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Le grandiose périple à vélo sur la route Suhua : falaises, vent marin et l'incroyable côte est de Taïwan

挑戰心得

La majestueuse traversée de la route Suhua à vélo : falaises, vent marin et l'incroyable côte est de Taïwan

Introduction

Certaines routes, on n’ose pas se laisser distraire quand on les roule, mais une fois terminées, ces images ne cessent de revenir en tête.

La route Suhua est exactement ce genre de route.

La route provinciale 9, de Su’ao à Hualien, s’étend sur environ 118 kilomètres, longeant les falaises escarpées de la côte pacifique. C’est l’une des routes les plus périlleuses et les plus spectaculaires de la côte est de Taïwan. Pour les cyclistes sur route, ce tronçon allie défi technique (longs tunnels, montées raides, camions de gravier) et festin visuel (falaises abruptes, plages de galets, eaux d’un bleu profond) — un itinéraire que tout cycliste sérieux devrait vivre au moins une fois.

Avant le départ : l’aube à Su’ao

J’ai choisi de partir à six heures du matin de la gare de Su’ao, pour une raison simple : les camions de gravier sur la route Suhua sont principalement présents entre 9 h et 15 h. Partir à l’aube permet de franchir les tronçons les plus dangereux avant le pic de circulation.

Le matin au port de pêche de Su’ao, l’air sent le poisson et les rues sont presque désertes. J’ai mangé un dan bing et deux baozi frits dans une petite échoppe près du port, vérifié que mes bidons étaient pleins, puis je suis parti.

Le tronçon avant Nan’ao est relativement plat, ponctué de petits villages et de supérettes — la dernière zone où l’on peut se ravitailler facilement sur tout le parcours. Je me suis arrêté à Nan’ao pour boire un café, conscient que, passé ce point, il n’y aurait presque plus aucun commerce sur plus de 70 kilomètres.

De Nan’ao à Heren : la véritable Suhua

Après Nan’ao, la route commence à épouser la paroi rocheuse, et le Pacifique, qui n’était qu’un lointain décor, devient un bleu azur à portée de main. Par endroits, la largeur de la route sur les sections en falaise ne dépasse pas trois mètres. À chaque passage d’un gros camion de gravier, le souffle d’air descendant me faisait instinctivement me serrer contre le bas-côté.

Tronçon Particularité Défi principal
Su’ao—Nan’ao Plat, villages Échauffement, attention à la route
Nan’ao—Heren Falaises, vue marine spectaculaire Camions de gravier fréquents, route étroite
Heren—Falaise de Qingshui Le point de vue le plus spectaculaire Tunnels sombres, montées et descentes
Qingshui—Chongde Vue dégagée, pente douce Relativement facile
Chongde—Hualien Route plate vers la ville Circulation complexe

Le tronçon de la falaise de Qingshui est le point culminant visuel. Les falaises de marbre s’élèvent verticalement depuis la mer sur près de 800 mètres. Parois blanches, eau d’un bleu profond, brume de montagne s’échappant parfois du sommet — je me suis arrêté là pour prendre des photos pendant vingt bonnes minutes, oubliant complètement que j’étais à vélo.

J’ai appris plus tard que de nombreux randonneurs dépensent des fortunes en avion pour admirer des fjords aux quatre coins du monde, sans savoir que Taïwan possède un panorama de falaises que l’on peut contempler à vélo, à 15 km/h.

L’obscurité des tunnels : le danger le plus négligé de la Suhua

La route Suhua compte plusieurs tunnels allant de plusieurs centaines de mètres à plus d’un kilomètre — c’est l’élément qui exige le plus de prudence lors de la traversée.

La luminosité y est très faible, et le bruit et les vibrations des camions de gravier dans cet espace confiné sont impressionnants. À chaque entrée de tunnel, je réglais mes feux avant et arrière sur la puissance maximale, et je m’arrêtais brièvement à l’entrée pour laisser mes yeux s’adapter à l’obscurité et vérifier qu’aucun véhicule ne me suivait de près avant de m’engager.

Une fois, dans un tunnel d’environ 800 mètres, deux camions de gravier sont soudainement apparus côte à côte derrière moi. Le bruit et les lumières se sont rapprochés d’un coup. Je me suis plaqué tout à droite, presque contre le bas-côté. Après leur passage, mon rythme cardiaque a grimpé à 180 bpm, et il m’a fallu cinq bonnes minutes pour redescendre.

Conseils pratiques

  • Le choix du moment est crucial : partez idéalement avant six heures du matin et franchissez le tronçon le plus dangereux (Nan’ao à Heren) avant 10 h. Évitez d’y entrer entre 8 h et 11 h en semaine (période la plus dense en camions de gravier).
  • Ravitaillement complet à Nan’ao : sur les quelque 75 km entre Nan’ao et Hualien, il n’y a presque aucun point de ravitaillement. Prévoyez au moins 1500 à 2000 kcal de nourriture et plus de 1,5 litre d’eau.
  • Préparation pour les tunnels : feu avant d’au moins 600 lumens, feu arrière avec fonction radar, vérifiez que tous les feux sont allumés avant d’entrer et roulez en collant le bas-côté droit.
  • Vérification météo obligatoire : la route Suhua est souvent fermée en raison de typhons, de fortes pluies ou de chutes de pierres. Consultez le site de la Direction générale des routes (1968) avant de partir.

Conclusion

En arrivant à Hualien, je me suis assis sur la plage de galets de Qixingtan et j’ai longuement contemplé le Pacifique.

Derrière moi, les falaises que je venais de franchir ; devant moi, la même mer. Mais vue d’un autre endroit, la sensation est complètement différente. Le vélo m’a fait ressentir cette distance avec mon corps ; maintenant, assis, j’ai enfin l’espace pour en digérer le poids.

La route Suhua n’est pas un itinéraire facile, mais ce qu’elle offre, ce sont des images à chérir toute une vie.

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