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Récit de ma première course trail : montées, égarement et leçons de descente sur 30 km de sentiers

挑戰心得

L’arrogance du coureur sur route, et sa punition

Je passe le semi-marathon en moins de 1:50. En m’inscrivant à mon premier trail de 30 km, je me suis dit : « 30 bornes, à peine plus qu’un semi. » Le profil indiquait 1800 m+ de dénivelé positif cumulé, je n’y ai pas prêté attention. Ce récit est la facture que le sentier a présentée à mon arrogance — j’espère que vous n’aurez pas à payer la même.

Ce que j’ai ignoré avant le départ

Ce que je pensais La réalité
30 km, c’est plus court qu’un marathon, donc facile 1800 m+ de D+ rend la difficulté perçue bien supérieure à tous les marathons que j’ai courus
Mes chaussures de route suffisent Sur sentier boueux et caillouteux, l’accroche des chaussures de route est insuffisante, j’ai glissé plusieurs fois en descente
Prendre de l’eau et des gels, ça suffit L’équipement obligatoire imposait une couche chaude / lampe frontale / sifflet, j’ai failli ne pas passer le contrôle
Suivre ceux devant, on ne peut pas se tromper En trail, les coureurs s’éparpillent, il faut surveiller les balisages soi-même

Le récit de la course

Première section (0–8 km) : la montée m’a remis à ma place

Excitation du départ, sur la première longue montée j’ai voulu « courir » pour montrer mes muscles. Avant le 8e km, fréquence cardiaque dans le rouge, mollets qui protestent. Devant moi, un monsieur qui semblait lent « marchait vite » dans les pentes raides tout en creusant régulièrement l’écart — c’est là que j’ai compris que la montée en trail est un problème de répartition de puissance, pas un test de volonté. Sur toutes les pentes à plus de 15% qui ont suivi, j’ai adopté la power hike, ma fréquence cardiaque est immédiatement revenue dans une zone gérable, et ce changement a sauvé ma deuxième partie de course.

Section intermédiaire (8–18 km) : j’ai failli me perdre

Dans le brouillard, une section avec trois bifurcations successives. J’ai perdu de vue ceux devant moi et enchaîné les balises manquantes. En appliquant le principe « si deux ou trois emplacements censés être balisés ne le sont pas, on s’arrête », je me suis arrêté, suis revenu sur mes pas d’environ 200 mètres, jusqu’au dernier ruban confirmé — effectivement, je m’étais engagé sur la mauvaise voie. Cet arrêt pour revenir en arrière a été la meilleure décision de toute la course ; ceux qui ont continué en pariant sur la chance, j’ai appris plus tard qu’ils avaient parcouru près de 3 km de trop.

Section finale (18–30 km) : la facture des descentes

Je pensais que la descente était « de la vitesse gratuite », alors j’ai allongé la foulée et dévalé. Résultat : après le 25e km, mes quadriceps étaient en feu, au point de ne presque plus contrôler mes appuis — le cas typique du « manque d’entraînement excentrique en descente + foulée freinée ». Sur la dernière descente raide de 5 km, je n’ai pu que marcher, me faisant dépasser par tous ceux que j’avais doublés en montée. La descente, c’est là où j’ai perdu le plus, et c’est aussi ce que je n’avais absolument pas travaillé avant la course.

Bilan concret après l’arrivée

  1. Il faut travailler le dénivelé : avant la course, je n’avais presque fait aucun entraînement vert, et à la première montée sérieuse, j’ai explosé.
  2. Il faut encore plus travailler les descentes : la tolérance excentrique des quadriceps se construit à l’entraînement, j’ai payé 5 km de marche pour le comprendre.
  3. L’équipement doit être adapté et testé : des chaussures de route en trail, c’est une erreur ; l’équipement obligatoire n’est pas là pour vous embêter.
  4. La navigation est une vraie compétence : ce retour en arrière fait dans le calme a eu plus de valeur que n’importe quelle de mes qualités physiques.
  5. La logique d’allure est complètement différente : sur route, on regarde l’allure ; en trail, on regarde la fréquence cardiaque et la répartition de la puissance — on économise en montée, on ose lâcher en descente.

Ce que je dirais au « prochain débutant en trail »

N’estimez pas la difficulté d’un trail à partir de vos chronos route, regardez le dénivelé cumulé, pas seulement le kilométrage. Avant la course, faites au moins quelques séances de dénivelé et des répétitions de descente, courez un long run avec vos chaussures de trail et l’équipement complet, et étudiez le GPX du parcours en repérant les sections où l’on peut se perdre. Ce n’est pas « une course à pied sur un chemin plus sauvage », c’est un autre sport.

Le point de vue de l’entraîneur (pour les coureurs route qui passent au sentier) : la montagne punit équitablement deux formes d’arrogance — ceux qui forcent en montée, et ceux qui dévalent sans avoir travaillé la descente. La leçon la plus chère que j’ai apprise ce jour-là était pourtant la plus simple : ceux qui osent s’arrêter et revenir en arrière quand ils sont perdus, ceux qui acceptent de marcher en montée, ceux qui s’entraînent en descente avant la course, finissent tous par passer devant ceux qui sont « costauds mais pas préparés ».

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