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Remonter la rivière Nanshi à vélo vers le village des nuages : 14,4 kilomètres de route fluviale jusqu'à Fushan

挑戰心得

En remontant la rivière Nanshi à vélo vers le village des nuages : 14,4 km de route de remontée de rivière vers Fushan

En remontant la rivière Nanshi à vélo vers le village des nuages : 14,4 km de route de remontée de rivière vers Fushan

Une route qui naît le long d’une rivière

Certaines routes existent pour conquérir un sommet, d’autres pour suivre une rivière — la route industrielle de Wulai vers le village de Fushan appartient clairement à la seconde catégorie. Elle s’étend sur 14 355,3 mètres, soit environ 14,36 km, avec un dénivelé positif total de 291,6 mètres et une pente moyenne de seulement 1,4 %. À ne regarder que ces chiffres, on pourrait facilement croire qu’il s’agit d’une « montée douce et ennuyeuse », mais dès que l’on pédale réellement sur cette route, en remontant le fil de l’eau de la rivière Nanshi vers l’amont, on comprend que le charme de cette route n’a jamais résidé dans la difficulté de sa pente, mais dans ce qu’elle vous fait traverser : un voyage qui passe progressivement de l’agitation du marché à la quiétude de la montagne, de la vie en plaine à la culture tribale.

Fait intéressant : si l’on vérifie sérieusement les chiffres topographiques de cet itinéraire, on découvre une petite contradiction : 14 355,3 mètres multipliés par une pente moyenne de 1,4 % donneraient théoriquement un dénivelé d’environ 201 mètres, mais le dénivelé positif réel atteint 291,6 mètres, soit un écart de près de 90 mètres. Cet écart correspond précisément au caractère le plus authentique de cet itinéraire — ce n’est pas une route qui monte en ligne droite, mais une piste forestière de remontée de rivière qui serpente et ondule le long de la vallée de la Nanshi, tantôt grimpant, tantôt redescendant. La pente moyenne est « diluée » par les ondulations successives, mais ces ondulations accumulées en dénivelé positif représentent un poids que le corps ressent honnêtement pendant le parcours. Cet écart entre « des chiffres qui semblent doux et une expérience réelle plus riche » est peut-être ce qui rend cet itinéraire le plus fascinant.

Départ du centre de Wulai : un point de départ qui dit adieu à l’agitation

Le jour du départ, le centre de Wulai était en pleine affluence touristique, les effluves de barbecue et de riz cuit dans des tubes de bambou flottaient déjà autour du vieux quartier, et devant les hôtels de sources chaudes se tenaient par petits groupes des visiteurs au teint rosé, tout juste sortis du bain. En faisant passer le vélo à travers ce quartier animé, en direction du village de Fushan, l’agitation s’estompe en quelques centaines de mètres à peine — les enseignes des boutiques le long de la route bitumée se font plus rares, remplacées par des montagnes qui s’empilent à perte de vue et le son de l’eau qui se rapproche peu à peu de vos oreilles.

Cette « bascule instantanée » est l’une des raisons pour lesquelles j’affectionne particulièrement cet itinéraire. En ville, il est difficile de trouver un endroit où, en moins de dix minutes de vélo, l’on passe d’un marché touristique bruyant à un recoin sauvage de montagne où ne subsistent que le murmure de l’eau et le chant des oiseaux. Sur ce tronçon, le lit de la rivière Nanshi est relativement large, le soleil se reflète en scintillant sur la surface de l’eau, et l’on aperçoit parfois des aigrettes sautant entre les rochers ou des oiseaux aquatiques picorant la tête baissée. La sérénité que dégage ce tableau pousse naturellement à ralentir la cadence de pédalage pour en profiter davantage.

Sur ce premier tronçon, la pente est effectivement douce, autour de 1 à 2 % en moyenne, et l’on ressent à peine la charge de la montée ; c’est plutôt comme une croisière qui avance lentement le long de la vallée. C’est aussi pourquoi de nombreux cyclistes qui affrontent cet itinéraire pour la première fois se font l’illusion, sur les premiers kilomètres, que « cette route a l’air facile » — jusqu’à ce que les ondulations successives apparaissent dans la section médiane, pour comprendre enfin les strates cachées de cet itinéraire.

Les ondulations de la section médiane : un terrain qui danse avec le cours d’eau

Après environ quatre ou cinq kilomètres, l’itinéraire révèle son vrai caractère. La route ne se contente plus d’avancer paisiblement le long de la rive ; elle suit les replis du terrain en enchaînant les petites montées et descentes — là où la paroi rocheuse fait saillie, la route fait un détour en grimpant ; là où un affluent rejoint la rivière par un pont, la route est généralement précédée et suivie de brèves descentes puis de remontées. Ces variations de terrain donnent au rythme de pédalage l’allure d’une danse avec le cours d’eau — de la même manière que l’eau contourne les rochers et forme des tourbillons dans les virages du lit, les ondulations de la route semblent répondre à cette logique de l’écoulement.

J’aime beaucoup cet état de pédalage qui exige de la concentration sans pour autant devenir pénible. Ce n’est pas comme une montée raide où il faut serrer les dents ; c’est plutôt un jeu de rythme continu, légèrement exigeant — il faut constamment anticiper les changements de terrain à venir, ajuster le braquet et la force de pédalage au bon moment. Ces micro-ajustements et adaptations permanents donnent finalement à tout le parcours une dynamique ludique, une texture d’expérience totalement différente d’une croisière plate et rectiligne.

La végétation le long du chemin change également de manière marquée sur ce tronçon : la forêt de feuillus s’épaissit, le couvert végétal augmente, et la température sous les arbres est nettement plus fraîche que sur les sections dégagées. On aperçoit parfois des fougères poussant en abondance sur les pentes du vallon, ainsi que des fleurs sauvages anonymes ponctuant les herbes au bord de la route. Cette apparence naturelle, brute, sans excès d’aménagement artificiel, est le bien le plus précieux des itinéraires forestiers de montagne profonde.

Le territoire traditionnel des Atayal : le poids culturel du village de Fushan

Le district de Fushan, où se trouve le village de Fushan, est la plus vaste subdivision administrative de Nouvelle-Taipei et la plus méridionale du district de Wulai. Sa population ne dépasse guère huit cents personnes, ce qui en fait un établissement autochtone de montagne tout à fait typique. Cette zone appartient au territoire de vie traditionnel des Atayal, dont les membres vivent depuis des générations adossés à la montagne et tournés vers l’eau, développant une sagesse de vie et des traditions culturelles étroitement liées à ce vallon et à cette forêt.

En pédalant sur la route qui mène au village de Fushan, il est difficile de ne pas réfléchir au poids historique que porte cette terre. Dans la culture traditionnelle atayal, le tatouage facial, le tissage, la guimbarde, les rites de chasse aux têtes (qui ont existé historiquement mais ne sont plus pratiqués aujourd’hui), etc., ont tous été des symboles importants de l’identité de ce peuple. Avec l’évolution des temps, ces traditions se sont progressivement transformées en formes que l’on rencontre aujourd’hui plus souvent lors de démonstrations culturelles ou d’occasions touristiques : artisanat de tissage, chants et danses, visites guidées des tribus, etc. Les Atayal de la région de Wulai conservent encore aujourd’hui un degré considérable de tradition de tissage, et l’on voit régulièrement autour du vieux quartier des objets artisanaux et des vêtements ornés de motifs atayal.

Je tiens particulièrement à souligner que lorsque l’on traverse des établissements autochtones comme le village de Fushan, il est essentiel de garder une attitude respectueuse. C’est ici le foyer où ces gens vivent réellement, et non un décor créé pour le tourisme. Si l’occasion se présente d’entrer en contact avec les habitants de la tribu le long du chemin, abordez-les avec humilité et curiosité, à l’écoute, plutôt que de supputer ou de consommer la culture de cette terre à travers des stéréotypes. Ces dernières années, la société taïwanaise a progressivement approfondi sa connaissance des cultures autochtones, et de plus en plus de tribus développent activement des visites culturelles, de l’écotourisme et d’autres formes d’interaction bienveillante, permettant aux voyageurs et cyclistes venus de l’extérieur de découvrir de manière plus appropriée la profondeur humaine qui se cache derrière cette forêt.

Le tronçon de transition en montagne profonde : la quiétude au cœur des ombrages

Après les ondulations de la section médiane, l’itinéraire entre dans un tronçon de transition en montagne profonde où l’altitude augmente progressivement. C’est sur ce tronçon que le couvert forestier atteint son maximum sur tout le parcours : la lumière du soleil est découpée par les canopées superposées en taches de lumière fragmentées qui dansent sur la surface du bitume. La température y est nettement plus fraîche, l’air chargé d’une humidité végétale et d’un parfum de terre — une expérience sensorielle presque thérapeutique que seules les pistes forestières de montagne profonde peuvent offrir.

La pente de ce tronçon est relativement douce, idéale pour ralentir et se laisser véritablement imprégner par l’atmosphère naturelle environnante. On entend parfois au loin le chant d’oiseaux inconnus, ou le bruissement des feuilles sous le vent de montagne. Cette stratification des sons est un festin auditif presque impossible à expérimenter dans la vie urbaine. Sur ce tronçon, je ralentis souvent délibérément ma cadence de pédalage pour me laisser plus de marge afin de ressentir les messages que cette forêt transmet — elle ne vous presse pas d’atteindre la destination, elle vous invite à ralentir et à accompagner pleinement ce voyage en lui-même.

Sur ce tronçon, le lit de la rivière Nanshi se rétrécit également progressivement, et le bruit de l’eau passe du lent écoulement des sections plus larges à un clapotis cristallin qui résonne dans le vallon resserré. On aperçoit parfois l’eau qui tranche à travers les strates rocheuses en formant de petits rapides ou des bassins profonds. La puissance de ce relief de vallée sauvage inspire une admiration sincère pour l’ingéniosité de la nature.

Arrivée à Fushan : un village tribal niché dans les nuages

Alors que l’altitude ne cesse de grimper, sur les derniers kilomètres précédant le village tribal de Fushan, le champ de vision s’élargit progressivement — la sensation d’oppression ressentie plus tôt, enveloppé par la forêt dense, se dissipe peu à peu pour laisser place à des crêtes montagneuses qui se déploient devant vous. Si le temps est brumeux, vous pourrez même voir des nuages vaporeux s’écouler lentement entre les vallées, comme si vous étiez transporté dans un monde féerique. Cette transition de perspective topographique est souvent le signal que vous êtes sur le point d’arriver au village tribal de Fushan.

En pédalant jusqu’au cœur du village, la sensation est difficile à décrire en quelques mots — après plus d’une heure d’ascension en remontant la rivière, vous atteignez enfin cette communauté nichée au plus profond des montagnes. Vous découvrez des habitations construites à flanc de colline, disposées en ordre dispersé sur les pentes, avec parfois du linge séchant devant les portes ou des récoltes fraîchement cueillies empilées. Cette quiétude, cette vie montagnarde autosuffisante, contraste vivement avec l’agitation touristique des zones urbaines en contrebas.

Fushan possède un célèbre sentier d’observation des poissons et un pont panoramique. Si le temps le permet, prenez le temps après votre arrivée de longer le sentier pour admirer les bancs de poissons évoluant dans les eaux cristallines du cours supérieur de la rivière Nanshi. Cette rivière, en raison de son éloignement et des perturbations humaines relativement limitées, conserve une qualité d’eau et un écosystème remarquablement intacts — un lieu idéal pour découvrir l’écologie fluviale originelle des montagnes taïwanaises. Debout sur le pont panoramique, contemplant la vallée en contrebas et repensant aux 14,36 kilomètres parcourus en remontant la rivière, une sensation indescriptible d’accomplissement et d’émotion vous envahit — ce n’est pas seulement un défi cycliste relevé, c’est comme si vous aviez accompli un petit pèlerinage au cœur des montagnes taïwanaises, à la découverte d’un village tribal d’origine.

Les paysages de vallée, saison après saison

Le bassin de la rivière Nanshi offre des visages différents à chaque saison. Au printemps (mars-avril), la forêt s’éveille progressivement, les jeunes feuilles verdoyantes apportent une touche de vie débordante à la vallée, et l’on peut parfois apercevoir des fleurs sauvages écloses çà et là le long du chemin. En été (juin-août), la rivière est à son niveau le plus généreux, l’ombre luxuriante offre une protection idéale contre le soleil, mais il faut aussi rester vigilant face aux risques de crues soudaines et de chaussées glissantes provoqués par les orages de l’après-midi.

L’automne (octobre-novembre) est, à mon avis, la saison idéale pour parcourir cet itinéraire — le climat est stable, l’humidité modérée, l’air en montagne est particulièrement pur, et si vous avez la chance de tomber sur une journée dégagée sans nuages, vous pourrez distinctement admirer les crêtes majestueuses des montagnes se découpant sur le ciel bleu. En hiver (décembre-février), sous l’influence de la mousson du nord-est, la région montagneuse est souvent enveloppée de brouillard et les températures chutent nettement. Ce paysage brumeux possède une poésie vaporeuse singulière, mais il est impératif de bien se couvrir et de redoubler de prudence sur les chaussées glissantes.

Suggestions d’itinéraire : un voyage complet de la vallée à la vieille rue

Si vous planifiez une excursion d’une journée, je vous suggère de faire du village de Fushan le cœur de votre exploration approfondie, puis de prolonger avec une visite de la vieille rue de Wulai au retour, pour savourer les spécialités culinaires locales de montagne, ou de vous offrir un bain thermal afin de laisser vos jambes tendues et votre esprit se détendre et récupérer pleinement après cette journée éprouvante. Autour de la vieille rue, de nombreuses échoppes mettent en valeur l’artisanat et la culture du peuple Atayal — elles méritent qu’on s’y attarde pour clore ce voyage tribal en beauté, sur une note culturelle et humaine.

Pour approfondir votre connaissance de la culture Atayal, soyez également attentif aux festivals culturels Atayal organisés de manière ponctuelle ces dernières années dans le district de Wulai. À travers chants, danses et démonstrations artisanales, vous pourrez mieux appréhender ce peuple qui vit depuis des générations dans le bassin de la rivière Nanshi. Pour les dates et le contenu précis de ces événements, il est recommandé de se référer au bureau du district de Wulai ou aux informations touristiques officielles, car le calendrier de ces manifestations culturelles peut varier légèrement chaque année.

Ce que cette route m’a appris

Sur le chemin du retour, suivant les ondulations gravies à l’aller, la descente est nettement plus rapide et légère, mais mes pensées se tournaient vers ce parcours de remontée de rivière qui avait exigé patience et concentration. Ce que cette route vers Fushan m’a appris, c’est peut-être l’état d’esprit à adopter face à un long voyage — ne pas se laisser berner par des chiffres apparemment cléments et négliger les préparatifs, ne pas se laisser intimider par les aléas du parcours, mais avancer avec respect pour la nature et les cultures locales, pas à pas, en laissant le corps et l’esprit s’accorder au rythme véritable de cette route qui longe la rivière.

Si vous aspirez vous aussi à une expérience cycliste qui allie défi physique et ressourcement spirituel, je vous recommande sincèrement de choisir une journée ensoleillée, de prendre votre vélo en direction de Wulai, de remonter la rivière Nanshi vers son cours supérieur, et de ressentir par vous-même ce que ces 14,36 kilomètres ont à offrir — bien plus que 291,6 mètres de dénivelé cumulé, c’est un voyage profond tissé de nature, d’histoire et de culture.

La faune et la flore de la vallée

En roulant à allure modérée sur cette route industrielle longeant la rivière Nanshi, ce qui distrait le plus facilement (mais qui vaut le plus le détour), c’est la richesse écologique qui borde le chemin. Les vallées de basse altitude de Taïwan ont toujours été des habitats à très haute biodiversité, et le bassin de la rivière Nanshi, grâce à un développement humain relativement limité sur certains tronçons, préserve un écosystème naturel remarquablement complet. En cours de route, si vous ralentissez et retenez votre souffle, vous verrez souvent des lézards prenant le soleil sur les rochers filer soudainement dans les herbes, ou vous entendrez les chants d’oiseaux emblématiques comme le pie bleu de Taïwan ou le barbu à cinq couleurs — ces cris clairs et rythmés, mêlés au murmure de la rivière, composent une symphonie naturelle propre à ces montagnes.

L’écosystème aquatique est tout aussi remarquable. Le cours supérieur de la rivière Nanshi est d’une clarté exceptionnelle, avec une excellente visibilité. Debout au bord de l’eau ou sur un pont, on aperçoit souvent des bancs de poissons évoluant paisiblement dans les zones profondes à la recherche de nourriture. C’est d’ailleurs pourquoi le village de Fushan dispose d’un sentier d’observation des poissons dédié — la communauté locale est manifestement consciente de la valeur de cet écosystème fluvial et a mis en place des infrastructures pour guider les visiteurs vers une observation respectueuse de l’écosystème. Si le temps le permet, n’hésitez pas à vous arrêter au bord de la rivière, à rester quelques minutes en silence, à observer les ombres des poissons se déplaçant sous la surface — cette expérience de proximité avec l’écosystème naturel est impossible à vivre si l’on traverse cet itinéraire à toute vitesse.

Côté végétation, au fil des variations d’altitude et de relief, on peut observer la transition progressive des forêts de feuillus de basse altitude vers les forêts d’altitude moyenne. Fougères, lianes et plantes épiphytes recouvrent les versants de la vallée en couches successives, créant un paysage de vitalité brute et foisonnante. Cette richesse écologique témoigne en quelque sorte du développement relativement limité de cette zone, préservée dans son intégralité — et les cyclistes qui visitent ces montagnes devraient adopter une conscience écologique de base : ne pas cueillir les plantes, ne pas déranger la faune sauvage, afin que ce patrimoine naturel puisse être transmis intact aux générations futures.

Fragment du récit d’un ancien du village

Au cours de cette sortie, je me suis arrêté pour me reposer sur un tronçon dégagé, et j’ai eu la chance de rencontrer un ancien du village qui travaillait dans un champ voisin. Après quelques échanges cordiaux, il m’a confié avoir grandi dans ces montagnes, et que dans sa jeunesse, il faisait souvent l’aller-retour à pied entre Wulai et le village en longeant la vallée. À l’époque, il n’y avait pas de route industrielle aussi bien aménagée qu’aujourd’hui — tout se faisait à pied, guidé par un savoir des sentiers de montagne transmis de génération en génération. Il m’a dit en souriant que ce trajet qu’un cycliste peut parcourir en une heure ou deux lui prenait autrefois la majeure partie d’une journée, sans compter la nécessité de surveiller la météo et les risques de crues soudaines.

En écoutant ces fragments de récit, un sentiment complexe m’a envahi — d’un côté, l’admiration pour la commodité qu’apportent les transports modernes et le développement des routes, qui nous permettent d’approcher ces montagnes majestueuses de manière relativement aisée ; de l’autre, un profond respect pour ces peuples qui ont vécu ici pendant des générations, arpentant ces montagnes à pied. Cette terre ne porte pas seulement une distance sur une carte géographique, mais aussi la mémoire collective de générations qui ont vécu, migré et appris à s’adapter à la nature en ces lieux.

Après avoir pris congé de l’ancien et remonté sur mon vélo, j’ai commencé à prêter une attention particulière à ces paysages en apparence ordinaires le long du chemin — une pierre de rivière polie par le temps, les traces à peine discernables d’un ancien sentier, un vieil arbre à la forme singulière ayant manifestement poussé là depuis de nombreuses années — ces détails, si facilement négligés lorsqu’on passe rapidement, prennent tout leur sens lorsqu’on sait qu’ils portent peut-être des fragments de mémoire de la vie tribale. La signification de cette sortie à vélo en devient d’autant plus profonde et dense.

Pour les cyclistes qui se préparent à se rendre à la tribu de Fushan : une recommandation sincère

Si c’est la première fois que vous planifiez cet itinéraire, ce que je souhaite vous recommander ne concerne pas l’équipement ou la condition physique, mais plutôt la « préparation mentale ». Cette route ne convient pas à ceux qui sont pressés, ni à ceux qui veulent la caser dans un emploi du temps trop chargé pour la survoler rapidement — elle mérite que vous lui accordiez suffisamment de temps, pour pouvoir vous arrêter au milieu du parcours et contempler l’eau du ruisseau, ralentir dans la section de transition en pleine montagne pour ressentir la fraîcheur de l’ombre des arbres, prendre le temps après l’arrivée à la tribu de parcourir le sentier d’observation des poissons, et même, si l’occasion se présente, d’échanger quelques mots avec les habitants locaux et d’écouter leurs histoires liées à cette terre.

Explorer à vélo une telle communauté tribale autochtone est, dans une certaine mesure, aussi une opportunité d’échange culturel. Mais la condition première de cet échange est d’adopter une attitude humble et respectueuse, de se considérer comme un visiteur courtois, et non comme un touriste en quête d’un exotisme pittoresque à consommer. Avec un peu plus de compréhension et un peu moins de curiosité voyeuriste, ce que ce voyage vous apportera dépassera de loin la simple valeur mesurable des 14,36 kilomètres parcourus à vélo.

Je vous souhaite de trouver vous aussi votre propre moment propice, de longer la rivière Nanshi jusqu’à cette tribu de montagne enveloppée de nuages et de brume, pour que la fatigue du corps et l’émotion de l’âme trouvent ensemble, à l’instant où vous atteindrez Fushan, la satisfaction la plus authentique et la plus profonde.

Sur le chemin du retour en descente, le soleil couchant commençait à dorer d’une chaleureuse teinte dorée les crêtes lointaines, et le murmure de la rivière Nanshi continuait de couler, comme pour dire doucement au revoir à ce périple de près de trente kilomètres aller-retour. Je sais que je reviendrai sur cette route, peut-être un clair matin d’automne, peut-être un après-midi où j’aurai envie de fuir l’agitation de la ville et de chercher une montagne paisible pour purifier mon esprit. Cette route qui longe la rivière jusqu’à la tribu de Fushan à Wulai sera toujours là, attendant chaque cycliste prêt à ralentir le pas et à ressentir avec le cœur, pour venir écrire à son tour sa propre histoire au fil de l’eau.

Et ces 291,6 mètres de dénivelé cumulé, ces 14,36 kilomètres de route sinueuse, finiront par se transformer en un souvenir de murmure d’eau, un jeu d’ombre et de lumière sous les arbres, un instant chaleureux de rencontre sincère avec la tribu de montagne, demeurant longtemps au fond du cœur de tous ceux qui ont un jour parcouru cette route.

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