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La brise et les cloches des montagnes Bagua : un dialogue matinal en pédalant vers le temple Fengshan sur la route 139 de Changhua

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La brise et les cloches des montagnes de Bagua : un dialogue matinal en pédalant vers le temple Fengshan sur la route 139 de Changhua

Un chemin de pratique quotidienne caché dans les montagnes de Bagua

La route 139 de Changhua, pour ceux qui connaissent bien la culture cycliste du centre de Taïwan, est un nom qui n’a presque pas besoin d’explication. Elle serpente à travers le plateau de Bagua, reliant la ville de Changhua à plusieurs communes environnantes, et constitue pour les cyclistes du centre de Taïwan « la route la plus proche du centre-ville, mais capable de basculer instantanément dans le rythme de la montagne ». Ce dont je veux parler aujourd’hui, ce n’est pas l’épopée grandiose de toute la route 139, mais un tronçon relativement calme, qui porte pourtant le sens d’une pratique quotidienne pour beaucoup de gens — de l’intersection au feu tricolore au pied de la montagne, jusqu’au temple Fengshan.

Ce tronçon mesure 4,75 kilomètres de long, avec un dénivelé total de 153 mètres. Vu les chiffres, ce n’est pas impressionnant, mais son importance n’a jamais résidé dans la grandeur des chiffres, mais dans le fait qu’il est, pour tant de cyclistes du centre de Taïwan, ce « pont entre la vie quotidienne et la montagne ». Pour beaucoup, ce n’est pas un itinéraire exigeant qui nécessite de poser un jour de congé ou de planifier un voyage spécial, mais une route de poche sur laquelle on peut partir à tout moment après le travail ou tôt le matin d’un jour férié — elle est là, dans notre environnement quotidien, à portée de main, tout en conservant la sérénité propre à la montagne et l’honnête épreuve de la pente.

Le plateau de Bagua occupe une place particulière dans la géographie et l’histoire de Taïwan. Bien que ce plateau ne soit pas très élevé — son point culminant ne dépasse guère quatre cents mètres —, sa proximité avec la plaine de Changhua lui confère des reliefs de rebords de plateau nettement marqués. Depuis toujours, il constitue une barrière géographique et une voie de passage importantes pour la région de Changhua. La route 139 est précisément un maillon du réseau routier qui traverse les ondulations de ce plateau, reliant au passage plusieurs villages, temples et points de vue ; le temple Fengshan est l’un de ces nœuds profondément ancrés dans la foi locale.

Le feu tricolore du départ : la ligne de démarcation entre la ville et la montagne

Chaque sortie mémorable a son rituel de départ. Pour cet itinéraire, ce point de jonction, c’est l’intersection au feu tricolore au pied de la montagne. Cette intersection n’a rien d’exceptionnel — c’est un simple carrefour, avec ses feux de signalisation ordinaires, ses passages piétons et ses habitations et commerces alentour — mais pour les cyclistes qui connaissent bien cette route, elle revêt une signification presque symbolique : l’instant où le feu passe au vert, c’est le moment où l’on bascule du rythme urbain au rythme de la montagne.

Je pense souvent que cette « sensation de frontière » est précisément ce qui rend les routes de montagne en périphérie de Taïwan si charmantes. Pas besoin de conduire deux ou trois heures, de franchir monts et vallées pour atteindre le départ ; votre cercle de vie quotidienne peut être tout simplement collé au bord d’une montagne. L’intersection où les habitants de Changhua vont travailler ou à l’école, un virage, une montée, et c’est un autre monde — l’ombre des arbres, le chant des oiseaux, les aboiements occasionnels remplacent l’agitation urbaine.

Partir de cette intersection à l’aube est, selon moi, la meilleure façon de vivre cette expérience. Le soleil n’est pas encore complètement levé, l’air porte une légère humidité et fraîcheur, et le feu tricolore de l’intersection conserve encore une certaine quiétude nocturne. Au moment où l’on appuie sur la pédale, la pente se fait aussitôt sentir — pas raide, mais suffisante pour que le corps envoie immédiatement le signal « ah, je suis en train de grimper ». Cette sensation progressive de la pente donne plutôt l’impression d’être accueilli avec douceur, plutôt que d’être frappé brutalement par une côte raide.

Lumières, ombres et sons le long du chemin : une expérience sensorielle qui se déploie lentement

Le charme du tronçon du temple Fengshan sur la route 139 provient en grande partie de la richesse des couches de lumière, d’ombre et de sons qui varient tout au long du parcours. Le plateau de Bagua a un taux de couverture végétale très élevé, et l’itinéraire alterne entre ombrages denses et vues dégagées, ce qui signifie que le cycliste, sur un même trajet, traverse des changements de lumière radicalement différents — tantôt masqué par une canopée dense projetant des ombres tachetées, tantôt s’ouvrant soudainement sur une vue lointaine des champs de la plaine de Changhua.

Au petit matin, la lumière du soleil filtre à travers les feuillages et se répand sur le bitume, créant un effet de lumière presque cinématographique — c’est aussi pourquoi de nombreux photographes cyclistes affectionnent particulièrement cette route à l’aube. Si l’on vient après une averse suivie d’éclaircies, l’air est imprégné d’un parfum frais mêlant terre et végétation, et le reflet humide de la chaussée ajoute une couche de poésie à toute la sortie.

La dimension sonore est tout aussi riche. Dans la section centrale où la pente varie, la végétation étant plus dense, les chants d’oiseaux sont particulièrement nets, et l’on peut parfois entendre des perdrix ou d’autres oiseaux forestiers répondre en cascade. Si l’on y va tôt le matin, on a aussi la chance de croiser des habitants locaux venus faire leur exercice matinal — peut-être une personne âgée promenant son chien, ou un voisin qui pédale lentement sur un vieux vélo à panier. Cette expérience de cyclisme entremêlée à la vie locale est précisément ce qui rend les routes de montagne en périphérie plus chaleureuses et humaines que les itinéraires isolés en montagne reculée.

Le temple Fengshan : un point d’arrivée où foi et paysage se rencontrent

Arriver au temple Fengshan, c’est le point culminant de ce voyage, et le moment où le sens se condense. En tant que lieu de foi important pour la communauté locale, le temple Fengshan porte l’aspiration spirituelle transmise de génération en génération par les habitants des environs. Bien que cet article se concentre sur l’expérience du cyclisme plutôt que sur des recherches religieuses, il est indéniable que ces édifices religieux disséminés dans les montagnes de Taïwan sont souvent aussi des témoins historiques de la défriche des zones montagneuses par les premiers pionniers et de la formation progressive des communautés.

En arrivant devant le portail du temple Fengshan, la plupart des cyclistes choisissent de faire une courte halte — boire une gorgée d’eau, prendre une photo, laisser la respiration haletante s’apaiser progressivement. Cet instant de pause a souvent plus de sens que le point d’arrivée lui-même. On découvre alors que sa vue s’ouvre soudainement, permettant d’embrasser du regard une partie des villages et des champs en contrebas. Ce « paysage gagné à la force des jambes » est toujours plus profond et plus précieux que celui qu’on atteint en voiture.

De nombreux cyclistes prennent ici un bref moment de recueillement — pas nécessairement une dévotion religieuse, mais plutôt un rituel d’après-effort — sentir la brise effleurer les vêtements trempés de sueur, écouter les sons ambiants autour de l’esplanade du temple, laisser les pensées vagabondes se déposer dans cet instant. Cette expérience du « sport comme pratique spirituelle » est sans doute la raison pour laquelle de nombreux cyclistes chevronnés, même après avoir parcouru cette route d’innombrables fois, sont toujours prêts à y revenir.

Le tronçon du temple Fengshan au fil des saisons

Bien que les saisons à Taïwan ne soient pas aussi marquées que dans les pays tempérés, le tronçon du temple Fengshan sur la route 139 révèle néanmoins des visages radicalement différents selon les saisons. Au printemps, la végétation le long du chemin commence à déployer de nouvelles pousses vertes, certaines sections sont ponctuées de fleurs sauvages en bord de route, et l’air porte cette humidité particulière qui suit les pluies printanières ; l’été est la saison où la verdure est la plus dense et luxuriante, l’ombre des arbres offrant un précieux abri, mais il faut aussi se méfier des averses orageuses soudaines de l’après-midi.

L’automne est peut-être la saison la plus confortable pour visiter cette route — les températures se rafraîchissent, l’humidité diminue, la sensation de pédaler est particulièrement agréable, et c’est aussi la saison idéale pour tenter de battre son record personnel sur ce tronçon. En hiver, bien que les températures du centre-sud ne soient pas aussi humides et froides que celles du nord, un léger brouillard enveloppe parfois les zones montagneuses le matin, ajoutant une touche de poésie vaporeuse à cet itinéraire, mais les cyclistes doivent alors être particulièrement attentifs aux routes glissantes et à la visibilité.

Visiter la même route à différentes saisons et à différents moments de la journée permet souvent de découvrir des détails de paysage et des ressentis émotionnels radicalement différents. C’est aussi pourquoi je recommande particulièrement aux cyclistes de ne pas se contenter d’une seule sortie pour « cocher » l’endroit, mais de la considérer comme une « route de poche » à revisiter au fil des quatre saisons, pour graver dans la mémoire du corps les odeurs et les lumières propres à chaque saison.

Liens locaux : du cyclisme au prolongement de la vie

Changhua étant un important pôle agricole et culturel de Taïwan, les villages autour de la route 139 conservent également de nombreux paysages locaux qui méritent une visite au passage. Bien que cet article ne liste pas spécifiquement de noms d’établissements (les commerces évoluant rapidement, il est conseillé aux cyclistes de se fier à la situation réelle sur place et aux recommandations des communautés locales), d’une manière générale, les villages au pied de la montagne conservent une atmosphère quotidienne de marchés traditionnels et d’échoppes de spécialités locales. Après la sortie, n’hésitez pas à ralentir le rythme pour ressentir cette chaleur propre à la vie locale de Changhua.

Le plateau de Bagua abrite également plusieurs points de vue et lieux de repos réputés. De nombreux cyclistes intègrent le tronçon du temple Fengshan dans des itinéraires plus vastes, explorant au passage d’autres sites culturels et naturels autour du plateau, faisant de toute la sortie non pas un simple entraînement physique, mais un véritable petit voyage approfondi mêlant sport, paysages et culture locale.

Ce que cette route représente pour les cyclistes : une petite épopée au quotidien

En repensant à ce parcours, du feu rouge au pied de la colline jusqu’au temple Fengshan, j’ai peu à peu compris que ce qui le rend si attachant ne réside pas dans la raideur de la pente ni dans la splendeur du paysage, mais dans le fait qu’il incarne la possibilité d’une « petite épopée de proximité » — pas besoin de s’aventurer loin en montagne ni d’y consacrer une journée entière pour goûter à la satisfaction et à l’apaisement intérieur que procure une montée. Parfois, cette petite colline que vous croisez chaque jour sans jamais vraiment la regarder recèle peut-être un tel parcours, digne d’être parcouru et médité à maintes reprises.

Pour de nombreux amateurs de cyclisme du centre de Taïwan, le tronçon du temple Fengshan a depuis longtemps dépassé le simple statut d’itinéraire sportif ; il s’apparente davantage à un rituel de vie — quand la pression du travail se fait trop lourde, on enfourche son vélo sur cette route, laissant la fatigue physique supplanter l’anxiété mentale ; quand le moral est en berne, on parcourt ce trajet, laissant la lumière et les chants d’oiseaux apaiser les pensées tumultueuses. Cette expérience de pédalage intimement liée à la terre et au quotidien est peut-être la valeur la plus précieuse — et la plus facilement négligée — de la culture cycliste des abords des villes taïwanaises.

Si vous habitez également le centre de Taïwan sans avoir encore découvert le tronçon du temple Fengshan sur la route départementale 139 de Changhua, n’hésitez pas à choisir un matin ou une fin d’après-midi pour emprunter cet itinéraire en apparence ordinaire mais riche de sens. Vous découvrirez que le bonheur est parfois très simple — une montée ni trop longue ni trop courte, un temple paisible, et ce moment de silence propice au dialogue avec soi-même pendant le pédalage.

Une conversation avec un ancien cycliste : persévérance et intention première

Un matin où je parcourais cet itinéraire, j’ai rencontré devant le portail du temple Fengshan un cycliste plus âgé, visiblement adepte du vélo de route depuis des décennies. Sa monture était un vélo à cadre en acier d’ancienne génération, aux couleurs passées mais entretenu avec un soin extrême, orné de quelques autocollants jaunis, témoins de nombreuses compétitions et voyages au long cours. Nous avons échangé quelques mots, et il m’a confié avoir parcouru cette route plusieurs centaines de fois, de sa jeunesse vigoureuse à aujourd’hui où ses genoux commencent à se raidir, conservant toujours l’habitude d’y revenir chaque semaine.

Il m’a dit une phrase qui m’a profondément marqué : « Pour la montée, quand on est jeune, on compare sa vitesse ; quand on vieillit, on compare sa volonté de continuer à partir. » Cette phrase, anodine en apparence, renferme une profonde sagesse de vie. Pour lui, le tronçon du temple Fengshan n’est plus depuis longtemps une arène pour battre des records personnels, mais un rituel quotidien de dialogue avec son corps, pour se confirmer qu’il est toujours « vivant, toujours en mouvement ».

Cette conversation m’a amené à repenser l’essence du cyclisme. Nous courons souvent après les chiffres — une moyenne plus élevée, un temps de parcours plus court, un coefficient de montée plus impressionnant — mais ce cycliste plus âgé m’a fait entrevoir une autre possibilité : la valeur ultime du cyclisme ne réside peut-être pas dans la vitesse à laquelle vous pouvez rouler, mais dans votre disposition à revenir année après année, par tous les temps, sur la même route, à poursuivre le dialogue avec vous-même et à maintenir ce lien avec la terre. Cette intention première qui sous-tend une telle persévérance est la véritable leçon que nous, les plus jeunes cyclistes, avons à apprendre.

Une double préparation, matérielle et mentale : le rituel avant le départ

Chaque fois que je m’apprête à me rendre sur le tronçon du temple Fengshan, j’ai adopté un rituel de départ simple mais immuable. La veille, je vérifie la pression des pneus, je m’assure que la gourde est pleine, je dispose soigneusement ma tenue de cyclisme et mon casque dans l’entrée. Ces gestes préparatoires, en apparence insignifiants, constituent en réalité un échauffement psychologique — par ces actes concrets, on se détache progressivement du rythme trépidant du quotidien pour basculer dans l’état d’esprit du pédalage à venir.

Avant de partir à l’aube, j’aime marquer une pause au feu rouge au pied de la colline, pour ressentir en silence l’atmosphère de la ville encore à moitié endormie — le patron du petit-déjeuner qui s’apprête à ouvrir, le livreur de journaux qui zigzague à scooter dans les ruelles, parfois un coq qui chante ou un chien qui aboie au loin. Ces scènes de vie propres à l’aube créent un contraste subtil et une transition avec la randonnée en montagne qui s’annonce, conférant à chaque départ une attente empreinte de solennité.

Au fil de la montée, j’ai également développé une habitude — ne pas chercher délibérément à contrôler mon allure ou mes données, mais me laisser totalement immerger dans les sensations corporelles du moment et le paysage environnant. Cette philosophie du pédalage qui consiste à « ralentir » va peut-être à contre-courant de nombreux articles axés sur l’entraînement chiffré, mais j’ai toujours cru que le cyclisme, au-delà de ses bénéfices d’entraînement, compte surtout pour la nourriture spirituelle et l’amélioration de la qualité de vie qu’il nous apporte.

À vous qui n’êtes pas encore parti

Si vous hésitez encore à découvrir cet itinéraire, je veux vous dire ceci : pas besoin d’attendre d’avoir atteint un certain niveau de forme physique, pas besoin d’attendre d’avoir un équipement irréprochable pour vous lancer sur ce chemin. La beauté du tronçon du temple Fengshan réside précisément dans son accessibilité et sa tolérance — que vous soyez un débutant tout juste initié ou un vétéran aguerri, cette route sait vous accueillir à sa manière et vous offrir, au fil de la montée, une expérience et une réflexion uniques en leur genre, propres à cet instant précis.

Choisissez un matin ou une fin d’après-midi dégagé, enfourchez votre vélo, rendez-vous à ce feu rouge à la fois familier et étranger, laissez la pente se révéler progressivement, laissez votre respiration s’approfondir, laissez la lumière et les chants d’oiseaux vous accompagner tout au long de ce parcours. Au moment d’atteindre le temple Fengshan, vous comprendrez que le sens de ce voyage n’a jamais été seulement d’atteindre le sommet, mais bien, tout au long du chemin, ce lien profond que vous tissez avec vous-même, avec la terre, et avec ce plateau de Baguashan qui porte la mémoire de tant de gens.

Le temple Fengshan après la pluie : un paysage sous un autre jour

La plupart des cyclistes préfèrent parcourir cet itinéraire par temps clair, mais j’ai un faible personnel pour le tronçon du temple Fengshan juste après la pluie, quand le ciel recommence à s’éclaircir. Après la lessive d’un orage d’après-midi, tout le parcours semble avoir été lavé à neuf : la chaussée bitumée luit d’un éclat humide, la verdure des deux côtés paraît d’un vert particulièrement saturé et éclatant. L’air est imprégné de cette odeur de terre mouillée propre à l’après-pluie, mêlée à la fraîcheur dégagée par la végétation montagnarde ; chaque inspiration profonde semble insuffler une énergie rafraîchissante dans le corps.

Pédaler après la pluie exige bien sûr une prudence accrue — chaussée glissante, feuilles mortes accumulées, certaines sections pentues pouvant être inondées par un mauvais drainage, autant de facteurs de risque qui appellent à la vigilance. Mais à condition de ralentir et de concentrer son attention, le tronçon du temple Fengshan après la pluie offre souvent une expérience sensorielle radicalement différente : la brume s’abaisse parfois à mi-flanc de colline, conférant au paysage familier une touche de poésie vaporeuse ; on peut même apercevoir un arc-en-ciel suspendu au loin, récompense inattendue de cette sortie.

Cette caractéristique — « une même route, des météos différentes, des expériences radicalement différentes » — est ce qui rend les itinéraires de proximité en zone vallonnée si fascinants. Elle nous enseigne que le paysage n’est jamais une image statique et immuable, mais une présence dynamique qui ne cesse de se transformer au gré de la lumière, de l’humidité et des saisons. C’est pourquoi, même après avoir parcouru cette route des dizaines de fois, chaque départ réserve encore de nouveaux détails dignes d’être contemplés.

Épilogue : une route du quotidien dont on ne se lasse jamais

En écrivant ces lignes, je me souviens de ma première montée sur cet itinéraire, de mon allure maladroite — je ne maîtrisais même pas le rythme de base en côte, j’étais déjà essoufflé à mi-parcours, et j’ai même envisagé un instant de mettre pied à terre et de pousser mon vélo pour terminer le reste du trajet. Mais c’est précisément grâce à ces défis répétés et à cette accumulation que j’ai peu à peu pris conscience de la double croissance, physique et mentale, que procure la pratique de la montée à vélo. Aujourd’hui, le tronçon du temple Fengshan n’est plus pour moi un simple itinéraire d’entraînement ; il est devenu comme un vieil ami. Quelles que soient les fluctuations et les épreuves de la vie, il me suffit d’enfourcher mon vélo sur cette pente familière pour retrouver le calme intérieur et la force.

Je recommande sincèrement à tous les cyclistes qui n’ont pas encore découvert cet itinéraire de choisir un moment propice pour venir expérimenter par eux-mêmes cette brise et ces cloches du plateau de Baguashan. Je suis convaincu que, comme moi, vous tomberez amoureux de cette route de pratique quotidienne, en apparence ordinaire, mais infiniment riche en paysages et en significations.

Une invitation aux cyclistes de tous les âges

Si cet itinéraire continue d’attirer des cyclistes de tous âges et de tous horizons, qui reviennent sans cesse, c’est en grande partie parce qu’il offre un sens précis à chaque étape de la vie. Pour les jeunes cyclistes qui viennent d’entrer dans la vie active et sont au sommet de leur forme, c’est un terrain idéal pour perfectionner leur technique de grimpeur et accumuler des kilomètres d’entraînement. Pour les cyclistes d’âge mûr, qui commencent à accorder plus d’importance à la gestion de leur santé, c’est un espace de ressourcement, loin de la pression du bureau, où l’on retrouve la maîtrise de son corps. Et pour les cyclistes expérimentés, comme ce vieux compagnon de route, qui pédalent depuis une grande partie de leur vie, c’est un témoignage du temps qui passe, un lieu d’échange spirituel permanent avec le cycliste qu’ils ont été.

J’ai aussi rencontré un père qui relevait ce défi avec son enfant. Même si l’enfant n’avait pas encore l’endurance pour terminer le parcours seul, cette image de complicité et de transmission était profondément émouvante. Peut-être que dans quelques années, ces enfants, comme leurs pères avant eux, enfourcheront leur vélo un matin pour gravir cette pente familière, perpétuant ainsi la mémoire cycliste et l’héritage familial de ce plateau de Baguashan.

C’est là toute la beauté du tronçon du temple Fengshan sur la route départementale 139 — ce n’est pas qu’une simple route au sens physique, c’est un espace qui porte d’innombrables histoires personnelles, des mémoires familiales et des tournants de vie. Chaque cycliste qui a emprunté cet itinéraire y a laissé une trace de son passage et de ses émotions, et ces marques invisibles, qui s’accumulent couche après couche, constituent l’âme et la valeur véritables de cette route.

La prochaine fois que vous passerez par Changhua, ou que vous planifierez un petit voyage à vélo dans le centre de Taïwan, n’hésitez pas à inclure le tronçon du temple Fengshan sur la route départementale 139 dans votre programme. Abordez-le avec un esprit ouvert, et imprégnez-vous lentement de tout ce que cet itinéraire a à vous offrir — que ce soit l’effort physique ou l’apaisement de l’esprit, je suis convaincu que cela deviendra un souvenir précieux à savourer encore et encore dans votre vie de cycliste. Je souhaite à chaque cycliste qui lira ces lignes de trouver, sur la colline ou la route qui entoure sa vie, son propre temple Fengshan, et de poursuivre, lors d’innombrables aubes et crépuscules, un dialogue à la fois paisible et profond avec cette terre et avec lui-même.

Postface : à moi-même, au prochain matin

Chaque fois que j’écris un texte sur le tronçon du temple Fengshan, je repense à l’état d’esprit qui était le mien lors de ma première montée — j’étais alors encore un peu étranger à la grimpe, avec une pointe d’appréhension, incertain de ma capacité à tenir physiquement, et ignorant quel paysage j’allais rencontrer en chemin. Aujourd’hui, avec le recul, cette appréhension s’est transformée en une attente familière et rassurante. Avant chaque départ, je sais précisément quel type de pente, quelle lumière, quelles variations d’humeur m’attendent.

Cette « familiarité » est justement le bien le plus précieux que l’on retire à revenir sans cesse sur le même itinéraire. Elle fait de la sortie à vélo non plus un simple défi physique ponctuel, mais une ressource spirituelle disponible à tout moment — quand la vie trépidante nous coupe le souffle, je sais qu’il me suffit d’enfourcher mon vélo sur cette route pour retrouver le rythme de ma respiration ; quand l’esprit est agité et peine à trouver le calme, je sais que le chant des oiseaux et l’ombre des arbres en chemin sauront toujours laver mes pensées.

Alors que j’écris ces lignes, le jour se lève peu à peu. Je me dis que demain matin, peut-être, je remonterai cette pente familière pour aller saluer le temple Fengshan, qui se dresse paisiblement sur le plateau de Baguashan.

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