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De précieux souvenirs de sorties entre cyclistes : ces amitiés indicibles sur les routes de montagne

挑戰心得

Des souvenirs précieux de sorties à vélo entre amis : ces amitiés indicibles sur les routes de montagne

Introduction

Faire du vélo peut être une activité très solitaire, ou au contraire, très collective.

Parmi les cyclistes que je connais, certains roulent depuis plus de dix ans sans jamais rejoindre de club ni organiser de sorties de groupe. Ils roulent seuls, réfléchissent seuls, et l’un d’eux m’a dit que c’était sa forme de méditation. Je comprends parfaitement ce besoin.

Mais dans ma propre carrière cycliste, mes souvenirs les plus précieux sont tous liés au fait de rouler « ensemble ». Non pas parce que quelqu’un me protégeait du vent, mais parce que certaines personnes, certains moments, certaines routes, combinés ensemble, créaient une alchimie qui n’existait que dans cet instant précis.

Mon premier club : ce groupe de marginaux et leur étrange complicité

J’ai rejoint mon premier club au cours de ma deuxième année de cyclisme, un club amateur du sud de Taipei, avec environ 15 membres, âgés de 32 à 58 ans. Leurs professions : ingénieur, cuisinier, enseignant, commercial, et un homme mystérieux dont je ne suis toujours pas sûr de ce qu’il fait.

Chaque samedi matin à six heures, nous nous retrouvions près de la station de MRT de Muzha pour grimper le Yangmingshan ou emprunter la route provinciale 9 (Beiyi), puis nous prenions le petit-déjeuner ensemble avant de nous séparer.

Ce club n’avait pas de règles strictes, ni de maillot uniforme (au début du moins, puis nous en avons commandé un nous-mêmes). Certains roulaient sur des vélos haut de gamme en carbone, d’autres sur des cadres en aluminium vieux de dix ans, et certains sur des vélos de voyage avec des sacoches. Mais à chaque sortie, il y avait une entente tacite entre nous : les plus forts ne se vantaient pas, les plus faibles ne se décourageaient pas, si quelqu’un crevait, tout le monde attendait, et si quelqu’un était distancé dans une côte, on l’attendait à l’arrivée.

Cette entente, personne ne l’a jamais formulée à voix haute, mais tout le monde la connaissait.

Cycliste Ce qui m’a marqué chez lui
A-Ming (52 ans, propriétaire d’une usine de ferronnerie) Puissance de pédalage exceptionnelle, très peu bavard, mais toujours le premier à s’arrêter en cas de crevaison
Xiao-Xu (34 ans, ingénieur logiciel) Le plus technique, très rapide en descente, mais ralentissait souvent volontairement dans les montées pour accompagner les plus lents
Professeur Liao (58 ans, enseignant au collège) Vitesse moyenne, mais il avait une histoire à raconter sur chaque portion de route ; rouler avec lui n’était jamais ennuyeux
Xiao-Jiang (32 ans, cuisinier) Après chaque longue sortie, il préparait à manger pour tout le monde, sans explication, c’était comme ça

Cette ascension du Wuling dont je me souviendrai toujours

Cette sortie au Wuling avec A-Kai a été l’expérience de « rouler ensemble » la plus importante de ma vie de cycliste.

A-Kai était mon camarade d’université. Nous avions perdu contact pendant plus de dix ans avant de renouer grâce au vélo. Nous avons convenu de grimper le Wuling ensemble, au départ de Puli, à deux.

Tout au long de la route, nous roulions et discutions, évoquant nos bêtises d’université, nos parcours professionnels respectifs, nos enfants, et ces doutes et fragilités que deux hommes d’âge mûr ont du mal à exprimer dans les interactions sociales ordinaires.

Après 2 500 mètres d’altitude, la conversation s’est peu à peu tarie, chacun entrant dans son propre rythme. Ce silence était une chose étrange — non pas gênant, mais une forme de compagnie où « je sais que tu es là, tu sais que je suis là, et nous n’avons pas besoin de parler constamment ».

Arrivé au Wuling, A-Kai était déjà là, il m’attendait près du panneau. Quand je suis arrivé, il m’a tendu une canette de café qu’il avait montée de Cingjing, en disant : « Bois, ça fait un moment que je t’attends. »

Cette canette de café était le meilleur café que j’aie jamais bu, non pas parce qu’il était bon, mais parce qu’il représentait cette attente.

Une rencontre fortuite avec un inconnu à vélo

Parfois, les liens créés avec des cyclistes inconnus sont encore plus surprenants.

Un jour, sur la route provinciale 9 (Beiyi), j’ai croisé un cycliste qui montait dans la même direction avant Pinglin. Sa vitesse était similaire à la mienne, et nous avons roulé ainsi à environ 30 mètres l’un de l’autre sur une dizaine de kilomètres, sans nous dépasser, sans nous laisser distancer.

Arrivé au centre-ville de Pinglin, il s’est arrêté, m’a fait un signe de tête et m’a dit : « Rouler ensemble va plus vite que rouler seul, merci de m’avoir donné un objectif à suivre. »

J’ai été surpris un instant, puis j’ai répondu : « C’est moi qui suivais ton rythme. »

Il a éclaté de rire. Nous avons bu une boisson au bord de la route, échangé nos Line, puis chacun est reparti de son côté. Par la suite, nous nous sommes parfois envoyé des « j’aime » sur Strava, et nous avons refait quelques portions de route ensemble. On peut dire que nous sommes devenus des partenaires de route à moitié.

Les rencontres sur la route sont comme ça : légères, rapides, mais authentiques.

Ces instants qui me donnent encore plus envie de rouler

  • À quatre heures du matin, lors des regroupements, cette attention délicate quand on se demande mutuellement « tu as pris de quoi te ravitailler ? »
  • Quand quelqu’un est au bord du craquage dans une côte, et que ceux derrière lui lancent, avec un ton mi-taquin mi-encourageant, « encore deux virages et on y est » (c’est généralement un mensonge, mais ça marche)
  • À la fin d’une longue sortie, assis sur les chaises en plastique d’une petite échoppe au bord de la route, sans rien dire, juste le fait d’être ensemble dans le calme
  • Quand quelqu’un achète un nouveau vélo et sort pour la première fois, avec cette joie qu’il ne peut pas cacher sur son visage, comme un enfant
  • Quand le plus fort du club se retrouve意外 à la traîne lors d’une montée, personne ne plaisante, on l’attend et on repart, et cet épisode n’est jamais évoqué

Ces instants ne peuvent pas être capturés en photo, mais ils me rappellent plus que n’importe quelle photo de sortie le sens que je donne au vélo.

Conseils pratiques

  • Trouver un partenaire de route régulier de niveau similaire est plus rentable que de mettre à niveau son équipement : la contribution d’un partenaire avec qui vous roulez chaque semaine à vos progrès dépasse de loin celle d’un nouveau jeu de roues.
  • Un club n’a pas besoin d’être formel, trois personnes suffisent pour en former un : il suffit d’un horaire fixe, d’un point de rendez-vous fixe et de se communiquer l’itinéraire pour créer une communauté cycliste efficace.
  • Si vous croisez un cycliste inconnu qui roule dans la même direction à un rythme similaire, n’hésitez pas à engager la conversation : beaucoup d’amitiés cyclistes qui durent toute une vie commencent comme ça.
  • Prendre soin des cyclistes plus faibles que vous est plus important que de dépasser ceux qui sont plus forts : un cycliste prêt à attendre les autres trouvera plus de bonheur à vélo sur le long terme qu’un cycliste qui ne pense qu’à sa vitesse.

Conclusion

Faire du vélo peut être très solitaire, ou au contraire, très collectif.

Ces conversations sur les routes de montagne, ces rythmes tacitement partagés dans les montées, cette canette de café tendue à l’arrivée — voilà ce qui, toutes ces années à vélo, me donne plus que n’importe quelle performance personnelle le sentiment que « ça vaut la peine de continuer ».

Les records de vitesse seront battus, mais pas ces souvenirs-là.

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