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Un bâton d'encens au bout du sentier : Carnet de route à vélo vers le temple Li Shan, à Sanxia

挑戰心得

Une offrande d'encens au bout du sentier de montagne : récit d'une sortie à vélo vers le temple Lishan Shen'gong à Sanxia

一、Sanxia, là où montagnes et eaux se rencontrent

Pour parler de Sanxia, son nom seul suffit à décrire sa géographie. Anciennement appelée « Sanjiaoyong » (triangle bouillonnant), c’est précisément parce que la rivière Dahan, la rivière Sanxia et le ruisseau Hengxi convergent ici, formant un relief alluvial triangulaire. Cette configuration géographique a fait de Sanxia, depuis des temps anciens, un nœud de transbordement entre les produits de la montagne et les marchés de la plaine — le thé descendait des montagnes, les matières premières pour la teinture arrivaient de l’extérieur, les hommes et les marchandises s’y échangeaient, et c’est là aussi que se sont déposés les traits de caractère propres au lieu.

Je pense souvent que pour comprendre les itinéraires cyclistes d’un endroit, il faut d’abord comprendre sa structure. Celle de Sanxia est faite pour moitié des arcades de briques rouges de la vieille rue, et pour moitié des collines ondulantes qui l’entourent, en couches successives. La vieille rue de Sanxia, le temple Qingshui Zushi, la culture de l’indigo — ce sont là des images bien connues des touristes. Mais dès qu’on enfourche son vélo et qu’on part vers la montagne, on découvre un autre Sanxia — celui qui prospéra grâce à la culture du thé, qui se structura en communautés autour de l’industrie de la teinture, et qui aujourd’hui dissémine tranquillement ses petits lieux de foi à travers les collines.

Ce que je veux raconter ici, c’est précisément un itinéraire caché dans les montagnes de Sanxia : celui qui mène au temple Lishan Shen’gong. La distance n’est pas longue, un peu plus de 6,3 kilomètres, mais ce qu’on y ressent en pédalant dépasse de loin ce que les chiffres peuvent exprimer.

二、La transition du tumulte urbain au silence des sentiers

Le jour du départ était un après-midi taïwanais ordinaire, le ciel d’un gris-blanc hésitant entre pluie et éclaircie. Partant du centre-ville de Sanxia, passant devant les façades de briques rouges familières de la vieille rue et les échoppes vendant des cornes de bœuf dorées et de la peau de porc en gelée, la chaussée d’asphalte sous les roues portait encore l’effervescence du marché — klaxons de scooters, cris des vendeurs, conversations des touristes, formant la trame sonore de la vie de la vieille rue.

Mais il suffit de tourner au coin, de pédaler en direction de la montagne, pour que ce tumulte s’estompe à une vitesse surprenante. L’asphalte se rétrécit, les bâtiments des deux côtés cèdent peu à peu la place aux palmiers bétel, aux acacias et aux plantations de thé qui pointent par endroits. L’air change aussi — des effluves de braisé et de friture de la vieille rue, on passe progressivement à l’odeur de la terre humide et des végétaux. Cette transition, c’est ce qui me fascine le plus à chaque fois que je pédale dans les montagnes de Sanxia : quelques minutes de vélo à peine, et pourtant l’impression de traverser deux époques.

Les montagnes de Sanxia ont toujours été liées au thé. De la dynastie Qing à la période japonaise, la région de Sanxia, grâce à son relief vallonné propice à la culture du théier et à son climat humide, fut l’une des importantes régions productrices de thé du nord de Taïwan ; le thé Longjing et le thé Baozhong ont tous deux poussé sur ces pentes. Quant à l’industrie de la teinture, en particulier l’indigo, elle utilisait le dajing (Strobilanthes cusia) cultivé localement comme matière première, combiné à l’eau abondante de la rivière Sanxia pour les étapes de teinture — c’est pourquoi la vieille rue de Sanxia perpétue encore aujourd’hui l’héritage et les activités d’expérience autour de la culture de l’indigo. Cette histoire industrielle a façonné la texture particulière de Sanxia, où « la montagne abrite des activités, et les activités sont reliées à la foi » — car les ancêtres qui vivaient de la montagne érigeaient toujours un petit temple ou un autel aux carrefours des sentiers et aux entrées des villages, pour prier pour la sécurité des chemins et l’abondance des récoltes.

三、L’entrée dans l’ascension : un dialogue entre le corps et la volonté

Dès le pied de la montagne, la pente se fait rapidement sentir dans les muscles des cuisses. Avec une pente moyenne de 6,1 %, ce n’est pas une montée où l’on peut discuter tranquillement en pédalant ; c’est une ascension qui exige de se concentrer sur son rythme respiratoire et d’avoir une vraie conversation avec soi-même.

Dans les premiers centaines de mètres d’ascension, un doute familier surgit toujours : « Cette côte, elle dure encore combien de temps ? » C’est une étape psychologique que presque tout cycliste amateur de montée connaît. Mais à mesure que la respiration trouve son rythme, que le pouls se stabilise à une fréquence soutenable, cette anxiété laisse place à un état de concentration plus profond — les yeux fixés sur la texture de la route devant soi, les oreilles à l’écoute des infimes bruits de la chaîne et du dérailleur, le corps percevant chaque retour d’information de la selle et des pédales.

Selon les estimations du parcours, l’itinéraire totalise un peu plus de 6 300 mètres, avec un dénivelé positif brut estimé à environ 380 mètres (ce chiffre est une estimation déduite de la pente moyenne, et non une mesure précise ; pour le dénivelé réel, veuillez vous référer à l’enregistrement de votre compteur personnel). Une telle densité d’ascension donne à chaque kilomètre un poids considérable. Au tiers du parcours environ, la végétation des deux côtés devient plus dense, la lumière du soleil filtre à travers les feuillages et se répand sur l’asphalte en un effet d’ombres mouchetées — c’est le langage visuel propre aux routes de montagne taïwanaises : non pas des panoramas grandioses, mais cette fragmentation, cette intimité, cette profondeur qui ne se perçoit qu’en ralentissant.

Au milieu de l’ascension, la fatigue physique se fait nettement sentir. L’état d’esprit à ce moment-là est intéressant : d’un côté, on sait que le but n’est plus loin ; de l’autre, les courbatures rappellent que « ce n’est pas fini ». C’est souvent à ces moments-là que je repense à ce qu’un ancien entraîneur m’avait dit : « La montée est la chose la plus honnête qui soit, elle ne ment pas : ce que tu donnes, elle te le rend en fatigue, et elle te le rend aussi en sentiment d’accomplissement. » 6,3 kilomètres, ce n’est pas long, mais avec une telle pente, c’est largement suffisant pour ressentir à l’arrivée cette émotion complexe mêlant essoufflement et satisfaction.

四、Le temple Lishan Shen’gong : un coin de foi dans la montagne

À mesure que la pente s’adoucit, la vue s’ouvre et le temple Lishan Shen’gong apparaît peu à peu. Concernant la date exacte de sa fondation, l’origine complète de la divinité principale, ou encore les détails architecturaux et l’histoire de ce temple, je n’ai pas de données de première main suffisamment fiables pour les détailler ici ; pour ces précisions, je recommande aux lecteurs désireux d’en savoir plus de se référer aux informations sur place ou aux annonces officielles. Mais ce que je veux partager, c’est ce lien émotionnel indescriptible mais bien réel que ressent un cycliste en apercevant ce genre de coin de foi en montagne au milieu d’une ascension.

Sur les routes de montagne taïwanaises, ces coins de foi ne sont pas rares. Qu’il s’agisse de temples du dieu du sol, d’autels des esprits de la montagne, ou de temples un peu plus grands, ils se trouvent souvent à des points où la pente s’adoucit et où la vue s’ouvre — comme si les ancêtres, en traçant les sentiers, avaient naturellement choisi ces endroits « qui valent la peine qu’on s’y arrête pour reprendre son souffle » pour y installer leur foi. Cette logique d’implantation est en elle-même pleine de sagesse : à mi-ascension, quand les forces et la volonté s’épuisent, apercevoir au loin le toit d’un temple ou des lanternes rouges, ce signal visuel agit comme une ancre psychologique — « plus loin que ça », « il y a de la vie ici », « on peut faire une pause ».

Debout près du temple Lishan Shen’gong, en se retournant vers le chemin parcouru, cette vue dominante fait redécouvrir le « sens de la montée ». Ce n’est pas seulement un entraînement physique, ni une simple accumulation de kilomètres, mais une manière de « pénétrer » physiquement dans la trame historique d’un lieu. Dans les montagnes de Sanxia, ces coins de foi sont disséminés un peu partout ; ils n’ont peut-être pas l’encens abondant et la foule de touristes du temple Qingshui Zushi, mais c’est précisément pour cela qu’ils conservent une sérénité plus proche de l’essence de la vie en montagne — un paysage que seuls les habitants locaux, les cyclistes et ceux qui acceptent de fournir l’effort de gravir cette pente peuvent véritablement apprécier.

五、Paysages en chemin et beauté propre à chaque saison

Bien que cet itinéraire soit court, la richesse des couches paysagères naturelles tout au long du parcours est considérable, et elle varie nettement selon les saisons — c’est aussi ce qui rend les routes de montagne de Sanxia si dignes d’être parcourues encore et encore.

Printemps (mars-avril) : Au printemps, les montagnes de Sanxia offrent souvent des matins enveloppés d’une fine brume, et la végétation des deux côtés de certains tronçons présente, après la pluie, un vert particulièrement éclatant — un bon moment pour la photographie et pour profiter de l’air pur. Il faut toutefois être attentif aux routes glissantes après les pluies de printemps.

Été (juin-septembre) : En été, la verdure des montagnes de Sanxia est à son apogée, dense et luxuriante ; l’ombre des arbres est particulièrement précieuse pendant l’ascension. Mais il faut aussi se méfier des averses orageuses soudaines de l’après-midi, typiques de l’été taïwanais ; il est conseillé de programmer sa sortie tôt le matin ou en fin de journée, en évitant la période la plus chaude et la plus humide de midi.

Automne (octobre-novembre) : En automne, le temps dans les montagnes de Sanxia est généralement plus stable, avec une bonne visibilité — c’est la meilleure saison de l’année pour prendre de la hauteur et contempler l’ensemble du bassin de Sanxia. La température légèrement fraîche rend également les longues ascensions plus confortables.

Hiver (décembre-février) : En hiver, la montagne offre parfois des paysages de nuages et de brume, dans une atmosphère de peinture à l’encre orientale, calme et méditative. Il faut toutefois veiller à se tenir au chaud et se méfier du risque de routes glissantes, surtout tôt le matin où la rosée ou la brume légère peuvent réduire la visibilité.

Quelle que soit la saison où l’on s’y rend, cet itinéraire a son expression propre — et c’est ce que je trouve le plus fascinant dans les courtes routes de montagne taïwanaises : elles n’ont pas besoin de paysages alpins grandioses pour vous éblouir ; ce sont les changements subtils au fil des quatre saisons qui offrent continuellement au cycliste une sensation de nouveauté.

VI. Ce que cet itinéraire signifie pour les cyclistes

Après toutes ces années à pédaler, j’ai peu à peu compris que la « signification » d’un itinéraire ne dépend souvent ni de sa longueur ni de sa notoriété, mais de sa capacité à offrir au cycliste une expérience physique et mentale complète dans un temps de roulage limité. L’itinéraire du temple Lishan Shen’gong est précisément l’incarnation de ce « petit mais complet ».

Six virgule trois kilomètres, pour beaucoup d’amateurs de longue distance, cela ne suffit même pas à s’échauffer. Mais si on le replace dans un cadre plus global — partir de l’agitation urbaine, traverser la trame historique d’une reconversion industrielle, vivre une montée exigeante qui met le corps et l’esprit à l’épreuve, pour finalement atteindre un recoin de foi silencieux — c’est en réalité un voyage condensé, un petit pèlerinage écrit avec les jambes.

Pour moi, la signification de cet itinéraire réside aussi dans sa démonstration d’un « ailleurs à portée de main ». Pas besoin de prendre la voiture pour s’aventurer jusqu’à la route transversale centrale ou sud, pas besoin de planifier une sortie de plusieurs jours. Il suffit d’accepter de dépenser vingt à quarante minutes d’effort supplémentaire depuis le centre de Sanxia pour rejoindre un monde totalement différent — un monde de lenteur, de concentration, de dialogue avec son propre corps. Cette possibilité de « petite échappée » est peut-être l’atout le plus précieux du réseau d’itinéraires montagneux taïwanais : même dans un Nouveau Taipei densément peuplé, il suffit d’enfourcher son vélo et de se diriger vers les collines pour découvrir, un peu partout, un voyage qui mérite d’être gravé dans la mémoire.

VII. Après la descente : prolonger avec le patrimoine culturel de Sanxia

Une fois ce défi de montée relevé et la descente à allure modérée vers le centre-ville effectuée, je prévois généralement un petit circuit complémentaire, transformant la dépense physique du pédalage en une compréhension plus complète de ce territoire.

Le vieux quartier de Sanxia : les bâtiments à arcades en brique rouge constituent le paysage historique le plus emblématique de Sanxia. Ces façades de maisons datant de l’époque coloniale japonaise mêlent ornements de style baroque et techniques constructives traditionnelles du Fujian. S’y promener, c’est comme remonter le temps. Les échoppes de snacks et les boutiques de souvenirs qui bordent la rue principale sont également d’excellents endroits pour reprendre des forces et se récompenser après l’effort.

Le temple Qingshui Zushi : également surnommé le « sanctuaire des arts de l’Orient », ses sculptures sur bois et sur pierre d’une finesse remarquable, ainsi que ses ornements en verre découpé, comptent parmi les chefs-d’œuvre de l’architecture religieuse taïwanaise. C’est le centre de foi le plus important de Sanxia, offrant un contraste intéressant avec ces petits recoins de foi silencieux disséminés dans la montagne — d’un côté, un temple emblématique à la fréquentation dense et à la valeur artistique inestimable ; de l’autre, des coins modestes et sans fioritures, nichés le long des sentiers, qui portent tout autant une ferveur religieuse locale.

La culture de la teinture à l’indigo : l’industrie de la teinture à l’indigo de Sanxia trouve son origine dans la culture autrefois prospère de l’indigotier et les procédés de teinture associés. Aujourd’hui, grâce au parc de la teinture à l’indigo de Sanxia et à d’autres lieux d’expérience culturelle, les visiteurs peuvent s’essayer de leurs propres mains à la teinture traditionnelle et apprécier cet artisanat qui a jadis soutenu l’économie locale.

Les spécialités culinaires locales : les cornes de bœuf dorées, le tofu soyeux de Sanjiaoyong, les pilules Musheng Rendan et autres spécialités locales sont d’excellents choix pour récupérer après la sortie tout en s’imprégnant de l’atmosphère de la vie quotidienne de Sanxia.

VIII. En guise de conclusion : le poids au-delà de la distance

En repensant à cette sortie, le chiffre de six virgule trois kilomètres paraît léger, mais les sensations physiques et la sérénité mentale qui en résultent dépassent de loin ce que ce nombre peut exprimer. C’est tout l’attrait des itinéraires courts en montagne : ils n’impressionnent pas par leur kilométrage, mais par l’honnêteté de leur pente, la richesse de leurs paysages et ces discrets recoins culturels rencontrés en chemin, accumulant un poids difficile à quantifier mais bien réel.

Sanxia, de son ancien nom « Sanjiaoyong » — lieu de confluence des cours d’eau — à son visage actuel mêlant tourisme du vieux quartier, culture de l’indigo et foi montagnarde, est en soi une chronique locale qui mérite d’être lue avec attention. Et l’itinéraire du temple Lishan Shen’gong est, d’une certaine manière, un petit chapitre de cette chronique — il permet au cycliste, par le moyen le plus primitif qui soit (les jambes et la respiration), de toucher du doigt la trame géographique et la profondeur culturelle d’un lieu.

Si vous aussi vous en avez assez des sorties sur le plat qui se ressemblent toutes, et que vous souhaitez vivre, en un temps limité, un parcours alliant défi physique et profondeur culturelle, alors choisissez un jour de beau temps, tournez votre guidon vers les collines de Sanxia, et allez vivre par vous-même ces six virgule trois kilomètres qui mènent de l’agitation des rues au silence des sentiers, de la sueur qui perle à l’apaisement de l’esprit.

Quant à l’encens qui brûle peut-être au bout du sentier, à la prière qui y est peut-être suspendue, cela, je vous le laisse découvrir sur place — certains paysages et certaines émotions, au fond, ne comptent vraiment qu’une fois qu’on les a parcourus soi-même.

IX. Dialogue avec un compagnon de route : « pourquoi grimper une si petite côte »

Ce jour-là, après la descente, je m’étais arrêté dans un salon de tofu soyeux près du vieux quartier pour me reposer, quand j’ai croisé un ami cycliste de longue date. Il m’a demandé : « Une montée aussi courte, est-ce que ça vaut vraiment le déplacement ? Les longues ascensions de type cent sommets ne donnent-elles pas plus de satisfaction ? »

J’ai longuement réfléchi à cette question. Les longues ascensions en haute montagne, comme celles de Wuling ou du mont Hehuan, qui s’étendent sur des dizaines de kilomètres avec des dénivelés de plus de mille mètres, possèdent effectivement leur propre grandeur et leur dimension rituelle — c’est un accomplissement qui se gagne au prix d’une journée entière, le corps et l’esprit épuisés. Mais une montée courte et raide comme celle du temple Lishan Shen’gong offre une tout autre forme de valeur.

Sa rareté réside dans la combinaison de l’« accessibilité » et de la « répétabilité ». Tout le monde n’a pas le temps, la condition physique ou l’équipement pour relever à tout moment des ascensions de niveau cent sommets, mais presque tous les cyclistes de la région de Taipei peuvent, après le travail ou le week-end au matin, dégager une à deux heures pour aller défier un tel itinéraire aller-retour. Cette caractéristique de « départ possible à tout moment, défi renouvelable à volonté » en fait un outil idéal pour l’entraînement quotidien et la régulation mentale — on peut y revenir une fois par mois, et mesurer concrètement sa progression physique à l’amélioration de son temps.

De plus, une montée courte et intense sollicite le système cardio-respiratoire et musculaire avec une intensité qui n’a rien à envier à certains tronçons de longues ascensions. La différence tient au fait que la longue ascension éprouve la « gestion de l’endurance », tandis que la montée courte et raide met à l’épreuve la « puissance de sortie instantanée et la concentration de la volonté ». Ce sont deux capacités que tout cycliste gagne à développer, simplement avec des contextes d’application et des objectifs d’entraînement différents.

Mon ami a souri en écoutant cela et a dit : « Alors tu veux dire que ce qui importe, ce n’est pas la hauteur de la montagne mais la présence d’un esprit ; ce n’est pas la longueur de la côte mais la présence d’une divinité ? » Je pense que cette plaisanterie, d’une certaine manière, touche au cœur même de l’attrait de cet itinéraire — il n’offre peut-être ni panoramas grandioses ni kilométrages interminables, mais ces discrets recoins de foi rencontrés en chemin, la végétation aux strates variées, et le dialogue intérieur qui s’installe pendant la montée, confèrent à ces six virgule trois kilomètres un poids qui dépasse de loin les chiffres.

X. L’apaisement mental offert par les sentiers silencieux

Pour moi, le cyclisme n’a jamais été une simple activité physique, c’est aussi une manière de se recentrer mentalement. Surtout sur un itinéraire comme celui du temple Lishan Shen’gong, loin de l’agitation urbaine et dont la pente exige une concentration totale, on entre très naturellement dans un état de « flux » — toutes les pensées parasites sont remplacées par le rythme de la respiration, le contrôle de la cadence, l’observation de la route, ces tâches corporelles immédiates. Les soucis professionnels et les tracas quotidiens qui occupent habituellement l’esprit sont repoussés aux marges de la conscience.

Cet effet psychologique est particulièrement perceptible à l’arrivée, lorsqu’on atteint ce recoin de foi silencieux en altitude. S’y arrêter un instant, écouter le bruissement du vent dans les feuilles, le chant occasionnel des oiseaux, et les battements de son propre cœur qui ralentissent progressivement, procure un sentiment étrange d’ancrage — comme si cet effort physique avait permis de gagner un moment de paix véritablement à soi.

Je pense souvent que les montagnes de Taïwan recèlent un très grand nombre de ces recoins. Ils n’ont pas besoin d’une notoriété éclatante ni de campagnes touristiques ; ils attendent simplement, en silence, ceux qui acceptent de faire l’effort de grimper jusqu’à eux. L’itinéraire du temple Lishan Shen’gong à Sanxia est précisément un de ces lieux qui méritent d’être explorés à plusieurs reprises, chacun de ces retours apportant une expérience intérieure différente.

11. Pour les cyclistes qui voudront relever ce défi à l’avenir

Si vous aussi vous envisagez d’organiser une sortie à vélo jusqu’au sanctuaire Li Shan, voici quelques conseils tirés de mon expérience personnelle : partez un jour où la météo est stable, en évitant les périodes de brouillard fréquent ou d’orages d’après-midi dans le massif de Sanxia ; faites un échauffement complet avant de prendre la route, pour laisser votre corps s’adapter progressivement à l’intensité de la montée qui s’annonce ; partez avec un esprit ouvert, ne considérez pas cette sortie uniquement comme une course contre la distance et le temps, mais soyez attentif aux changements de végétation en cours de route, aux jeux de lumière et d’ombre, ainsi qu’à ces coins de spiritualité qui se dressent silencieusement le long du sentier ; après la descente, n’hésitez pas à enchaîner avec une visite du vieux quartier de Sanxia, du temple Qingshui Zushi ou du parc culturel de la teinture à l’indigo, pour prolonger ce voyage d’un défi physique vers une expérience culturelle complète.

Ce que cet itinéraire m’a appris, je pourrais peut-être le résumer en une phrase : la longueur d’une distance n’a jamais été le seul critère pour mesurer la valeur d’un voyage ; ce qui compte vraiment, c’est l’attention que vous êtes prêt à investir pendant la pédalée, les détails que vous prenez le temps d’observer, et l’état d’esprit avec lequel vous choisissez de ressentir tout ce qui vous entoure. Le sanctuaire Li Shan de Sanxia, six virgule trois kilomètres, un court trajet qui va de l’agitation des rues à la quiétude des sentiers de montagne, et pourtant il a laissé dans mon cœur une empreinte bien plus profonde que n’importe quel chiffre.


Cet article est un récit d’expérience de cyclisme à la première personne. Les données d’itinéraire (distance, pente) sont issues de la base de données ; le chiffre de dénivelé est une valeur de référence estimée à partir de la pente moyenne. Les références historiques et culturelles concernant le thé de Sanxia, l’industrie de la teinture à l’indigo et le temple Qingshui Zushi sont des informations publiques largement connues localement ; les détails relatifs aux croyances du sanctuaire Li Shan mentionnés dans l’article n’ont pas fait l’objet de recherches historiques approfondies et ne sont évoqués qu’à travers des observations sur place et des descriptions générales. Pour une compréhension plus approfondie, il est recommandé de se référer aux informations officielles ou de se rendre sur place.

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