Pédaler dans la brume profonde : un pèlerinage intérieur de 27 kilomètres vers le Roi des Cerisiers de Guanwu

Pédaler dans les nuages : un pèlerinage de 27 kilomètres vers le Roi des cerisiers de Guanwu
Préface : cette phrase « On va voir le Roi des cerisiers ? »
La veille du départ, en préparant ma liste d’équipement, une phrase n’arrêtait pas de résonner dans ma tête — « On va voir le Roi des cerisiers ? ». Je ne sais pas d’où elle venait, probablement d’une discussion anodine dans le groupe du club, mais elle s’était inexplicablement incrustée dans mon esprit, devenant la motivation la plus profonde de cette sortie. Ce n’était pas un slogan grandiose, plutôt une invitation lancée à la légère entre vieux amis, avec cette familiarité à la fois pleine d’attente et de nonchalance. Et derrière cette invitation se cachait précisément ce célèbre et immense vieux cerisier des montagnes — le Roi des cerisiers — situé dans la zone de loisirs de Guanwu, au sein du parc national de Shei-Pa, dans le comté de Hsinchu.
Guanwu, rien que la prononciation de ce nom évoque une certaine poésie. Le caractère « wu » (brume) décrit avec justesse la caractéristique la plus envoûtante et la plus mystérieuse de cette forêt de montagne : des nuages et des brumes qui l’enveloppent toute l’année, une visibilité qui change à tout moment, des sommets tantôt nets, tantôt engloutis dans une humidité laiteuse. Et pour atteindre ce sanctuaire perché dans les nuages, il faut d’abord parcourir 27,3 kilomètres avec 1540,8 mètres de dénivelé positif — depuis l’entrée Zhang Xueliang, en serpentant à travers la forêt de Dalu, jusqu’au poste de contrôle de police près du point kilométrique 22. Ce n’est pas simplement un défi cycliste, c’est davantage un pèlerinage lent et dévot, où l’on se hisse, mètre après mètre, avec la force de ses jambes, vers les profondeurs nuageuses.
I. Géographie et histoire de Guanwu : la mémoire forestière aux confins du parc national de Shei-Pa
Avant d’aborder l’expérience de la sortie à vélo, je souhaite prendre un moment pour évoquer l’histoire de cette forêt de Guanwu. La région de Guanwu se situe dans la zone montagneuse du comté de Hsinchu, à proximité immédiate du parc national de Shei-Pa, dont elle constitue l’un des points d’accès majeurs. L’altitude y avoisine les 2000 mètres, le climat y est frais toute l’année, et le spectacle des nuages et des brumes y est presque un paysage quotidien. Le nom « Guanwu » (« observer les brumes ») viendrait d’ailleurs du fait que l’on peut y admirer toute l’année d’immenses mers de nuages et des paysages brumeux.
La route qui relie le pied de la montagne à Guanwu est la forêt de Dalu. Son histoire est intimement liée au développement forestier de Taïwan. De l’époque coloniale japonaise à l’après-guerre, de nombreuses forêts d’altitude à Taïwan furent d’importantes sources de ressources forestières ; les réseaux routiers construits pour transporter le bois et développer les exploitations forestières ont constitué l’ébauche de nombreuses routes forestières et routes de montagne que l’on connaît aujourd’hui. La forêt de Dalu est un témoin vivant de cette histoire forestière. Aujourd’hui, bien que le rôle de l’exploitation forestière se soit estompé, ce chemin sinueux repose toujours silencieusement au cœur de la montagne, témoin des changements d’époques, et porte désormais les traces des pneus de cyclistes comme moi, venus pour se dépasser ou simplement pour se rapprocher de la nature.
Quant à « l’entrée Zhang Xueliang » mentionnée dans le nom du parcours, il s’agit du point de départ nommé d’après un repère géographique de ce segment Strava. Ce personnage historique, Zhang Xueliang, entretient effectivement un lien avec la région montagneuse de Hsinchu — il fut assigné à résidence pendant de nombreuses années dans la communauté voisine de Qingquan, une histoire qui demeure un patrimoine culturel important de la région. Il convient toutefois de préciser que le parcours de la forêt de Dalu vers Guanwu n’est pas principalement centré sur l’histoire de Zhang Xueliang ; « l’entrée Zhang Xueliang » est davantage un repère toponymique près du point de départ, nous rappelant que cette forêt a croisé un chapitre complexe et subtil de l’histoire moderne de Taïwan. Quant à l’origine géographique exacte et à la dénomination de cette entrée, je n’ai pas mené de recherches approfondies ; je la considère simplement, avec respect, comme une note historique digne d’attention mais sans exagération. On passe devant, et on continue vers Guanwu.
Et le site emblématique de Guanwu qui fait rêver tant de monde, outre les brumes et la végétation, c’est ce vieux cerisier des montagnes géant surnommé le « Roi des cerisiers ». Chaque année, aux alentours de mars, les cerisiers des montagnes entrent en pleine floraison, et ce vieil arbre, remarquable par son âge et sa taille, attire chaque saison des foules de visiteurs et de photographes qui font le déplacement pour l’admirer. C’est précisément à cause de cet arbre que « aller voir le Roi des cerisiers » est devenu une expression d’invitation implicite entre cyclistes — ce n’est pas seulement aller voir un arbre, c’est accomplir un rituel menant à un sanctuaire de haute montagne.
II. Récit de la sortie à la première personne : la transition sensorielle de la plaine aux nuages
Le jour du départ, le ciel était encore d’un gris-bleu pâle, et l’air avait cette humidité étouffante caractéristique des basses altitudes. Je me suis échauffé près de l’entrée Zhang Xueliang, j’ai réglé mon compteur et mes bidons, pris une profonde inspiration, et officiellement entamé ces 27,3 kilomètres.
Les premiers kilomètres, le corps n’était pas encore tout à fait réveillé, les muscles un peu engourdis, la respiration pas encore rythmée. Le paysage environnant était celui familier des collines — palmiers bétel, forêts mixtes, fermes éparses, un soleil filtrant à travers les nuages avec cette chaleur collante typique du début de l’été. Sur cette portion, j’ai volontairement roulé prudemment, me rappelant de ne pas me laisser emporter par l’excitation du départ, car plus de 20 kilomètres et plus de 1500 mètres de dénivelé m’attendaient encore.
Vers le cinquième ou sixième kilomètre, la végétation commença à changer. Les forêts de feuillus typiques des basses altitudes cédèrent progressivement la place à des essences plus hautes et plus denses, et l’air se transforma subtilement — l’humidité étouffante de la plaine laissa place à une fraîcheur mêlant résine de pin et terre humide. Ce changement olfactif est en réalité l’indicateur d’altitude le plus honnête, bien plus que les chiffres du compteur, pour faire ressentir au corps qu’il grimpe.
Alors que la pente continuait de m’élever régulièrement, vers le milieu du parcours, la température baissa nettement, la sueur s’évaporant sur ma peau apportait des frissons, et la sensation d’étouffement céda la place à un air frais, presque légèrement froid. C’est à ce moment que je commençai à remarquer, au loin, une fine couche de brume blanche qui s’écoulait lentement, comme si quelqu’un avait renversé un seau de lait entre les vallées, se diffusant doucement. À cet instant, je compris pourquoi cet endroit s’appelait « Guanwu » — cette brume n’était pas une nappe blanche statique, mais quelque chose de vivant, mouvant, tantôt masquant les sommets, tantôt dissipée par le vent, révélant les crêtes en couches derrière elle.
Dans la partie finale du parcours, au plus profond de la forêt de Dalu, les arbres devenaient de plus en plus hauts et luxuriants, la lumière du soleil filtrée par les canopées successives projetait des ombres tachetées sur le bitume. À ce stade, la fatigue physique était bien réelle, les cuisses continuellement endolories, la respiration plus haletante, mais curieusement, l’esprit était exceptionnellement lucide — peut-être parce que le paysage était si saisissant que la fatigue corporelle était temporairement supplantée par un état de concentration proche du « flow ». Je me souviens que sur cette portion, je n’ai presque plus regardé mon compteur, me contentant de ressentir la cadence, la respiration, la température et l’humidité qui changeaient imperceptiblement, comme si mon être tout entier se synchronisait progressivement avec le rythme de cette forêt.
Dans les derniers kilomètres, près du point kilométrique 22 de la forêt de Dalu et du poste de contrôle de police, la brume s’était nettement épaissie, la visibilité considérablement réduite, la route devant moi semblait découpée en petits segments, ne laissant voir qu’une dizaine ou une vingtaine de mètres de bitume et la ligne blanche du bas-côté. Cette sensation d’être enveloppé par les nuages était à la fois mystérieuse et légèrement solitaire, comme si le monde entier se réduisait à moi, mon vélo, et cette route qui s’étendait sans cesse devant. Lorsque j’ai enfin atteint la portion proche du terme, mes jambes étaient depuis longtemps molles et douloureuses, mais ce qui montait en moi, c’était un sentiment indicible de plénitude et de satisfaction.
3. Points de repère et sites en chemin : la route forestière de Dalu, le sentier des cyprès géants de Kuanshan et le centre des visiteurs de Guanwu
Tout au long de ce parcours, chaque point de repère mérite qu’on prenne le temps de s’y attarder. Il y a d’abord, bien sûr, la route forestière de Dalu qui traverse toute la ligne — ce sentier de montagne chargé de l’histoire de l’exploitation forestière est aujourd’hui bordé d’une végétation luxuriante, et l’on distingue à peine les traces des opérations de coupe et de transport du bois d’antan. À la place, un paysage forestier dense et primitif s’offre au regard. Pédaler au milieu, c’est comme traverser un tunnel temporel, passant d’une route industrielle animée au calme profond des montagnes.
Une fois arrivé dans la zone de loisirs de Guanwu, l’un des sites incontournables les plus célèbres est le sentier des cyprès géants de Kuanshan. Ce sentier est réputé pour les cyprès majestueux qui le jalonnent, dont certains sont très anciens, avec des troncs robustes et des silhouettes vigoureuses. En levant les yeux au pied de ces arbres géants, on ressent sincèrement l’immensité de l’échelle temporelle de la nature — ces arbres se tiennent silencieusement dans cette forêt depuis bien plus longtemps que la durée d’une vie humaine. Cette sensation de crainte face à d’immenses êtres vivants est une expérience qu’aucune jungle urbaine ne peut offrir. Si vous avez encore de l’énergie après avoir relevé ce défi de montée, je vous recommande vivement de garer soigneusement votre vélo, d’enfiler vos chaussures de marche et de prendre le temps de parcourir ce sentier, pour ressentir un rythme et une atmosphère forestière totalement différents de ceux du cyclisme.
Ensuite, il y a le centre des visiteurs de Guanwu du parc national de Shei-Pa, qui est le centre d’information de toute la zone de loisirs de Guanwu. Il propose des explications sur l’écologie du parc national, des informations sur les sentiers, ainsi que des espaces de repos et de ravitaillement indispensables. Pour les cyclistes épuisés après une longue montée, ce centre est une halte de relais idéale : on peut s’y reposer un moment, reprendre des forces et s’hydrater, tout en en apprenant davantage sur la riche écologie locale, notamment la faune et la flore spécifiques de la région de Guanwu et les raisons de la formation du climat particulier de la zone de nuages et de brume.
Et le point final romantique de ce voyage est naturellement le roi des cerisiers. Ce vieux cerisier de montagne géant, même hors saison de floraison, impressionne par sa silhouette imposante et ses branches vigoureuses, témoignant d’une vitalité accumulée au fil des ans. Si vous avez la chance de vous y rendre pendant la période de floraison, vers mars chaque année, les fleurs d’un rouge éclatant sur tout l’arbre, avec en toile de fond les nuages et la brume qui enveloppent la montagne, créent un tableau d’une beauté presque onirique. Il n’est pas étonnant que ce lieu soit devenu un site de pèlerinage pour de nombreux amateurs de photographie et visiteurs. Cependant, je vous rappelle que pour connaître l’état exact des floraisons et les informations d’accès, il est préférable de se référer aux dernières annonces officielles du parc national et aux conditions sur place, car le climat varie légèrement chaque année et la période de floraison s’ajuste en conséquence.
4. Les sons et les odeurs de la montagne : Guanwu dans la mémoire sensorielle
Ce qu’il y a de fascinant dans le cyclisme, c’est qu’il vous amène à ressentir, dans un état de concentration presque méditatif, les détails de l’environnement que l’on néglige habituellement. Lors de ce voyage à Guanwu, ce qui m’a le plus marqué, outre les changements visuels de nuages, de brume et de végétation, ce sont ces fragments de mémoire faits de sons et d’odeurs.
Au début de la montée, sur les sections de basse altitude, l’air était imprégné de cette chaleur humide caractéristique des collines peu élevées, mêlée aux odeurs de bois de chauffage ou de cuisine qui s’échappaient des fermes croisées au passage, me rappelant que je me trouvais encore dans une zone de piémont où la présence humaine n’était pas tout à fait absente. À mesure que l’altitude augmentait, ces effluves de vie humaine s’estompaient peu à peu, remplacés par des senteurs végétales de plus en plus intenses — la terre humide, la fermentation naturelle des feuilles mortes accumulées, et parfois, quand le vent traversait la forêt de conifères, cette odeur fraîche et résineuse. Une profonde inspiration, et l’on avait l’impression que même nos poumons en étaient purifiés.
Côté sons, sur les sections de basse altitude, on entendait parfois au loin le moteur d’un véhicule, ou des aboiements occasionnels — des traces d’activité humaine. Mais plus on s’enfonçait dans la montagne, plus ces bruits d’origine humaine étaient remplacés par ceux de la nature — le bruissement du vent dans les cimes, le chant cristallin d’oiseaux inconnus, les froissements furtifs de petits animaux traversant les herbes au bord de la route, et surtout ma propre respiration et les battements de mon cœur, de plus en plus nets à mesure que je haletais. Sur les derniers kilomètres, là où la brume s’épaississait, le silence environnant était tel qu’il ne restait presque que ma respiration et le rythme de mes pédales. Ce silence n’était pas un vide creux, mais une quiétude doucement enveloppée par la bande-son de la nature, qui invitait naturellement à ralentir le rythme intérieur et à ne faire plus qu’un avec l’environnement.
Il y a aussi une mémoire sensorielle difficile à décrire précisément avec des mots : celle des variations de sensations physiques liées à la « combinaison de température et d’humidité ». La chaleur étouffante des basses altitudes, la fraîcheur de l’évaporation de la sueur pendant l’ascension, la fraîcheur humide et pénétrante lorsque l’on approche du sommet enveloppé de nuages — cette succession de variations de température corporelle est comme un enregistrement, par le corps lui-même, de chaque portion de route et de chaque altitude franchie au cours de ce voyage. Des années plus tard, les chiffres du compteur s’estomperont peut-être, mais ces souvenirs d’odeurs et de températures resteront, eux, les plus vifs et les plus facilement évoqués.
5. Ce que cette route signifie pour moi
Chacun a ses raisons de faire du vélo : certains pour la performance en compétition, d’autres pour la santé, d’autres encore pour le simple plaisir de la vitesse. Mais une route exigeante comme celle de Guanwu, avec sa longue distance et son fort dénivelé, porte pour moi une signification qui va bien au-delà du sport lui-même.
Avant d’entreprendre cette route, j’avais traversé une période où je doutais de ma condition physique et de ma force de volonté. La pression du travail, le rythme chaotique du quotidien m’avaient fait douter de ma capacité à mener à bien, comme autrefois, un défi de longue montée exigeant. Et ces 27,3 kilomètres et 1540,8 mètres de dénivelé de Guanwu sont devenus, d’une certaine manière, une épreuve pour me redécouvrir et retrouver ma force intérieure.
Pendant la montée, surtout dans les sections où le corps commence à fatiguer et où la volonté est mise à l’épreuve, je me suis surpris à avoir sans cesse des dialogues intérieurs — « vais-je tenir ? », « devrais-je m’arrêter pour me reposer ? », « pourquoi cette pente semble-t-elle si longue ? ». Et chaque fois que je choisissais de continuer à pédaler, de ne pas abandonner et d’avancer, c’était comme déposer un petit dépôt sur mon compte de confiance intérieure. Lorsque j’ai enfin atteint les derniers kilomètres avant l’arrivée, ce sentiment d’accomplissement n’apportait pas seulement une satisfaction physique, mais aussi une reconfirmation psychologique — je suis toujours cette personne qui accepte de serrer les dents et de faire face aux défis.
C’est peut-être là ce que le cyclisme de longue montée a de plus précieux. Contrairement au sprint, qui exige une explosivité instantanée, il vous donne suffisamment de temps pour avoir un vrai dialogue avec votre corps, votre volonté, et même vos doutes et peurs les plus profonds. Et cette forêt de Guanwu, enveloppée de nuages et de brume, semble, par son attitude changeante mais toujours doucement accueillante, témoigner silencieusement du processus de réconciliation de chaque cycliste avec lui-même sur cette route.
6. Des paysages propres à chaque saison : mer de nuages, cerisiers en fleurs et peut-être érables rouges
Grâce à sa situation géographique particulière et à ses conditions climatiques, la région de Guanwu offre des paysages totalement différents selon la saison où l’on s’y rend, et c’est ce qui rend cette forêt de montagne si attachante.
Le plus connu est bien sûr la saison des cerisiers en fleurs, vers mars chaque année. Le roi des cerisiers mentionné plus haut, ainsi que les autres cerisiers de montagne autour de Guanwu, ajoutent à cette période une touche d’un rouge éclatant à cette forêt perpétuellement enveloppée de nuages. Ces cerisiers qui s’épanouissent sur fond de brume et de verdure montagnarde créent une esthétique alpine unique, bien différente des cerisiers d’ornement soigneusement plantés dans les parcs des plaines — avec une part de sauvagerie et de vigueur en plus.
Outre les cerisiers en fleurs, la mer de nuages est presque un paysage quotidien dans la région de Guanwu. Dès que les conditions climatiques sont favorables, au petit matin ou en début d’après-midi, on voit souvent les nuages et la brume tourbillonner et s’écouler entre les vallées, les crêtes successives apparaissant et disparaissant au-dessus de cette mer de nuages. L’impact visuel est si grandiose que, même après l’avoir vue de nombreuses fois, on ne peut s’empêcher de s’arrêter et de la contempler longuement. C’est aussi pourquoi le nom « Guanwu » (observer les nuages) est si juste — ce n’est pas seulement un nom géographique, c’est une description précise du paysage le plus quotidien, et pourtant le plus enchanteur, de cette forêt de montagne.
Quant aux érables rouges, bien que Guanwu ne soit pas aussi réputé pour ses couleurs automnales que d’autres sites célèbres de Taïwan, certaines zones, selon l’altitude et les conditions topographiques, peuvent effectivement offrir des variations de couleurs de feuillage riches en couches durant les saisons d’automne et d’hiver. Combinées aux nuages et à la lumière de l’aube propres à la montagne, ces teintes créent une atmosphère à la fois mélancolique et élégante. Cependant, l’intensité et la période des couleurs d’automne varient chaque année selon les conditions climatiques. Si vous tenez particulièrement à poursuivre ce paysage éphémère, il est conseillé de vous fier aux conditions climatiques réelles de l’année et à l’observation sur place, sans vous attacher à une date précise — vous apprécierez d’autant mieux cette surprise naturelle qui ne se laisse pas apprivoiser.
Quelle que soit la saison, le climat frais toute l’année et les paysages de nuages et de brume riches et changeants de la région de Guanwu en font un refuge de haute montagne qui mérite d’être visité à plusieurs reprises, chaque visite révélant des facettes différentes de ses paysages.
Septième partie : suggestions pour ceux qui souhaitent explorer Guanwu en profondeur
Si vous envisagez de relever ce défi de 27,3 kilomètres de montée, je vous conseille sincèrement de ne pas le considérer comme un simple défi physique « on monte, on repart », mais plutôt de le planifier comme un véritable voyage combinant sport et découverte.
Une fois arrivé à la zone de loisirs de Guanwu, je vous recommande de prévoir au moins une à deux heures pour passer progressivement d’un rythme de montée intense à celui d’un voyageur décontracté. Vous pouvez d’abord vous rendre au centre des visiteurs de Guanwu du parc national de Shei-Pa, où vous trouverez généralement des informations sur l’écologie et les sentiers. Pour les cyclistes souhaitant mieux comprendre l’écosystème de cette forêt de montagne, c’est une excellente étape d’approvisionnement en connaissances.
Si votre énergie le permet encore, je vous recommande vivement de prévoir une courte randonnée sur le sentier des arbres géants de Kuishan. Se tenir au pied de ces arbres majestueux qui ont traversé les âges procure une sensation d’espace et un rythme lent totalement différents de la vitesse ressentie à vélo. Cette double expérience — « conquérir d’abord la montagne par la vitesse, puis s’en approcher par la marche » — offre souvent des souvenirs de voyage plus profonds et plus complets qu’une seule activité.
Côté nourriture et ravitaillement, comme Guanwu est situé en zone montagneuse, les magasins et les options de restauration sont relativement limités. Je vous conseille de préparer à l’avance suffisamment d’eau et de barres énergétiques en bas de la montagne. Si des points de restauration existent dans le parc ou à proximité, les produits disponibles et les horaires d’ouverture peuvent varier ; il est préférable de se fier à la situation réelle sur place et aux annonces les plus récentes, sans compter entièrement sur un ravitaillement possible en cours de route.
Pour le transport, comme il s’agit d’un aller-retour en zone montagneuse, je vous recommande de planifier à l’avance un horaire complet, incluant le temps nécessaire pour la montée, le temps d’arrêt en montagne, ainsi que la longue descente ou le temps de navette, afin d’éviter un planning trop serré qui vous forcerait à rouler dans l’obscurité ou sous un épais brouillard, ce qui compromettrait votre sécurité.
Huitième partie : un mot pour les futurs challengers
Si vous hésitez encore à vous lancer sur cette route de Guanwu, je veux vous dire que c’est un voyage qui en vaut vraiment la peine. La distance de 27,3 kilomètres peut sembler intimidante, le dénivelé de 1540,8 mètres peut faire peur, mais croyez-moi, cette route offre au cycliste bien plus qu’elle n’exige d’effort physique.
Elle ne brisera pas votre volonté avec des pentes brutales et violentes, mais vous invitera plutôt, d’une manière lente, continue et presque douce, à pédaler tour après tour, pas après pas, vers les profondeurs des nuages. Tout au long de ce parcours, vous ressentirez les changements progressifs de température, vous sentirez la transition entre les odeurs de la vie humaine et celles de la forêt primaire, vous verrez comment les nuages et le brouillard s’écoulent et se transforment entre les vallées, jusqu’à ce qu’à un virage, vous rencontriez ce roi des cerisiers témoin d’innombrables années.
Je veux dire à chaque cycliste qui s’apprête à emprunter cette route : préparez-vous soigneusement — un entraînement suffisant, un braquet adapté, un ravitaillement adéquat, un équipement pour faire face au climat changeant de la montagne. Mais au-delà de ces préparatifs concrets, le plus important est de partir avec un esprit prêt à ralentir et à ressentir pleinement tout ce qui vous entoure. Le cadeau le plus précieux de cette route n’est pas le temps affiché sur votre compteur, mais les souvenirs sensoriels et les dialogues intérieurs accumulés tout au long du chemin.
Lorsque vous atteindrez enfin le point de contrôle à environ 22 kilomètres de la route forestière de Dalu, les jambes endolories mais l’esprit clair, face au paysage montagneux enveloppé de brume, je suis convaincu que vous vous direz, comme moi, du fond du cœur : « Heureusement, je suis venu voir le roi des cerisiers. » Et ce voyage vous laissera bien plus qu’un simple record de défi réussi : une mémoire profonde et précieuse, celle d’une réconciliation intérieure au cœur de la montagne. Que chaque lecteur de cet article, prêt à partir, trouve au plus profond des nuages de Guanwu sa propre émotion et sa propre force.
Lectures complémentaires
- Guide pratique de la route forestière de Dalu à Guanwu : 27,3 kilomètres, 1540 mètres de dénivelé, une montée marathon vers les nuages et le roi des cerisiers
- Arbres sacrés et étang céleste dans les nuages : un pèlerinage à vélo dans le massif de Daxue, élever l’altitude en une pratique spirituelle
- Seul, sur une piste forestière, 24,94 kilomètres : la solitude et la majesté de la piste Sima Xian à Xuejian
- Pédaler là où les nuages se lèvent : souvenirs de mer de nuages, sources sacrées et Wushe, de Lushan Hot Spring à la route provinciale 14
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