Déficit énergétique relatif (RED-S) : causes, signes d'alerte, impact sur les os et le système endocrinien, et comment demander de l'aide
Qu’est-ce que le déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S)
Le déficit énergétique relatif dans le sport (Relative Energy Deficiency in Sport, abrégé RED-S) est un concept utilisé ces dernières années par la médecine du sport pour décrire un phénomène : lorsque l’apport calorique d’un athlète sur le long terme est insuffisant pour couvrir la dépense totale d’énergie, c’est-à-dire la somme de la « dépense liée à l’entraînement » et des « besoins nécessaires au maintien des fonctions physiologiques normales de l’organisme », le corps déclenche une série de mécanismes de protection. Il priorise alors la répartition de l’énergie limitée vers les fonctions vitales les plus élémentaires (battements cardiaques, respiration, fonctionnement cérébral), au détriment de fonctions jugées « non urgentes » par l’organisme, comme le système reproducteur, le métabolisme osseux, le système immunitaire et une partie des fonctions endocriniennes.
Ce concept est initialement une extension de la « triade de l’athlète féminine » (Female Athlete Triad, qui décrivait traditionnellement l’association entre déficit énergétique, troubles menstruels et perte osseuse). Ce cadre plus récent qu’est le RED-S élargit le champ d’application non seulement au-delà des femmes, mais aussi au-delà de ces trois aspects, pour inclure des domaines plus vastes tels que la baisse du métabolisme, l’affaiblissement de l’immunité, l’altération de la synthèse protéique, la santé cardiovasculaire et la santé mentale. Cependant, dans la communauté des athlètes d’endurance, le sujet le plus discuté et le plus souvent négligé reste la cascade de réactions en chaîne déclenchée par une « faible disponibilité énergétique à long terme » chez les athlètes féminines.
Il est important de souligner ici un point souvent mal compris : le RED-S n’est pas équivalent aux troubles alimentaires cliniquement définis comme l’« anorexie mentale » ou la « boulimie », mais les deux peuvent coexister et peuvent également être liés par une relation de cause à effet. Certains athlètes tombent dans un état de faible disponibilité énergétique parce qu’ils restreignent délibérément leur alimentation pour atteindre un objectif de poids ou de masse grasse. D’autres, plus simplement, augmentent considérablement leur volume d’entraînement sans réaliser qu’ils doivent augmenter leur apport alimentaire en parallèle, ce qui constitue un déficit énergétique inconscient. Quelle que soit la cause, l’impact physiologique subi par le corps est similaire.
Le concept de « disponibilité énergétique » : pas simplement une question de poids ou de masse grasse
Pour comprendre le RED-S, il faut d’abord comprendre le concept central de « disponibilité énergétique » (Energy Availability), qui n’est pas exactement identique au « déficit calorique » que le grand public connaît. La disponibilité énergétique désigne : l’apport calorique total issu de l’alimentation quotidienne, après déduction des calories dépensées à l’entraînement, soit la quantité de calories restante pouvant être allouée au maintien des fonctions physiologiques de base de l’organisme (respiration, battements cardiaques, régulation de la température corporelle, fonctionnement endocrinien, réparation cellulaire, etc.).
Cela signifie que même si le poids et le pourcentage de masse grasse d’une personne semblent tout à fait normaux, voire élevés, si sa dépense liée à l’entraînement est suffisamment importante et que son apport alimentaire n’augmente pas proportionnellement, elle peut tout à fait tomber dans un état de faible disponibilité énergétique. C’est également l’une des raisons pour lesquelles le RED-S est souvent mal compris — beaucoup de gens pensent que cela ne touche que les athlètes « en sous-poids et d’apparence très mince ». En réalité, les athlètes ayant une morphologie normale, voire un poids dans la plage de santé, peuvent également présenter des réactions physiologiques liées à une faible disponibilité énergétique en raison d’un écart trop important entre le volume d’entraînement et l’apport alimentaire. Cela signifie également que le RED-S ne peut pas être diagnostiqué uniquement sur la base de l’apparence ou du chiffre sur la balance ; il doit être évalué en combinant les symptômes, les antécédents médicaux et les examens nécessaires.
Ce concept est particulièrement important pour les athlètes d’endurance, car les longues sorties à vélo de route, l’entraînement de course à pied sur longue distance et l’entraînement combiné du triathlon dépensent souvent bien plus de calories que l’activité quotidienne d’une personne ordinaire. Si l’on ne prête pas attention à l’ajustement simultané de l’apport alimentaire, il est facile de créer un déficit énergétique sans même s’en rendre compte. Et ce déficit n’a pas besoin d’être extrême : il suffit qu’il soit chronique et persistant pour déclencher les réactions de protection de l’organisme.
Pourquoi les athlètes d’endurance sont particulièrement exposés
La discipline de l’endurance présente elle-même plusieurs caractéristiques qui rendent les athlètes relativement susceptibles de tomber dans un état de faible disponibilité énergétique, souvent « sans même s’en apercevoir » :
- Dépense d’entraînement élevée, mais sensation de faim pas nécessairement proportionnelle : l’entraînement d’endurance long et d’intensité faible à modérée (comme les longues sorties à vélo ou les longues courses à pied) brûle une quantité considérable de calories, mais la sensation de faim après l’effort n’est pas nécessairement proportionnelle à la dépense. Certaines personnes voient même leur appétit supprimé après l’exercice, ce qui peut les amener, inconsciemment et sur le long terme, à manger moins que ce qu’elles dépensent.
- La pression culturelle de la « légèreté » : dans le milieu du cyclisme sur route, l’idée que « moins on pèse, plus on grimpe vite » est répandue ; dans le milieu de la course à pied, on entend aussi souvent « être plus léger rend la course plus économique ». Bien que ces idées aient une certaine justification physiologique (le rapport poids/puissance influence effectivement les performances en montée), elles sont facilement simplifiées à l’excès et poursuivies de manière excessive, dégénérant en une restriction alimentaire malsaine.
- Augmentation rapide du volume d’entraînement sans ajustement de l’alimentation : beaucoup de personnes augmentent considérablement leur volume d’entraînement dans les mois précédant une grande compétition (comme le défi de Wuling, ou le marathon complet de Wan Jin Shi). Si l’apport alimentaire ne suit pas proportionnellement, un déficit énergétique se crée sur le long terme, même si la personne n’a aucune intention de « suivre un régime ».
- Ignorance ou rationalisation des signaux du corps : la fatigue, les troubles menstruels, les rhumes et blessures à répétition sont souvent interprétés par les athlètes eux-mêmes comme « le prix normal à payer pour un entraînement sérieux », plutôt que comme des signaux d’alarme envoyés par le corps.
Récapitulatif des causes courantes
Les causes du RED-S ne sont généralement pas uniques, mais résultent de la superposition de plusieurs facteurs. Les situations courantes incluent :
- Restriction calorique délibérée pour atteindre un poids ou une silhouette spécifique : que ce soit pour paraître plus « sèche » visuellement, pour améliorer le rapport poids/puissance, ou sous l’influence de commentaires externes (entraîneurs, coéquipiers, réseaux sociaux) sur la morphologie.
- Apport énergétique insuffisant inconscient : le volume d’entraînement augmente mais les habitudes alimentaires ne s’ajustent pas en conséquence, en particulier dans un mode de vie chargé où l’on mange rapidement et pas assez.
- Restrictions gastro-intestinales ou habitudes alimentaires contraignantes : par exemple, l’adoption à long terme de régimes restrictifs extrêmes (faible teneur en glucides inutilement excessive, restriction excessive de certains types d’aliments), ou des problèmes gastro-intestinaux préexistants entraînant une malabsorption.
- Tendance aux troubles alimentaires coexistants : cela relève d’un domaine nécessitant une intervention psychologique et médicale professionnelle, et ne peut pas être traité par un simple ajustement du plan alimentaire.
- Surentraînement motivé par l’anxiété liée à la performance : le volume d’entraînement ne cesse d’augmenter sans récupération ni soutien nutritionnel adéquats, créant un déficit chronique où « la sortie dépasse l’entrée ».
Quels signaux d’alarme le corps émet-il
Le RED-S affecte un large éventail de domaines. Voici, classés par système, les signaux d’alarme courants. Veuillez noter que la présence isolée de ces symptômes ne signifie pas nécessairement un RED-S ; ils peuvent également être causés par d’autres raisons et nécessitent une évaluation professionnelle pour confirmation. Cet article sert uniquement de liste de rappel « à surveiller et pour laquelle consulter un médecin », et non d’outil d’auto-diagnostic.
Menstruation et système reproducteur
- Cycles menstruels devenus irréguliers, ou cycles nettement allongés.
- Absence de menstruation depuis plus de trois mois consécutifs (en ayant exclu une grossesse), ce que la médecine appelle aménorrhée secondaire, un signal d’alarme nécessitant une évaluation médicale active.
- Retard des premières règles (chez les athlètes adolescentes).
Système osseux
- Fractures de stress récurrentes, en particulier des fractures survenant sans traumatisme ni chute évidents.
- Anomalies à l’examen de densité osseuse (cela ne peut être confirmé que par un scanner de densité osseuse dans un établissement médical, et non par une auto-évaluation).
Énergie et métabolisme
- Fatigue anormale chronique, non récupérée même après le repos.
- Stagnation, voire régression des performances à l’entraînement, même avec un volume d’entraînement en augmentation continue.
- Indicateurs métaboliques de base anormaux (par exemple fréquence cardiaque au repos anormalement basse, température corporelle basse, sensibilité particulière au froid).
- Rhumes à répétition, cicatrisation ralentie, indiquant une possible altération de la fonction immunitaire.
Aspects psychologiques et émotionnels
- Humeur dépressive, anxiété accrue, pensées excessivement anxieuses concernant la nourriture ou le poids.
- Repli social, évitement des situations sociales liées à l’alimentation (repas entre amis, repas de célébration).
- Obsession compulsive de l’entraînement, incapacité à se reposer même lorsque le corps émet des signaux de fatigue.
Digestion et autres signes physiologiques
- Augmentation des problèmes gastro-intestinaux, comme la constipation ou les ballonnements.
- Cheveux qui s’affinent et chute de cheveux.
- Mains et pieds froids, peau sèche.
Un tableau récapitulatif des signaux d’alarme et de la notion de gravité
| Domaine | Signaux d’alarme courants | Orientation recommandée |
|---|---|---|
| Menstruation | Cycles irréguliers, absence de règles depuis trois mois consécutifs | Évaluation gynécologique, exclusion d’autres causes |
| Os | Fractures de stress récurrentes, anomalie de la densité osseuse | Examen de densité osseuse, évaluation en médecine du sport |
| Fatigue et performance | Fatigue chronique, stagnation ou régression des performances | Examiner l’écart entre la charge d’entraînement et l’apport alimentaire |
| Immunité | Rhumes à répétition, cicatrisation lente | Consultation médicale, tout en examinant l’état nutritionnel global |
| Psychologique | Anxiété excessive concernant la nourriture et le poids, repli social | Rechercher l’aide d’un professionnel de la psychologie ou d’un nutritionniste |
Ce tableau répertorie les pistes à surveiller et à examiner plus en profondeur ; il ne constitue pas une base de diagnostic. Le diagnostic réel et la classification de la gravité doivent être déterminés par des professionnels de santé sur la base d’antécédents médicaux complets, d’un examen physique et des examens complémentaires nécessaires.
Pourquoi la santé osseuse et endocrinienne mérite une attention particulière
Parmi tous les effets possibles du RED-S, la perte osseuse et les déséquilibres endocriniens méritent une attention particulière de la part des athlètes d’endurance, pour les raisons suivantes :
L’impact de la perte osseuse peut être à long terme, voire partiellement irréversible. La jeunesse (en particulier de la vingtaine au début de la trentaine) constitue en réalité une période cruciale d’accumulation de la densité osseuse dans la vie d’une personne. Si, durant cette période, on se trouve en situation prolongée de faible disponibilité énergétique et de taux d’œstrogènes bas, l’accumulation osseuse peut être inhibée, voire précéder l’apparition de phénomènes de perte osseuse qui ne surviennent normalement qu’après la ménopause. C’est également pourquoi, lorsqu’une jeune athlète d’endurance présente des « fractures de stress récurrentes », il ne faut pas simplement y voir un problème de « volume d’entraînement trop important, repos insuffisant ». Derrière cela, il peut y avoir un problème de faible disponibilité énergétique et de santé osseuse qui doit être évalué conjointement.
L’impact sur le système endocrinien ne se limite pas aux menstruations. Un déficit énergétique prolongé peut affecter le fonctionnement normal de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique (l’axe hormonal qui régule le cycle menstruel), mais peut également influencer la fonction thyroïdienne et le mode de sécrétion du cortisol (l’hormone du stress), affectant ainsi davantage le métabolisme de base et la capacité globale de récupération, créant un cercle vicieux où « plus on s’entraîne, plus on est fatigué ; plus on est fatigué, moins on s’entraîne bien ».
Idée reçue courante : l’arrêt des menstruations ne signifie pas « on s’entraîne sérieusement, le corps va bien »
Dans certains milieux sportifs, une vieille conception a circulé selon laquelle « l’arrêt des menstruations signifie que le taux de graisse corporelle est suffisamment bas et que l’on s’entraîne suffisamment sérieusement ». C’est une idée reçue qui doit être clairement corrigée. L’aménorrhée secondaire (absence de menstruations pendant trois mois consécutifs ou plus, après exclusion des causes physiologiques telles que la grossesse) est un signal d’alarme envoyé par le corps, et non un signe que « l’entraînement porte ses fruits ». Elle reflète une réaction de protection du corps qui se trouve dans un état de déficit énergétique sévère, où l’axe hormonal est contraint de fermer partiellement certaines fonctions. L’ignorer à long terme ne fera qu’accumuler davantage de risques pour la santé, sans pour autant améliorer les performances sportives. En réalité, de nombreux athlètes pris dans le RED-S voient leurs performances en compétition stagner, voire régresser. C’est aussi pourquoi le milieu de la médecine du sport insiste de plus en plus sur le fait que « une nutrition adéquate est le fondement de la performance, et non son ennemie ».
Si vous pensez être dans une situation similaire, voici ce que vous pouvez faire
Si, en lisant ceci, vous constatez que vous présentez plusieurs des signes d’alerte ci-dessus, voici des recommandations pratiques à mettre en œuvre :
- Ne tentez pas de « rattraper » de manière extrême par vous-même : par exemple, augmenter brutalement votre apport calorique ou modifier radicalement votre alimentation. Ces pratiques constituent également un stress pour le corps. Il est recommandé d’ajuster progressivement, avec l’aide d’un professionnel.
- Recherchez une aide médicale et nutritionnelle adaptée : cela inclut un gynécologue (pour évaluer la santé menstruelle et reproductive), un médecin du sport ou un médecin généraliste (pour une évaluation globale et une orientation), ainsi qu’un diététicien spécialisé en nutrition du sport (pour vous aider à concevoir un plan alimentaire adapté à vos besoins d’entraînement).
- Tenez un relevé honnête de votre alimentation et de votre entraînement : notez pendant une à deux semaines ce que vous mangez réellement et ce que vous faites comme entraînement. Ce relevé permettra aux professionnels de cerner plus rapidement l’écart entre vos apports et vos dépenses énergétiques.
- Si nécessaire, réduisez temporairement votre volume d’entraînement : si un professionnel de santé recommande une période de récupération, acceptez un ajustement temporaire de votre charge d’entraînement, en considérant que « pouvoir s’entraîner durablement sur le long terme » est plus important que « ne pas interrompre à court terme ».
- Examinez vos croyances concernant le poids et l’apparence corporelle : si une anxiété forte liée au poids ou à l’apparence est sous-jacente, cela peut nécessiter un accompagnement psychologique. Un simple ajustement du plan alimentaire ne suffira pas nécessairement à résoudre le problème de fond.
Liste des signes d’alerte nécessitant une consultation médicale (à surveiller attentivement ; si l’un d’eux apparaît, consultez rapidement)
Les situations suivantes sont des signes d’alerte qui doivent être traités en priorité et nécessitent une consultation médicale rapide. Le contenu de cet article est uniquement à visée éducative et informative ; il ne saurait remplacer un diagnostic ou un traitement médical professionnel. Si vous présentez l’un de ces signes, consultez impérativement un médecin, sans vous auto-évaluer ni tarder :
- Absence de menstruations depuis trois mois consécutifs ou plus (grossesse exclue).
- Survenue d’une fracture de stress, en particulier si elle est récurrente ou survient sans traumatisme évident.
- Apparition de pensées obsessionnelles et anxieuses concernant la nourriture, le poids ou la silhouette, affectant déjà la vie quotidienne et les relations sociales.
- Apparition de comportements liés aux troubles du comportement alimentaire : hyperphagie, vomissements provoqués, usage excessif de laxatifs ou de diurétiques.
- Fatigue anormale prolongée associée à des palpitations, des vertiges, des douleurs thoraciques.
- Humeur persistante et sévèrement dépressive, perte d’intérêt pour l’entraînement et la vie, ou apparition d’idées d’automutilation — dans ce cas, veuillez consulter immédiatement un psychiatre ou un service de santé mentale. Vous pouvez également appeler la ligne d’assistance du ministère de la Santé et du Bien-être (1925) pour un soutien immédiat.
Le rôle que peuvent jouer les entraîneurs et les coéquipiers
Les risques du RED-S sont souvent amplifiés dans une culture d’entraînement axée sur la « recherche de progrès ». L’attitude des entraîneurs et des partenaires d’entraînement est donc très importante :
- Évitez d’utiliser le poids ou l’apparence corporelle comme critère d’évaluation des athlètes. Féliciter publiquement quelqu’un d’avoir « maigri » ou commenter sa silhouette peut, sans le vouloir, renforcer des comportements alimentaires malsains.
- Soyez attentif aux signes d’alerte où le volume d’entraînement n’est pas proportionnel aux performances : si un athlète augmente constamment son volume d’entraînement mais que ses performances stagnent, qu’il se blesse ou tombe malade à répétition, il faut s’en préoccuper activement plutôt que d’augmenter la charge.
- Instaurez une culture d’équipe où l’on peut aborder en toute sécurité les questions d’alimentation et de corps, afin que les athlètes se sentent libres de demander de l’aide lorsqu’ils sentent que quelque chose ne va pas, plutôt que de le cacher.
- Lorsque l’entraîneur ne possède pas de compétences médicales ou nutritionnelles, il doit orienter l’athlète vers des professionnels appropriés, plutôt que de donner lui-même des conseils spécifiques en matière d’alimentation ou de gestion du poids.
Le contexte particulier du milieu sportif taïwanais : planification de saison et conceptions alimentaires
Les épreuves d’endurance à Taïwan présentent un caractère saisonnier marqué. Par exemple, de nombreuses courses à pied sont concentrées en automne et en hiver (le temps plus frais est plus adapté à la course de fond), et les grands défis cyclistes sur route (comme les événements de la série Wuling) sont également souvent programmés à des saisons spécifiques. Cette concentration des compétitions sur certaines périodes expose facilement les athlètes à des phases d’entraînement intensif dans les mois précédant les courses, sans qu’ils prennent conscience que leur alimentation doit également être ajustée en conséquence. Voici quelques situations courantes dans le milieu sportif taïwanais qui méritent une attention particulière :
- La tendance à la « perte de poids avant course » sur les réseaux sociaux : de nombreux athlètes amateurs entreprennent délibérément une perte de poids à court terme avant une compétition, espérant se présenter avec un poids plus léger. Si la méthode de perte de poids repose sur une restriction calorique importante et coïncide avec une augmentation du volume d’entraînement, il est très facile de créer un déficit énergétique important. Cela est particulièrement risqué lors de la préparation de défis de longue ascension comme ceux de Wuling.
- La mentalité comparative au sein des entraînements collectifs : la culture d’entraînement en groupe des équipes cyclistes ou des clubs de course à pied peut parfois créer, inconsciemment, une atmosphère de comparaison implicite du type « qui est le plus mince, qui grimpe le plus vite ». Cette atmosphère peut facilement générer une anxiété corporelle inutile chez certains membres.
- La suppression de l’appétit sous climat chaud : à Taïwan, la chaleur et l’humidité élevées de l’été provoquent fréquemment une baisse d’appétit après de longues séances d’entraînement en extérieur. Si l’on ajoute à cela une dépense énergétique déjà importante liée à l’entraînement, le risque d’un apport calorique insuffisant à long terme est amplifié. Il est donc nécessaire de s’alimenter de manière plus proactive, sans attendre d’avoir faim.
- Le risque cumulé du végétarisme ou de régimes alimentaires particuliers : la proportion de végétariens à Taïwan n’est pas négligeable. Si une personne est à la fois athlète d’endurance et adopte un régime végétarien ou des restrictions alimentaires plus strictes (comme le véganisme), elle doit planifier avec encore plus d’attention ses sources d’apports en protéines, fer, calcium et autres nutriments, afin d’éviter des carences inconscientes dues à un choix alimentaire restreint. Il est recommandé de consulter un professionnel ayant une expertise en nutrition du sport pour vous aider à élaborer vos menus.
Se remettre d’une faible disponibilité énergétique : combien de temps cela prend-il et à quoi s’attendre
Si une évaluation professionnelle confirme une faible disponibilité énergétique ou un état lié au RED-S, le processus de récupération n’est généralement pas rapide. Voici quelques points essentiels à garder à l’esprit sur le plan pratique :
- La période de récupération peut durer plusieurs mois, voire plus : en particulier si des troubles menstruels ou des anomalies de la densité osseuse sont déjà apparus, la récupération de l’axe endocrinien et la reconstitution osseuse prennent du temps. Il ne s’agit pas d’une inversion immédiate simplement en augmentant l’apport calorique sur une courte période.
- Le volume d’entraînement devra probablement être réduit par étapes : c’est souvent l’aspect psychologiquement le plus difficile pour les athlètes habitués à des volumes d’entraînement élevés. Mais continuer à s’entraîner en situation de déficit énergétique ne fera que retarder la récupération, voire aggraver l’état de santé.
- Le poids peut varier, et cela fait partie du processus de récupération : lors de la phase de reconstitution des apports énergétiques, une variation de poids est un phénomène normal qui reflète le retour à un métabolisme et à des fonctions physiologiques normaux. Il ne faut pas en éprouver de la frustration ni être tenté de re-restreindre son alimentation.
- Le délai de retour des menstruations varie selon les personnes : chez certaines, les menstruations reviennent quelques mois après l’amélioration de l’état énergétique ; chez d’autres, cela prend plus de temps. Cela doit être suivi et évalué par un gynécologue, et non pas faire l’objet d’une auto-évaluation du type « cela devrait revenir en combien de temps ».
- Rétablir une relation saine avec la nourriture et son corps est l’un des objectifs centraux de la récupération : cela nécessite souvent une collaboration entre diététicien, professionnel de la santé mentale et équipe de médecine du sport. Se contenter de tâtonner seul pour ajuster son plan alimentaire donne généralement des résultats limités.
Pour toi qui t’entraînes en vue d’une compétition : le long terme prime sur les chiffres de la balance à court terme
Préparer le défi de Wuling, le marathon de Wanjinshi, ou toute autre course qui compte pour toi, la recherche de progrès est une motivation naturelle, mais les fondations de la santé du corps doivent passer avant les résultats à l’entraînement. Un apport énergétique suffisant n’est pas un obstacle à l’entraînement, mais une condition nécessaire pour que le corps puisse supporter la charge d’entraînement, s’adapter et devenir plus fort. Se maintenir durablement dans un déficit énergétique peut ne pas montrer de coûts évidents à court terme, mais les dommages sur les os, le système endocrinien et l’immunité sont souvent cumulatifs. Une fois que des problèmes apparaissent (par exemple fractures, aménorrhée), la période de récupération est souvent plus longue qu’on ne l’imagine, et cela peut aussi laisser des effets à long terme sur un éventuel projet de grossesse ou sur la santé osseuse.
Si tu prépares une course importante, plutôt que de t’obséder sur les chiffres de la balance, ce qui mérite ton énergie, c’est : garantir un sommeil suffisant, un apport alimentaire qui suit la dépense d’entraînement, écouter les signaux de fatigue et d’inconfort du corps, et t’accorder régulièrement du repos et de la récupération. Ces approches qui semblent « prudentes » sont, sur le long terme, la clé qui te permet de continuer à pratiquer ce sport que tu aimes et d’aller plus loin.
Points clés à retenir
- Le RED-S désigne une cascade de réactions où, faute d’un apport énergétique suffisant pour couvrir la dépense d’entraînement et les besoins physiologiques de base, le corps sacrifie des fonctions « non urgentes » comme la reproduction, les os ou l’immunité.
- Les signes d’alerte courants incluent des cycles menstruels irréguliers ou une aménorrhée, des fractures de stress à répétition, une fatigue anormale persistante, des rhumes à répétition, une anxiété excessive vis-à-vis de la nourriture et du poids, etc. Un symptôme isolé ne signifie pas un diagnostic, mais il mérite une évaluation médicale.
- « Avoir ses règles qui s’arrêtent, c’est la preuve qu’on s’entraîne sérieusement » est un mythe dépassé et dangereux. Une aménorrhée secondaire est un signal d’alarme qui nécessite une consultation médicale, pas un symbole d’efficacité à l’entraînement.
- Si tu penses être concernée, consulte un gynécologue, un médecin du sport ou un diététicien spécialisé en nutrition du sport, et évite de faire des ajustements alimentaires extrêmes par toi-même.
- En cas d’aménorrhée prolongée, de fractures à répétition, de comportements liés à des troubles alimentaires, ou de pensées associées à des troubles émotionnels ou auto-agressifs, consulte rapidement un médecin. Si nécessaire, tu peux appeler la ligne d’assistance 1925 pour obtenir de l’aide.
- Les entraîneurs et les partenaires d’entraînement doivent éviter d’évaluer les athlètes sur leur poids ou leur silhouette, et instaurer une culture d’équipe où l’on peut parler des sujets liés au corps en toute sécurité.
- Un apport énergétique suffisant est la base de l’adaptation à l’entraînement et de la performance sportive à long terme. Une gestion de la santé fondée sur le long terme est plus importante que les chiffres de la balance à court terme.
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