J’avais prévu de m’abriter sur place en attendant que la pluie cesse, mais elle s’est rapidement affaiblie, laissant percer un rayon de soleil dans un coin du ciel. En me retournant, j’ai vu un arc-en-ciel net et distinct s’étendre en travers de la vallée. Ce spectacle était si magnifique que j’en ai instantanément oublié la frustration provoquée par cette pluie soudaine ; j’ai plutôt ressenti que le fait d’avoir pu être témoin d’une telle merveille naturelle était un cadeau précieux, un bonus inattendu de cette sortie.

Cette expérience m’a aussi fait comprendre que le charme de la montée à vélo réside en grande partie dans cette sensation de surprise imprévisible — on ne sait jamais, lors de la prochaine visite, quel temps on trouvera, quels jeux de lumière et d’ombre, ou encore quelles rencontres fortuites. Cette caractéristique pleine d’inconnues est précisément ce qui rend le sport en plein air si fascinant par rapport à l’entraînement en salle, et c’est aussi une raison importante pour laquelle je continue d’aimer gravir Zhongshe et d’y trouver toujours une sensation de nouveauté.

Pour celles et ceux qui s’apprêtent à relever leur premier défi

Si vous vous apprêtez à gravir Zhongshe pour la première fois, voici ce que je veux vous dire : n’ayez pas peur de cette sensation d’être vaincu par la pente, c’est précisément la raison d’être de cette route. Ce n’est pas un parcours destiné à être bouclé facilement pour en tirer une vaine gloire, mais un parcours qui vous dit honnêtement à quelle distance vous vous trouvez encore de « plus fort », et que si vous acceptez de revenir sans cesse pour relever le défi, cette distance finira, goutte après goutte, par se réduire.

Ce que Zhongshe m’a appris, ce n’est pas seulement comment répartir mon énergie ou comment choisir mon braquet, mais aussi une mentalité face aux difficultés : « d’abord accepter, ensuite dépasser ». Chaque fois que je gravit en haletant ce dernier tronçon de pente, que je contemple le panorama qui s’élargit peu à peu, ce sentiment mêlé de fatigue et de satisfaction reste l’une des sources de motivation les plus importantes qui me poussent à continuer d’aimer le cyclisme. Si vous êtes aussi un cycliste de Taipei, pourquoi ne pas choisir un matin ensoleillé pour aller ressentir par vous-même cette pente que d’innombrables personnes surnomment « le chemin obligé pour grandir et s’épanouir » ? Vous pouvez aussi venir avec vos coéquipiers, ou choisir de faire face à ce défi seul, en toute quiétude. Quelle que soit l’option, je suis convaincu qu’elle laissera dans votre carrière cycliste un souvenir unique qui vous appartient, et qu’elle deviendra, lorsque vous reviendrez plus tard sur votre trajectoire de progression, un repère essentiel et irremplaçable.

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