De la ville des poètes au lac de cratère : le pèlerinage orthodoxe des 18,6 km et 60 virages du mont Akagi à Maebashi

Certains pèlerinages se font à pied ; celui-ci, je l’ai fait sur deux roues, et 60 virages.
Il existe de nombreuses façons de gravir le mont Akagi, mais si l’on veut choisir une voie « orthodoxe », c’est bien celle qui part du côté de Maebashi et monte par la route préfectorale 4 de Gunma — 18,6 km de distance, 1 238 m de dénivelé, 6,6 % de pente moyenne, plus de 60 virages enchaînés. Le départ se trouve à la station routière « Maebashi Akagi », et l’arrivée au sommet, près du centre d’information touristique du mont Akagi, sur ce haut plateau qui abrite le lac de cratère et le sanctuaire rouge. C’est le parcours officiel de la course de montagne chaque automne, et aussi un chemin de pèlerinage qui mène de la ville du poète au sanctuaire au bord du lac de cratère.
Maebashi, point de départ : la ville de la préfecture et du poète
Maebashi est le chef-lieu de la préfecture de Gunma, le centre politique et quotidien de cette région. Mais ce qui m’a vraiment fait tomber sous le charme de cette ville, c’est un autre visage : elle est la ville natale du poète japonais moderne Hagiwara Sakutarō.
Sakutarō est considéré comme un pionnier majeur de la poésie libre en langue parlée du Japon moderne. Sa poésie porte une qualité de solitude, de subtilité, et une touche de modernité urbaine. Debout dans sa ville natale, sur le point de gravir une longue pente de 18,6 km, j’ai ressenti un écho étrange : le poète mesurait les ténèbres intérieures avec des mots, et moi, j’allais mesurer la hauteur de cette montagne avec ma cadence. Les deux sont des ascensions solitaires, seuls les outils diffèrent.
Depuis la ville du poète, dans la plaine, on lève les yeux vers le mont Akagi qui s’étale. Maebashi et Akagi, l’un écrit des poèmes dans la plaine, l’autre se tait dans les nuages, et la route préfectorale 4 est la ligne qui relie ces deux existences.
Du pied de la montagne aux nuages : le rythme des 60 virages
Peu après avoir quitté la ville, la route commence à monter doucement le long des contreforts du mont Akagi. Les premières pentes sont si douces qu’elles semblent être une invitation. Je garde mon rythme, sans me presser, car je le sais — la montagne, elle, est encore derrière.
Passé les contreforts, la route préfectorale 4 plonge dans la montagne, et les 60 virages enchaînés arrivent l’un après l’autre.
Un virage, puis un autre. Le monde se replie, se déploie, se replie encore sous vos yeux. Vous ne pensez plus à l’arrivée, vous ne pensez qu’à la sortie du prochain virage.
Gravir une longue pente et une courte pente, ce sont deux états d’esprit totalement différents. Une courte pente, c’est un sprint ; une longue pente, c’est une pratique spirituelle. Sur 18,6 km, la route vous force à lâcher prise sur l’impatience de « en finir vite » et à apprendre à cohabiter avec le temps. Et ces 60 virages sont devenus mon métronome — à chaque virage passé, c’est comme tourner une page, découpant la longue ascension en petites sections supportables.
Peu à peu, les rues de Maebashi, la plaine du Kantō, s’enfoncent et s’éloignent derrière moi. L’air se refroidit, les arbres se densifient, le chant des oiseaux devient plus clair. Je grimpe, centimètre par centimètre, du monde des humains vers les nuages.
La récompense au sommet : le lac Ōnuma, le lac Konuma et le lac de cratère
Une fois en haut, le mont Akagi vous accueille avec son visage le plus doux — le lac de cratère.
Le mont Akagi est un ancien volcan. Dans la caldeira au centre du sommet reposent tranquillement deux lacs de cratère, le Ōnuma et le Konuma. Lorsque vous avez soufflé pendant plus d’une heure sur les pentes raides, les jambes saturées d’acide lactique, et que vous tournez enfin un dernier virage pour découvrir soudain une étendue d’eau de haute altitude — le choc de ce contraste, aucune balade sur le plat ne peut l’offrir.
Le lac reflète le ciel, entouré de tous côtés par les sommets du massif d’Akagi. Le vent souffle depuis la surface de l’eau, balayant la chaleur de votre corps. À cet instant, vous comprenez que toute la peine de ces 18,6 km n’était là que pour gagner cette lumière calme sur le lac.
Le rouge au bord du lac : le Ōnuma et le sanctuaire Akagi
Au bord du lac Ōnuma se cache aussi la véritable image d’arrivée de ce pèlerinage — le sanctuaire Akagi.
C’est un sanctuaire dressé au bord du lac, marqué par un rouge éclatant. Lorsque votre corps épuisé atteint enfin le sommet et que vous voyez cette touche de rouge se refléter sur l’eau bleue du lac de cratère, une paix presque religieuse monte en vous. Le mont Akagi est depuis toujours un objet de foi pour cette terre, et moi, j’ai gravi la montagne à la force des jambes pour arriver devant le sanctuaire — d’une certaine manière, toute cette ascension est en elle-même une prière.
Je gare mon vélo, m’avance au bord du lac, et contemple en silence ce rouge et ce bleu. Pas de mots, seulement le vent. Le sommet d’une montée ne devrait pas être seulement une altitude sur un compteur, mais un lieu où l’on peut se taire et dialoguer avec ce paysage. Le sanctuaire Akagi au bord du lac Ōnuma est précisément un tel lieu.
Paysages et saisons en chemin : le pèlerinage des quatre saisons d’Akagi
Cette voie orthodoxe côté Maebashi a une expression propre à chaque saison.
| Saison | Paysage au sommet et en chemin | Impression à vélo |
|---|---|---|
| Printemps | Nouvelle verdure aux contreforts, froid résiduel au sommet | Chaud en bas, frais en haut, grands écarts de température |
| Été | Verdure à son apogée, le lac de cratère rafraîchit | Humide et chaud en bas, agréable au sommet |
| Automne | Feuilles rouges sur la montagne, ambiance de saison de course | Grands écarts jour/nuit, beauté et défi réunis |
| Hiver | Rives dénudées, risque de glace et de neige | Haute altitude risquée, à doser selon ses forces |
Si vous me demandez quand c’est le plus beau, je dirai l’automne. En pleine saison, tout le mont Akagi se teinte de rouge, chacun des 60 virages dévoile un tableau, et le lac de cratère avec le sanctuaire rouge au sommet gagnent en solennité dans les couleurs d’automne. C’est la saison qui mêle « défi » et « paysage d’exception ».
Je garde un souvenir particulièrement vif de cette sensation de « grimper dans un tunnel de feuilles rouges ». Vous respirez fort, les jambes brûlent, la sueur pique les yeux, et pourtant vous levez la tête vers une montagne entière de rouge et d’or, le soleil perçant les feuillages pour tacheter la route de lumière mouvante. À cet instant, la douleur du corps et la beauté sous vos yeux coexistent dans le même moment — la douleur rend la beauté plus profonde, la beauté donne un sens à la douleur. Cette expérience contradictoire et pleine, celui qui regarde le paysage depuis une voiture ne pourra jamais la comprendre. C’est aussi la raison pour laquelle je suis prêt, encore et encore, à donner plus d’une heure de souffrance à cette montagne.
Suggestions d’itinéraire : relier la ville du poète, le volcan et les sources chaudes
Si vous voulez vous aussi vous lancer dans ce pèlerinage de Maebashi au mont Akagi, voici comment je le planifierais :
- La veille au soir : poser ses valises à Maebashi, ressentir l’atmosphère de cette ville du poète et du chef-lieu, laisser son esprit se calmer d’abord.
- Tôt le matin : partir de la station routière « Maebashi Akagi », attaquer quand la température est fraîche et les jambes au meilleur de leur forme, offrir le meilleur de soi-même à ces 18,6 km.
- Au sommet : arriver au bord du lac Ōnuma, se recueillir au sanctuaire Akagi, faire le tour du lac à pied, laisser le corps et l’esprit se déposer dans la quiétude du lac de cratère.
- Après la descente : Gunma est un grand département de sources chaudes ; sur le chemin du retour, trouver une station thermale réputée et plonger toute la fatigue du pèlerinage dans l’eau chaude.
Quand la vapeur des sources enveloppe tout le corps, les 60 virages de la journée, les 1 238 m de dénivelé, ce lac et ce rouge défilent en boucle dans la tête. C’est la conclusion la plus complète d’une montée.
Le sens de cette route : une pratique de la patience
Après avoir parcouru ce parcours officiel de Maebashi au mont Akagi, ma plus profonde leçon n’est pas « je l’ai vaincu », mais — il m’a appris la patience.
Une longue pente de 18,6 km ne tolère pas l’impatience, 60 virages ne tolèrent pas la distraction, 1 238 m de dénivelé ne tolèrent pas l’arrogance. Elle vous force à ralentir, à tenir votre rythme, à faire la paix avec un temps qui s’étire. Et quand vous atteignez enfin le sommet, debout au bord du lac Ōnuma, regardant ce rouge du sanctuaire Akagi, vous découvrez — ce qui a vraiment été gravi, ce n’est pas seulement cette montagne, mais aussi cette pente intérieure en vous, celle du « j’ai hâte que ça finisse ».
Partant de la ville natale du poète Hagiwara Sakutarō, suivant la route préfectorale 4 à travers 60 virages, jusqu’au sanctuaire rouge au bord du lac de cratère. C’est un pèlerinage qui mène de la ville du poète dans la plaine au lac sacré dans les nuages, et ce sont vos jambes, votre patience, et votre détermination à monter virage après virage, lentement, qui l’accomplissent.
La prochaine fois que vous chercherez une longue pente « avec un sens à l’arrivée », venez à Maebashi. Laissez la route préfectorale 4 vous emmener, d’une ville qui écrit des poèmes, jusqu’à ce lac de cratère silencieux et ce rouge au bord de l’eau. Vous en reviendrez avec bien plus qu’une trace Strava — tout un souvenir de patience et de pèlerinage.
Le matin au michi-no-eki : l’air avant le départ
J’aime aborder ce parcours officiel avec un état d’esprit « sérieux », même si ce jour-là n’est qu’un entraînement en solitaire.
Le point de départ, le michi-no-eki « Maebashi Akagi », est la porte d’entrée de l’ascension par la route préfectorale 4. Arriver ici à l’aube, l’air porte une tension et une attente particulières — vous savez que l’heure et demie qui suit sera un long corps-à-corps avec vous-même. J’ai l’habitude de revérifier mon équipement ici : pression des pneus, vitesses, bidons, ravitaillement énergétique, puis je prends quelques minutes pour m’échauffer, faire tourner doucement les jambes, réveiller le corps de son état de sommeil.
Debout au départ, je lève les yeux : les pentes douces et déployées du mont Akagi s’étendent lentement dans la lumière du matin, le sommet encore caché derrière les nuages, invisible. Cette sensation de « ne pas voir l’arrivée » est la première leçon du pèlerinage de la longue montée : on ne peut pas l’embrasser d’un seul regard, on doit la faire entrer dans ses yeux virage après virage.
Les trois montagnes du Jōmō et la place d’Akagi
Pour comprendre le poids de ce pèlerinage, il faut d’abord comprendre la place du mont Akagi dans la préfecture de Gunma.
Gunma (Jōmō) compte trois montagnes célèbres regroupées sous le nom des trois montagnes du Jōmō : le mont Akagi, le mont Haruna et le mont Myōgi. Elles sont les symboles du paysage et de l’identité locale de Gunma. Le mont Akagi figure parmi les 100 montagnes célèbres du Japon et les 100 paysages du Japon, réputé pour ses pentes douces et élégantes — c’est l’une des montagnes les plus marquantes de cette terre.
Pour les habitants de Maebashi, le mont Akagi est presque un décor que l’on voit chaque jour en levant les yeux. Le poète Hagiwara Sakutarō est né et a grandi ici ; il a dû, lui aussi, contempler cette montagne d’innombrables fois. Lorsque je pars de sa ville natale pour grimper vers le sommet, j’ai toujours l’impression que chaque coup de pédale pose le pied sur une émotion locale, longue et profonde. Ce n’est pas seulement un parcours de montée, c’est un fil qui relie les hommes à la terre.
Poésie et pente : la solitude de Sakutarō, et la solitude de la montée
J’ai toujours pensé que choisir de gravir cette montagne depuis la ville du poète était une coïncidence chargée de sens.
Hagiwara Sakutarō est considéré comme un pionnier majeur de la poésie libre en langue parlée du Japon moderne. Ses poèmes ont une texture particulière — solitude, subtilité, une distance et une introspection propres à l’homme moderne. En le lisant, on ressent le poids d’un être seul face aux ténèbres intérieures.
Et gravir une longue pente, n’est-ce pas aussi un exercice de solitude ? Sur 18,6 kilomètres de montée, personne ne peut pédaler à votre place, personne ne peut souffrir à votre place. Vous devez affronter seul vos limites, vos faiblesses, cette voix intérieure qui dit « j’abandonne ». Le poète mesure l’abîme intérieur avec les mots, le cycliste mesure la hauteur de la montagne avec la cadence — les deux sont une ascension solitaire, un effort vers le haut, contre la gravité (qu’elle soit physique ou mentale).
C’est pourquoi, à chaque départ de Maebashi, j’ai le sentiment de ne pas seulement gravir une montagne, mais de prolonger une certaine qualité intérieure de cette ville — une qualité qui accepte d’affronter seule, de grimper seule, d’aller au bout du long chemin seule. Cela donne à ce parcours, au-delà du défi physique, une épaisseur littéraire.
L’instant du sommet : le contraste entre la fournaise et le lac
Le bout d’une longue montée cache souvent le moment le plus théâtral.
Après plus d’une heure de lutte contre les 60 virages et les 18,6 kilomètres de dénivelé, les jambes saturées d’acide lactique, le souffle lourd, l’esprit réduit à l’obsession du « encore un virage » — c’est dans cet état limite que je franchis les derniers virages, et soudain la vue s’ouvre d’un coup : devant moi, le lac de cratère niché au sommet, entouré de pics ; les eaux du lac Ōnuma reposent tranquillement, reflétant le ciel.
Le contraste de cet instant donne presque envie de pleurer. Vous étiez en train de lutter contre la douleur sur la pente raide, et l’instant d’après vous voilà devant un paysage de lac et de montagne si calme qu’il en paraît irréel. Ce volcan a mis des millions d’années à transformer ses flammes en eau de lac, et vous, avec plus d’une heure de souffrance, vous avez gagné le droit de contempler cette sérénité.
Je m’arrête, m’appuie sur le cintre, reprends mon souffle à grandes gorgées, la sueur tombe goutte à goutte sur le tube horizontal, mais mes yeux ne peuvent se détacher de ce lac. C’est l’expérience centrale du pèlerinage de la longue montée — non pas conquérir quelque chose, mais se transporter soi-même, avec ses propres jambes, vers un lieu de beauté « inaccessible sans effort ». Cette beauté, parce qu’elle est durement gagnée, en est d’autant plus profonde.
L’histoire du volcan : Ōnuma, Konuma et la caldeira
Si le mont Akagi cache des lacs à son sommet, c’est parce qu’il est lui-même un ancien volcan.
Son centre est une immense caldeira — une dépression formée par l’effondrement après l’activité volcanique, entourée de pics comme le mont Kurobi et le mont Komagatake. Et dans cette caldeira reposent tranquillement deux lacs de cratère : le lac Ōnuma et le lac Konuma. C’est la plus belle romance géologique du mont Akagi : un volcan qui cracha jadis des flammes tient aujourd’hui deux lacs paisibles dans ses mains au sommet, comme si toute sa violence s’était finalement déposée en douceur.
Lorsque, après plus d’une heure de lutte contre les 60 virages sur la pente raide, je tourne un dernier virage et que la vue s’ouvre soudain sur les eaux du lac Ōnuma, ce contraste entre « la flamme devenue douceur » vous frappe en plein cœur. On comprend alors pourquoi les gens gravissent encore et encore cette montagne — parce que ce lac au sommet est une lettre silencieuse que ce volcan a écrite, sur des millions d’années, à chaque grimpeur.
Le rouge au bord du lac : le sanctuaire Akagi et la foi
Le sanctuaire Akagi, avec sa teinte rouge vif au bord du lac Ōnuma, est la véritable fin spirituelle de ce pèlerinage.
Le mont Akagi est depuis l’antiquité un objet de foi pour cette terre ; le culte des montagnes a une longue tradition au Japon — on croit que les dieux habitent les montagnes, et que gravir une montagne, c’est aller en pèlerinage. Lorsque j’atteins le sommet, les jambes saturées d’acide lactique, couvert de sueur, et que je vois ce rouge se refléter dans le lac de cratère bleu, ce qui monte en moi n’est pas seulement la joie d’avoir terminé, mais une paix presque dévote.
Gravir avec ses jambes une montagne de foi, se tenir devant le sanctuaire au bord du lac — toute cette montée de 18,6 kilomètres est en soi un pèlerinage moderne.
Je gare mon vélo, m’avance au bord du lac, contemple silencieusement ce rouge et ce bleu, sans rien faire, juste respirer. Le sens de l’arrivée au sommet n’a jamais été l’altitude affichée au compteur, mais le fait de pouvoir enfin, devant ce paysage, dialoguer paisiblement avec soi-même et avec cette montagne.
60 virages, 60 états d’âme
Ces 60 et quelques virages, de la base au sommet, je l’ai compris plus tard, découpent un long voyage intérieur en 60 petits mouvements.
Les premiers virages, je suis encore excité, j’ai encore le loisir d’admirer le paysage ; les virages du milieu, je commence à me taire, à lutter contre la fatigue ; dans les virages les plus raides, mon esprit est vide, il ne reste que l’obsession du « encore un virage, encore un virage ». Chaque virage correspond à un état d’âme du moment — de l’excitation, à la concentration, à la lutte, à une quasi-évasion mentale, pour finalement, près du sommet, faire naître une paix étrange.
C’est une expérience qu’une courte montée ne peut jamais offrir. Une courte montée est trop rapide pour traverser autant de couches de revirements intérieurs. Mais une longue montée de 18,6 kilomètres et 60 virages vous force à parcourir intégralement chaque étape de votre intériorité. Vous croyez gravir une montagne, mais en réalité vous escaladez la longue pente de votre propre esprit, virage après virage.
Spécialités saisonnières : l’Akagi des feuilles rouges et des jeunes pousses
Les quatre saisons du mont Akagi ont chacune leur appel.
- Printemps : les jeunes pousses verdissent les pentes, en bas il fait déjà doux, au sommet l’air est encore frais — la saison fraîche du réveil de toutes choses.
- Été : la verdure est à son apogée, l’air au bord du lac de cratère au sommet est agréablement frais — une montée rafraîchissante, rare dans la chaleur étouffante.
- Automne : les feuilles rouges teintent la montagne, l’ambiance de saison est là, chacun des 60 virages est un tableau qui se dévoile, le lac et le sanctuaire au sommet prennent une solennité particulière dans les couleurs d’automne — c’est l’Akagi le plus beau à mes yeux.
- Hiver : le bord du lac est désolé, la neige et le verglas possibles, le risque en haute altitude est élevé — il faut mesurer ses forces.
Si je ne devais choisir qu’une saison pour ce pèlerinage, je choisis sans hésiter l’automne. C’est la saison qui mêle « la difficulté du défi » et « la récompense du paysage grandiose » : vous grimpez en haletant dans un tunnel de feuilles rouges, vous levez les yeux sur des montagnes de rouge et d’or, et au sommet vous attend le lac de cratère silencieux — une journée comme celle-là reste longtemps dans la mémoire.
La descente : la seconde rencontre avec les 60 virages
Après le sommet, le pèlerinage au sanctuaire et le tour du lac, vient la descente — et la descente, c’est la seconde rencontre avec ces 60 virages, cette fois à grande vitesse.
À la montée, ces virages sont des exercices de rythme lents, que l’on peut aborder avec aisance ; à la descente, ils deviennent des enchaînements rapides exigeant concentration et technique. J’enfile ma veste coupe-vent au sommet, car je sais que le flux d’air d’une longue descente refroidit rapidement le corps, et que des doigts engourdis sont le pire ennemi dans les virages. Je freine par à-coups, j’utilise la trajectoire « extérieur-intérieur-extérieur », pour que chaque virage soit le plus fluide et le plus stable possible, sans chercher la vitesse, sans freinage brutal.
Chose étrange, en descendant je vois enfin les paysages que j’avais manqués à la montée, trop concentré sur l’effort. La même forêt, la même ligne de crête, regardées en sens inverse, semblent être une route entièrement nouvelle. La plaine de Maebashi, la ligne d’horizon du Kantō, se redéploient peu à peu dans mon champ de vision qui dévale. La montée, c’est se confier à la montagne ; la descente, c’est la montagne qui vous rend au monde — et ces 60 virages sont le rituel de cet aller-retour.
La fin dans les sources chaudes : tremper le pèlerinage dans l’eau chaude
Gunma est un grand département réputé pour ses sources chaudes, et l’instant où l’on s’immerge dans un onsen après avoir gravi le mont Akagi est le point final parfait de tout le pèlerinage.
Quand l’eau chaude enveloppe chaque parcelle de muscle fatigué, toute la journée défile dans la tête comme un film : la tension au michi-no-eki à l’aube, la retenue sur le tronçon du Susono, la lutte contre ses propres démons au milieu du parcours, la stupéfaction devant le lac de cratère qui surgit au sommet, la solennité du sanctuaire rouge au bord du lac, la concentration sur les 60 virages de la descente… Toute la peine se transforme en une saveur douce et sucrée dans l’eau chaude.
Immergé dans le bain, je regarde par la fenêtre et je me dis soudain — les Japonais ont vraiment tout compris en plaçant la « foi montagnarde » et la « culture des sources chaudes » sur la même terre. D’abord, une montagne pour purifier le corps et l’esprit, puis une source chaude pour apaiser la fatigue. Un dur, un doux, une ascension, une immersion — cela compose le voyage le plus complet. Une journée comme celle-ci, avec l’effort, les paysages grandioses et la consolation, que demander de plus ?
Escales et hébergement : prolonger le pèlerinage en un véritable voyage
Venir spécialement pour gravir le mont Akagi de Maebashi mérite qu’on s’accorde un peu plus de temps pour prolonger l’expérience en un voyage complet.
| Période | Suggestion d’organisation |
|---|---|
| La veille au soir | Étape à Maebashi, ressentir l’atmosphère de la ville poétique du chef-lieu |
| Tôt le matin | Départ du michi-no-eki « Maebashi Akagi » pour l’ascension |
| Matinée | Suivre la route préfectorale n° 4, franchir les 60 virages jusqu’au sommet |
| Au sommet | Balade au bord du lac Ōnuma, visite du sanctuaire Akagi, pause et ravitaillement |
| Après-midi | Descente, puis bain dans une célèbre station thermale de Gunma |
| En soirée | Clôture aux sources chaudes, savourer le souvenir du pèlerinage |
Maebashi, en tant que chef-lieu du département de Gunma, est une étape confortable. Y dormir la veille et partir tôt le lendemain matin est la façon la plus sereine de procéder. Et Gunma étant un grand département de sources chaudes, prendre un bain après la descente est presque une conclusion incontournable — confier toute la fatigue du pèlerinage à l’eau chaude qui la dissout lentement, c’est la récompense la plus honnête après l’effort.
En guise de conclusion : une pratique de la patience
Si l’on me demandait ce que la route officielle du mont Akagi de Maebashi a de plus précieux, ma réponse ne serait ni son altitude, ni sa distance, mais — elle m’a appris la patience.
18,6 kilomètres ne tolèrent pas l’impatience, 60 virages ne tolèrent pas la distraction, 1 238 mètres de dénivelé ne tolèrent pas l’arrogance. Tout du long, elle vous force à ralentir, à tenir, à coexister paisiblement avec le temps qui s’étire. Et quand vous vous tenez enfin au bord du lac Ōnuma, contemplant ce rouge du sanctuaire Akagi, vous réalisez : ce qui a vraiment été gravi, ce n’est pas seulement ce volcan, mais aussi cette pente intérieure en vous qui veut « en finir vite ».
Partant de la ville natale du poète Hagiwara Sakutarō, suivant la route préfectorale n° 4 à travers 60 virages, on atteint le sanctuaire rouge au bord du lac de cratère. C’est un pèlerinage qui mène de la ville poétique de la plaine au lac sacré au-dessus des nuages, et ce sont vos jambes, votre patience, et cette détermination à gravir virage après virage, lentement, qui l’accomplissent.
La prochaine fois que vous chercherez une longue montée « qui a un sens d’arrivée », venez à Maebashi. Laissez la route préfectorale n° 4 vous emmener, d’une ville qui écrit des poèmes, jusqu’à ce lac de cratère silencieux et son rouge au bord de l’eau. Ce que vous en rapporterez, ce ne sera pas qu’une trace Strava, mais tout un souvenir de patience et de pèlerinage.
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