Pédaler entre montagnes et rivières à Xindian : au sud du mont Shitou, une montée en mémoire de la rivière Xindian

Pédaler entre montagnes et rivières à Xindian : le versant sud du mont Shitou, un souvenir de montée au fil de la rivière Xindian
Les roues quittent l’agitation du centre-ville de Xindian, longeant la rivière Xindian vers le sud. Le paysage urbain cède progressivement la place à des habitations éparses et à des forêts luxuriantes, tandis que l’air se charge d’une humidité mêlant l’eau de la rivière et la végétation. C’est là toute la stratification géographique propre à Xindian — en quelques kilomètres à peine, la frontière entre la ville et la montagne se franchit en douceur. Le versant sud du mont Shitou se niche précisément à cette jonction entre montagnes et rivières. Avec ses 7,64 kilomètres et 499 mètres de dénivelé positif, ce n’est pas la montée la plus spectaculaire du circuit cycliste taïwanais, mais elle porte en elle une mémoire locale unique, partagée entre les habitants de Xindian et la communauté des cyclistes.
Le nom même de Xindian porte les traces d’une histoire de défrichement. Les Hans de l’époque Qing traversaient la rivière Xindian pour s’enfoncer dans les montagnes et les défricher, installant au passage quelques modestes échoppes pour le repos et le ravitaillement des bûcherons et des agriculteurs de passage. C’est de là que vient le nom « Xindian » — l’une des logiques de dénomination les plus simples parmi les toponymes anciens de Taïwan, qui raconte sans détour le rôle de cette terre comme relais de transport et d’approvisionnement. Aujourd’hui, Xindian a depuis longtemps dépassé son statut de colonie pionnière en marge du territoire pour devenir un pôle majeur de la vie quotidienne au sud de la métropole de Taipei. Mais il suffit de pédaler un peu en direction des montagnes pour retrouver, intact, ce paysage originel adossé aux collines et baigné par les eaux, où la verdure abonde. Le versant sud du mont Shitou en est l’un des segments les mieux préservés.
Cet article vous propose de découvrir cette route autrement — non pas par son pourcentage de pente, ni par les chiffres de puissance ou de fréquence cardiaque, mais par ce que vous verrez et ressentirez en pédalant sur cette route, et par ce que ce paysage de montagnes et de rivières représente respectivement pour les habitants et pour les cyclistes venus d’ailleurs.
Le mont Shitou, le mont Hemei et la rivière Xindian : un relief de collines encerclé par l’eau
Pour comprendre le contexte géographique de cette montée sur le versant sud du mont Shitou, il faut d’abord prendre de la hauteur et observer l’agencement général des montagnes et des rivières dans la région de Xindian. La rivière Xindian serpente depuis les montagnes du sud, traverse le centre-ville de Xindian puis poursuit sa course vers le nord pour rejoindre le système de la rivière Tamsui. Le long de ses rives se dressent plusieurs collines de notoriété variable, parmi lesquelles le mont Hemei et le mont Shitou. Bien que ces collines ne soient pas très élevées, leur relief accidenté au plus près du cours d’eau, conjugué à une végétation native dense, en fait depuis longtemps des lieux prisés des habitants pour la randonnée et des cyclistes pour l’entraînement en côte.
Le mont Hemei jouxte la rivière Xindian, avec un relief relativement doux. À son pied s’étend la zone panoramique de Bitan — ce pont suspendu de Bitan, élégant, qui enjambe les eaux émeraude de la rivière Xindian, est sans doute l’image la plus marquante que chaque habitant de Taipei garde de Xindian. De Bitan, en direction du sud et de Wantan, on longe la route riveraine ; les versants se resserrent peu à peu, et c’est dans cet écrin entre montagnes et eaux que se dresse le mont Shitou. L’origine de son nom, dit-on, tient à sa silhouette évoquant une tête de lion — ce mode de dénomination par analogie de forme est courant dans la toponymie taïwanaise, et confère à cette colline une touche de légende.
Wantan mérite également une mention — la rivière Xindian y dessine un méandre prononcé, l’eau contournant un bassin en arc de cercle, d’où son nom. La zone de Wantan conserve un caractère de village riverain relativement authentique, et ces dernières années, avec l’essor du cyclisme et de la randonnée, elle est devenue un lieu de loisirs réputé aux abords de Xindian. La montée du versant sud du mont Shitou constitue, d’une certaine manière, un passage essentiel reliant tout ce système hydrographique de la rivière Xindian aux collines environnantes. En grimpant, le cycliste suit en réalité cette trame paysagère où se mêlent montagnes et eaux, s’élevant sans cesse.
Ce relief adossé aux monts et baigné par les eaux a également façonné un microclimat et une végétation propres au versant sud du mont Shitou. L’humidité apportée par la rivière rend la verdure le long du parcours particulièrement luxuriante. Même en plein été, pédaler sur les sections ombragées procure une fraîcheur de quelques degrés inférieure à celle du centre-ville. Cette régulation thermique naturelle est l’une des raisons pour lesquelles les cyclistes locaux qui connaissent bien la route sont particulièrement attachés au versant sud du mont Shitou — ce n’est pas seulement une montée d’entraînement, c’est aussi un itinéraire apaisant où l’on se sent enveloppé par la nature à chaque coup de pédale.
Récit de montée à la première personne : cet après-midi où j’ai décidé de parcourir toute la montée
Ma première ascension du versant sud du mont Shitou s’est faite un après-midi de week-end des plus ordinaires. Mon intention première était de rouler tranquillement le long de la rivière Xindian, de profiter de la brise riveraine, quand, à une intersection, j’ai vu de nombreux cyclistes s’engager l’un après l’autre sur une route qui partait vers la montagne. Poussé par la curiosité, je les ai suivis.
Le début du parcours était encore relativement plat, les arbres se faisaient de plus en plus denses de part et d’autre, et la lumière du soleil filtrait à travers le feuillage pour danser sur le bitume en taches mouvantes. À ce moment-là, j’ignorais totalement que je venais de m’engager sur une montée plutôt réputée dans le milieu cycliste. Je me contentais de suivre la route qui s’élevait devant moi, jusqu’à ce qu’une nette sensation de brûlure dans les cuisses me fasse comprendre que cette route allait me faire grimper plus longtemps et plus sérieusement que je ne l’avais imaginé.
Après environ deux ou trois kilomètres, j’ai dû ralentir pour la première fois, à court d’énergie, avançant tant bien que mal avec le braquet le plus léger et un pédalage très lent. C’est à ce moment, un peu piteux, qu’un cycliste local qui roulait un peu devant moi, visiblement expérimenté, a ralenti et s’est retourné pour me lancer : « Courage, il y a un passage un peu plus plat juste devant, tiens bon et ça ira ! » Cet encouragement spontané entre parfaits inconnus est l’une des plus belles marques de solidarité de la communauté cycliste taïwanaise — des gens qui ne se connaissent pas, mais qui, à force de transpirer ensemble sur la même pente, développent une étrange camaraderie.
Ses paroles se sont révélées vraies : la section suivante voyait la pente s’adoucir nettement, me laissant le temps de reprendre mon souffle et de récupérer. C’est sur ce passage relativement plat que, pour la première fois, j’ai pu lever la tête et vraiment regarder le paysage autour de moi — au loin, les reflets de la rivière Xindian scintillaient sous le soleil de l’après-midi ; plus près, les arbres du versant se balançaient doucement au vent, et par moments, des chants d’oiseaux se mêlaient au bruit de la chaîne et à ma respiration. À cet instant, j’ai soudain compris pourquoi tant de cyclistes revenaient sans cesse sur cette route — elle n’offre pas seulement un entraînement physique, mais une immersion totale dans un dialogue avec la nature.
Arrivé au sommet, au bout de la montée, je me suis retourné pour contempler le chemin parcouru depuis ce point de vue dégagé. Ce mélange complexe de fatigue et de fierté est sans doute une expérience commune à tous les cyclistes de montée. Depuis ce jour, le versant sud du mont Shitou est devenu l’un de mes itinéraires réguliers. À chaque sortie, la mémoire de mon corps face à la pente s’affine un peu plus, et pourtant, le paysage, lui, m’offre toujours des sensations légèrement différentes — les reflets éclatants de la rivière par temps clair, les brumes enveloppantes après la pluie, les teintes dorées du couchant en fin de journée. Les saisons et les caprices du ciel maintiennent cette route dans une fraîcheur perpétuelle.
Repères paysagers en chemin : un festin visuel de Bitan à Wantan
L’un des aspects les plus séduisants de la montée du versant sud du mont Shitou réside dans sa connexion géographique avec les sites emblématiques des environs, qui transforme chaque sortie en un véritable petit voyage à travers le patrimoine paysager et humain de Xindian, bien au-delà du simple défi physique.
Bitan, l’une des zones panoramiques les plus représentatives de Xindian, avec son pont suspendu rouge enjambant les eaux émeraude, ses activités de canotage et ses promenades riveraines, est depuis des années une destination prisée des habitants de Taipei pour leurs loisirs du week-end. En combinant la montée du versant sud du mont Shitou avec Bitan dans un même itinéraire, on peut, avant le départ ou après l’effort, faire une halte aux abords de Bitan pour admirer les reflets du lac sur cette vaste étendue d’eau et goûter à une atmosphère de détente bien éloignée de l’âpreté de la côte.
La route riveraine en direction de Wantan, elle, dévoile une tout autre texture paysagère — là où Bitan affiche un caractère plus touristique, Wantan conserve davantage l’aspect authentique d’un village riverain. La route serpente le long de la rivière Xindian, bordée d’un côté par le clapotis de l’eau et de l’autre par des versants qui s’élèvent progressivement. Bien que cette section soit relativement plate, elle constitue un échauffement visuel et mental idéal avant d’atteindre le point de départ de la montée du versant sud du mont Shitou, permettant au cycliste de régler son rythme et son état d’esprit au fil des paysages de rivière et de montagne avant d’attaquer les pentes sérieuses.
Le réseau de sentiers du mont Hemei et les abords du mont Shitou, quant à eux, sont des destinations de randonnée prisées des habitants le week-end. Sur les sentiers, randonneurs et cyclistes se croisent parfois, créant un curieux spectacle de partage de l’espace entre communautés sportives de montagne. Bien que ce massif ne soit pas d’une ampleur exceptionnelle, son relief varié et la diversité de ses strates végétales offrent de belles opportunités d’observation naturaliste — les floraisons qui se succèdent au fil des saisons, les oiseaux sauvages qui pointent parfois le bout de leur bec, autant de détails naturels qui méritent qu’on ralentisse pour les savourer.
Il convient de noter que ce paysage de montagnes et de rivières au bord de la Xindian, porté par l’engouement récent pour la randonnée et le cyclisme, attire désormais un nombre croissant de visiteurs et de sportifs venus d’ailleurs. Cette affluence nouvelle, si elle dynamise le tourisme et le commerce local, amène aussi habitants et cyclistes de longue date à réfléchir plus largement à la manière de concilier promotion du tourisme sportif, protection de l’environnement et qualité de vie des riverains.
Culture locale et gastronomie : la récompense après la sortie et la convivialité
Après une longue montée, ce que l’on attend avec le plus d’impatience n’est souvent pas seulement le sentiment d’accomplissement d’avoir relevé le défi, mais aussi le ravitaillement et la récompense qui s’ensuivent — et le district de Xindian offre justement une scène culinaire riche et variée, de quoi satisfaire les papilles des cyclistes après avoir brûlé une grande quantité de calories.
Autour du centre-ville de Xindian se concentrent de nombreuses spécialités locales et enseignes réputées, des nouilles, des échoppes de rue aux cafés et aux restaurants légers, avec un choix suffisamment diversifié pour répondre aux préférences gustatives et aux besoins de ravitaillement des différents cyclistes. Le quartier de Bitan, en tant que zone touristique, compte également le long de ses rives de nombreux établissements proposant des en-cas légers et des boissons, ce qui en fait une étape idéale de repos et de ravitaillement au milieu ou à la fin d’une sortie. Comme les enseignes changent et que leur activité évolue avec le temps, il est conseillé aux cyclistes, lors de la planification de leur itinéraire, de se fier aux informations constatées sur place au moment de leur visite, ou de consulter les dernières publications des communautés cyclistes locales, afin de trouver des établissements réellement adaptés et ouverts.
La culture locale de Xindian se reflète également, dans une certaine mesure, dans la relation d’interaction entre les habitants de cette zone et la communauté cycliste. En tant que zone de vie importante au sud de l’agglomération de Taipei, Xindian compte elle-même un nombre considérable d’amateurs de cyclisme locaux. Ajouté à la popularité des itinéraires de montée du côté sud du mont Shitou et de la zone de Wantan, cela a progressivement donné naissance à une culture cycliste locale — les anciens qui connaissent bien les routes aiment partager leurs conseils d’entraînement et leurs informations sur les itinéraires, tandis que les nouveaux cyclistes accumulent une familiarité avec ces paysages de montagne et d’eau à force de montées répétées, créant ainsi une atmosphère d’échange communautaire qui transcende les générations et les niveaux d’expérience.
Cette convivialité locale se manifeste également dans de nombreuses petites interactions du quotidien — les habitants serviables qui indiquent le chemin aux intersections, les cyclistes inconnus qui s’encouragent mutuellement dans les montées, les compagnons de route prêts à partager ravitaillement ou outils aux points de repos. Ces petites attentions, apparemment insignifiantes, s’accumulent pour constituer la raison profonde pour laquelle cet itinéraire du côté sud du mont Shitou donne envie d’y retourner sans cesse et reste gravé dans les mémoires. Ce n’est pas seulement un itinéraire de montée sur une carte géographique, c’est un espace de pratique du vélo chargé de la chaleur humaine locale.
La signification de l’itinéraire pour les cyclistes : du défi physique à l’apaisement de l’esprit
Pour de nombreux cyclistes qui pratiquent régulièrement le côté sud du mont Shitou, la signification de cet itinéraire dépasse depuis longtemps le simple cadre de l’entraînement physique pour s’élever vers un espace de sédimentation et de réflexion au niveau spirituel.
Le rythme de vie urbain moderne est rapide, l’information explose, les pressions professionnelles s’accumulent, et beaucoup choisissent le cyclisme comme exutoire pour évacuer le stress. La caractéristique propre aux itinéraires de montée — haute intensité, nécessité d’une concentration totale — offre précisément une expérience rare de « concentration forcée » : sur une pente raide, on n’a pas l’énergie mentale pour penser aux problèmes non résolus au travail ou aux tracas quotidiens ; toute l’attention est contrainte de se concentrer sur le rythme respiratoire, le contrôle de la cadence et la route devant soi. Cet état de concentration quasi méditatif est, pour de nombreux cyclistes, le moment le plus précieux pour évacuer le stress et se recentrer.
Le sentiment d’immersion dans la nature propre au côté sud du mont Shitou — ruisseaux, forêts, chants d’insectes et d’oiseaux qui parviennent parfois — ajoute une dimension thérapeutique supplémentaire à cette expérience de concentration. Comparé à s’entraîner tête baissée devant les chiffres des machines en salle de sport, transpirer dans les montées du côté sud du mont Shitou mêle la fatigue ressentie par le corps aux réconforts visuels et auditifs offerts par l’environnement naturel, créant une expérience sportive unique où le corps et l’esprit sont nourris simultanément.
Pour certains cyclistes locaux installés de longue date à Xindian, le côté sud du mont Shitou porte également un lien émotionnel proche d’une « mémoire du pays natal ». De la maladresse timide de la première ascension dans la jeunesse à l’assurance aguerrie capable des années plus tard d’aborder sereinement chaque changement de pente, cet itinéraire a été témoin de la trajectoire de croissance physique et mentale du cycliste, et enregistre également les changements, plus ou moins importants, de ce paysage de montagne et d’eau au fil des décennies — quel tronçon de route a été refait, où les arbres ont poussé plus dense, quel virage a vu l’ouverture d’un nouveau commerce. Ces changements subtils, à travers les sorties répétées, se tissent discrètement dans le lien affectif profond entre les habitants et cette terre.
Paysages saisonniers : le côté sud du mont Shitou au fil des quatre saisons
Le district de Xindian, étant étroitement lié aux ruisseaux et au relief vallonné, présente sur cet itinéraire des variations saisonnières aux couches visuelles particulièrement marquées. Chaque saison possède son propre paysage unique qui mérite que les cyclistes y reviennent sans cesse pour l’apprécier.
Le printemps (de mars à mai) est la saison où la végétation des montagnes de Xindian est la plus exubérante : les arbres le long du parcours déploient de jeunes pousses d’un vert tendre, certaines sections sont parfois ponctuées de fleurs sauvages, et avec des températures relativement agréables, c’est l’une des saisons les plus confortables pour relever le défi du côté sud du mont Shitou. En roulant tôt le matin, on sent souvent la fraîcheur de la terre et des herbes mêlée après la pluie printanière — cette sensation saisonnière olfactive est un raffinement difficile à transmettre entièrement par les mots, qu’il faut vivre soi-même pour apprécier.
En été (de juin à septembre), les rives du ruisseau de Xindian déploient une verdure intense et vigoureuse. Le feuillage dense offre un ombrage naturel sur les sections de montée, et avec l’humidité apportée par le ruisseau qui tempère l’atmosphère, même par les chaudes journées d’été, rouler sur les sections couvertes d’arbres procure une sensation thermique relativement fraîche et agréable. Cependant, il faut aussi être particulièrement attentif aux orages fréquents des après-midi d’été ; il est conseillé de partir tôt le matin pour éviter les conditions météorologiques instables de l’après-midi.
En automne (d’octobre à novembre), le ciel de Xindian est généralement exceptionnellement dégagé, l’eau du ruisseau, sous la lumière du soleil automnal, prend une teinte particulièrement limpide. Avec la baisse des températures et la diminution de l’humidité, c’est la fenêtre de l’année la plus propice aux activités de plein air prolongées. De nombreux cyclistes chevronnés recommandent tout particulièrement de visiter le côté sud du mont Shitou en automne pour profiter de l’expérience de cyclisme particulièrement agréable et des panoramas dégagés propres à cette saison.
L’hiver (de décembre à février de l’année suivante) apporte quant à lui une atmosphère radicalement différente — la mousson du nord-est amène parfois sur les montagnes de Xindian une bruine froide et humide ainsi que des brumes localisées. Sous le voile de la brume légère, la forêt revêt une qualité picturale estompée, poétique, à l’encre de Chine. Bien que le temps froid et humide augmente la difficulté de la sortie, pour les cyclistes chevronnés qui aiment les conditions difficiles et apprécient de cohabiter avec l’environnement naturel, le côté sud du mont Shitou en hiver possède un charme particulier, fait de sérénité et de retenue.
Suggestions d’excursions complémentaires : intégrer le côté sud du mont Shitou dans une journée de découverte de Xindian
Si vous envisagez de vous rendre spécialement à Xindian pour relever le défi du côté sud du mont Shitou, pourquoi ne pas planifier un itinéraire plus complet, en combinant les sites naturels et culturels des environs, pour organiser une journée d’excursion légère alliant sport et détente.
L’itinéraire peut commencer par la zone panoramique de Bitan : flâner d’abord tranquillement autour de Bitan ou boire un café, ressentir l’atmosphère paisible de cette vaste étendue d’eau, puis longer la route des rives du ruisseau de Xindian, traverser les paysages du hameau riverain de Wantan, pour rejoindre progressivement les sections de montée du côté sud du mont Shitou et accomplir cette sortie à la fois panoramique et exigeante.
Après avoir relevé le défi de la montée, il est conseillé de faire une halte au sommet ou sur un point de vue approprié pour contempler le cours sinueux du ruisseau de Xindian et les montagnes verdoyantes environnantes, laissant le cœur qui bat fort après l’effort intense se mêler à la stupéfaction visuelle qu’offre ce paysage ouvert — c’est souvent le moment le plus inoubliable de toute la sortie.
Sur le chemin du retour, n’hésitez pas à chercher autour du centre-ville de Xindian une spécialité locale ou un café pour faire une pause, reconstituer les forces dépensées, tout en laissant le corps et l’esprit retrouver progressivement leur calme à un rythme tranquille. Si le temps et l’énergie le permettent, on peut aussi envisager une courte randonnée sur le système de sentiers du mont Heshan, pour ressentir à nouveau, sous un angle différent et avec un mode de déplacement différent, le charme de ce paysage de montagne et d’eau.
Pour les cyclistes qui préfèrent explorer en profondeur la culture locale, il est également possible de faire quelques recherches au préalable pour comprendre l’histoire et les récits humains de Xindian, faisant de cette sortie non seulement un exercice physique, mais aussi un voyage intellectuel à la découverte du tissu culturel et paysager au sud de Taipei. Après tout, ce qui rend le côté sud du mont Shitou si fascinant n’a jamais été seulement les chiffres de ses 7,64 kilomètres et de ses 499 mètres de dénivelé, mais bien la mémoire locale profonde, tissée depuis des millénaires entre l’homme et la nature, entre la défriche et la vie, le long des rives du ruisseau de Xindian, que cet itinéraire relie.
Vieillir avec ce paysage : la transmission générationnelle chez les cyclistes
Sur cet itinéraire au sud du mont Shitou, vous croiserez toutes sortes de cyclistes — des compétiteurs en tenue intégrale, à l’équipement irréprochable, mais aussi des aînés sur des vélos de ville, pédalant tranquillement tout en admirant le paysage ; des groupes du week-end qui roulent ensemble en bavardant, et des solitaires comme moi, qui apprécient ces moments de dialogue avec eux-mêmes. Cette coexistence d’usages divers reflète précisément le processus de démocratisation du cyclisme à Taïwan depuis une quinzaine d’années — passé d’un loisir relativement confidentiel à l’une des options de détente du quotidien pour le grand public.
Lors d’une sortie, j’ai un jour rencontré un aîné qui semblait avoir largement dépassé la soixantaine. Il grimpait d’un rythme posé sur un vélo de route à l’apparence un peu vieillotte mais parfaitement entretenu. En discutant, j’ai appris qu’il roulait sur cet itinéraire au sud du mont Shitou depuis près de vingt ans, bien avant que la route ne soit largement référencée sur des plateformes communautaires comme Strava. Il avait ainsi été témoin de toute la transformation de ce coin, passé de chemins de montagne relativement déserts à un itinéraire prisé, sans cesse parcouru les jours de fête. Il m’a dit en souriant qu’avant, sur cette route, on pouvait passer toute une matinée sans croiser personne, alors que maintenant, tôt le matin les jours de congé, la côte est déjà pleine de maillots et cuissards de toutes les couleurs. « C’est animé, c’est vrai, mais parfois je repense avec nostalgie à cette époque où c’était calme, où il n’y avait que moi et la montagne qui dialoguions. »
Cette conversation m’a profondément marqué et m’a amené à réfléchir : un itinéraire périurbain comme le versant sud du mont Shitou ne porte pas seulement les records de défi physique des cyclistes individuels, il est aussi le reflet de l’évolution de toute une culture cycliste générationnelle. De l’époque où l’on roulait plutôt en solitaire et où l’on découvrait les itinéraires par le bouche-à-oreille, à aujourd’hui où n’importe qui peut consulter facilement les données précises de distance, de dénivelé et de pente via les applications communautaires, le seuil d’accès à la pratique a réellement baissé, et les participants sont plus diversifiés. Mais cette expérience de solitude avec la nature, cette familiarité qui se construit lentement, semble, dans une certaine mesure, s’en trouver quelque peu diluée.
C’est précisément pour cela que je chéris particulièrement ces moments où je choisis de relever le défi du versant sud du mont Shitou tôt en semaine, ou lors de créneaux où les conditions météo sont moins idéales — quand les visiteurs et la foule se font rares, que la montagne paraît exceptionnellement silencieuse, et qu’il ne reste que le rythme tissé par la rotation de la chaîne, le frottement des pneus sur la route et ma propre respiration un peu haletante. Dans ces instants-là, on ressent plus authentiquement l’essence la plus originelle et la plus émouvante de cet itinéraire — il n’a jamais eu besoin de l’affluence pour prouver sa valeur. La montagne reste la montagne, le ruisseau continue de couler paisiblement, et le dialogue le plus pur entre le cycliste et cette terre est toujours là, attendant ceux qui acceptent de ralentir et de ressentir avec le cœur.
Pour ta première tentative : quelques conseils sincères
Si c’est la première fois que tu t’apprêtes à relever le défi du versant sud du mont Shitou, outre les données et la tactique mentionnées dans le guide précédent, je voudrais, en tant qu’ancien qui a gravi tout le parcours dans un état pitoyable, te donner quelques conseils plus proches de l’état d’esprit.
D’abord, ne donne pas trop d’importance au « temps de parcours ». Lors de ta première tentative sur cet itinéraire, ce sur quoi tu devrais te concentrer avant tout, c’est de ressentir l’interaction entre ton corps et ce terrain — quelle section de pente te semble particulièrement éprouvante, à quel virage la vue s’ouvre soudainement, sous quel bosquet d’arbres tu te sens particulièrement rafraîchi. Ces souvenirs sensoriels subtils valent bien plus qu’un chiffre de minutes froid, et méritent bien davantage d’être savourés après coup.
Ensuite, autorise-toi à t’arrêter en cours de route. Que ce soit pour reprendre ton souffle parce que les forces te manquent, ou simplement parce qu’un paysage t’attire et que tu veux le contempler un peu plus longtemps, le versant sud du mont Shitou n’a jamais été une piste de course où il faut tout sacrifier pour grimper d’une traite. Une grande partie de la beauté de cet itinéraire vient justement de cette sérénité qu’il t’offre, celle de ralentir le rythme et de savourer finement les paysages tout au long du chemin.
Enfin, aborde les rencontres avec un esprit ouvert. Qu’il s’agisse de cyclistes inconnus qui s’encouragent mutuellement, ou d’habitants locaux qui partagent volontiers des infos sur l’état de la route, ces interactions humaines apparemment infimes sont souvent ce qui fait passer une simple sortie sportive au rang de souvenir de vie que l’on aime ressasser.
Chaque coup de pédale, chaque respiration, est un dialogue avec ce paysage. Le versant sud du mont Shitou n’est pas seulement un segment de montée inscrit au classement Strava ; c’est aussi, dans le cœur d’innombrables cyclistes, ce souvenir unique de Xindian, tissé de sueur, de paysages et de chaleur humaine.
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