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【Analyse approfondie】Comment les cyclistes sur route utilisent-ils la course ultra-lente (entraînement Zone 2) pour franchir les paliers ? Exploration des mécanismes scientifiques du premier seuil lactique (LT1) et de la néovascularisation capillaire : la

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Si vous dressiez la liste des termes les plus mal compris dans le monde de l’entraînement cycliste sur route, Zone 2 figurerait presque certainement dans les premières places. Beaucoup l’interprètent comme « rouler tranquille », le romanticisent comme « la zone de brûlage des graisses », ou, plus brutalement encore, le réduisent à un certain pourcentage du FTP. Ces explications ne capturent qu’une partie de la réalité. Pour un cycliste sur route qui cherche réellement à franchir un palier, la valeur de la Zone 2 ne réside pas dans son confort, mais dans sa capacité à vous permettre d’accumuler, sur la durée, un volume d’entraînement suffisant et récupérable, sous ou à proximité du premier seuil lactique (LT1), afin de modifier l’apport capillaire musculaire, la stabilité métabolique et l’endurance en fin d’effort.

Concernant le titre « viser le sub-3 », il faut d’abord être honnête sur un point : le sub-3 est un jalon plus courant dans le monde de la course à pied ; en cyclisme sur route, il n’existe pas de seuil aussi universellement reconnu que le sub-3 marathon. Une interprétation plus raisonnable ici est de considérer le « sub-3 » comme un symbole de performance de haut niveau, par exemple un défi de montée de trois heures, un contre-la-montre de trois heures, ou plus largement, une performance d’endurance de haut niveau. C’est précisément pour cela que cet article ne présentera pas la Zone 2 comme une panacée mystérieuse, mais la replacera dans le contexte réel du cyclisme sur route : les longues distances en régime de croisière, les répétitions de bosses, le maintien de la puissance en fin de course, et la capacité à accumuler régulièrement du volume d'entraînement sur toute une saison.

1. Clarifions d’abord la définition : pour la Zone 2 en cyclisme sur route, il est préférable d’utiliser le LT1 comme limite supérieure

Si la Zone 2 est si confuse, c’est parce que les différentes plateformes et systèmes d’entraîneurs ne découpent pas les zones de la même manière. La Zone 2 d’un système à cinq zones, la Zone 2 d’un système à sept zones, ou la première zone d’un système à trois zones peuvent très bien ne pas être la même chose.

L’approche la plus fiable pour le cyclisme sur route est de revenir d’abord aux frontières physiologiques :

  • LT1 / VT1 : premier seuil lactique ou premier seuil ventilatoire
  • En dessous de cette intensité, la pression lactique et ventilatoire reste généralement relativement stable
  • Au-dessus de cette intensité, le coût métabolique et l’accumulation de fatigue commencent à augmenter plus nettement

Donc, si cet article devait donner une définition opérationnelle, ce serait :

Entraînement Zone 2 en cyclisme sur route = entraînement stable à grand volume, principalement sous ou à proximité du LT1.

C’est plus pertinent que d’écrire directement 65-75 % du FTP, car la distance entre le FTP et le LT1 peut varier considérablement d’une personne à l’autre. Le véritable point n’est pas la zone affichée sur la plateforme, mais de savoir si vous restez dans la limite où vous pouvez produire une puissance stable sur la durée, avoir une respiration contrôlable, récupérer et répéter fréquemment.

2. Pourquoi la moyenne d’une course sur route ne semble pas si élevée, mais nécessite pourtant beaucoup d’entraînement sous le LT1

Beaucoup de cyclistes trouvent la Zone 2 contradictoire à première vue : si les courses sur route comportent souvent des sprints, des montées et des attaques, pourquoi passer autant de temps à s’entraîner sous le LT1 ?

Regardons d’abord les données réelles du cyclisme sur route.

L’étude de Vogt et al. sur les courses par étapes professionnelles a révélé que la puissance moyenne des étapes en ligne (mass-start) était d’environ 220 ± 22 W, et qu’en fonction des zones de puissance, en moyenne 58 % du temps de course se passait sous le LT. Les recherches de Padilla et al. sur les cyclistes professionnels montrent également que, pour différents types d’étapes en ligne montagneuses, malgré des actions répétées à intensité moyenne et élevée, le temps global reste largement réparti dans les zones inférieures et moyennes.

Le point ici n’est pas que « la course est facile », mais que :

  1. La moyenne d’une course masque généralement une multitude de fluctuations de haute intensité sur de courtes durées
  2. Vous avez besoin d’une grande base aérobie à faible intensité pour pouvoir absorber ces fluctuations
  3. Si votre plancher de LT1 est trop bas, une même vitesse de croisière dans le peloton représentera pour vous un coût métabolique plus élevé

En d’autres termes, ce qu’une course sur route teste vraiment, c’est : votre capacité à préserver suffisamment de ressources métaboliques et nerveuses pendant les longues périodes d'intensité faible à modérée, apparemment non décisives, pour gérer les segments de haute intensité qui font réellement la différence.

C’est aussi pourquoi la Zone 2 n’est pas un accessoire pour le cyclisme sur route, mais bien le socle.

3. Le LT1 et la néovascularisation capillaire, pourquoi ils sont au cœur des capacités de base du cycliste sur route

Si l’on ne parle que du VO2max, on risque de trop centraliser l’entraînement d’endurance, comme si tout ne dépendait que de la limite cardiorespiratoire. Mais ce qui détermine réellement votre capacité à produire une puissance stable sur la durée inclut également l’apport en oxygène, le métabolisme et la capacité d’élimination au niveau des muscles périphériques. C’est ici qu’intervient la capillarisation.

1. L’entraînement à faible intensité augmente effectivement l’apport capillaire

L’étude de Shono et al., après avoir fait suivre aux participants un entraînement à faible intensité de 6 semaines, 60 minutes par séance, 5 fois par semaine, à l'intensité du seuil lactique (LT), a constaté :

  • Le ratio capillaire/fibre est passé de 1,97 à 2,49
  • Le VO2max a augmenté d’environ 5 %
  • Le VO2 au LT a augmenté d’environ 27 %

C’est un signal très clair : un travail d'endurance d'intensité faible à modérée et soutenable peut, en soi, améliorer l'apport capillaire.

2. La haute intensité ne stimule pas plus la croissance capillaire que l’intensité faible à modérée

L’étude de Hoier et al., comparant la stimulation des signaux d’angiogenèse entre un exercice d’intensité modérée et un exercice intermittent intense, a constaté que l’augmentation du VEGF induite par les intervalles à haute intensité était significativement plus faible, d’environ 60 % de moins que celle de l’intensité modérée, et que 4 semaines d’entraînement à haute intensité n’avaient pas augmenté davantage la capillarisation. Cela signifie que :

Pour rechercher une adaptation de la capillarisation et un apport en oxygène périphérique stable, tous les stimuli ne sont pas nécessairement plus efficaces s'ils sont plus durs.

3. Les vrais grands cyclistes sur route ont naturellement une meilleure qualité musculaire

L’étude de Sjøgaard sur les cyclistes sur route élites a révélé que la densité capillaire musculaire des cyclistes professionnels d’élite est environ 30 % plus élevée que celle des cyclistes compétitifs. Coyle et al., comparant des cyclistes ayant un VO2max similaire, ont également souligné que plus de 92 % de la variance des performances d’endurance pouvait être expliquée par le %VO2max au LT et la densité capillaire musculaire.

Cet ensemble de preuves est crucial car il nous dit :

L'écart d'endurance en cyclisme sur route ne dépend pas seulement de qui a le VO2max le plus élevé, mais de qui, à capacité maximale égale, peut faire travailler ses muscles de manière plus économique, plus stable et plus durable.

4. La valeur la plus importante de la Zone 2 pour le cyclisme sur route est en réalité la durabilité

Les recherches sur l’endurance de ces deux dernières années ont clarifié un concept : la durabilité, c’est-à-dire votre capacité à maintenir vos frontières physiologiques et votre capacité de production de puissance initiales après un effort prolongé.

L’étude de Stevenson et al. a constaté qu’après 2 heures de pédalage à environ 90 % du VT1, la puissance de transition modérée à lourde des participants diminuait significativement :

  • La puissance correspondant au VT1 est passée de 217 W à 196 W
  • La fréquence cardiaque, elle, est passée de 142 bpm à 151 bpm

Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que le LT1 mesuré le matin n’est pas le même après deux heures de vélo. Plus on avance dans l’effort, si l’efficacité diminue et que le coût métabolique augmente, une puissance initialement sûre peut progressivement devenir plus difficile à soutenir.

L’étude de Voet et al. (2025) sur des cyclistes semi-professionnels souligne également :

  • Le temps passé sous l’intensité du premier seuil lactique est fortement corrélé avec l’oxydation des glucides (CarbOx) en état de fatigue
  • Pour un même volume d’entraînement, les effets sur la performance à l’état frais et sur la performance en état de fatigue peuvent être différents

Cela rend la valeur de la Zone 2 plus concrète : elle ne sert pas seulement à ce que vous rouliez facilement au début, mais elle améliore votre capacité à ne pas vous effondrer en fin d'effort. Pour le cyclisme sur route, c’est généralement plus utile que d’augmenter simplement votre puissance de 5 minutes à l’état frais.

5. Pourquoi un grand volume d’entraînement sous le LT1 est souvent plus difficile à réaliser que vous ne le pensez

Les cyclistes expérimentés le savent : la vraie Zone 2 n’est pas « rouler doucement », elle est facile à mal exécuter.

L’étude de Sanders et al., observant la répartition de l’intensité d’entraînement des cyclistes sur route, a constaté que si l’on utilise l’RPE (perception de l’effort) pour calculer, la répartition temporelle diffère beaucoup de celle calculée avec la FC ou la puissance. Avec la puissance et la fréquence cardiaque, les cyclistes passent environ 79,5-86,8 % de leur temps en zone 1 ; mais avec l’RPE, cela ne représente que 44,9 %. Cela signifie que :

  • Subjectivement, vous pensez « rouler régulièrement et stablement »
  • Métaboliquement, vous avez peut-être déjà dérivé vers la zone 2, voire plus

Les scénarios les plus courants où les cyclistes sur route ruinent leur Zone 2 incluent :

  • Sortir avec des amis, discuter la première moitié, puis commencer à se jauger silencieusement la seconde moitié
  • Rencontrer de faux-plats, du vent contraire, de courts ponts, et compenser la puissance à plusieurs reprises
  • Regarder la vitesse plutôt que la puissance, et pousser la frontière métabolique plus haut pour maintenir les chiffres
  • À jeun, par temps chaud, ou après une mauvaise nuit, s’obstiner à maintenir sa puissance habituelle

Ainsi, la Zone 2 n’est pas une séance qui ne demande pas de concentration, c’est au contraire une séance qui exige beaucoup de discipline.

6. Comment un cycliste sur route peut-il savoir s’il est vraiment sous ou près de son LT1

La méthode la plus pragmatique ne doit pas se fier à un seul indicateur, mais croiser trois niveaux de signaux.

1. La puissance

Si vous connaissez votre puissance au LT1 / VT1, utilisez-la directement comme limite supérieure, plutôt que de vous fier uniquement à un pourcentage du FTP. En l’absence de test en laboratoire, commencez par une fourchette prudente, puis ajustez en fonction de votre ressenti après la sortie.

2. La fréquence cardiaque

La fréquence cardiaque est un bon gardien de but, mais pas un bon navigateur unique. Elle a tendance à dériver à la hausse en fin de longue sortie, il faut donc accepter que :

  • En début de sortie, la puissance est fixe et la FC stable
  • En fin de sortie, si vous ne réduisez pas la puissance, la FC peut progressivement dépasser la limite du LT1

3. La perception subjective

Une bonne Zone 2 en cyclisme sur route présente généralement ces caractéristiques :

  • Respiration profonde mais régulière
  • Possibilité de parler par phrases courtes et complètes
  • Sensation de travail dans les jambes, mais sans accumulation continue d’acide
  • Le lendemain, capacité à réaliser une séance de qualité

Si, à la fin de la sortie, vous vous dites « c’était en fait une journée difficile », ce n’est probablement pas un entraînement sous le LT1.

7. La meilleure organisation hebdomadaire de la Zone 2 pour un cycliste sur route n’est pas de rouler lentement tous les jours, mais de l’utiliser pour soutenir la structure globale

Pour le cyclisme sur route, le rôle idéal de la Zone 2 est : servir de principal vecteur de volume d'entraînement, permettant de réaliser les séances vraiment exigeantes sans fatigue excessive.

Une structure hebdomadaire pratique pourrait ressembler à ceci :

Niveau d’entraînement Configuration Zone 2 Contenu associé
Amateur général, 6-8 heures/semaine 2-3 séances, total 4-5 heures 1 séance au seuil ou VO2, 1 séance technique/récupération
Amateur avancé, 8-12 heures/semaine 3-4 séances, total 6-8 heures 1-2 séances de haute qualité, 1 longue sortie pour observer la durabilité en fin de parcours
Phase de construction à fort volume La majeure partie du volume total est fournie par la Zone 2 Conserver uniquement quelques stimuli de haute intensité, peu nombreux mais clairs

Le principe le plus important ici n’est pas « plus de Zone 2 est toujours mieux », mais :

La Zone 2 doit vous permettre de mieux réaliser vos séances de qualité, et non pas voler vos ressources de récupération.

Si vous roulez chaque soi-disant séance de Zone 2 dans la zone grise, vous obtiendrez généralement :

  • Un volume à faible intensité pas assez propre
  • Une haute intensité pas assez tranchante
  • Une fatigue quotidienne sans véritable progression

8. Conclusion : la Zone 2 en cyclisme sur route n’est pas un entraînement conservateur, c’est un travail d’ingénierie pour repousser les limites

Si l’on devait résumer tout cet article en une phrase, ce serait :

Un cycliste sur route fait de la Zone 2, non pas parce qu'il n'ose pas forcer, mais parce qu'une véritable performance d'endurance de haut niveau nécessite un volume important de travail récupérable sous le LT1 pour transformer l'apport en oxygène, le métabolisme et la durabilité au niveau musculaire.

En rassemblant les recherches originales, on peut tirer plusieurs conclusions assez solides :

  • La majeure partie du temps d’entraînement en cyclisme sur route devrait naturellement se situer sous le LT1
  • L’entraînement d’endurance à faible intensité peut améliorer l’apport capillaire, ce n’est pas « sans stimulus »
  • La différence entre les cyclistes sur route de haut niveau provient en grande partie de la qualité musculaire et de la performance au LT, et pas seulement du VO2max
  • Après un effort prolongé, la puissance correspondant au VT1/LT1 diminue, la durabilité en fin d’effort est donc une capacité clé
  • Sans discipline, la Zone 2 est facile à transformer en zone grise

Ainsi, pour un cycliste sur route qui cherche réellement à franchir un palier, la valeur de la Zone 2 n’a jamais été seulement la « lenteur ». Sa véritable valeur est la suivante : vous permettre d'accumuler, sur toute une saison, un grand volume d'entraînement au bon endroit, afin que la capillarisation, la stabilité métabolique et la durabilité continuent de progresser, et finalement de construire les capacités de haute intensité nécessaires aux moments décisifs sur un socle plus épais.

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