La route goudronnée la plus haute d'Amérique du Nord jusqu'à 4 348 mètres : l'épreuve de l'air raréfié du Mount Blue Sky (anciennement Mount Evans)
Le parking se trouve à plus de 4 300 mètres d’altitude, l’air y est si rare que le simple fait de marcher quelques pas en poussant votre vélo vous essouffle. Ce n’est pas un campement isolé dans l’Himalaya, mais le point final d’une route goudronnée que vous pouvez gravir à vélo. La route goudronnée la plus élevée d’Amérique du Nord, autrefois connue sous le nom de Mount Evans Scenic Byway, a été officiellement renommée Mount Blue Sky Scenic Byway en 2023 — une route légendaire qui relie directement le titre de « route goudronnée la plus haute du monde » au cyclisme.
Un nom, deux histoires
Avant d’aborder l’expérience de conduite sur cette route, il est nécessaire de clarifier l’origine de son nom, car ce n’est pas seulement une question de géographie, mais le véritable cœur de l’histoire de cette route. La montagne était autrefois nommée d’après John Evans, gouverneur du Colorado au 19e siècle, mais les archives historiques montrent qu’Evans était directement lié au « massacre de Sand Creek » (Sand Creek Massacre) de 1864 — le massacre sanglant des Amérindiens Arapahos et Cheyennes par l’armée américaine. Le 15 septembre 2023, le Board on Geographic Names des États-Unis a voté pour le changement de nom, avec effet immédiat. Le nouveau nom, « Mount Blue Sky », vise à honorer la culture amérindienne profondément liée à cette montagne : les Arapahos se désignent eux-mêmes comme le « Peuple du Ciel Bleu » (Blue Sky People), et les Cheyennes ont également une cérémonie importante appelée « Blue Sky ». Selon les données publiques, au moins 48 tribus amérindiennes différentes ont des liens ancestraux avec cette région montagneuse. Pour une route de cyclisme réputée pour « atteindre des sommets », cet événement de changement de nom ajoute également une couche de poids historique à la montagne.
Fiche technique de l’itinéraire
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays / Massif | Colorado, États-Unis ; contreforts des Rocheuses (Front Range) |
| Départ → Arrivée | Idaho Springs (près de l’I-70) via Echo Lake → parking au sommet du Mount Blue Sky |
| Longueur | Environ 45 km au total (28 miles, les points de départ varient légèrement selon les sources) ; environ 24 km (15 miles) pour la section payante d’Echo Lake au sommet uniquement |
| Dénivelé total | Environ 2 050 m au total ; environ 1 100 m pour la section Echo Lake |
| Pente moyenne | Environ 4,5 % à 5 % au total ; la section payante d’Echo Lake semble plus raide, avec des sections locales nettement supérieures à la moyenne |
| Pente maximale | Peut atteindre 8 % à 10 % sur certaines sections en épingles à cheveux (les données varient selon les sources, se référer aux panneaux sur place) |
| Altitude départ / arrivée | Idaho Springs environ 2 295 m → parking au sommet environ 4 348 m |
| Source de notoriété | Reconnue de longue date comme la « route goudronnée la plus élevée d’Amérique du Nord », cinquième plus haute au monde (le classement mondial varie selon les sources, à titre indicatif) |
Cette route à péage se compose de deux sections : d’Idaho Springs, on grimpe d’environ 13 miles le long de la Colorado State Highway 103 jusqu’à Echo Lake, puis d’Echo Lake, on emprunte la Colorado State Highway 5 sur environ 15 miles jusqu’au parking au sommet. La seconde moitié (d’Echo Lake au sommet) est la section centrale qui a valu à cette route le titre de « route goudronnée la plus élevée d’Amérique du Nord », et c’est également la section que la plupart des challengers chronomètrent et photographient réellement. La construction de cette route est en soi une légende : les travaux ont commencé au milieu des années 1920 et ne se sont achevés qu’en 1930. Selon les archives, les 600 derniers pieds ont été creusés à la force des bras, pelle et pioche après pelle et pioche. À une époque où les engins de chantier lourds n’étaient pas répandus, achever la construction d’une route goudronnée à double sens dans un environnement de haute montagne à plus de 4 000 mètres était en soi un exploit d’ingénierie remarquable.
Du point de vue du cyclisme, l’attrait de cette route réside dans le fait qu’elle répond de la manière la plus directe à une question que tous les amateurs de grimpe se posent : « Jusqu’à quelle altitude peut-on poser du goudron ? Jusqu’où puis-je monter à vélo ? » La plupart des routes goudronnées plus hautes dans le monde se trouvent dans les Andes sud-américaines et dans l’Himalaya. Pour les cyclistes d’Amérique du Nord et d’une grande partie de l’Asie, cet itinéraire est presque l’occasion la plus accessible géographiquement de vivre réellement l’expérience du « sommet routier de niveau quasi-4000 mètres ». C’est pourquoi il figure depuis longtemps sur diverses listes de grimpes « à faire dans une vie » (bucket list), aux côtés des parcours du Tour de France et des cols classiques des Alpes, mais son argument de vente principal est radicalement différent — ce n’est pas la raideur des pentes ni la splendeur des paysages, mais cette sensation d’air raréfié où « la route goudronnée se termine là où commence le ciel ».
Décomposition par sections
Cette route étant clairement divisée en deux sections, et les données sur les pentes de la section sommitale variant considérablement selon les sources, voici une décomposition basée sur les caractéristiques des sections et une description qualitative des parties avant, milieu et fin. Les pentes réelles sont à vérifier sur les panneaux et bornes kilométriques sur place.
Première section : Idaho Springs → Echo Lake (échauffement avant) : Cette section est elle-même la porte d’entrée vers la forêt nationale. La pente est relativement douce et régulière, ce qui en fait un bon échauffement et une bonne acclimatation à l’altitude. Partant d’environ 2 300 mètres, on monte progressivement jusqu’à Echo Lake (environ 3 200 mètres), en traversant des forêts de pins denses. Le paysage est agréable, mais l’altitude augmente insidieusement — de nombreux cyclistes sous-estiment la charge physique de cette « section d’échauffement » sur le corps, et ce n’est qu’en atteignant les pentes raides qu’ils réalisent qu’ils roulent déjà à moyenne/haute altitude depuis plus d’une heure.
Deuxième section : Echo Lake → limite des arbres (transition au milieu) : Après le poste de péage d’Echo Lake, la route commence à grimper nettement et sort progressivement de la protection de la forêt. C’est la zone de transition visuelle et psychologique clé de tout l’itinéraire — vous sentez clairement les arbres devenir de plus en plus clairsemés et rabougris, pour finalement disparaître complètement, ne laissant devant vous qu’un vaste paysage de toundra alpine nue. Les variations de pente et les épingles à cheveux successives de cette section imposent un ajustement constant du rythme de pédalage ; c’est la zone la plus exigeante de tout le parcours, tant sur le plan du contrôle du vélo que de l’effort physique.
Troisième section : au-dessus de la limite des arbres → parking au sommet (zone extrême finale) : C’est la section la plus emblématique de tout l’itinéraire, et celle où le corps est le plus susceptible de souffrir. L’altitude approche ou dépasse déjà les 4 000 mètres. La plupart des cyclistes habitués à vivre en plaine ressentiront à cette altitude un essoufflement marqué et une accélération du rythme cardiaque. Même avec une puissance de sortie faible, l’effort perçu (RPE) sera bien supérieur à celui ressenti en plaine pour une puissance équivalente. On peut souvent y voir des animaux sauvages typiques de haute montagne comme des chèvres de montagne et des mouflons d’Amérique. Le paysage est grandiose, mais c’est aussi la zone où les cyclistes risquent le plus de s’épuiser dans la partie finale et de devoir s’arrêter fréquemment pour reprendre leur souffle.
Une autre caractéristique de cette section est la succession d’épingles à cheveux. À chaque virage, la vue change radicalement — les crêtes lointaines des Rocheuses semblent particulièrement nettes et tranchantes sous la lumière de l’air raréfié. C’est pourquoi, même sous la pression du manque d’oxygène, la plupart de ceux qui terminent se souviennent de cette section avec, comme première impression, un choc visuel bien plus grand que le souvenir de la souffrance. Bien sûr, cette expérience de « souffrir en beauté » suppose que vous ayez suffisamment préparé votre acclimatation à l’altitude ; sinon, le manque d’oxygène dans la partie finale peut sérieusement ternir le souvenir du paysage.
L’impact clé de la haute altitude sur la puissance de sortie
Ce qui rend cet itinéraire particulièrement intéressant pour le monde de l’endurance, ce ne sont pas seulement la pente ou la distance, mais le fait qu’il expose de la manière la plus directe la variable de la « limitation physiologique due à l’altitude » à chaque challenger. La plupart des cyclistes taïwanais connaissent le défi du mont Wuling, qui se termine à 3 275 mètres d’altitude. Or, l’altitude du sommet de cet itinéraire (environ 4 348 mètres) est supérieure de plus de mille mètres à celle du Wuling, et la majeure partie du parcours se déroule au-dessus de 3 200 mètres.
L’impact de la haute altitude sur les performances à vélo provient principalement de deux mécanismes : d’une part, la diminution de la densité de l’air réduit la traînée aérodynamique (théoriquement favorable à la vitesse), et d’autre part, la baisse de la pression partielle d’oxygène limite la capacité du corps à absorber l’oxygène, ce qui fait chuter à la fois le VO2max et la puissance de sortie soutenable. L’impact négatif de ce dernier mécanisme est bien supérieur au bénéfice de la réduction de la traînée apportée par le premier. C’est pourquoi on ne peut pas simplement appliquer les modèles de puissance des montées en plaine ou à basse altitude pour estimer une « montée en haute altitude » — à fréquence cardiaque égale, à effort perçu égal, la puissance réelle en watts que l’on peut produire à 4 000 mètres sera nettement inférieure à celle que l’on peut produire au niveau de la mer. La règle générale est la suivante : sans acclimatation préalable, plus l’altitude est élevée, plus la baisse de la puissance aérobie soutenable est marquée. C’est un phénomène courant, mais l’ampleur réelle de la baisse varie énormément d’un individu à l’autre, en fonction de sa capacité d’acclimatation et de son état de forme du moment.
Estimation de la puissance et de l’allure
Nous utilisons un modèle physique standard pour estimer séparément les deux défis courants que sont la « version courte Echo Lake » et la « version complète Idaho Springs », en mettant particulièrement en évidence l’effet de réduction de la densité de l’air en haute altitude :
P = (Fg + Fr + Fa) × v ÷ efficacité de transmission
Fg = m × g × sin(arctan(pente)) Composante gravitationnelle
Fr = m × g × cos(arctan(pente)) × Crr Résistance au roulement
Fa = 0,5 × ρ × CdA × v² Résistance aérodynamique
Paramètres : poids du cycliste 70 kg + vélo et équipement 9 kg, poids total 79 kg ; g = 9,81 m/s² ; Crr ≈ 0,005 ; CdA ≈ 0,32 m² ; efficacité de transmission ≈ 0,975. La densité de l’air ρ est le facteur clé du calcul pour cet itinéraire — selon nos calculs, à l’altitude moyenne de cet itinéraire (environ 3 200 à 3 800 mètres), la densité de l’air n’est plus que d’environ 60 % à 68 % de celle au niveau de la mer, ce qui représente une réduction très significative.
Echo Lake → Sommet (environ 24 km, dénivelé d’environ 1 117 m, altitude moyenne d’environ 3 790 m) :
| Ratio Puissance/Poids | Profil type | Temps estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 2 h 01 | Environ 11,9 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 1 h 38 | Environ 14,7 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 1 h 23 | Environ 17,3 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 1 h 05 | Environ 22,1 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 54 min | Environ 26,4 km/h |
Idaho Springs → Sommet, parcours complet (environ 45 km, dénivelé d’environ 2 053 m, altitude moyenne d’environ 3 322 m) :
| Ratio Puissance/Poids | Profil type | Temps estimé | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|
| 2,0 W/kg | Débutant qui termine | Environ 3 h 43 | Environ 12,1 km/h |
| 2,5 W/kg | Amateur moyen | Environ 3 h 02 | Environ 14,8 km/h |
| 3,0 W/kg | Avancé | Environ 2 h 34 | Environ 17,4 km/h |
| 4,0 W/kg | Niveau compétition | Environ 2 h 01 | Environ 22,2 km/h |
| 5,0+ W/kg | Niveau professionnel | Environ 1 h 41 | Environ 26,5 km/h |
Ce qui précède est une estimation basée sur un modèle physique, sans tenir compte du vent, de l’état de la route ou des différences morphologiques ; les résultats réels varieront. Avertissement particulièrement important : ce tableau suppose que le cycliste est capable de maintenir la même « capacité de puissance absolue » qu’en plaine entre 3 000 et 4 300 mètres d’altitude, ce qui est presque impossible dans le monde réel — la plupart des cyclistes entraînés en plaine verront leur puissance réelle en watts nettement réduite à cette altitude en raison des limitations d’absorption d’oxygène. En d’autres termes, pour un cycliste non acclimaté, les temps de ce tableau ne peuvent être considérés, au mieux, que comme une « limite théorique inférieure » ; le temps de parcours réel sera généralement plus long que les chiffres du tableau. C’est là la plus grande différence entre une montée en haute altitude et une montée en plaine : le modèle physique peut calculer la gravité et la résistance de l’air, mais il ne peut pas calculer la limite réelle de production de puissance du corps dans un environnement hypoxique.
Stratégie d’allure et de ravitaillement
Le plus grand piège d’allure en haute altitude est d’utiliser la « fréquence cardiaque » ou la « sensation d’effort » pour juger si l’on roule trop fort — dans un environnement hypoxique, ces deux indicateurs ont tendance à être systématiquement élevés, ce qui amène beaucoup de gens à croire à tort qu’ils produisent un effort maximal, alors que leur puissance réelle est bien inférieure à leur niveau en plaine. L’approche la plus fiable, si vous avez un capteur de puissance, est de se fier en priorité aux watts absolus et de réduire activement votre zone cible (par exemple, réduire votre objectif de puissance pour les montées de 10 à 20 % par rapport à votre réglage habituel), plutôt que de vous laisser guider par les chiffres de fréquence cardiaque et de forcer l’allure.
En ce qui concerne la stratégie de ravitaillement, en raison de l’altitude, une diminution de l’appétit et un ralentissement de la digestion sont des phénomènes courants sur cet itinéraire. Beaucoup de gens constatent en haute altitude qu’ils « font un exercice aérobie intense mais n’ont absolument pas envie de manger ». Il est recommandé d’adopter une approche de petites quantités fréquentes, principalement sous forme liquide ou semi-liquide (boissons pour sportifs, gels énergétiques), et de commencer le ravitaillement dès les sections à plus basse altitude, plutôt que d’attendre d’être dans les sections à haute altitude où le corps commence déjà à rejeter la nourriture pour tenter une réparation de dernière minute. L’hydratation est tout aussi importante : l’air sec de haute altitude combiné à une respiration rapide entraîne une perte d’eau par la peau et les voies respiratoires souvent plus rapide qu’en plaine, et le risque de déshydratation est facilement sous-estimé. Il est conseillé d’augmenter modérément la fréquence d’hydratation par rapport à une montée en plaine.
Sur le plan psychologique, comme la pente de la partie finale de cet itinéraire n’est pas particulièrement raide (comparée aux montées extrêmement raides présentées dans d’autres articles), beaucoup de gens ont tendance à sous-estimer sa difficulté et se font piéger par les limitations physiologiques de la haute altitude qui perturbent leur rythme. Il est conseillé d’adopter l’état d’esprit suivant : « c’est une montée à la pente ordinaire, mais avec un air particulièrement rare », et de concentrer votre attention sur la régularité de la respiration et du pédalage plutôt que sur la vitesse. Il sera ainsi plus facile de maintenir une production de puissance stable et de terminer la montée.
Recommandations d’équipement
- Configuration des braquets : Bien que la pente ne soit pas globalement extrêmement raide, compte tenu des limitations physiques en haute altitude, il est recommandé de rester prudent dans le choix des braquets. Privilégiez un petit plateau à l’avant et une grande cassette à l’arrière (par exemple 32T ou plus), afin de disposer de vitesses suffisamment faciles lorsque vos forces déclinent, plutôt que d’être obligé de forcer sur un grand braquet.
- Couche chaude et coupe-vent : La température au sommet peut approcher ou même descendre sous les quelques degrés Celsius, même en été, et le vent y est généralement fort. Une couche chaude en polaire ou en coupe-vent est indispensable ; enfilez-la immédiatement en arrivant au sommet pour éviter l’hypothermie en restant dans l’air raréfié.
- Quantité de ravitaillement à emporter : Comme il n’y a que très peu de commerces pour se ravitailler en cours de route (surtout après l’entrée dans la section à péage), il est recommandé d’emporter suffisamment de nourriture et d’eau pour tout le parcours, sans compter sur un ravitaillement en cours de route.
- Roues et pression des pneus : Les sections en épingles à cheveux successives exigent une grande stabilité de pilotage. Il est recommandé d’utiliser des pneus de route offrant une bonne adhérence et d’ajuster la pression des pneus en fonction de l’état de la route, pour une meilleure confiance lors de la descente.
Le point de vue des cyclistes taïwanais
Pour les cyclistes taïwanais, le point de référence le plus évident pour cet itinéraire est le mont Wuling — mais il faut noter que la « difficulté » des deux est d’une nature complètement différente. Le défi du Wuling (route provinciale 14甲, environ 3 275 mètres d’altitude) vient principalement de l’accumulation de la distance et de la pente ; pendant la majeure partie de la montée, vous vous trouvez en altitude moyenne. En revanche, le Mount Blue Sky, dès le départ d’Echo Lake, se trouve déjà à l’altitude du Wuling, et les mille et quelques mètres de dénivelé restant se déroulent entièrement à une altitude supérieure au sommet du Wuling. On peut le comprendre ainsi : si le Wuling est le « plafond de haute altitude » familier des cyclistes taïwanais, cet itinéraire consiste à ajouter un étage au-dessus de ce plafond, avec une résistance de l’air plus faible et un air encore plus rare.
La préparation pratique la plus importante pour s’y rendre est l’acclimatation à l’altitude. Pour la plupart des challengers de cet itinéraire, il est recommandé de passer quelques jours à Denver (qui est déjà à plus de 1 600 mètres d’altitude, surnommée la « ville à un mile d’altitude ») ou dans d’autres villes de moyenne/haute altitude du Colorado, afin de laisser au corps le temps de s’adapter à l’air raréfié, plutôt que de tenter le défi directement à la descente de l’avion. Cette approche est exactement la même logique que celle des cyclistes taïwanais qui passent une nuit à Cingjing ou Cuifeng avant de défier le Wuling pour s’acclimater à l’altitude, à la différence près qu’ici, l’altitude à laquelle il faut s’adapter est plus élevée et le temps recommandé est plus généreux. Quant à la saison de fermeture et aux horaires d’ouverture, cette route se trouve dans une forêt nationale de haute montagne ; elle est ouverte à la circulation des véhicules et des vélos principalement en été, mais les dates exactes varient en fonction de l’enneigement et de la fonte des neiges annuels. Veuillez vous référer impérativement aux annonces officielles ; cet article ne fournit pas d’horaire précis ni de tarifs, car ces informations changent fréquemment.
Du point de vue de la planification de l’entraînement, si les cyclistes taïwanais n’ont pas l’occasion de s’acclimater à la haute altitude à l’avance, ils peuvent, à défaut, utiliser les sections de haute altitude du Wuling et de la région du mont Hehuan comme terrain d’entraînement simulé avant la course — bien que cela ne puisse pas reproduire complètement la sensation d’hypoxie au-dessus de 4 000 mètres, cela permet au moins au corps d’accumuler une certaine expérience de « maintien d’une production aérobie dans un air plus raréfié ». De nombreux athlètes d’endurance, nationaux et internationaux, utilisent également des tentes d’entraînement en altitude ou des installations d’entraînement hypoxique pour se préparer, mais ces méthodes d’entraînement avancées impliquent des réactions physiologiques qui varient d’une personne à l’autre. Il est recommandé de les pratiquer sous la supervision d’un entraîneur professionnel ou d’un expert en physiologie du sport, et de ne pas les expérimenter par soi-même.
Un autre détail souvent négligé par les cyclistes taïwanais est la « sécheresse ». Le Colorado a un climat continental sec, radicalement différent du climat insulaire humide et chaud de Taïwan. Même si la sensation de chaleur humide n’est pas perceptible, la vitesse réelle de perte d’eau et d’électrolytes peut dépasser les attentes. Combinée à la perte d’eau supplémentaire due à la respiration rapide en haute altitude, le risque de déshydratation est facilement sous-estimé. Il est conseillé de prêter une attention particulière à cette différence climatique avant le départ et d’augmenter activement la fréquence d’hydratation, plutôt que de se fier à l’habitude taïwanaise de « boire seulement quand on a soif ».
Rappels de sécurité
- Signes d’alerte du mal aigu des montagnes : Maux de tête, nausées, vomissements, fatigue extrême, difficultés respiratoires, confusion mentale sont les symptômes typiques du mal aigu des montagnes. Dès leur apparition, il faut immédiatement cesser de monter, redescendre à une altitude plus basse si nécessaire et consulter un médecin. Les personnes ayant des antécédents de maladies cardio-pulmonaires, les femmes enceintes et les groupes spécifiques devraient consulter un médecin avant le départ pour évaluer s’ils peuvent relever ce type de défi en haute altitude. Le contenu de cet article ne remplace pas une évaluation médicale professionnelle.
- Rayonnement UV et intensité solaire : L’intensité des rayons UV en haute altitude est bien supérieure à celle en plaine. Même si la température n’est pas élevée, les coups de soleil sont fréquents. La protection solaire et une couverture adéquate sont des préparatifs nécessaires.
- Orages de l’après-midi : Dans la région des Rocheuses, des orages se développent souvent en été en fin de journée. Le sommet est dépourvu d’abris. Si vous entendez le tonnerre ou voyez des cumulonimbus se développer rapidement, il faut redescendre au plus tôt pour éviter d’être exposé au risque de foudre sur les hauteurs découvertes.
- Hypothermie et écarts de température : Même en partant en été, la température au sommet peut être bien inférieure à celle en bas de la montagne, et le vent y est généralement fort. Les vêtements chauds et coupe-vent sont indispensables.
- Faune sauvage : Il est possible de rencontrer des chèvres de montagne, des mouflons d’Amérique et d’autres animaux sauvages sur la chaussée. En roulant, restez vigilant et gardez une distance de sécurité avec les animaux, sans les déranger.
- Contrôle de la vitesse en descente : Avec les descentes continues et l’air raréfié de la haute altitude, l’efficacité réelle du système de freinage peut différer subtilement de celle en plaine. Contrôlez prudemment votre vitesse et évitez les freinages continus prolongés.
- Liste des signes d’alerte nécessitant une consultation médicale : En cas de maux de tête sévères, de vomissements persistants, d’instabilité à la marche, de confusion mentale, de difficultés respiratoires extrêmes ou de douleurs thoraciques, ces symptômes peuvent être des signes d’urgence comme un œdème pulmonaire ou cérébral de haute altitude. Il faut immédiatement redescendre en altitude et consulter un médecin, sans attendre que les symptômes disparaissent d’eux-mêmes. Tous les rappels de sécurité de cet article sont fournis à titre indicatif uniquement et ne remplacent pas une évaluation et un jugement médicaux professionnels.
Il convient de noter qu’en raison de l’altitude extrême et de la valeur touristique élevée de cet itinéraire, la zone sommitale est souvent fréquentée par un grand nombre de véhicules de tourisme non cyclistes. Combiné à un espace de stationnement limité et à des routes étroites, les cyclistes doivent, outre le défi physiologique, être particulièrement attentifs à la sécurité du partage de la route avec les voitures. Il est conseillé de partir à des heures où le trafic est relativement faible (par exemple tôt le matin), ce qui permet à la fois d’éviter le pic de circulation touristique de la journée et de se laisser plus de temps pour faire face aux variations potentielles de condition physique dues à la haute altitude. Si vous devez vous arrêter pour vous reposer en cours de route, vous ne serez pas non plus contraint par la pression du temps à continuer à forcer.
Points clés à retenir
- Le Mount Blue Sky (anciennement Mount Evans) est la route goudronnée la plus élevée d’Amérique du Nord, avec un parking au sommet à environ 4 348 mètres. Il a été officiellement renommé en 2023 en raison du lien historique entre son ancien nom et le massacre de Sand Creek, en hommage à la culture amérindienne.
- D’Echo Lake au sommet, il y a environ 24 km et 1 117 mètres de dénivelé. L’altitude moyenne de cette section atteint déjà environ 3 790 mètres, et la densité de l’air n’est plus que d’environ 60 % de celle au niveau de la mer.
- Les temps de parcours calculés par le modèle physique doivent être considérés comme une « limite théorique inférieure » — dans le monde réel, les cyclistes non acclimatés, en raison de leur capacité d’absorption d’oxygène limitée, mettront généralement plus de temps.
- Pour les cyclistes taïwanais, l’altitude du sommet du Wuling n’est que le « point de départ » de cet itinéraire ; l’importance de l’acclimatation à l’altitude y est bien supérieure à celle du défi du Wuling.
- Le mal aigu des montagnes, les orages de l’après-midi, les rayons UV intenses et la faune sauvage sont les risques les plus importants à surveiller sur cet itinéraire. Avant le départ, vérifiez impérativement les dates d’ouverture et les conditions sur place via les annonces officielles.
- Pour l’allure, évitez de vous fier à la fréquence cardiaque et à la sensation d’effort pour juger de l’intensité ; ces deux indicateurs ont tendance à être faussés en haute altitude. Si vous avez un capteur de puissance, réduisez activement votre zone cible et commencez à vous ravitailler en petites quantités fréquentes dès les sections à plus basse altitude.
- Il est conseillé de partir à des heures où le trafic est faible, comme tôt le matin, pour concilier sécurité routière et flexibilité dans la gestion de l’effort. En cas d’inconfort en cours de route, redescendez immédiatement à une altitude plus basse et consultez un médecin si nécessaire ; il ne faut pas s’obstiner à terminer à tout prix.
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