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L'allée des cerisiers d'hiver de Pingjing Street : un souvenir de cyclisme saisonnier caché sur les pentes de Yangmingshan

挑戰心得

平菁街寒櫻花道:一條藏在陽明山邊坡的季節限定騎乘記憶

距離不到五公里的一條山區小路,卻承載了整個台北單車圈對「陽明山賞櫻」最深的季節記憶。這是平菁街,一條你可能沒聽過名字,但看過照片一定有印象的路。

一、初見平菁街:一條被低估的士林山徑

第一次騎上平菁街,是在一個平常的週末清晨。我原本的計畫是直接殺去冷水坑,平菁街只是路線規劃裡「順路經過」的一段,沒有太多期待。但騎進去之後才發現,這條路的存在感,遠比它在地圖上顯示的長度要強烈得多。

平菁街位於台北市士林區,座落在陽明山系統的邊坡地帶,靠近平等里一帶的聚落。它不像仰德大道那樣車水馬龍、觀光客絡繹不絕,也不像巴拉卡公路那樣以壯闊的視野聞名,它安靜、狹窄、蜿蜒,路的兩側時而是民宅矮牆,時而是茶園與果樹,騎在其中,你會有一種「進入某個台北人私藏後花園」的錯覺。

士林這個行政區,大部分人對它的印象停留在夜市與故宮,很少人會想到,它的邊界一路延伸進入陽明山國家公園的腹地,而平等里,正是這片山區聚落的核心地帶之一。這裡的居民世代務農,早年多以種植茶葉、蔬果維生,近幾十年隨著陽明山觀光發展,部分土地轉型成了休閒農園與景觀民宿。平菁街,就是貫穿這片聚落的主要道路之一。

那天清晨,山區還帶著薄霧,我騎上這條4.66公里、均坡6.3%的小路,才踩了幾百公尺,就明白為什麼它會被路線資料庫定位為「冷水坑前哨戰」——這條路的坡度紮實得不容小覷,但更讓我印象深刻的,是路邊那些安靜佇立的老樹與矮房,彷彿在提醒你,這裡不只是一條運動用的爬坡路線,更是有人世世代代生活的地方。

二、平菁街42巷:全台單車與賞花人共同的季節記憶

如果你在冬春之交搜尋「陽明山賞櫻」,平菁街42巷幾乎是所有攻略文章都會提到的名字。這條巷子種植了大片寒櫻,每年一、二月盛開時,粉白與桃紅交織成一條花海隧道,吸引無數攝影愛好者、賞花遊客,甚至是專程前來取景婚紗照的新人。

寒櫻的花期通常比吉野櫻更早,也因此平菁街42巷常被稱為北台灣「搶先報到」的賞櫻地標之一。對單車騎士來說,這是一個很微妙的時間點——花季期間的平菁街,和平常安靜的模樣完全不同。狹窄的山路擠滿了自駕賞花的車潮,路邊違停幾乎是常態,行人為了拍照隨時可能走到路中央,對於正在爬坡、需要專注踩踏節奏的騎士而言,這其實是一種需要額外提高警覺的騎乘情境。

但換個角度想,這也是平菁街最迷人的時刻。我曾在花季期間特意挑了一個平日清晨造訪,那時遊客還沒湧入,晨光斜射進花道,寒櫻的花瓣被風吹得緩緩飄落在柏油路面上,那種安靜、私密的美,是尖峰時段擠滿人潮時體驗不到的。騎在花道下,速度不自覺放慢,這條原本是「練坡」用途的路,在那個當下變成了一段值得停下來、用眼睛而非碼錶去感受的風景。

如果你也想體驗這種反差,我的建議是:把「賞花」和「練坡」分開安排。真正想要挑戰坡度、練體能的日子,避開花季尖峰;而想要純粹感受花道之美的時候,就放慢速度,甚至推車步行穿越最擁擠的路段,把路權和空間留給行人與拍照的旅客。這是一種對在地環境與其他使用者的尊重,也是熟悉這條路的騎士該有的默契。

三、爬坡途中的風景:從民宅到茶園的地景轉換

平菁街的迷人之處,不只在於42巷的寒櫻,整條路線的地景變化本身就值得細細品味。從士林市區邊緣騎進來,最初你會經過一般的住宅聚落,磚牆與鐵皮屋錯落,帶著台灣山區聚落特有的生活感。再往上騎,房舍逐漸稀疏,取而代之的是層層疊疊的農園地景——這一帶的居民延續著早年務農的傳統,部分土地仍種植著蔬菜、果樹,也有轉型經營的休閒農場與咖啡園,讓這條路線在爬坡的喘息之間,多了幾分可以東張西望的樂趣。

騎到路線中段,視野會逐漸開闊,回頭望去,能隱約看見士林、北投一帶的市區輪廓,在天氣晴朗的日子裡,甚至能遠眺更遠的台北盆地景致。這種「爬升帶來視野」的體驗,是所有山區騎乘路線共通的獎賞——你付出的每一分踏頻力氣,都換來一寸更遼闊的視野,這種正向回饋,正是許多車友願意一次又一次挑戰爬坡路線的原因。

平等國小作為這條路線的終點地標,本身就是一所座落在山區聚落裡的小學校,規模不大,卻是附近居民生活機能的重要一環。騎到這裡,你會看到一種與市區小學截然不同的氛圍——校園周邊環山,孩子們上下學的路,可能就是你剛剛氣喘吁吁騎上來的同一條路。這種反差讓我每次騎到終點時,都會停下來多看幾眼,想像住在這裡的孩子,每天上學途中看到的風景,會是什麼樣的心情。

四、在地人文與生活紋理:平等里的日常

平等里這個地名,聽起來帶著一種樸實的期許,實際走訪,也確實能感受到這裡緩慢而踏實的生活步調。這一帶屬於陽明山國家公園的周邊聚落,居民生活與山林、農作緊密相連,不若市區那般匆忙。清晨時分騎經此地,常能看到早起的居民在自家庭院整理花草,或是騎著機車運送剛採收的蔬果下山販售,這些日常畫面,構成了平菁街周邊最真實的生活紋理。

這一帶也散佈著不少以休閒農業為主的觀光景點,包括採果園、茶莊與可以遠眺市區夜景的餐廳,許多台北市民週末會專程開車上山,一邊享受山區清新空氣,一邊品嚐當季在地食材。對單車騎士來說,這些景點不見得是騎乘途中的重點,但如果你和我一樣,喜歡把運動與慢遊結合,不妨在騎完平菁街這段前哨戰之後,找一間路邊的茶館歇腳,點一壺熱茶,看看窗外雲霧繚繞的山景,讓身體從爬坡的高強度狀態,緩緩切換回悠閒的假期心情。

我自己就有過這樣一次經驗——某次騎完全程,天色還早,索性把車停在路邊一家小茶館前,點了一份簡單的茶點心,老闆是在地經營多年的居民,聊起這條路的故事,才知道平菁街早年其實只是聯絡聚落與市區的產業道路,直到近十幾年賞櫻風氣興盛,才漸漸被外界所知。這種「先有生活、後有觀光」的路線背景,讓我對這條路多了一份不一樣的敬意——它不是為了觀光或運動而生的路,而是被觀光與運動「發現」的一條在地生活道路。

五、季節限定的騎乘策略:什麼時候騎最好

如果要我推薦造訪平菁街的最佳時機,我會分成兩種情境來回答。

如果你的目標是賞花,一、二月的寒櫻花期無疑是最佳窗口,但務必避開週末上午到下午的尖峰時段,改在平日清晨或接近傍晚花況仍佳、人潮已散的時段前往,才能真正享受那種安靜、私密的花道體驗。

如果你的目標是純粹的體能訓練與爬坡練習,我會推薦春末(三、四月)或秋天(十、十一月)造訪。這兩個季節台北的氣溫相對舒適,不若夏季悶熱、也不若隆冬濕冷刺骨,山區的空氣品質往往也在這兩個季節表現最好,適合長時間戶外運動。夏季雖然也能騎,但務必抓緊清晨時段,避開午後雷陣雨與過高的體感溫度。

至於冬季非花期的一般週末,平菁街反而呈現出它最原始的面貌——安靜、清冷,偶爾雲霧繚繞,若你喜歡那種帶點孤寂感的山區騎乘體驗,這個時段反而別有一番風味。

VI. Suggestions d’itinéraire : intégrer Pingjing Street dans votre journée à Yangmingshan

Visiter Pingjing Street uniquement, l’aller-retour peut se faire en moins d’une heure, ce qui peut sembler « pas assez satisfaisant » pour de nombreux cyclistes. Mon conseil est de l’intégrer dans un itinéraire d’une journée plus complet à Yangmingshan. La combinaison la plus classique consiste à monter depuis Shilin ou Beitou, à parcourir d’abord Pingjing Street pour s’échauffer sur les pentes, puis à enchaîner vers Lengshuikeng ou Qingtiangang pour profiter de paysages de prairies alpines plus vastes, et enfin, selon votre état de forme, décider de prolonger vers la côte nord côté Jinshan ou de faire demi-tour.

Si vous n’êtes pas un cycliste purement sportif mais que vous préférez un style plus contemplatif, vous pouvez également envisager d’inclure les salons de thé et les restaurants panoramiques autour de Pingjing Street dans votre programme, voire de combiner une demi-journée à vélo et une demi-journée de marche pour admirer les fleurs, afin de laisser le corps alterner entre effort et repos, sans maintenir toute la sortie sur un rythme de haute intensité.

VII. En fin de compte : ce que cette route m’a appris

En repensant à mes visites successives de Pingjing Street, j’ai peu à peu compris que ce qui rend cette route vraiment fascinante, ce n’est ni son pourcentage de pente, ni seulement cette allée de cerisiers en fleurs, mais plutôt ce qu’elle représente comme microcosme de la vie dans les montagnes de Taipei — à la frontière entre la ville et la forêt, où les gens cultivent et vivent comme à l’accoutumée, tandis que les cyclistes et visiteurs de passage, munis de leurs appareils photo et compteurs, font une brève incursion, documentent, puis repartent.

Chaque fois que je gravis Pingjing Street, je me rappelle de ralentir un peu, non seulement pour ma stratégie d’allure, mais surtout pour avoir la chance de bien voir ces paysages discrets mais authentiques au bord de la route — un potager fraîchement retourné, une fenêtre en bois entrouverte, un ancien assis à sa porte pour profiter de la fraîcheur. Ces images sont bien plus proches de l’âme véritable de cette route que n’importe quelle photo Instagram de cerisiers en pleine floraison.

Si vous n’avez pas encore gravi Pingjing Street, je vous recommande sincèrement de choisir un matin ensoleillé pour aller ressentir par vous-même la première impression que procure cette « avant-garde de Lengshuikeng ». Ce ne sera peut-être pas la route la plus longue ni la plus raide de votre carrière cycliste, mais il y a de fortes chances que ce soit l’une de celles dont vous vous souviendrez encore clairement des paysages et des odeurs, des années plus tard. C’est là tout le sens le plus précieux du cyclisme.

VIII. Pingjing Street entre amis : la chaleur d’une montée à plusieurs

La plupart de mes souvenirs sur cet itinéraire, je les ai vécus en solitaire, mais il y a aussi eu quelques expériences en équipe, et l’ambiance y est totalement différente. Lorsqu’on roule seul, on se concentre davantage sur sa respiration et son rythme cardiaque, on entend le tempo de son pédalage et le vent qui souffle à ses oreilles ; mais lorsqu’on grimpe à plusieurs, même si l’écart finit par se creuser en raison des différences de niveau, ce soutien psychologique de « savoir qu’il y a des coéquipiers devant ou derrière » rend la montée beaucoup moins solitaire.

Je me souviens d’une sortie organisée par mon équipe, rendez-vous à 5h30 du matin, le jour n’était pas encore tout à fait levé, tout le monde avait allumé ses phares et roulait le long du boulevard Yangde en direction de Pingjing Street. Dans le groupe, il y avait des débutants qui venaient tout juste de se mettre au vélo de route, et des vétérans qui roulaient depuis plus de dix ans. Naturellement, les allures se sont étirées, mais les plus expérimentés ont eu la délicatesse de ralentir et de se répartir pour accompagner les plus lents, en s’assurant que personne ne soit trop distancé. Arrivés sur le terre-plein près de l’école primaire de Pingdeng, tout le monde est arrivé les uns après les autres, se tapant dans les mains, prenant des photos. Ce sentiment d’accomplissement après l’effort, même sur un itinéraire aussi court, a su toucher chacun des participants.

Cela m’a aussi fait comprendre que, bien que Pingjing Street soit courte, elle constitue un excellent itinéraire d’initiation pour les débutants qui découvrent la montée en zone montagneuse. L’intensité est suffisante pour leur faire ressentir le véritable défi de la montée, mais la longueur n’est pas telle qu’elle pourrait les effrayer ou les rebuter face au cyclisme en montagne. C’est un très bon parcours « d’initiation ». Si vous avez des amis qui viennent de se mettre au vélo de route et n’ont pas encore relevé le défi des routes de montagne, n’hésitez pas à les emmener commencer par Pingjing Street, afin qu’ils puissent, de manière relativement douce, développer leur confiance en montée.

IX. Les paysages saisonniers de Pingjing Street et du parc national de Yangmingshan

Au-delà de la saison des cerisiers, le parc national de Yangmingshan offre tout au long de l’année ses propres paysages saisonniers, et Pingjing Street, en tant qu’avant-poste de ce système, annonce en quelque sorte ce que l’on va découvrir ensuite. Au printemps, outre les cerisiers, les montagnes commencent à laisser apparaître toutes sortes de fleurs sauvages et de jeunes pousses verdoyantes, l’air chargé des senteurs de la végétation en pleine croissance ; en été, la verdure montagnarde est à son apogée, et les brumes qui s’installent parfois en après-midi confèrent à tout l’itinéraire une beauté vaporeuse ; en automne, la saison des herbes de la pampa approche, et bien que Pingjing Street ne soit pas le tronçon principal pour ce type de paysage, on y ressent déjà les signes de la transition saisonnière — l’air de la montagne qui se rafraîchit, le ciel qui s’éclaircit ; en hiver, les températures basses et parfois le givre ou le brouillard léger donnent à cet itinéraire un visage totalement différent, plus austère mais aussi plus plein de charme.

À chaque visite, même en empruntant la même route, les paysages et les odeurs diffèrent selon la saison. C’est aussi pour cela que, même si Pingjing Street ne fait que 4,66 kilomètres, je suis toujours prêt à y revenir encore et encore — ce n’est pas une route que l’on « parcourt une fois et c’est assez », mais une route qui mérite d’être revisitée et ressentie au fil des quatre saisons.

X. Conseils pour les visiteurs de première fois

Si vous planifiez votre première visite à Pingjing Street, voici quelques conseils pratiques tirés de ma propre expérience.

Tout d’abord, le transport et le stationnement. Si vous ne montez pas depuis le centre-ville à vélo, mais que vous choisissez de transporter votre vélo en voiture ou en scooter pour l’assembler sur place avant de partir, je vous recommande de planifier votre lieu de stationnement à l’avance, surtout pendant la saison des fleurs, où les places de stationnement en montagne sont très limitées — plus vous arrivez tard, plus il est difficile de trouver un emplacement convenable.

Ensuite, le choix du créneau horaire. Que ce soit pour éviter la circulation ou pour profiter de la meilleure lumière, le petit matin reste le meilleur moment pour visiter Pingjing Street. L’air de la montagne y est frais, la lumière douce, et que ce soit pour la photo ou simplement pour le plaisir de la balade, c’est le moment le plus agréable de la journée.

Enfin, l’ajustement mental. Bien que Pingjing Street ne soit pas longue, une pente moyenne de 6,3 % associée à un relief vallonné constitue tout de même une épreuve non négligeable pour ceux qui affrontent pour la première fois une montée en zone montagneuse. Ne la sous-estimez pas parce qu’elle est courte, et ne vous dévalorisez pas parce que la montée est difficile — considérez-la comme une occasion de découvrir les limites de votre corps, et vous constaterez que le sentiment d’accomplissement après l’avoir gravie dépasse de loin ce que ce simple chiffre de 4,66 kilomètres peut représenter.

XI. Pingjing Street racontée par les anciens : toponymie et mémoire du territoire

Un jour, devant une maison le long de Pingjing Street, j’ai rencontré un aîné qui s’affairait dans son jardin. En discutant, j’ai appris qu’il vivait dans cette région montagneuse depuis plus de soixante ans. Il m’a expliqué que le nom « Pingjing » reflète en réalité les caractéristiques géographiques et végétales de cette zone dans les temps anciens : les versants étaient autrefois couverts de théiers et de bambouseraies, et les habitants vivaient principalement de l’agriculture. Ce n’est qu’il y a quelques décennies, grâce à l’amélioration progressive des infrastructures de transport et aux retombées touristiques du parc national voisin de Yangmingshan, que cette région montagneuse a peu à peu évolué d’un simple hameau agricole vers un paysage mêlant loisirs et tourisme.

En écoutant ces histoires, je regardais la route asphaltée qui serpentait devant moi, et je me suis soudain rendu compte que chaque tour de pédale que je faisais s’inscrivait en réalité par-dessus les traces de vie de générations successives sur cette terre. Pour moi, cette route est un parcours sportif où je dépense mon énergie le week-end et recherche la stimulation cardio-respiratoire ; mais pour cet aîné et pour ses parents, ses grands-parents, cette route porte peut-être des souvenirs bien plus complexes et profonds — c’était le chemin pour aller travailler, celui pour transporter les récoltes vers le marché en contrebas, et aussi celui qui a été témoin de la transformation progressive de cette région montagneuse, d’un village agricole rustique à ce qu’elle est aujourd’hui.

Cette conversation m’a donné une compréhension différente de la pratique du vélo. Nous avons souvent tendance à réduire le cyclisme à une quête de données et de records — le temps réalisé, le dénivelé accumulé, la zone de fréquence cardiaque maintenue — mais si l’on accepte de ralentir et d’échanger quelques mots avec les habitants rencontrés en chemin, on découvre que derrière chaque itinéraire se cachent des histoires bien plus riches et dignes d’être entendues que les simples chiffres. C’est aussi pour cela que, même si la pente et la distance de Pingjing Street m’ont été parcourues d’innombrables fois et que les données me sont connues par cœur, je suis toujours prêt à y revenir encore et encore — car chaque visite peut réserver des paysages et des histoires différents.

XII. À toi qui vas bientôt découvrir Pingjing Street

Si tu as lu jusqu’ici et que tu as désormais une bonne connaissance de Pingjing Street, je voudrais te laisser un dernier conseil : ne la considère pas simplement comme un « itinéraire à cocher », à parcourir puis à oublier. Prends le temps d’y aller un jour ordinaire, en dehors de la saison des fleurs, pour voir à quoi ressemble vraiment cette route lorsqu’elle n’est pas prise d’assaut par la foule ; saisis l’occasion d’échanger quelques mots avec les habitants ou les patrons de salons de thé au bord de la route, et écoute leurs histoires de Pingjing Street ; n’hésite pas non plus à y revenir à différentes saisons pour ressentir les visages changeants de cette même route au fil du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver.

Ce qu’il y a de plus précieux dans le cyclisme, ce n’est souvent pas le nombre de records personnels battus, mais ces paysages et cette chaleur humaine rencontrés par hasard en cours de route. Avec ses modestes 4,66 kilomètres, Pingjing Street porte en elle le souvenir le plus tendre de tout le système de Yangmingshan. Puisses-tu, toi aussi, trouver sur cette route l’émotion qui te revient.

Treize. Pingjing Street sous la pluie : une autre forme de compagnie silencieuse

Outre la beauté des fleurs le long de la route par les matins ensoleillés, j’ai également visité Pingjing Street lors de journées de bruine fine. Ce jour-là, je m’y rendais simplement avec l’état d’esprit de « passer par là », sans m’attendre à ce que cette route sous la pluie m’offre une expérience totalement différente. Les gouttes de pluie frappaient les feuilles au bord du chemin, produisant un crépitement fin et régulier. L’air était imprégné du mélange de terre humide et de végétation après la pluie. La chaussée bitumée reflétait le ciel gris pâle, et toute la route, privée de l’agitation des journées ensoleillées, gagnait une quiétude presque figée.

Rouler par un tel temps impose naturellement de réduire l’allure. D’une part, pour des raisons de sécurité, la chaussée glissante exige une prudence particulière ; d’autre part, cette atmosphère incite inconsciemment à ralentir le rythme pour savourer pleinement ce qui nous entoure. En passant devant les habitations et les maisons de thé habituellement animées, celles-ci semblaient étrangement calmes sous la pluie. On pouvait parfois apercevoir un chat à l’abri sous un avant-toit, ou des habitants pressés passant sous leur parapluie. Ces scènes composaient un tableau de vie quotidienne radicalement différent de celui des visites par temps clair.

Pédaler sur Pingjing Street sous la pluie m’a fait comprendre que le charme de cette route ne réside pas uniquement dans sa splendeur lors des belles journées ensoleillées ou de la pleine floraison, mais aussi dans cette sensation de quiétude et d’authenticité qu’elle dégage même les jours de pluie ou dans la banalité du quotidien. Cette beauté aux multiples facettes est précisément ce qui rend cette route digne d’être parcourue et ressentie à maintes reprises.

Quatorze. Au-delà de cet article : les leçons de vie que m’a offertes Pingjing Street

Après avoir parcouru Pingjing Street à de nombreuses reprises au fil des ans, j’ai peu à peu tiré de cette route des enseignements de vie qui semblent sans rapport avec le cyclisme, mais qui y sont pourtant étroitement liés. La leçon la plus importante que cette route m’a apprise concerne la sagesse du « rythme » — qu’il s’agisse du rythme respiratoire en montée, du rythme de pédalage, ou encore du rythme psychologique face aux pressions de la vie. Une attitude stable, constante et sans précipitation permet souvent d’aller plus loin qu’un sprint ponctuel.

Chaque fois que je termine la montée de Pingjing Street et que je m’arrête près de l’école élémentaire de Pingdeng pour reprendre mon souffle en me retournant vers la route de montagne parcourue, je repense à la nervosité et à la maladresse de ma toute première ascension. En comparaison, ma capacité actuelle à affronter sereinement ses variations de pente témoigne d’une progression qui reflète également mes évolutions et mes acquis dans d’autres aspects de ma vie ces dernières années. Ce qui fait le plus la beauté du sport, c’est peut-être cette manière directe et honnête de nous montrer nos progrès et nos limites. Et Pingjing Street est l’une de ces mesures que j’utilise pour jauger ma propre croissance.

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