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Double phare en une journée, récit des 520 km : le défi ultime du phare du cap Fugui à Eluanbi

挑戰心得

Qu’est-ce que le Double Tour de l’île en une journée ?

Le Double Tour de l’île en une journée est le défi le plus légendaire du cyclisme taïwanais — partant du phare de Fugueijiao, à l’extrême nord de Taïwan, pour descendre jusqu’au phare d’Eluanbi, à l’extrême sud, soit environ 520 kilomètres, à parcourir en 27 heures maximum.

Ce n’est pas une simple sortie longue distance, mais une épreuve ultime d’endurance physique, de force mentale et de logistique.

Préparation avant la course

Préparation physique (4 mois)

Mois Objectif d’entraînement Kilométrage hebdomadaire
1er mois Établir une base aérobie 300 km
2e mois Augmenter les sorties longues 400 km
3e mois Simulation de course (300 km en une journée) 450 km
4e mois Affûtage et récupération 250 km

Équipe de soutien

Le Double Tour de l’île en une journée est presque impossible à réaliser seul. Vous aurez besoin de :

  • Voiture d’assistance : au moins un véhicule qui suit, fournissant nourriture, eau et assistance d’urgence
  • Chauffeurs : le conducteur de la voiture d’assistance doit être relayé
  • Pièces de rechange : roues de secours, chambres à air, ravitaillement

Le voyage de 520 kilomètres

00:00 — Départ (phare de Fugueijiao)

À minuit, départ après la photo de groupe devant le phare de Fugueijiao. Le vent marin est fort, la température avoisine les 18 °C. Le phare avant éclaire dix mètres de route devant moi, tout le reste est plongé dans le noir. Une seule pensée en tête : pour les 27 prochaines heures, je ne compte que sur mes jambes.

00:00-06:00 — Le nord de Taïwan dans la nuit (0-120 km)

La route provinciale n°1 est étrangement silencieuse en pleine nuit, seulement interrompue par le passage de gros camions. Je traverse Taoyuan, Hsinchu, et j’arrive à Miaoli vers quatre heures du matin. Le corps n’est pas encore complètement réveillé ; je continue à pédaler grâce à la caféine et à l’excitation.

Données clés : vitesse moyenne de 28 km/h, fréquence cardiaque en Zone 2, puissance à 60 % de la FTP

06:00-12:00 — Du lever du soleil à midi (120-270 km)

À six heures du matin, le soleil se lève du côté de Taichung. L’instant où la lumière touche ma peau, le moral remonte immédiatement. Je traverse Taichung, Changhua, Yunlin, et j’arrive près de Chiayi à midi.

À ce stade, j’ai déjà parcouru 270 kilomètres, et le corps commence à envoyer divers signaux de protestation : douleurs aux fesses, raideur de la nuque, engourdissement des mains. Je m’arrête quinze minutes au point de ravitaillement : étirements, changement de gants, application de crème anti-frottement.

Données clés : la vitesse moyenne chute à 25 km/h, la fatigue commence à se faire sentir

12:00-18:00 — L’après-midi le plus éprouvant (270-400 km)

Ce sont les six heures les plus difficiles de tout le parcours. Le tronçon entre Tainan et Kaohsiung, sous le soleil de midi, ressemble à un four. La gestion de la température corporelle devient la priorité absolue — je m’asperge d’eau toutes les 15 minutes pour me rafraîchir.

Mentalement, j’entre aussi dans la période la plus sombre. Au kilomètre 300, j’envisage sérieusement d’abandonner pour la première fois. Les jambes n’ont plus aucune force, les paupières sont lourdes, et la douleur aux fesses est passée d’un simple inconfort à une souffrance continue.

Un membre de l’équipe d’assistance me tend une canette de cola et me dit : « Il n’en reste plus qu’un tiers. » Je ne sais pas pourquoi, mais cette phrase m’a fait continuer à pédaler.

Données clés : la vitesse moyenne chute à 22 km/h, arrêts fréquents pour s’étirer

18:00-24:00 — Du coucher du soleil à l’arrivée (400-520 km)

Après avoir dépassé Kaohsiung à six heures du soir, l’itinéraire bifurque vers Pingtung. Le coucher de soleil teinte la plaine de Pingtung d’or, c’est l’un des plus beaux paysages de tout le parcours. Le moral remonte miraculeusement en voyant le panneau indiquant Pingtung — la ligne d’arrivée est devant moi.

En entrant dans la péninsule de Hengchun, le vent marin souffle à nouveau. Les 30 derniers kilomètres de littoral scintillent d’une lueur argentée sous le clair de lune.

À 22 h 40, j’aperçois la lumière du phare d’Eluanbi. À cet instant, toute la fatigue, la douleur et le doute disparaissent. Je l’ai fait.

Temps de course : 22 heures 40 minutes (arrêts compris)

Carnet de ravitaillement

Ravitaillement nutritionnel sur l’ensemble du parcours :

Période Contenu ingéré Glucides (approx.)
0-6 h Gels énergétiques ×8, boissons isotoniques ×3 350 g
6-12 h Onigiris ×2, bananes ×4, gels énergétiques ×6 400 g
12-18 h Colas ×3, barres énergétiques ×4, salé 350 g
18-22 h Gels énergétiques ×6, boissons isotoniques ×2 280 g

Glucides totaux ingérés : environ 1 380 g
Eau totale bue : environ 12 litres

Le tribut du corps

État physique après la course :

  • Fesses : sérieusement irritées malgré trois applications de crème anti-frottement
  • Mains : engourdissement persistant pendant trois jours
  • Nuque : impossible de tourner librement la tête, pendant une semaine
  • Jambes : quasi impossibles à utiliser pour marcher le lendemain
  • Plantes des pieds : gonflées et douloureuses

Mais tout cela finit par guérir. Ce qui reste, c’est un souvenir pour la vie.

Conseils aux aspirants

  1. La logistique est essentielle : sans voiture d’assistance, ne tentez pas le Double Tour de l’île en une journée
  2. L’entraînement doit être suffisant : réalisez au moins une simulation de 300 km en une journée
  3. Soyez prudent sur l’allure : si les 200 premiers kilomètres vous semblent trop faciles, c’est normal
  4. Préparez-vous mentalement : entre les kilomètres 300 et 400, vous traverserez un creux extrême, c’est normal
  5. Ne forcez pas : si une douleur anormale apparaît (pas la fatigue habituelle), arrêtez-vous
  6. Profitez du voyage : sur ces 520 kilomètres, il y a d’innombrables moments magnifiques, n’oubliez pas de lever les yeux

Conclusion

Les 520 kilomètres du Double Tour de l’île en une journée sont l’expérience la plus folle, la plus douloureuse et la plus émouvante de ma carrière cycliste. Cela m’a appris bien plus que le vélo : c’est la résilience humaine face à ses limites. Quand, au milieu de la nuit, sur la côte de Pingtung, vous voyez la lumière du phare d’Eluanbi scintiller au loin, vous comprenez pourquoi certains disent : le Double Tour de l’île en une journée, une fois dans une vie suffit. Mais une fois terminé, vous recommencez à penser : quand est-ce que je reviens ?

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